Retraite

EDF, RATP, SNCF : la bombe des régimes spéciaux

18 juillet 2019 • Sandrine Gorreri

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"Les régimes spéciaux seront fermés" : voilà ce que vient d'annoncer Jean-Paul Delevoye lors de l'annonce de la grande réforme des retraites. Il faut s'en réjouir, à condition que cela ne soit pas une promesse de Gascon. Quelques jours avant, c'est la Cour des comptes qui publiait un rapport sévère sur les trois régimes spéciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et d'EDF. Pour rappel, ces régimes nous coûtent chaque année 5,5 milliards d'euros.

Le rapport de la Cour met la pression sur l'exécutif en abordant tous les sujets qui fâchent : financement des régimes spéciaux, avantages des retraités, coût pour les finances publiques et donc pour les contribuables ou pour les consommateurs, gestion des caisses de retraite. Egalement, ce document simule l'impact de la future réforme sur les régimes et montre que des efforts supplémentaires sont à demander aux salariés des entreprises concernées au nom de la "transparence et de l'équité". En filigrane, on devine donc des préconisations qui pourraient être portées aux autres régimes spéciaux et en particulier aux régimes de retraite des fonctionnaires dans le cadre de la réforme générale de notre système de retraite.

En premier lieu, la Cour rappelle que la réforme de ces trois régimes spéciaux a été entamée avec beaucoup de retard, vers 2007-2008, par rapport aux premières réformes intervenues pour les régimes du privé (dès 1993 !) et même celui de la fonction publique. Le souvenir des grèves de 1995 a été tenace. Et encore, ces réformes se sont accélérées sous la pression de l'Europe, le changement de statut des entreprises publiques avec l'ouverture à la concurrence les obligeant à constituer des caisses de retraite autonomes pour gérer les retraites.

Des réformes... systématiquement remises à plus tard

Pour rappel, la définition d'un régime spécial est celle d'un régime préexistant qui a refusé de rejoindre le régime général de Sécurité sociale prévu par le Conseil national de la résistance. La Cour précise que la plupart de ces régimes sont aujourd'hui caractérisés par un déséquilibre économique et le bénéfice d'une... subvention publique pour équilibrer leurs comptes.

Une explication de cette situation tient au calendrier, car la réforme des régimes spéciaux a bien un objectif de convergence avec le régime de la fonction publique (et à plus long terme avec le régime général) mais ce, toujours avec un décalage !

  • L'allongement de la durée de cotisation (réforme Fillon) intervient par exemple à partir de 2004 pour la fonction publique, mais seulement 2008 pour les régimes spéciaux ;
  • Le relèvement des bornes d'âge (réforme Woerth) intervient en 2010 pour le privé et la fonction publique, mais est mis en place seulement en 2017 pour les régimes spéciaux ;
  • Idem pour le relèvement des taux de cotisation salariaux, la fonction publique démarrant sa convergence sur le privé en 2010 mais seulement en 2017 pour la SNCF (les cotisations des IEG et de la RATP étaient facialement plus élevés, elles étaient non concernées par ce rapprochement). Mais la récente hausse des cotisations ARRCO-AGIRC n'a pas été rattrapée par les régimes spéciaux[1] ;
  • Nouvel allongement de la durée de cotisation avec la réforme de 2014 (réforme Touraine) : il faudra 172 trimestres pour les assurés nés en 1973 mais seulement en 1978 pour la SNCF, voire en 1981 pour les agents de conduite.

Autre explication de ces déséquilibres financiers, les réformes longuement négociées ont été acceptées en contrepartie de mesures dites d'accompagnement qui ont pesé sur les comptes des entreprises concernées :

  • EDF : coût cumulé d’ici 2035 de l’ensemble des mesures dites d’accompagnement évalué en 2009 par EDF à 250 M€, les économies produites par la réforme s’établissant à 113 M€ durant la même période ;
  • RATP : La Cour estime l’existence d’un surcoût de la réforme entre 2011 et 2020, les gains cumulés pour la caisse (270 M€ en € 2010) ne compensant pas les coûts cumulés pour la RATP (plus de 300 M€ en € 2010) ;
  • SNCF : La Cour avait estimé, en 2012, que, pour la période 2011-2020, les gains cumulés pour le régime, de l’ordre de 4,1 Md€, étaient inférieurs aux coûts cumulés pour l’entreprise évalués à 4,7 Md€.

Régimes "spéciaux" : mais pourquoi ?

La Cour revient ensuite sur les autres différences des régimes spéciaux, en particulier sur les règles de la réversion, les avantages en nature des retraités ou encore les régimes de prévoyance, mais elle s'attarde surtout sur un point important : les départs précoces. C'est cet avantage qui est la cause principale des surcoûts et qui par ailleurs n'est pas financé.

Comme dans la fonction publique, les métiers pénibles dans les régimes spéciaux sont identifiés et ouvrent droit à un départ anticipé :

L’âge conjoncturel de départ à la retraite est passé de 56,3 à 57,7 ans entre 2007 et 2017 au régime des IEG, de 54,7 à 56,9 ans sur la même période au régime de la SNCF et de 55,1 à 55,7 ans entre 2008 et 2017 au régime de la RATP. L’âge conjoncturel de départ à la retraite reste inférieur dans les trois régimes à ceux de la fonction publique et davantage encore à celui des salariés du secteur privé. En 2017, il était de 59,2 ans à la fonction publique hospitalière, de 61,6 ans dans les collectivités territoriales, de 61,3 ans pour les fonctionnaires civils de l’État et de 63,0 ans au régime général.

Ces écarts ne reflètent pas des différences manifestes d’espérance de vie à 60 ans : l’espérance de vie à 60 ans des hommes est estimée en 2010 à 22,9 ans dans les IEG, 22,1 ans à la SNCF, 22,0 ans à la RATP et, selon l’INSEE, à 22,4 ans au sein de la population française.

Départs plus précoces, espérance de vie identique mais aussi retraites plus élevées : même si la Cour rappelle prudemment que les différences de pensions peuvent être le reflet de différences de qualification, les différences sautent aux yeux :

Source : Cour des comptes.

Entre 2010 et 2017, la pension brute moyenne en équivalent carrière complète des nouveaux retraités a augmenté d’environ 20 % dans les IEG, 10 % à la RATP et 5 % à la SNCF comme pour les fonctionnaires civils de l’État, alors qu’elle a plutôt stagné dans les collectivités territoriales et hospitalières.

Sur le champ des retraités ayant accompli une carrière complète, la pension des retraités de la SNCF et de la RATP confondus est supérieure de 24 % à celle des anciens salariés du privé dans le secteur des transports sur toute la distribution ; elle est en particulier supérieure de 24 % pour la médiane, comme pour la moyenne.

En revanche, les taux de remplacement sont plus resserrés : seul le taux de remplacement en équivalent carrière complète des nouveaux retraités de 2017 de la RATP se détache à 88,0 %, contre 73,0 % à la SNCF et 70,4 % à la CNIEG. Pour la RATP, cela s'explique par des règles de calcul de la retraite qui augmentent le montant de la pension (« pourcentage majorant », attribution de points de nuit). Ces données montrent que pour les retraités ayant accompli une carrière complète, les écarts de taux de remplacement entre salariés de la SNCF ou de la RATP et salariés de sociétés privées de transport sont plus faibles, traduisant probablement selon la Cour, à qualification équivalente, des salaires plus faibles dans le secteur privé des transports conduisant à davantage de bénéficiaires des minima de pension.

Financement en millefeuille 

La prodigalité de ces régimes en comparaison des régimes de la fonction publique ou du privé, nécessite un financement significatif. Ce financement repose sur une organisation complexe et de surcroît différente entre les trois régimes :

Le financement de chacun de ces régimes repose en partie sur des cotisations, dont une partie correspond à un montant équivalent à ce qui aurait été versé sur le fondement des règles des régimes de salariés du secteur privé.

Elles sont constituées d’une part de cotisations salariales et, d’autre part, de cotisations patronales dont le taux est ajusté annuellement afin que le montant total de ces cotisations patronales et salariales soit l’exact équivalent de ce qui aurait été versé sur le fondement des règles des régimes de salariés du secteur privé.

Dans le cas du régime de la RATP, aucune autre cotisation ne vient financer les dépenses non couvertes : les cotisations versées sont égales à celles qui auraient été versées en suivant les règles des régimes de salariés du secteur privé.

Dans le cas des régimes de la SNCF et des IEG, ces cotisations sont complétées par des cotisations patronales supplémentaires venant financer une partie des coûts spécifiques du régime. Les cotisations sont donc au total supérieures de 30 % pour la SNCF et de 70 % pour les IEG à ce qu'elles auraient été dans le privé.

Mais cela n'est pas suffisant et les financements publics doivent abonder les régimes. Ils représentaient 62 % du total des ressources du régime de la SNCF, 59 % de celui de la RATP et 28 % dans le cas des IEG en 2017.

Ils s’élevaient au total à 5,5 Md€. Leur part dans les produits des régimes a augmenté au cours de la dernière décennie (+8 points pour le régime de la RATP, +5 points pour le régime de la SNCF et +2 points pour celui des IEG).

La forme prise par ces financements publics est différente selon les régimes : subvention d'équilibre pour la RATP (681 M€) et la SNCF (3 280 M€), taxe affectée pour les IEG, dite "Contribution tarifaire d’acheminement" (1 509 M€), facturée aux consommateurs finaux d’électricité et de gaz.

Même si les financements publics ont vocation à financer les coûts démographiques qui représentent une fraction parfois substantielle des dépenses de ces régimes (40% pour le régime de la SNCF, 20% pour les IEG, non identifiés pour la RATP), les financements publics servent également au financement des droits spécifiques et en premier lieu des départs précoces : au sein du régime de la SNCF, les analyses menées par le CGefi en 2011 estiment que 60 % du montant des droits spécifiques du régime sont représentés par les départs précoces. Au sein du régime des IEG, les estimations réalisées par la Cour chiffrent le coût des départs précoces à 55 % des droits spécifiques des régimes.

Trois régimes spéciaux et trois modes de financement !

Le régime des IEG 

Jusqu’en 2005, le régime spécial des IEG était financé par les cotisations des salariés et patronales. En 2004, un mécanisme d'adossement a été mis en place avec les salariés du secteur privé. Celui-ci prévoit que la CNIEG verse à la CNAV et à l’AGIRC-ARRCO des cotisations équivalentes à celles que ces organismes percevraient si les personnes affiliées à la CNIEG l’étaient à la CNAV et à l’AGIRC-ARRCO. La démographie du régime des IEG étant plus défavorable que celle des régimes de salariés du secteur privé, une compensation est intervenue sous la forme du versement d’une soulte de façon à ne pas dégrader la situation de ces régimes. De son côté, le financement des droits spécifiques passés et futurs des assurés du régime spécial est pris en charge en partie par les entreprises et en partie par les consommateurs, via la contribution tarifaire d’acheminement.

Le régime de la RATP 

Le rapport de la Cour nous apprend que les pouvoirs publics ont envisagé un temps un mécanisme d'adossement similaire à celui des IEG abandonné faute d'accord avec la CNAV. Du coup, la RATP est la seule à ne pas prévoir de cotisations supplémentaires destinées à financer les prestations spécifiques, la différence entre les cotisations versées en application des modalités de calcul des régimes des salariés du secteur privé et les pensions servies étant prise en charge par la subvention de l’État.

Le régime de la SNCF

Le dispositif distingue les cotisations dues en application des modalités de calcul des régimes des salariés du secteur privé (1ere tranche de cotisation dite T1) et des cotisations supplémentaires ayant vocation à financer certaines spécificités du régime (T2). L'État assure le bouclage financier du régime.

Qu'en conclure ?

En résumé, ces trois régimes spéciaux ont donc tardé à se réformer, ils ont pourtant des dépenses de pensions élevées, essentiellement liées aux départs précoces. Même si pour la SNCF et les IEG, des cotisations spécifiques ont été prévues, ces cotisations sont insuffisantes à équilibrer les régimes et ce sont des financements publics qui viennent en appoint pour l'équivalent de 5,5 milliards d'euros.

On comprend donc que la Cour presse les trois régimes concernés d'accélérer leur convergence compte tenu de leur poids sur le budget de l'État et émet à ce titre une série de recommandations dont notamment :

  • le rapprochement des paramètres de prise en compte de la pénibilité et de l’invalidité avec ceux en vigueur dans le privé dont certains n'ont plus d'autres justifications qu'historiques. "Ainsi, la question des âges précoces d’ouverture des droits gagnerait à être réexaminée de manière à identifier les postes de travail relevant d’une pénibilité particulière" ;
  • l’accélération du rythme de montée en charge de l’augmentation de la durée d’assurance pour les catégories actives et super-actives.

Au-delà de ces préconisations de bon sens, on voit qu'en filigrane se dessinent également des recommandations plus larges, notamment pour... la fonction publique qui est le premier des régimes spéciaux encore existants.

Ainsi, la fonction publique pourrait aussi s'inspirer de certaines mesures mises en place dans les régimes spéciaux : constitution d'une caisse spéciale pour la gestion des pensions, distinction dans le financement et en particulier dans les cotisations entre ce qui relève du coût démographique et des avantages spécifiques au régime, réexamen des catégories actives ou encore cotisations sur les primes (voire comme le propose la Cour pour les régimes IEG, SNCF et RATP, mise en place d'une cotisation sans droit pour financer les droits passés spécifiques du régime de la fonction publique). Après la présentation de la réforme des retraites de Jean-Paul Delevoye, il semble que le gouvernement ait encore jusqu'à la fin de l'année pour réviser sa copie avant la présentation du projet de loi. Le rapport de la Cour tombe donc à point nommé. 


[1] Par ailleurs, la Cour rappelle que les assiettes de cotisation de la SNCF et des IEG sont plus étroites.

Commentaires

  • Par Henricot • Posté le 15/09/2019 à 19:46 Comment pourront être évitées les grèves gigantesques qu'on peut attendre sur la réforme des régimes spéciaux ? voilà bien un sujet de consultation populaire , car les syndiqués, même au sein de chacune des organisations (syndicats très peu représentatifs en nombre d'adhérents), ne sont pas aussi nombreux que la masse des électeurs ?!
  • Par Stéphane • Posté le 09/09/2019 à 12:42 On retrouve toujours la jalousie française dans toute sa splendeur. Arrêter de confondre "privilège" et "acquis sociaux". La différence c'est qu'un acquis social s'obtient par la négociation, voir la lutte. Vous voulez la même chose ? Bougez vous le cul ou postuler dans ces boites puisque elles vous font baver. L'égalité revendiquée est un trompe l'œil. Une opportunité patronale pour casser ces avancées sociales plutôt que de les généraliser a tous. J'ai 43 ans, J'ai commencé à travailler a 16 ans et je suis salarié des IEG depuis 20 ans. Mon salaire net est de 1983 €/mois sur 13 mois. Il y a pire certes, mais il y a beaucoup mieux aussi. J'aurai effectué mes 43 ans de cotisation a 62 ans mais je devrai "cotiser" gratis jusqu'à 64 ans avec cette réforme. Ma retraite projetée dans le système actuel serai de 1800€/mois à 62 ans. Avec le nouveau système l'estimation tombe a 1100€/mois à 64 ans. 46 ans de cotisation pour finir avec 300€ de plus que le minimum vieillesse. Vous appeler ça un progrès ?? L'égalité obtenu par un nivellement par le bas c'est ça votre projet d'avenir ? Vous me faites vomir….
  • Par Marc-78 • Posté le 07/08/2019 à 13:31 Le principe de convergence et d'harmonisation n'est pas forcément mauvais en soi ; mais on a clairement l'impression que le but recherché est en fait un nivellement par le bas généralisé. Il n'y aura pas moins de riches, mais par contre beaucoup plus de pauvres. Ce n'est pas là ma conception de la justice ...
  • Par bodman • Posté le 25/07/2019 à 10:44 Vous auriez pu préciser que la RAT"P" (P=parisien) , qui ne concerne pas que les Parisiens ,mais quasi exclusivement les Franciliens , est financée par tous les Français...ce qui est un privilège de "la" métropole parisienne.
  • Par adalbert • Posté le 22/07/2019 à 21:15 Dans ce pays qui affiche "égalité" sur tous les frontons de ses édifices publiques, dans ce pays les retraités hommes et femmes dit du "privé" n'ont pas la même valeur que les hommes et femmes retraités des services publiques. Ce qui avait un sens en 1945 n'a plus court depuis longtemps. Comment peut-on encore avoir un tel aveuglement sur cette différence de traitement des salariés citoyens égaux en droit. Il y aurait donc une France publique et une France privée composée d'hommes et de femmes, "de fait" moins méritants. Pourtant ils sont agriculteurs, boulangers, maçons, plombiers, mécaniciens etc. dont un pays a tant besoin. Alors pourquoi cette injustice lorsque est venu le temps de se reposer dans une retraite justement méritée.
  • Par remarqueur • Posté le 22/07/2019 à 15:24 Cette soulte versée par les I.E.G. reste d'une toujours d'une grande nébulosité. Il est certain que la CNAV est à contribution sur ces retraites cossues qui n'ont pas été cotisées par l'activité antérieure à 2004 et si la soulte compense les écarts démographiques, pourquoi EDF et IEG ne reprennent ils pas à leur compte les retraites de leurs ayant-droits. Cette situation ne peut être maintenue indéfiniment avec les perspectives difficiles à long terme. Par ailleurs cet adossement imposé à la CNAV semble impossible avec la RATP.
  • Par Olivier • Posté le 21/07/2019 à 11:04 Je comprends pas .Depuis 2009 tous les contrats des salariés sont des CDI a la RATP.Le régime spécial s'éteint de lui même avec se système. Pourquoi se paramètre n'est pas précisé.
  • Par reiller • Posté le 20/07/2019 à 14:28 Il me semble que dans ce rapport il y a une proposition pour financer la non disparition des régimes spéciaux, jugée trop explosive comme d'habitude, ce qui me parait réaliste, hélas. Dans toutes les présentations faites de cette réforme ,j'ai noté des imprécisions, des non dits, et puis il y a cette curieuse obstination à ne pas tenir compte de l'espérance de vie par profession pour calculer la valeur du point. Pour conserver les avantages de départ anticipé dans les services de l'état? Attention aux chiffres :une entreprise qui fait des efforts sur ses effectifs (SNCF, mais pas EDF),dégrade les comptes de sa caisse de retraite. Au final la question est :faut il que les agents publics soient privilégiés? Au bureau la CGT me répondait "oui, comme éclaireurs du progrès social, toujours!", c'est astucieux!
  • Par Keomar • Posté le 20/07/2019 à 11:53 Bien sûr j'applaudis une réforme qui va résoudre à la fois des problèmes de complexité et d'iniquité qui étaient à la limite du supportable. Ceci dit je suis toujours étonné de cette propension à traiter un problème sans voir l'incidence des solutions envisagées sur d'autres problématiques. Grand silence chaque fois qu'est soulevée la question de l'incidence de l'allongement de la durée de cotisation, sur le taux de chômage! De même, le soi-disant coût des régimes spéciaux n'est-il pas compensé par une politique salariale au rabais qu'il faudra peut-être bien revoir une fois que la carotte des régimes spéciaux ne sera plus là pour générer des candidatures à ces postes "privilégiés"? Est-on si sûr de ne pas être perdant au finish? Encore une fois je me réjouis d'une réforme pour une fois radicale et manifestement salutaire, mais je ne crois pas qu'il faille en attendre grand chose sur le plan budgétaire, à part les économies de gestion, à moins bien sûr d'une baisse généralisée des prestations, y compris pour ceux qui sont déjà les dindons du système actuel, mais cela nous ne le saurons probablement que plus (trop ?) tard...
  • Par bernard cuenet • Posté le 20/07/2019 à 10:05 pour ces métiers il faudrait obliger ces entreprises à redéployer vers d'autres métiers ces personnels au bout d'un certain temps d'exercice ce qui éviterait de maintenir des départs anticipés
  • Par Viviane Guyou • Posté le 20/07/2019 à 00:31 Bonjour, Je suis écœurée d'apprendre que les régimes spéciaux ne sont pas encore aux normes avec le privé quant à leur retraite. Ils ont déjà tant d'avantages tel la sur-évaluation de leur salaire avant leur départ en retraite. Je n'ai pas de personnes du Privé partant avec 3000 euros par mois mais dans la SNCF et EDF oui j'ai ai pas mal. Et ne dites pas que ce n'est pas vrai car je suis membre d'une famille de ces personnes travaillant dans cette Corporation et heureusement certains en sont conscients.Ils ne comprennent pas eux-mêmes pourquoi les gouvernements n'ont pas le Courage de faire le nécessaire. Cordialement
  • Par zelectron • Posté le 19/07/2019 à 22:58 les justifications de ces hypocrites ne font plus recette !
  • Par gilles de Brunier • Posté le 19/07/2019 à 22:25 Comme vous le dites si bien, malgré ce rapport de la cour des comptes, il est quasi certain que cela va se passer comme pour les précédentes réformes ou un projet de rapprochement avec le secteur privé se fera dans 30 ou 40 ans C'est un véritable scandale, rien ne justifie qu'un salarié d'EDF ou autre régime spéciaux puisse partir en retraite à 57 ans,sans parler avec un niveau de retraite lui aussi scandaleux. A comparer avec un ingénieur dans une entreprise électrique du privé qui lui partira en retraite à 63 ans avec une pension bien inférieure. Sans compter qu'une étude comparative approfondie permettrait de voir que les conditions de travail et de soit disant pénibilité de ces agents des entreprises protégées sont souvent bien meilleures que celles des salariés du secteur privé. Ces injustices ont assez duré, il serait bien temps que les politiques est le courage de remettre réellement les choses à plat. Idéalement les pouvoirs de la cour des comptes devraient être beaucoup plus important, pour que ces préconisations ne restent pas lettre morte. J'ai 60 ans et je sais qu'en tant qu'ingénieur du privé je vais devoir travailler encore au moins 3 ans pour un taux de remplacement qui atteindra péniblement 55 %. Si ces entreprises rémunéraient grassement leur salarié parce qu'elles se battent sur le marché mondial, je n'y verrai à la limite pas d'inconvénient. or il n'en est rien, c'est nous tous et plus particulièrement les salariés du privé et le déficit de l'état qui permettons à ces régimes de subsister. Sans que la notion d'équité ne choque ces salariée de l'état et des entreprises semi-publiques. Il y fort à penser que l'état n'aura encore pas le courage d'affronter les syndicats de ces régimes à moins de faire encore plus de concessions coûteuses pour quelques efforts de ces salariés, comme ce fut le cas lors de la réforme Fillon. De l'enfumage en quelque sorte. Je doute que de mon vivant je vois un jour ces régimes rejoindre les conditions du régime général. Nous serions en Angleterre ou chez nos voisins du nord, il y a belle lurette que tout le monde serait sur un même pied d'égalité. Nous parlons des régimes spéciaux, mais il y a également certaines catégories de fonctionnaires, les agents publics travaillant dans les dom qui bénéficient de trimestres bonifiés, les fonctionnaires de police qui partent à 45 ans avec une retraite à taux plein, alors qu'ils pourraient sans problème continuer à travailler encore au moins une dizaine d'année. A comparer avec la maigre retraite d'un agriculteur 700 euro par mois. Les français n'aiment pas les riches, mais ils chouchoutent leurs fonctionnaires, l'inverse de ce qui se pratique dans les pays anglo-saxon.
  • Par LRIGOLE • Posté le 19/07/2019 à 17:54 Votre analyse est détaillée et comporte des chiffres exacts. Mais également un certain nombre d'oublis et de contre-vérités. Pour la CTA notamment : celle-ci finance les droits passés relatifs aux activités régulées (transport et distribution de l'électricité et du gaz) acquis par les salariés préalablement à l'adossement. Or cette taxe a conduit à une réduction du tarif de l'électricité (qui a été augmenté depuis pour d'autres raisons !). La Cour constate que le coût de la CTA "dont le montant a augmenté" "est désormais amenée à diminuer". En effet, avec l'extinction progressive des droits passés, la CTA arrivée à son terme sera progressivement remplacée par les DSF (Droits Spécifiques Futurs) entièrement financés par les entreprises concernées. De manière plus générale, et contrairement à ce que vous affirmez, AUCUN FINANCEMENT PUBLIC ne contribue à l'équilibre du régime des IEG. Les soultes évoquées pour un adossement au régime général ont bien été versées et il en reste encore une notable. Par ailleurs la caisse du régime de retraite des IEG est bien mieux gérée, en terme de productivité, que la CNAV. Enfin, si vous connaissez bien les régimes de retraite, vous devriez donc savoir que depuis 2005 les réformes successives ont permis, en jouant progressivement sur les cotisations salariales, patronales et sur le nombre de trimestres nécessaire de "renflouer les caisses". Et la démographie à venir permet de simuler que dans quelques années le régime sera non pas déficitaire mais bénéficiaire. Nous avons donc à faire plus à une réforme "politique" qui vise, sous couvert d'égalité, à niveler par le bas l'ensemble des retraites. Mais QUID des retraites parlementaires et des autres régimes spéciaux qui ne sont pas mis en avant ? Seront-ils réellement touchés eux aussi ? Allons chercher les déficits là où ils se trouvent réellement !
  • Par Marech • Posté le 19/07/2019 à 11:45 Il est surprenant que, alors que l'espérance de vie à 60 ans est quasiment identique pour tous les régimes, le nombre de réversions soit, relativement au nombre de cotisants de droit direct, beaucoup plus important à la SNCF que dans les autres "régimes". (tableau N° 1) Y aurait-il eu une proportion de célibataires nettement plus élevée dans ces derniers ?!... Au demeurant, grand merci pour cet article ! PS - Quand donc vous (et nous) débarrasserez-vous de ce snobinard charabia de "think tank" ?
  • Par Ham • Posté le 19/07/2019 à 10:28 Bonjour Pourquoi vouloir nous tirer vers le bas ? Pourquoi le secteur privé se battent pas pour avoir les mêmes droits que nous? Je suis à la RATP depuis 20 ans, je n'ai jamais regardé mon voisin ou le jalouser parce que l herbe de chez lui et plus verte. Aujourd'hui avec cette réforme, nous allons devoir faire beaucoup plus d'efforts que le privé et on nous parle d'une retraite plus juste!, On se fiche de nous je crois! C'est un hold-up en plus le système par point va baissé fortement nos retraites. Réveillez vous arreter de regarder des chaînes télévisés en boucle qui nous endorment avec des fausses informations.
  • Par bmaroy • Posté le 18/07/2019 à 23:39 Les cotisations patronales du Privé et du Public n'ont rien à voir. Dans le premier cas, elles fragilisent l'entreprise (comme les grèves) et dans le second, elles se font sur le dos des contribuables qui n'ont rien à dire. De plus, la prétendue "contribution à l'acheminement de l'électricité" est payée par ceux qui achètent leur électricité à d'autres fournisseurs que l'EDF et sont obligés de payer les retraites de ses ex employés. Les divers avantages en nature ne semblent pas être inclus dans les retraites, non plus que la base sur laquelle est calculée la retraite. Il n'y a plus qu'à espérer que les nouveaux nobles auront le courage de leur prédécesseurs en faisant leur nuit du 4 août 1789. Mais est ce plausible ?
  • Par Nelson36 • Posté le 18/07/2019 à 22:42 Une bombe ? quelle bombe ? Un scandale OUI ! Qu'attend ce gouvernement pour réformer ces fameux régimes spéciaux ? Il ne manquerait pas d'argument : Première constatation : Les employés de toutes ces sociétés ont une espérance de vie strictement identique à la moyenne des français ! Où donc est leur pénibilité qui justifierait un départ à la retraite plus tôt que les autres citoyens ? secondement : ces régimes coûtent la bagatelle de 5,5 milliards d'euros chaque année à l'ensemble des autres citoyens français !!!! Des régimes spéciaux pour cause de pénibilité, pourquoi pas ? j'en vois déjà deux parfaitement justifiés : Les égoutiers dont il est établi que leur espérance de vie est inférieure à la moyenne des français, ensuite, les gardes malades ou des personnes en fin de vie qui est là vraiment un travail oh combien pénible, mais qu'on ne me parle pas des conducteurs de TGV ou des métros. Alors quel est l'homme politique qui aura le courage de mettre ce projet de réforme sur la table ? On attend !
  • Par Hyd93 • Posté le 18/07/2019 à 22:15 On en parle des régimes de retraite des haut fonctionnaires ? Déjà qu'ils nous volent tous les jours ils se permettent de donner des leçons. 5ans de mandats et déjà des pensions de tous les côtés. Pffff la France dégoute. Commencer par descendre vos privilèges les gens d'états.
  • Par christian22 • Posté le 18/07/2019 à 17:58 On parle ici de la convergence des régimes spéciaux de la SNCF, RATP et EDF avec le régime général. Je pense que c'est une très bonne chose. Tout cela sera validé par nos députés et sénateurs. Mais je ne voie nul part la convergence du régime de retraite des députés et sénateurs (qui est aussi une sorte de régime spéciale) avec le régime générale. Est-ce que j'ai loupé quelque chose? Ou est-ce que cela n'est pas à l'ordre du jour? Cordialement

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