Emploi et politiques sociales

Salaires des infirmières : pour une comparaison plus complète

20 mai 2020 • Philippe FrançoisSandrine Gorreri

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En annonçant sa volonté de lancer un « Ségur » de l’hôpital, le ministre de la Santé, dans la foulée du Président de la République, va s’attaquer aux revendications salariales des personnels soignants, au premier rang desquels les infirmières. Le but est de mettre fin aux mouvements de protestation qui minent l’hôpital public depuis plusieurs années, et de trouver une solution plus pérenne que les annonces de primes. Une décision qui s’appuie sur des comparaisons internationales mais qui doit prendre en compte tous les éléments en jeu. Rappelons que les dépenses de personnel des établissements publics de santé représentent 47 milliards d'euros en 2017.

L’OCDE propose deux méthodes de comparaison internationale des salaires des infirmières : en valeur absolue et en valeur relative. La comparaison avec l’Allemagne retenue ici est plus significative qu’avec l’ensemble des pays de l’OCDE, très hétérogènes allant du Mexique au Luxembourg .

Le tableau publié par l'INSEE des salaires nets dans le secteur privé et les entreprises publiques fournit un cadre de référence qu'il convient de garder à l'esprit : 

   

En valeur absolue

En France le salaire mensuel brut des infirmières des hôpitaux, en parité de pouvoir d’achat est de 3.533 euros contre 4.491 en Allemagne, soit inférieur de 21%.

Note rapport OCDE 2015 : « La rémunération du personnel infirmier correspond au revenu annuel brut moyen, qui comprend les cotisations de sécurité sociale et l’impôt sur le revenu à la charge du salarié. Elle inclut normalement tous les gains additionnels légaux tels que les primes et le paiement des gardes de nuit et des heures supplémentaires. »

Quatre correctifs

A partir des données OCDE, quatre correctifs peuvent expliquer tout ou partie des écarts entre la France et l’Allemagne :

  • Revenu moyen par personne

En Allemagne, le PIB global par personne est de 46.334 euros contre 41.350 en France, soit un écart de 12%. Un écart qui se reflète forcément dans les écarts de salaires et de revenus des personnes. Par exemple, en France, le salaire moyen brut (célibataire sans enfant) est de 3.286 euros par mois contre 4.212 euros en Allemagne.

  • Parité de pouvoir d’achat

Le coût de la vie est plus élevé en France qu’en Allemagne. Une situation qui peut s’expliquer soit par des charges sociales, impôts et normes plus élevés en France, soit par des politiques publiques conduisant à des prix plus élevés en France comme pour le logement, soit par une concurrence plus vive en Allemagne (ex supermarchés Aldi Lidl).

En tenant compte de ce facteur "coût de la vie" (standard pouvoir d’achat, selon Eurostat) le revenu moyen en France est de 2.600 euros par mois contre 3.083 en Allemagne, soit un écart de 18% qui regroupe l’écart de richesse ci-dessus plus celui-ci de parité de pouvoir d’achat.

  • Temps de travail

Le temps de travail des infirmières en France est de 32 à 35 heures, plus des heures supplémentaires éventuelles. Il est de 38 à 40 heures en Allemagne, avec aussi des possibilités d'heures supplémentaires, soit un supplément logique de 5 à 14% des salaires allemands.

  • Coût complet

Les montants INSEE, OCDE ou Eurostat correspondent au salaire brut, y compris les charges sociales payées par le salarié et parfois les impôts sur le revenu. Mais pour l’employeur, le coût complet des personnes inclut les charges patronales. En France, comme le montre ce tableau du Conseil d’orientation des retraites, la charge patronale pour les retraites est élevée, et plus élevée pour les personnels des hôpitaux que pour les salariés du privé.

Pour les infirmières elle est de 20,3 à 36,8% suivant les méthodes de calcul, et 21,6% pour la valeur la plus neutre, soit un surcoût de 5% par rapport au privé où le taux est de 16,7%.

En Allemagne le taux de cotisation employeur obligatoire est de 10%, complété éventuellement par  une cotisation à une assurance complémentaire de 3%, soit 3,7% de moins que pour les infirmières françaises. Ce surcoût est peu visible par les infirmières françaises mais fait partie de leur salaire et doit être pris en compte dans les comparaisons.

Synthèse

Salaire brut

Dû au temps de travail

Dû aux retraites

France vs Allemagne

-18%

-10%

- 4%

 

En valeur relative

Cette seconde approche compare aussi la situation française à celle des pays étrangers, mais le critère retenu est le niveau du salaire des infirmières par rapport au salaire moyen du pays. En France le salaire mensuel brut des infirmières est de 95% du salaire moyen de la population française, soit inférieur de 5%.

En Allemagne, le salaire moyen des infirmières est de 113% du salaire moyen de la population, soit un écart de 18% en défavreur des infirmières françaises. 

Cette seconde méthode est moins parlante que la première qui compare des salaires en euros, mais elle évite en partie les biais dûs aux façons d’évaluer les parités de pouvoir d’achat, et aux effets richesses des pays : au Luxembourg ou en Suisse par exemple les infirmières sont nettement mieux payées, principalement parce que ces pays sont plus riches par personne que la France. Les infirmières allemandes sont d'ailleurs attirées par la Suisse. Au contraire dans des pays où le niveau et le coût de la vie sont nettement plus faibles (ex Mexique, Chili) le salaire des professions intermédiaires est faible mais très supérieur à la moyenne de ceux de l’ensemble de la population. Ceci explique que dans le classement ci-dessus, se retrouvent en tête des pays plus riches et plus pauvres. Pour cette seconde méthode, le principal correctif à apporter à ce niveau de 18% est celui des écarts de coût des retraites de 4%. 

Effectifs

Le nombre d’employés dans la fonction publique hospitalière a fortement augmenté depuis 40 ans et continue à le faire plus rapidement que la population française.

 

1986

1996

2017

2017/1986

Nombre d’employés

665.000

885.296

1.173.416

+76%

S’il était exact que, comme l’ont répété de nombreux médecins chefs de services pendant la crise du Covid, ces embauches ne sont pas faites aux bons endroits (16% de médecins, 58% d'autres soignants, 15% de non soinants techniques, 11% d'administratifs) la réforme annoncée devra corriger ce dysfonctionnement.

Conclusion

Au total, la comparaison des salaires des infirmières entre la France et l'Allemagne mérite d'être affinée. Si les infirmières (comme la quasi-totalité des salariés) sont moins payées en France qu’en Allemagne, c’est d’abord parce que l’économie française produit moins de richesses que l’allemande, et parce que le temps de travail annuel y est inférieur. Le revenu par personne étant en France inférieur de 18% à celui en Allemagne, cela se répercute inévitablement sur la plupart des catégories, dont les infirmières. 

Augmenter les salaires des infirmières des hôpitaux ne suffira pas à résoudre la crise dans les hôpitaux, pas plus que les deux augmentations décidées par Agnès Buzyn. C’est la rigidité de leur statut de fonctionnaire, illustrée par les grilles en annexe ci-dessous, qui empêche de moduler les carrières selon les besoins spécifiques, et selon les compétences et les motivations. C’est à un partage des taches plus motivant entre les médecins et les infirmières expérimentées, et à une organisation des services qui encourage les infirmières à rester dans les établissements parce qu’elles constatent que leur travail y est mieux reconnu et plus fluide que ce Ségur de la santé doit parvenir. 

A l'hôpital le mal être ne concerne pas que les infirmières. Il persistera tant que les hôpitaux n'auront pas gagné en autonomie et responsabilité en alignant leur statut sur celui des hôpitaux privés associatifs, mutualistes ou les fondations.

Annexe :
exemples de grilles de carrière et salaire

Grille indiciaire de l’infirmier en soins généraux, grade 1 ISGS

Catégorie A, filière : Services de soins, de rééducation et médicotechnique

 Echelon

Indice brut

Indice majoré

Durée moyenne

Salaire brut

1

379

349

1 an

1 615,97 €

2

401

363

2 ans

1 680,80 €

3

433

382

3 ans

1 768,77 €

4

459

402

3 ans

1 861,38 €

5

491

424

3 ans

1 963,25 €

6

536

457

3 ans

2 116,05 €

7

578

488

3 ans

2 259,59 €

8

605

509

4 ans

2 356,82 €

9

631

529

4 ans

2 449,43 €

10

658

549

4 ans

2 542,03 €

11

680

566

-

2 620,75 €

Grille indiciaire de l’infirmier en soins généraux, grade 2 ISGS

Catégorie A, filière : Services de soins, de rééducation et médicotechnique

 Echelon

Indice brut

Indice majoré

Durée moyenne

Salaire brut

1

444

390

1 an

1 805,82 €

2

460

403

2 ans

1 866,01 €

3

486

420

2 ans

1 944,73 €

4

512

440

2 ans

2 037,33 €

5

541

460

2 ans

2 129,94 €

6

572

483

3 ans

2 236,43 €

7

601

506

3 ans

2 342,93 €

8

631

529

4 ans

2 449,43 €

9

661

552

4 ans

2 555,93 €

10

696

578

4 ans

2 676,31 €

11

730

604

-

2 796,70 €

Commentaires

  • Par Galissier • Posté le 10/08/2020 à 11:57 Excellente étude qui prends enfin en compte le temps de travail , l âge de départ à la retraite la richesse du pays et le coût de la vie.
  • Par PR • Posté le 15/06/2020 à 21:38 Je suggère de comparer le taux horaire de salaire brut (quel que soit le secteur d'activité, le métier, la fonction ..). En effet, la France est un des rares pays à appliquer les 5 semaines de congés payés et les 35h00 hebdomadaires. Comparer un niveau de salaire entre pays devient complexe. Par rapport au salaire moyen national, l'analyse est également imparfaite. Le salaire moyen français est tiré vers le haut par des secteurs d'activité qui offrent des salaires moyens 6 plus élevés (finance de marché, hautes technologies, ...) que d'autres secteurs (services aux personnes, commerce...). La structure salariale d'un pays diffère. Exemple : le secteur automobile paie bien en France (R&D, production de modèles à forte valeur ajoutée), moins bien en Espagne (concentration de la production des véhicules bas et moyen de gamme). L'échelle de valeur diffère selon les pays. Il conviendrait plutôt de comparer le salaire médian chez le personnel hospitalier par rapport au salaire médian national (public versus privé versus global). D'autre part, et pour tout secteur d'activité, il conviendrait de comparer le coût total horaire du travail. Enfin, il conviendrait d'abandonner la comparaison des salaires nets depuis le passage au prélèvement à la source. En résumé, comparer les taux de salaires brut horaires, les coûts salariaux horaires totaux et à l'intérieur du pays, les salaires médians publics, versus privés versus globaux.
  • Par jamas • Posté le 02/06/2020 à 09:08 Le problème des infirmières existe certainement. Mais le mal français, c'est de ne pas savoir ajuster nos prestations publiques à la hauteur de nos moyens. C'est valable pour la santé, pour l'éducation nationale, pour nos strates administratives et leurs représentants, pour notre budget militaire, les aides au secteur privé, etc. On en fait plus que ce que nous permettent nos moyens financiers publics. La solution si on veut être réglo vis à vis des générations futures consiste à baisser l'ampleur des prestations publiques… puisque les impôts sont aux taquets sauf rares exceptions. C'est difficile à entendre pour certains, mais c'est la seule solution possible, quasi mécaniquement pourrait on dire. Un seul budget est à mon sens à sanctuariser, voire rehausser : celui de la justice.
  • Par JPR • Posté le 01/06/2020 à 10:45 Outre les aspects salariaux nets, de nombre d'heures théoriques et d'âge de départ la retraite, j'espère que les négociations à venir prendront en compte l'absenteisme qui est un véritable fleau à l'hôpital public. Voir le dossier de l'Ifrap sur le sujet, un dossier édifiant qui montre que certains etablissements publics dépassent les 30 jours par an ce qui est tout a fait abusif.
  • Par gourio • Posté le 24/05/2020 à 13:26 Le choix est simple deshabiller Pierre pour habiller Paul , degraisser la bureaucratie hospitaliere , et repartir les sommes ainsi recuperées vers les soignants , il suffit à chacun de compulser l'organigramme de direction de son hôpital de proximité pour comprendre ! des directeurs adjoints à foison chacun avec une secretaire des directions jusqu'à 5 fonctionnaires , dont la direction des achats de la logistique et de l'hotellerie de mon mien CHIC , chaque directeur adjoint emarge à 4000 € secretaire 2000€ le poste coute 6000 € mensuel , de quoi revaloriser de 400€ le salaire mensuel de 15 infirmieres … la question est : peux t'on pour reajuster les depenses virer un directeur d'hôpital qui ne sert à rien ou pas grand chose , peux t'on supprimer les ARS au meme motif , et des directions sanitaires qui foisonnent entre la place des Vosges et la Madeleine …. la reponse à cette question est evidemment politique , degraisser le mamouth de la technostructure sanitaire française necessite un courage politique que ne possede pas ce gouvernement … je peux me tromper .. ce qui risque fort d'arriver c'est l'injection de fric à envellope globale 200€ pour l'infirmiere mais 200€ aussi pour l'Adjoint des cadres services économiques ( consommation du petit materiel ) et de la Directrice Adjointe Direction du Patrimoine et des Moyens Logistiques de mon hôpital psychiatrique local …. je n'attends pas grand chose de ce Segur là ...
  • Par denis • Posté le 24/05/2020 à 11:36 Vous avez abordé la différence de temps de travail, mais vous n'avez pas abordé la différence d'age de départ à la retraite (qu'en est-il pour les infirmières françaises et allemandes ?). En intégrant la différence de cotisation patronale vous corrigez un peu ce problème mais le temps de la vie active d'un salarié français qui part à 62 ans face à un allemand qui part à 65 ans cela peut faire plus de 10% de correction en plus à apporter. A cela il faut encore ajouter une correction si on considère le temps passé en retraite.
  • Par DENIGARAY • Posté le 24/05/2020 à 10:26 Nous ne pouvons pas conserver à l’hopital 35 000 administratifs sur 100 000 employés. Des médecins doivent être responsables des hôpitaux et non des administratifs. Il faut réformer les ARS qui freinent le travail du corps soignant.
  • Par Comparateur • Posté le 24/05/2020 à 10:26 Bonjour, il me semble que les primes et autres avantages en nature ne figurent pas sur ce comparatif . Or, il me semble que les infirmiers gagnent jusqu'à 300 € par mois pour le fait d'être passé de la retraite à 55 ans vers une retraite à 60 ans . Les personnes du privé sont passées de 42 heures par semaine à 35 H pas semaine en perdant 7 H de salaire par semaine! Je l'ai vécu lorsque j'ai changé de société . Mon nouveau patron m'a annoncé que 35 H que multiplient le prix de l'heure, ça donne une somme brute , sur laquelle on enlève 25 % de charges, et la complémentaire maladie obligatoire !!! Par contre, la valeur du point depuis 77 n'a jamais baissé , tout au plus , cette valeur de point est restée stable quelques temps !!! Qu'on privatise, et tout rentrera dans l'ordre pour tous !!!
  • Par gerard dosogne • Posté le 24/05/2020 à 10:26 Mais la question est : que fait on? je suis un ferme partisan d'une privatisation de l'hopital , avec élimination des lourdeurs administratives
  • Par Floflo • Posté le 23/05/2020 à 19:35 Quand je lis cela couplé aux commentaires , je vois que la réalité n’est pas envisagée ... Une infirmière travaille bien plus de 35h/semaine et ses heures sup sont le plus souvent non payées et non récupérées ... De plus, elle a bcp plus de taches et de patients qu’en Allemagne ... La comparaison n’est donc pas valable . L’infirmière française gagne bien moins qu’une infirmière allemande . Concernant le salaire , minable pour le travail effectué, les jours, les nuits, les w end, les jours fériés... il reste très bas. Concernant la retraite ? Les 75% du salaire , quand une femme travaille et se sacrifie encore pour ses enfants à temps partiel, il ne reste pas grand chose. De plus, elles vivent 8 ans de moins que la population générale ... Autre chose ?
    • Par p.francois • Posté le 02/06/2020 à 11:59 Le chiffre d’espérance de vie des infirmières des hôpitaux que vous citez est très surprenant et serait très inquiétant (8 ans de moins que le reste de la population féminine). Je suppose qu’il est tiré du teste de ci-joint. https://www.infoprotection.fr/les-infirmiers-en-mal-de-souffrance-psychique-et-physique/#:~:text=Quant%20%C3%A0%20leur%20esp%C3%A9rance%20de,pour%20les%20femmes%20en%20moyenne. Ce chiffre ne correspond heureusement pas du tout aux données officielles publiées en 2017 par la Caisse des dépôts qui gère les retraites des infirmières de la FHP https://retraitesolidarite.caissedesdepots.fr/sites/default/files/QRS19_juillet17.pdfn ni à celles de 2011 présentés au Sénat https://www.senat.fr/rap/l09-485/l09-48518.html qui placent l’espérance de vie des infirmières exactement dans la moyenne nationale.
  • Par Floflo • Posté le 23/05/2020 à 19:34 Quand je lis cela couplé aux commentaires , je vois que la réalité n’est pas envisagée ... Une infirmière travaille bien plus de 35h/semaine et ses heures sup sont le plus souvent non payées et non récupérées ... De plus, elle a bcp plus de taches et de patients qu’en Allemagne ... La comparaison n’est donc pas valable . L’infirmière française gagne bien moins qu’une infirmière allemande . Concernant le salaire , minable pour le travail effectué, les jours, les nuits, les w end, les jours fériés... il reste très bas. Concernant la retraite ? Les 75% du salaire , quand une femme travaille et se sacrifie encore pour ses enfants à temps partiel, il ne reste pas grand chose. De plus, elles vivent 8 ans de moins que la population générale ... Autre chose ?
  • Par Chonch • Posté le 23/05/2020 à 16:54 L’Ifrap aura-t-elle l’obligeance de faire la même comparaison avec un pays comme l’Espagne maintenant ? Arrêtez-donc de prendre systématiquement les comparaisons qui vous avantagent Quand je vois écrit que les infirmières françaises sont mieux payées qu’en Allemagne, je crois rêver Je suis infirmier dans un grand CHU depuis 8 ans, j’ai fait 3 ans d’études, je travaille en horaire décalé, je bosse 2 WE sur 3, je fais 6 mois de nuit, j’ai Noël avec ma famille 1 année sur 2, et je gagne 1950€ net/mois Ne me dites pas que je suis bien payé Je ne demande pas 5000€/mois mais au moins le salaire moyen en France
  • Par gourio • Posté le 23/05/2020 à 10:57 un directeur adjoint d'hôpital emarge à 4000€ median mensuel , un directeur adjoint a une scretaire salaire median 2000€ , un directeur adjoint : 6000€ de cout , les directions hospitalieres sont pléthoriques au titre à la limite du ridicule , jusqu'à 5 fonctionnaires par direction …!! 6000€ c'est le montant de la revalorisation de 400€ mensuel de .. 15 infirmieres … !!! la bureaucratie hospitaliere constitue jusqu'à 40% de la masse salariale et çà augmente sans cesse … les ARS ne servent à rien qu' a compliquer le travail des médecins libéraux , elles ne servent meme tellement à rien qu'elles ne participent pas au deconfinement sanitaire qui serait leur role regalien , mais la CNAM dont ce n'est pas le role … d'un autre coté çà preserve l'executif !
  • Par reiller • Posté le 23/05/2020 à 08:48 Merci. J'ai en mémoire des chiffres iFRAP bien plus élevés pour l'administration des hôpitaux que ce qui est dit ici
  • Par Xavier Cartron • Posté le 22/05/2020 à 22:07 Les correctifs apportés sont tout à fait pertinents mais il y a un correctif important qui n'est jamais apporté c'est l'avantage financier que procure l'emploi à vie par rapport au CDI. Il n'est pas forcément facile à chiffrer et surtout il a été oublié car avant 1981 on expliquait l'écart entre les salaires des fonctionnaires et ceux du privé par le fait que les premiers n'avaient pas de risque de chômage et avaient une meilleure retraite. La retraite du public reste plus sure que celle du privé mais surtout la sécurité de l'emploi est une valeur sure....qui dans un certain nombre de cas freine la productivité.
  • Par Belj38 • Posté le 22/05/2020 à 16:28 Pour être plus juste il faudrait comparer sur une vie carrière professionnelle + retraite ! Je ne suis pas certain qu'en Allemagne par exemple les infirmières partent avec 75 % de leur dernier salaire...
  • Par Paul HERNU • Posté le 21/05/2020 à 11:31 Le pourcentage de l'effectif, mesuré en ETP, du personnel "administratif" dans les établissements publics de santé, comparé à celui dans les établissements de santé à but lucratif (les "cliniques privées) est le suivant en 2017, selon les statistiques de la DRESS, sachant que ce personnel est celui qui, dans les bureaux, remplit des tâches de gestion administrative et ne doit pas être confondu avec le personnel des services techniques ou médico-techniques, ou médico-social : - Etablissements publics : 11% du total de l'effectif du personnel, ou 15,5% par rapport au total du personnel soignant (% mesurés en ETP) - Etablissements privés à but lucratif : 14% du total de l'effectif du personnel, ou 18,3% par rapport au total du personnel soignant. Dans les deux cas, l'effectif des emplois "administratifs" en ETP, définis au sens strict, est donc inférieur dans les établissements publics, à celui dans les établissements privés à but lucratif.
  • Par beldo • Posté le 21/05/2020 à 11:23 si l'on tient compte des 32h en france et des 40 h en allemagne: nos infirmières sont mieux payées compte tenu des heures travaillées: en projetant leur salaire sur 40h elles dépassent les infirmières allemandes en france l'état organise oisiveté et pénurie
  • Par canopée • Posté le 21/05/2020 à 11:04 avant de penser à revaloriser les salaires des infirmières qui connaissent le plein emploi il sera plus urgent de s'occuper des chomeurs du privé qui eux n'auront rien et une diminution de leurs revenus dus à une mauvaise gestion de cette petite grippe par les politiques et un "chantage" des professions médicales qui profitent de ce corona pour se mettre en avant ; Arretons d'abord le scandale des lits privés dans l'hopital public et les honteuses rémunérations des professeurs . Ils papillonnent entre soins , enseignements et soit disant recherche et leur temps de travail n'est controlé par personne ce qui leur permet d'etre élus des assemblées , maires ou conseillers territoriaux ou se pavaner à la télévision. Pourquoi un médecin est ministre de la santé et n'a t'on jamlais de généraux ministre des armées ? pourquoi n'applaudissons nous jamais nos militaires en opération tous les soirs à 20h : 2 poids 2 mesures comme d'habitude chez les fonctionnaires
  • Par orilou • Posté le 21/05/2020 à 10:55 Pour une comparaison OBJECTIVE avec l'Allemagne (entre autres) sans doute serait-il normal de parler de salaire horaire. Cinq heures de travail hebdomadaire en moins, ce n'est pas rien. C'est vrai pour toutes les autres professions. Il est grand temps de payer les heures supplémentaires de celles et ceux qui acceptent de travailler plus. Cela aurait le mérite de la clarté et rétablirait des conditions comparables et équitables avec d'autres pays qui travaillent plus que nous... et gagnent plus. Sans doute devrait-on plutôt parler de conditions de travail et de considération pour le métier d'infirmière. Il faut mettre fin à cette coûteuse bureaucratie qui envahit la France (hôpital compris) et freine toute initiative. Les Français ont montré leur capacité à pallier les manques de l'état et à se prendre en charge. Face à une pandémie mondiale, le personnel de terrain des hôpitaux et cliniques a montré ses compétences et sa faculté d'adaptation. Il faut les laisser travailler. Plutôt que de "pondre" des pages de règlements et normes puis payer "des ronds de cuir" qui veilleront à leur application, notre état ferait mieux de veiller à la sécurité des citoyens Y COMPRIS ET SURTOUT DANS les HOPITAUX. Il n'est pas normal que du personnel soignant et autre fasse l'objet d'insultes, de menaces et autres "incivilités" y compris à l'intérieur de l'hôpital. UN juste salaire sans des conditions de travail conformes à ce pour quoi elles ont choisi ce métier ne changera pas vraiment la grogne dans les hôpitaux.
  • Par Rhands • Posté le 21/05/2020 à 10:42 Les hôpitaux publics réclament régulièrement de se voir appliquer le statut des PSPH (privés non lucratifs). Je serai intéressé de voir ce qu'ils en penseront si on leur propose vraiment. Mais ce serait une première étape vers une véritable refonte de la gouvernance des hôpitaux publics et une plus grande autonomie (et responsabilité) de gestion.
  • Par Aenas • Posté le 21/05/2020 à 09:05 Il y a quelques années existait la possibilité d'une retraite anticipée, pour parent de 3 enfants, après 15 ans d'activité. D'autres avantages n'apparaissent pas : séjour de repos ... (qui paye ?)
    • Par p.francois • Posté le 21/05/2020 à 09:41 Les avantages retraites dont bénéficient les fonctionnaires des hôpitaux (dont les départs après 15 ans qui pèsent encore sur les comptes des années après leur suppression) conduisent à une augmentation du coût des retraites donc du taux de cotisation employeur. Nous n'avons pris que cet élément en compte, c'est le plus important et le mieux documenté.
  • Par Eugene • Posté le 21/05/2020 à 07:35 Si les journalistes s'appuyaient toujours sur des analyses aussi étayées pour informer le pays, les français seraient moins ''gilets jaunes '' et la France serait un beau et bon pays riche!!
  • Par JPF • Posté le 20/05/2020 à 23:38 Le commentaire du graphique 8-16 parle du salaire des infirmières en Suisse alors que la Suisse n'apparaît pas dans le graphique. Concernant les effectifs, les embauches n'ont effectivement pas été faites au bon endroit. Je crains que la part d'administratifs ne soit de 37% et non de 27% comme indiqué dans l'étude.
    • Par p.francois • Posté le 21/05/2020 à 07:12 Le chiffre de 27% a été calculé à partir du document de la DREES "Les établissements de santé, 2019", pages 37 à 45, sur les personnels médicaux, non médicaux soignants et non médicaux non soignants. D'après ce document, le rapport administratifs/soignants est de 23% dans les cliniques. Ces chiffres regroupent tous les types d'établissements, la réalité peut être très différente dans les CHU, CH et les soins de suite. Le commentaire sur la Suisse provient de sites d'infirmières françaises travaillant en Allemagne. Une évolution classique, avant le Brexit, les Polonais qui venaient travailler au Royaume-Uni, étaient remplacés en Pologne par des Ukrainiens.
    • Par p.francois • Posté le 21/05/2020 à 09:32 Votre commentaire m'a conduit à étudier le bilan social de l'AP-HP http://cme.aphp.fr/content/bilan-social-2018 qui cite le chiffre de 10.271 administratifs pour environ 90.000 employés. Un pourcentage de 11% qui ne correspond pas aux données de la DREES. En général, les très grandes structures comme l'AP HP ont des charges administratives plus importantes. Auriez-vous une interprétation de ces chiffres ?
  • Par MARTINET ROLAND • Posté le 20/05/2020 à 22:11 votre analyse comparative est très fouillée et gagne à être connu du public. Mais ne manque t il pas un point important: le comparatif des % de personnel admin dans les effectifs totaux des hôpitaux publics versus cliniques , en France et à l'étranger. Il me semble avoir vu que c'était de l'ordre de 32% pour les hôpitaux public français contre 26% pour les cliniques, et aussi de l'ordre de 26% dans les hôpitaux allemands! Si on ramenait le % des hôpitaux publics français au même niveau que les autres cités cela laisserait une belle marge de maneouvfre pour les rémunérations des infirmières sans creuser encore les déficits ni créer de nouveaux prélèvements (impôts!)
  • Par jacqueline Lepeule • Posté le 20/05/2020 à 21:27 Dans votre étude comparative , vous ne tenez pas compte de l'âge de départ à la retraite des infirmiers(es) Allemands et Français. Cela devrait bien aussi expliquer l'écart de salaire net.
  • Par bmaroy • Posté le 20/05/2020 à 20:52 L'essentiel n'est pas le salaire mais la rigidité du système public français aboutissant à la punition de ceux qui essaient de faire mieux, tant par l'administration tentaculaire et oppressive que par les collègues. "On dirait que tout irait bien", " on dirait qu'il n'y aurait pas de problème. Tout comportement qui n'est pas strictement aligné pose un problème direct ou indirect et doit être réprimé. Par ailleurs, l'Etat a augmenté beaucoup plus les dotations au Public qu'au Privé, en étant obligé de masquer la différence de productivité (PMSI) qui va en se creusant. Exemple typique (il y a 20 ans déjà !) "Docteur, on passe tellement de temps à s'évaluer que l'on n'a plus le temps de voir nos malades !" et "N'ayant que le temps de faire le minimum dans les EHPAD, on est obligés de brutaliser les déments pour leur faire leur toilette et l'on n'a plus de temps pour le relationnel !" On perd de vue son but en poursuivant ses moyens.

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