Budget 2026 : un budget de renoncements
Le chaotique débat budgétaire 2026 semble pour le moment arriver à son terme avec le recours à l’article 49.3 de la Constitution. Il devrait se conclure en conséquence au tout début du mois de février 2026, suivant le sort que réservera le Sénat au texte arrêté par le Gouvernement et sur lequel il compte engager sa responsabilité. Après les outrances fiscales qui ont bien plus occupé le devant de la scène que les dépenses budgétaires proprement dites, le terme d’arrivée des débats est un solde public à -5 % du PIB, soit une dégradation de 0,3 point de PIB par rapport au solde proposé initialement (-4,7 % du PIB) en PLF 2026. Cet ajustement repose sur une dégradation des dépenses de +0,4 point (+ 9 Md€) contre des recettes fiscales en hausse de +0,1 point (+1,8 Md€). Cette hausse apparaît timide par rapport au projet initial du Gouvernement, mais est en réalité extrêmement déséquilibrée en défaveur des entreprises qui assument désormais, hors hausse de CSG sur les revenus du capital et CDHR, l’ensemble des ajustements budgétaires permettant d’alléger les impôts des particuliers. Ce qui ne manquera pas d’impacter la croissance en retour.
Un solde prévisionnel voté à 5% du PIB de déficit et à 118,2% de dette pour 2026
Initialement, le solde public devait atteindre -4,7 % du PIB. Un objectif qui visait à accélérer le très timide ajustement budgétaire survenu entre 2024 et 2025 de seulement +0,4 point de PIB, le déficit passant de -5,8 % à -5,4 % du PIB. Las, les discussions budgétaires en ont décidé autrement, s’éloignant à chaque fois un peu plus de la copie initiale, jusqu’à l’adoption de sa petite loi par le Sénat en 1ère lecture, aboutissant à un dérapage du déficit à -5,4 % du PIB. Celui-ci retrouvant désormais son montant de l’année précédente et annulant ainsi tous les efforts d’ajustement budgétaire déployés par le Gouvernement. La raison en est simple, les sénateurs ont dû endosser un PLFSS 2026 adopté augmentant les dépenses de près de 7 Md€[1], tandis que de leur côté ils ne parvenaient pas à dégager des économies conséquentes sur l’Etat et ses opérateurs (+2 Md€) et diminuaient les économies envisagées sur les collectivités territoriales (+4 Md€[2]).
PLF 2026 | PLF 2026 | Petite loi Sénat - 1ère lecture | Loi par 49.3 | ||||
| En % du PIB/Md€ | 2024 | 2025 | 2026 | 2026 | 2026 | Var. 49.3/ PLF 2026 | Var. 49.3/ Sénat |
Administrations publiques centrales (APUC) |
| ||||||
| Solde (% PIB) | -5,3 | -4,6 | -4,5 | -5 | -4,7 | -0,2 | 0,3 |
| Dépenses hors crédits d'impôts (Md €) | 651 | 663 | 683 | 685 | 681 | -2 | -4 |
Administrations publiques centrales (APUL) |
| ||||||
| Solde (% PIB) | -0,6 | -0,5 | -0,3 | -0,4 | -0,4 | -0,1 | 0 |
| Dépenses hors crédits d'impôts (Md €) | 330 | 337 | 338 | 342 | 341 | 3 | -1 |
Administrations de sécurité sociale |
| ||||||
| Solde (% PIB) | 0 | -0,3 | 0,1 | 0 | 0,1 | 0 | 0,1 |
| Dépenses hors crédits d'impôts (Md €) | 778 | 805 | 814 | 821 | 821 | 7 | 0 |
Total des administrations publiques (APU) |
| ||||||
| Solde (% PIB) | -5,8 | -5,4 | -4,7 | -5,4 | -5,0 | -0,3 | 0,4 |
| Dépenses hors crédits d'impôts (Md €) | 1 652 | 1 697 | 1 725 | 1 736 | 1 734 | 9 | -2 |
| Dette | 113,2 | 115,9 | 117,9 | 118,5 | 118,2 | 0,3 | -0,3 |
Source : Article d’équilibre, projet de loi 2026 première partie (nouvelle lecture), sur lequel le Gouvernement engage sa responsabilité en vertu de l’article 49.3 C.
Le 20 janvier 2026, le gouvernement Lecornu 2 a engagé sa responsabilité par l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. Ce dispositif lui permet de faire adopter sans discussion la nouvelle version du budget déposée par ses soins sur le bureau de l’Assemblée nationale. La composition du texte est libre, et il a donc été décidé d’intégrer certaines modifications issues des débats au Parlement – notamment le résultat des négociations avec le parti socialiste – pour proposer un solde d’atterrissage à -5 % du PIB. Le nouveau texte par construction laisse inchangé les dérapages issus du PLFSS 2026 déjà promulgué, mais baisse de 4 milliards les dépenses sur le champ des APUC (Etat + collectivités territoriales) et de 1 milliard les dépenses sur les administrations locales (collectivités territoriales et leurs satellites). En définitive, la dépense dérape de 9 milliards d’euros par rapport à la copie initiale du Gouvernement.
On remarquera que la dette est alors réajustée de 0,3 point de PIB, soit à 118,2 % du PIB (contre 117,9 % du PIB en PLF 2026), soit exactement le creusement du déficit et l’augmentation des dépenses (9 Md€ équivalent à 0,3 point de PIB[3]). C’est donc la dérive des dépenses publiques au cours de la discussion budgétaire qui explique à elle seule le creusement du déficit final et l’augmentation symétrique de l’endettement prévisionnel pour 2026.
Ce constat est rendu possible dans la mesure où l’hystérie fiscale passée, le niveau d’arrivée des prélèvements obligatoires se révèle peu différent de la copie d’origine en niveau, mais sa composition, elle, a fortement évolué.
Des P.O quasi-stable, mais haro sur les entreprises et les plus aisés
S’agissant des prélèvements obligatoires et de leur évolution, ces derniers étaient anticipés en PLF 2026 à 43,9 %, et atterrissent à nouveau dans le texte du Gouvernement soumis à 49-3 au même niveau, soit 43,9 % du PIB. Dans le détail toutefois, les prélèvements augmenteraient de 1,8 Md€, faisant apparaître une quasi-stabilité par rapport à la copie initiale. Entre temps cependant, les prélèvements obligatoires avaient augmenté de 0,5 point entre l’Assemblée nationale et le Sénat, soit plus de 15 Md€.
PLF 2026 | PLF 2026 | Petite loi Sénat - 1ère lecture | Loi par 49.3 | ||||
2024 | 2025 | 2026 | 2026 | 2026 | Var. 49.3/ PLF 2026 | Var. 49.3/ Sénat | |
| Taux de PO hors C.I. | 42,8 | 43,6 | 43,9 | 44,4 | 43,9 | 0 | -0,5 |
| PO hors C.I. (Md €) | 1 248 | 1 300 | 1 342 | 1359,1 | 1343,8 | 1,8 | -15,3 |
| Tx dépenses publiques hors C.I. | 56,6 | 56,8 | 56,4 | 54,4 | 56,6 | 0,2 | 2,2 |
| Dépenses hors crédits d'impôts (Md €) | 1 652 | 1 697 | 1 725 | 1 736 | 1 734 | 9 | -2 |
Source : Article d’équilibre, projet de loi 2026 première partie (nouvelle lecture)
La copie finale est en réalité sensiblement différente de la copie initiale avec un focus particulier sur les entreprises et les personnes les plus aisées.
Sur les entreprises, la surtaxe sur les sociétés appelée CEBS (cotisation exceptionnelle sur le bénéfice des sociétés) est prolongée pour la seconde année consécutive, mais son rendement est augmenté de 3,3 Md€ par rapport à la copie initiale prévue (4 Md€[4]). Elle fait donc quasiment du surplace depuis 2 ans passant de 8 Md€ en 2025 à 7,3 Md€ en 2026. Les entreprises subissent également la suspension de la baisse de CVAE promise, soit une charge supplémentaire de 1,3 Md€. L’IFER (taxe sur les pylônes des entreprises de réseau) est également prolongé pour 3 ans (+50 M€). Une taxe sur les mutuelles a également été votée (+1 Md€) mais sans possibilité de la répercuter sur les assurés.
Du côté des particuliers, ce sont les plus aisés qui sont visés : la taxe sur les holdings a été reportée en 2027 et devrait se focaliser sur la taxation de certaines actifs immobiliers à 20 % et des biens somptuaires (yachts, chevaux de courses, voitures de sport, mais aussi bijoux, or) hors œuvres d’art[5]. Par contre les plus fortunés resteront redevables dès cette année de la CDHR pour la 2ème année consécutive (impôt plancher de 20 %) pour un rendement fortement ajusté à la baisse à 650 M€[6], et pour leurs transmissions d’entreprises de l’ajustement du dispositif Dutreil[7] (~200 M€), avec obligation de conservation de 6 ans (contre 4 actuellement) et l’exclusion là aussi des biens somptuaires. L'ensemble des ménages va devoir subir l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital de +1,4 point pour un rendement de 1,5 Md€, tandis que seuls les assujettis à l’IR verront leur barème revalorisé de l’inflation (-1,9 Md€ de recettes).
| %/Md€ | Solde PLF 2026 initial | Impact LFSS 2026 | Petite loi Sénat | Correction Gouvernement | PLF 2026 soumis à 49.3 | Var. 49.3/ PLF 2026 | Var. 49.3/ Sénat - corrigée |
| Solde | -4,7 | -5,0 | -5,3 | -5,4 | -5,0 | -0,3 | 0,4 |
| Variations | -0,3 | -0,3 | -0,1 | 0,4 | 0,4 | 0,5 | |
| Var Md€ théorique | -8,7 | -9,6 | -3,1 | 12,2 | 12,2 | 15,4 | |
| Effet en dépenses | 8,7 | 25,5 | 3,1 | -27,5 | -27,5 | -30,7 | |
| Effet en recettes (via P.O.) | 0,0 | 15,9 | 0 | -15,3 | -15,3 | -15,3 | |
| Solde en valeur | -143,9 | -152,6 | -162,2 | -165,3 | -153,0 | -9,1 | 12,3 |
| Evolution du montant des recettes y.c C.I. | 1 602 | 1 602 | 1 618 | 1 618 | 1 603 | 0,6 | -15,3 |
| dont P.O. hors C.I. | 1 342 | 1 342 | 1 359,1 | 1 359,1 | 1 343,8 | 1,8 | -15,3 |
| dont taux de P.O. hors C.I. | 43,9 | 43,9 | 44,4 | 44,4 | 43,9 | 0,0 | -0,5 |
| Evolution du montant des dépenses y.c C.I. | 1 746,0 | 1 754,7 | 1 780,0 | 1 783,1 | 1 755,6 | 9,6 | -27,5 |
| dont dépenses hors C.I. | 1 725,0 | 1 733,7 | 1 759,2 | 1 762,3 | 1 734,8 | 9,8 | -27,5 |
| dont taux de dépenses % PIB | 56,3 | 56,5 | 56,7 | 56,8 | 56,6 | 0,3 | -0,2 |
Source : Projet de loi du Gouvernement op.cit et calculs de la Fondation iFRAP janvier 2026.
Des efforts en matière d’ajustement des finances publiques qui déraillent
Si l’on observe maintenant la décomposition du solde public du point de vue de ses composantes conjoncturelles et structurelles, il est possible d’apprécier la répartition des efforts d’ajustement des comptes publics par rapport à l’année antérieure.
PLF 2026 | PLF 2026 | Petite loi Sénat - 1ère lecture | Loi par 49-3 | Loi par 49-4 par rapport à PLF 2026 | ||
| En % du PIB | 2024 | 2025 | 2026 | 2026 | 2026 | 2026 |
| Solde structurel | -5,8 | -5,1 | -4,3 | -4,9 | -4,6 | -0,3 |
| Solde conjoncturel | 0 | -0,2 | -0,4 | -0,4 | -0,4 | 0 |
Solde des mesures ponctuelles et temporaires | -0,1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Sole effectif | -5,8 | -5,4 | -4,7 | -5,3 | -5 | -0,3 |
Source : Article d’équilibre de la 1ère partie du projet de loi de finances (nouveau) déposé par le Gouvernement.
Ce premier tableau permet de montrer que la dégradation intervenue dans le solde public au cours de la discussion budgétaire n’enfonce que le déficit structurel. Cet enfoncement oscillant entre 0,3 point et 0,6 point de PIB au cours des débats.
PLF 2026 | PLF 2026 | Petite loi Sénat - 1ère lecture | Loi par 49.3 | ||
2024 | 2025 | 2026 | 2026 | 2026 | |
| Solde structurel | -5,8 | -5,1 | -4,3 | -4,9 | -4,6 |
| Ajustement structurel (solde n - n-1) | -0,4 | 0,7 | 0,8 | 0,2 | 0,5 |
| dont effort structurel | -0,2 | 0,8 | 1,0 | 0,5 | 0,7 |
| Effort en prélèvements obligatoires | 0,2 | 0,8 | 0,5 | 1,0 | 0,4 |
| Effort en dépense (y.c. Crédits d'impôts) | -0,4 | 0,0 | 0,6 | -0,5 | 0,3 |
| dont composante non discrétionnaires | -0,2 | -0,1 | -0,3 | -0,3 | -0,2 |
| Recettes hors PO | 0,2 | -0,1 | -0,2 | -0,2 | -0,2 |
| Effet d'élasticités fiscales des PO | -0,4 | -0,1 | -0,1 | -0,1 | 0,0 |
Sources : PLF 2026 initial, Première partie du projet de loi de finances engageant la responsabilité du Gouvernement, calculs de la Fondation iFRAP janvier 2026.
Le projet de loi initial ambitionnait de pouvoir augmenter la contribution à la réduction du solde structurel par des économies en dépenses (s’appuyant cependant largement par des baisses de crédits d’impôt), de près de 0,6 point de PIB par rapport à l’année précédente, où ces derniers avaient été nuls, ne parvenant pas à compenser la hausse intervenue en 2024 (donc affectée d’un chiffre négatif car enfonçant le solde) de -0,4 point[8]. L’effort sera en définitive deux fois moindre qu’escompté, soit de 0,3 point de PIB.
Symétriquement, les efforts en prélèvements obligatoires sont plus faibles que l’année précédente, soit de 0,4 point de PIB contre 0,8 point, mais en baisse par rapport à la copie d’origine, après un pic à +1 point de PIB soit un doublement de l’effort à l’issue de la copie sénatoriale. En effet, d'après la DGFiP une hausse de +4 Md€ a été enregistré en 2025 après la loi de finances de fin de gestion. Il s'agit principalement de meilleures rentrées de TVA et d'IS. En conséquence, cette meilleure fortune produit un effet base sur 2026, qui se traduit par une baisse du besoin de mesures nouvelles pour équilibrer le budget à partir de la copie sénatoriale (on parlait de 12 à 15 Md€, on est aujourd'hui plus proche des 8 à 11 milliards). Cet effet rebond joue sur la composante non discrétionnaire qui passe de -0,3 point à -0,2 point PIB et un effet de l'élasticité des P.O. à la croissance qui passent de -0,1 point de PIB à nul.
PLF 2026 | PLF 2026 | Petite loi Sénat - 1ère lecture | Loi par 49.3 | ||
2024 | 2025 | 2026 | 2026 | 2026 | |
| Effort structurel | -0,2 | 0,8 | 1,0 | 0,5 | 0,7 |
| dont contribution des nouvelles mesures en recettes | 0,2 | 0,8 | 0,5 | 1,0 | 0,4 |
| dont effort en dépenses (y.c. Crédits d'impôts) | -0,4 | 0 | 0,6 | -0,5 | 0,3 |
| dont variation de la charge de la dette | -0,2 | -0,1 | -0,2 | -0,2 | -0,2 |
| dont effort structurel primaire | 0 | 0,9 | 1,2 | 0,7 | 0,9 |
| dont contribution des nouvelles mesures en recettes | 0,2 | 0,8 | 0,5 | 1,0 | 0,4 |
| dont effort en dépenses primaires (y compris C.I.) | -0,2 | 0,1 | 0,8 | -0,3 | 0,5 |
Sources : PLF 2026 initial, Première partie du projet de loi de finances engageant la responsabilité du Gouvernement, calculs de la Fondation iFRAP janvier 2026.
Ces chiffres sont un peu plus haut si on en retranche le poids de la variation de la charge de la dette publique pour ne dégager que effort structurel primaire. Il y apparait que l’effort en matière d’économies qui devait initialement être plus accentué pour compenser la variation de la charge de la dette entre 2025 et 2026 (+7,7 Md€, soit 0,2 point de PIB pour un total de 73,5 Md€), soit 0,8 point de PIB ne sera finalement que de 0,5 point soit identique à l’effort recherché en recettes. Mais entre-temps pendant la discussion parlementaire (sortie Sénat), les économies en dépenses ont même été totalement annulées pour faire place à une hausse de -0,3 points de PIB. Une situation apparemment rétablie dans le cadre du projet soumis à l’article 49-3.
Conclusion
Faute d’orientations claires et de redressement lisible de nos finances publiques, le nouveau texte du projet de loi de finances que le Gouvernement soumet à la procédure de l’article 49-3 ne comporte aucune réforme structurelle.
Le pilotage des finances sociales dans le cadre de la LFSS 2026 votée, a largement desserré la contrainte originelle qui visait un ajustement de 6 Md€ sur le champ de la sécurité sociale, et qui in fine ne sera plus que de 4,1 Md€. L’ONDAM a été relevé de +1,4 point (4 Md€[9]), la réforme des retraites a été suspendue (-300 M€ cette année). Surtout les 9,1 Md€ d’économies documentées ont fondu comme neige au soleil[10], obligeant l’Etat non pas à les récupérer pour alléger ses transferts, mais au contraire à contribuer à hauteur de 4,5 Md€ afin de ne pas écorner les allègements généraux de charge, tout en bouclant un déficit de la sécurité sociale en hausse de 1,9 Md€ par rapport au projet de loi originel. Au total le solde des ASSO ne serait que très faiblement excédentaire de +0,1 point de PIB en 2026.
S’agissant maintenant des collectivités territoriales, année électorale oblige, le Sénat a résolument coupé pour près de 2,4 Md€ dans les économies qui étaient demandées aux collectivités. L’état d’extrême faiblesse de l’Exécutif ne lui a pas permis de revoir significativement cette copie, le solde des APUL est en déficit de 0,4 point de PIB, soit une très légère amélioration par rapport à 2025 (+0,1 point), mais qui aurait parfaitement pu s’expliquer par le seul cycle électoral.
L’Etat et les opérateurs ne parviennent pas à améliorer leur solde public en 2026 (-4,7 % du PIB) par rapport à l’année précédente (-4,6 %), et ce, au prix d’une charge de la dette de l’Etat en hausse de +7,5 Md€ sur un an, et de mesures d’économies peu documentées dont on ne retient principalement qu’une annulation de crédit de 1,5 Md€, des économies à réaliser sur les achats de l’Etat de 1 Md€ et une ponction de trésorerie sur les réserves des opérateurs (1 Md€ ?). C’est peu.
Enfin la hausse des prélèvements obligatoires est une mauvaise façon de faire en direction des entreprises et des ménages les plus aisés. Elle constitue un point d’arrêt à la politique jusqu’ici pro-business et de renforcement de l’attractivité du territoire et rend plus difficile toute politique de réindustrialisation. Elle favorise surtout l’exile des talents et des capitaux vers des cieux plus cléments[11], et d’autant plus qu’elle frappe préférentiellement les grandes entreprises et par ricochet leurs sous-traitants. Le mauvais sort réservé aux entreprises familiales avec la taxation des holdings et le recentrage du pacte Dutreil, devrait compliquer encore un peu plus les mécanismes de transfert d’entreprises à l’heure de la Grande Transmission.
[1] Dont un relèvement de l’ONDAM, la suppression de la réforme des retraites, de l’année blanches sur les minima sociaux et une remise en cause d’économies projetées s’agissant des dépenses de l’Assurance maladie.
[2] Ajustement d’économies initiales de 4,4 Md€ liées à la montée en puissance du Dilico notamment et diverses mesures de régulations des recettes à la baisse (-2,4 Md€), mais aussi remise en cause de la suppression envisagée par le Gouvernement de la TVA affectées aux régions contre une nouvelle DGF entre autres.
[3] PIB de référence à 3.061 Md€ en euros courants.
[4] Le gouvernement s’étant engagé initialement à prolonger d’un an la taxe exceptionnelle, mais à diviser son rendement par deux. Elle devait donc passer de 8 Md€ en 2025 à 4 Md€ en 2026.
[5] Consulter, https://www.lefigaro.fr/economie/impot-sur-le-revenu-energie-pacte-dutreil-ce-que-contient-la-copie-fiscale-du-gouvernement-20260121, ainsi que l’article 3 du projet de loi déposé par le Gouvernement : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2247-n0_rapport-fond.pdf, ainsi que la lettre du Premier ministre d’accompagnement envoyée aux parlementaires.
[6] https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-impot-plancher-sur-les-plus-aises-rapporte-1-milliard-d-euros-de-moins-que-prevu-20260121. Par ailleurs il apparaît que la CDHR estimée avec un rendement de 2 Md€ en 2025, puis à 1,4 Md€ n'en rapportera finalement que 400 M€. Contrecoup, budgétisée au départ dans le PLF 2026 à 1,65 Md€, son rendement est révisé à 650 M€, voir https://www.lopinion.fr/economie/budget-la-bonne-etoile-de-lecornu-malgre-la-deconvenue-sur-la-taxe-sur-les-hauts-revenus
[7] Le coût du Pacte Dutreil est estimé par la Cour des comptes à 5,5 Md€ en 2024. Voir, Cour des comptes, rapport https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-11/20251118-Pacte%20Dutreil.pdf
[8] Au sein du compteur présenté, des économies « négatives » sont des dépenses en plus qui dégradent le déficit et sont donc comptabilisées négativement.
[9] https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/le-deficit-de-la-securite-sociale-pourrait-vite-depasser-les-22-mdeu-en-2026
[10] https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/securite-sociale-qui-croit-un-solde-excedentaire-en-2026
[11] Le cabinet Henley Global a déjà pu montrer un exile à l’œuvre dès 2025 avec l’exode de -800 millionnaires depuis la France et l’arrivée en Italie au contraire de près de 3600 millionnaires impatriés ; voir https://www.henleyglobal.com/publications/henley-private-wealth-migration-report-2025/country-wealth-flows