Emploi et politiques sociales

Restaurants, musées, stations de ski : comment l'Espagne et l'Italie s'organisent pour ouvrir

31 janvier 2021 • Louise Burgher

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Alors que les cafés, bars, restaurants, les salles de spectacle et les stations de ski sont fermés en France, certains de nos pays voisins ont su mettre en place des mesures moins restrictives. En Italie, tous les restaurants du pays peuvent rouvrir à condition de respecter des règles sanitaires et le couvre-feu de 22h à 5h du matin : cela grâce à des mesures territorialisées selon la situation sanitaire, tous les territoires sont actuellements classés dans des zones oranges ou jaunes ce qui permet la réouverture des bars et restaurants. En France, au même moment, de nombreux restaurateurs manifestent pour réouvrir leurs établissements. Il est primordial de réfléchir à cette problématique et à explorer les différentes voies pour permettre une réouverture rapide des restaurants, hôtels et des lieux de culture.

Comment nos voisins maintiennent leurs restaurants ouverts

  • Adopter un système territorialisé

En France, on pourrait imaginer un maillage du territoire en zones de contamination, l’ouverture de ces secteurs serait alors conditionnée à un faible niveau de cas recensés. C’est le principe opéré par l’Italie, décrivant trois zones de couleurs pour trois niveaux de contamination réévaluées toutes les deux semaines, auxquelles sont associées des règles spécifiques. Dans la zone jaune, les bars, cafés et restaurants peuvent ouvrir, dans le strict respect des recommandations sanitaires.

Ce système permet de limiter la décision arbitraire de fermeture au niveau national, alors même que de larges disparités sont observées sur le territoire. En effet, les calculs du taux d’incidence sur les sept derniers jours (le nombre de nouveaux cas positifs sur 100 000 habitants)1 montrent que ce sont les régions d’Ile-de-France (213,5 nouveaux cas), Grand-Est (223,9), Bourgogne-France-Comté (246,3), Auvergne-Rhône-Alpes (228,2) et Provence-Alpes-Côtes-d’Azur (377,8) qui sont les plus touchées, tandis que la Bretagne (100,8), Pays de la Loire (164,7), Nouvelle-Aquitaine (166,9) et Normandie (188,5) sont relativement épargnées. Ces dernières devraient pouvoir rouvrir les secteurs HORECA, comme c’est le cas en Norvège, où les bars et restaurants ont pu rester ouverts à condition de respecter les recommandations sanitaires et de ne pas vendre d’alcool.

  • Miser sur des ouvertures restreintes et un protocole strict 

Il serait également possible d’imposer des horaires d’ouverture restreints, limitant ainsi l’exposition et le risque de contamination, tout en permettant aux salariés de revenir au travail et de maintenir l’emploi. Laisser les bars et restaurants ouverts jusqu’à 18h en semaine, si l’on suit le modèle italien, jusqu’à 21h à Madrid ou seulement pour le petit-déjeuner et déjeuner comme c’est le cas en Catalogne, est toujours préférable à la situation qui nous est imposée en France.

La mise en place d’un protocole strict est, enfin, la clé de réouverture des restaurants. Ainsi en Italie, les restaurateurs sont tenus d'afficher un panneau à l'entrée de la salle indiquant le nombre maximum de personnes admises en même temps et de faire respecter une distanciation d’au moins un mètre entre chaque client, avec un maximum de 4 personnes par table (sauf issues d’un même foyer). Le masque doit être porté partout à l’intérieur du restaurant, à moins d’être à table. Il en va de même en Catalogne et en Galice, où les restaurateurs peuvent accueillir jusqu’à 30% de la capacité totale, en faisant respecter la distanciation entre chaque table et en imposant le port du masque, sauf pour manger ou boire.

Et pour les autres secteurs fermés ? 

  • Le secteur culturel

Pour ce qui est des lieux de spectacles et de culture, la Galice en Espagne a pu les garder ouvertes, en réduisant la capacité d’accueil à 50% et en imposant une distanciation d’1m50, en plus du port du masque. Il en va de même pour les musées, qui ont rouverts leurs portes mi-janvier en Italie. La Conférence des Régions et Provinces Autonomes a autorisé le retour des visiteurs à condition d’adapter la capacité d’accueil en fonction de la taille des locaux et du flux de visiteurs, en affichant à l’entrée le nombre total de personnes pouvant être admis à la fois, tout en assurant une distanciation sociale d’un mètre. Les billets d’entrée doivent être achetés en avance, permettant d’allouer des créneaux horaires précis à chaque visiteur. Le même principe s’applique dans la région de Cantabrie en Espagne, où la capacité d’accueil a été réduite à un tiers du total.

  • La question des domaines skiables 

Finalement, certaines stations espagnoles sont ouvertes, les remontées mécaniques fonctionnant et étant accessibles pour les habitants de la région (Pyrénées catalanes, montagnes de Castille et León, Cantabrie…). L’association des stations de ski et de montagne d’Espagne, Atudem, a mis en place un protocole "anti-Covid", prévoyant la désinfection des espaces communs, la mise à disposition de gel hydroalcoolique, le port du masque obligatoire, la distanciation sociale entre les skieurs ainsi que la limitation du nombre d’utilisateurs par cabine téléphérique.

Les domaines skiables d’Italie pourraient quant à eux rouvrir à partir du 15 février aux skieurs amateurs, à condition, pour les exploitants des remontées mécaniques, de suivre scrupuleusement le protocole et les grandes lignes directrices définies par la Conférence des Régions et des Provinces Autonomes, validées par le Conseil Technico-Scientifique. Celles-ci prévoient la limitation du nombre d'entrées journalières par l’introduction d’un nombre maximum de forfaits journaliers vendables, en fonction des caractéristiques des stations et avec l’accord des autorités sanitaires locales, l’installation de panneaux d’affichage rappelant les gestes barrières et la distanciation d’au moins un mètre, la création d’itinéraire pour l’accès aux guichets, empêchant la formation de groupes, la désinfection fréquente des surfaces souvent touchées, ainsi que la réduction de la capacité de 50% pour les télécabines et téléphériques.

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