Budget et fiscalité

Dépenses, fiscalité, emploi : le comparatif des quinquennats Sarkozy, Hollande et Macron

15 juillet 2021 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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A l'occasion de la publication de notre dernière étude dressant un premier bilan du quinquennat, la Fondation iFRAP a dressé un parallèle des performances en matière de dette, de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires des trois quinquennats.

Comparaison des finances publiques, de l'emploi et de l'activité législative sous les quinquennats Sarkozy (2007-2012), Hollande (2012-2017) et Macron (2017-2022)

1. Évolution de T3 de l'année d'élection à T2 de l'année de fin de quinquennat, sauf T2 2021 pour E. Macron et prévision T2 2022

2. Brute des crédits d'impôt

3. Évolution de T2 de l'année d'élection à T2 de l'année de fin de quinquennat, sauf T4 2021 pour E. Macron et prévision T4 2022

4. Soit : 2007, 2008, 2009, 2010 pour NS. 2013, 2014, 2015 pour FH. 2017, 2018, 2019, 2020 pour EM et année électorale divisée par 2

Les dépenses publiques ont beaucoup plus augmenté en points de PIB pendant les quinquennats de Nicolas Sarkozy et d’Emmanuel Macron (+ 4,5 et + 4,8) que sous François Hollande (stables). Idem pour la dette publique, avec + 25,7 points entre 2007 et 2012 et + 18 points jusqu’en 2021 face à + 10,6 points pour François Hollande. Ironiquement, alors que les campagnes de Nicolas Sarkozy et d’Emmanuel Macron promettaient des baisses de dépenses, c’est sous le quinquennat de François Hollande que la dépense publique a été la mieux maîtrisée. Évidemment, on pourra toujours dire que Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron ont eu à gérer des crises ( subprimes et Covid) beaucoup plus importantes que celle que François Hollande a eue à gérer (crise des dettes souveraines).

Néanmoins, on voit bien qu’en début de quinquennat Nicolas Sarkozy souhaitait baisser les impôts et qu’il les a beaucoup augmentés en fin de mandat, que François Hollande a contrario les a beaucoup augmentés au début et les a baissés ensuite… Pour Emmanuel Macron, l’histoire n’est pas terminée, mais il a plutôt eu tendance à les augmenter au seuil du quinquennat avec des hausses immédiates (CSG) et des baisses en plusieurs temps (cotisations ou taxe d’habitation). En 2021, le point est plutôt à son avantage puisqu’on constate – 1,8 point de baisse des prélèvements obligatoires par rapport au PIB, grâce surtout aux baisses sur les entreprises. Les ménages ayant vu leurs impôts directs continuer d’augmenter et leurs cotisations baisser.

Quant au chômage, le chiffre n’explose pas uniquement grâce aux mesures de soutien et de chômage partiel, donc il est encore difficile de comparer vraiment avec le + 1,6 de Nicolas Sarkozy et le – 0,2 (la fameuse inversion de la courbe) de François Hollande grâce aux premières baisses d’impôt sur les entreprises… Il faut reconnaître aussi que la baisse de l’impôt sur les sociétés, qui est évaluée dans nos chiffrages à l’actif de l’actuel président, avait déjà été votée pendant le quinquennat précédent – avec un rythme de baisse plus ambitieux pour atteindre les 28 %.

Clairement, on peut dire qu’aucun des trois quinquennats n’est convaincant pour faire repartir le moteur de l’économie française, car on reste sur un très haut niveau de prélèvements obligatoires et de dépenses publiques et que la dette ne baisse jamais… On est bien loin (pour l’instant -il n’est jamais trop tard pour bien faire) de la révolution du modèle annoncée.

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