Budget et fiscalité

La France taxe plus que tous les autres pays

Il ne faut pas augmenter les impôts (ou rétablir l'ISF)... mais les baisser

20 mai 2020 • Manon Meistermann

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Alors que des voix s’élèvent déjà pour rétablir l’ISF, comme si cela pouvait résoudre l'équation, il est essentiel de rappeler qu’en France, nous supportons depuis 10 ans, la plus forte pression fiscale de l’OCDE. Et de loin. Le Danemark, en seconde position, n'affiche un taux de recettes fiscales "que" de 44,9% contre 46,1% du PIB pour la France.

Sur le terrain fiscal, la France est déjà au maximum de la pression à la fois sur le capital, sur les successions, sur l'immobilier, sur le travail... C'est d'ailleurs ce qui nous a fait entrer dans une position de fragilité dans la crise avec des entreprises surtaxées et des soi-disant 10% les plus "riches" qui paient déjà 50% de l’addition de tous les impôts directs. Petite infographie pour remettre les chiffres en perspective.

160 milliards de recettes fiscales en plus, en 2018

La France, en 2018, a prélevé 1.084,7 milliards d’euros en recettes fiscales : une somme qui a augmenté de 241,3 milliards d’euros en 10 ans et de +3,8 points du PIB. Une performance qui nous place en tête des pays de l’OCDE en termes de prélèvements obligatoires depuis 2010, année où nous avons dépassé la Suède dont le taux de prélèvements obligatoires n’a cessé de baisser depuis les années 90 (passant de 48,9% en 199 à 43,9% en 2018).

Source (Données CSG 2018, ici)

En 2018, selon l’OCDE et en Europe, parmi les pays sélectionnés ci-dessus, la France affiche un taux de recettes fiscales de 46,1% du PIB (y compris crédits d'impôts), soit 6,8 points au-dessus de la moyenne : ce qui représente une pression fiscale supplémentaire d’environ 160 milliards d’euros qui repose principalement sur les cotisations de Sécurité sociale et notre fiscalité du patrimoine.

  1. Le poids (et le coût) de la CSG

En effet, les cotisations de Sécurité sociale se décomposent, pour la France, entre 11,4% de cotisations de Sécurité sociale "classiques" (charges sociales patronales et salariales) et de 4,7% de CSG (d’activité et de remplacement) pour un total de 16,1% du PIB : soit un taux supérieur de 4,5 points par rapport à la moyenne des pays comparables… ce qui correspond quasiment aux 111 milliards d’euros de CSG (sur les revenus d’activité et de remplacement) que nos salaires et nos entreprises supportent collectivement.

  1. Les employeurs Français assommés par les charges 

Si l’on regarde encore plus en détail, il ressort que c’est le taux des charges sur les employeurs qui est particulièrement élevé en France : 11,2% du PIB, soit en première position de l’OCDE… contre 6,9% du PIB en Allemagne par exemple. La différence de pression fiscale entre les deux pays est, ainsi, de plus de 101 milliards d’euros sur les employeurs, ce qui influe nécessairement sur la compétitivité des entreprises françaises. Si l’on prend en compte les cotisations salariales, deux fois plus élevées en Allemagne qu’en France (6,5% contre 3,8%), l’écart se réduit à 1,6 point, qui reste tout de même une pression fiscale supplémentaire de 37 milliards d’euros sur la France. Alors que, plus que jamais, nos entreprises et notre économie sont en péril, voici un levier évident sur lequel agir.

  1. Patrimoine : une fiscalité à fuir

Du côté de la fiscalité du patrimoine, la France supporte un taux de 4,1% du PIB, à égalité avec le Royaume-Uni d’ailleurs. Notons que ce taux, pour la France, était de 4,4% en 2017 et que la transformation de l’ISF en IFI a permis un allègement de 0,3 point. Sur ce terrain, nous supportons un taux de prélèvement supérieur de 2 points du PIB par rapport à la moyenne des pays pris en compte ci-dessus : cela pour un "sur-prélèvement" de 47 milliards d’euros par rapport à nos voisins.

 

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