Construction de prisons : à quand une loi d'exception ?
La Cour des comptes vient de publier un audit flash en décembre 2025 sur le Plan 15 000 places de prison, à horizon 2027. Et son constat est très dur. En septembre 2025, seulement 5 411 places de prison avaient été livrées, soit 35 % de l’objectif initial. Pire, les coûts se sont envolés, notamment à la suite de l’inflation post-Covid : « estimé à l’origine à 3,9 Md€ par le ministère de la Justice », ce montant a été réévalué à près de 5,7 Md€ en 2025, soit une augmentation de +46 % (+1,8 Md€) par rapport aux prévisions initiales. Ce montant du coût total pluriannuel du programme doit être mis en rapport avec le budget hors pensions de l'administration pénitentiaire soit 4,1 Md€ en 2025. Mais il y a bien pire : les mesures alternatives et courageuses prises ou envisagées par le ministère depuis 2 ans ne suffisent désormais plus pour compenser les retards immobiliers et l’accroissement du stock de la population carcérale. Désormais, cette situation risque ni plus ni moins de prendre en otage la politique pénale elle-même, et de dicter les moyens répressifs mis en place, qui seront nécessairement massivement alternatifs à l’incarcération. Cette situation ne lasse pas d’étonner, étant donné le besoin parallèle de lutter contre toutes les formes de criminalité, le narcotrafic en premier lieu. Il faut donc dès à présent prendre des dispositions législatives d'exception comme pour le chantier de Notre-Dame de Paris ou des J.O. Il faut surtout que les étrangers incarcérés puissent faire l'objet d'une convention carcérale avec leurs pays d'origine pour désengorger les prisons, et l'étendre en tant que possible aux binationaux.
Depuis 8 ans, une situation carcérale explosive, +22,7 points pour la densité carcérale
Le plan 15 000 places de prison a été annoncé en 2017 avec pour objectif de mettre un terme à la surpopulation carcérale chronique qui sévissait déjà à l’époque. En décembre 2017, la densité carcérale atteignait déjà 118 % au niveau national, mais 142 % pour les maisons d'arrêt (MA) et les quartiers maisons d'arrêt (QMA), hors places pour les mineurs [1]. Lancé en 2018, le plan visait à « porter en 2027 la capacité nette d’accueil des prisons à 75 000 places », et atteindre un objectif d’encellulement individuel à 80 %.
Malheureusement, la croissance de la population carcérale a été telle que le nombre de 75 000 détenus effectivement incarcérés à été dépassé dès novembre 2023 (75 130[2]), alors même que le nombre de places opérationnelles atteignait seulement 60 975 unités (soit une densité carcérale de 123,2 %), et que les MA et QMA hors places pour les mineurs représentaient une densité carcérale de 147,6 %. L’encellulement individuel représentait seulement 39,2 %.
A la mi-septembre 2025 (date de rédaction du rapport de la Cour), 84 555 individus étaient détenus dans les prisons françaises, pour un nombre de places opérationnelles de 62 685 unités. La densité carcérale moyenne était de 135 %. Début septembre, la densité carcérale des MA/QMA représentait 164,1 %. L’encellulement individuel ne représentait que 35,4 %[3].
Entre décembre 2017 et décembre 2025, la densité carcérale moyenne a augmenté de 17,6 points, de près de 22,7 points dans les MA et QMA s’agissant des courtes peines et des personnes en attente de jugement, tandis que le nombre de places opérationnelles disponibles ne pouvait pas suivre le rythme, avec seulement +7,5 % sur la période.
déc-17 | déc-25 | Evolution %/pt | |
| Nbre de places opérationnelles | 59 165 | 63 613 | 7,5% |
| densité carcérale moyenne | 118% | 135,6% | 17,6 |
| densité carcérale MA/QMA | 142% | 164,7% | 22,7 |
Sources : Ministère de la Justice.
Un programme 15 000 places livré à hauteur de seulement 35 %
Sur les 15 000 places prévues initialement, ce sont seulement 5 411 places qui ont en définitive été livrées en septembre 2025, soit 35 % seulement de l’objectif initial à horizon 2027. « Conjuguée à la difficulté d’établir des projections de la population carcérale à huit ans (…) la complexité à acquérir les emprises foncières de manière rapide et dans le respect des règles applicables aux constructions pénitentiaires a conduit à réviser les implantations prévues ». Pire, le carcan des normes et procédures à respecter (notamment consultatives, et aux recours juridiques à épuiser), mais aussi les aléas frappant les opérations immobilières elles-mêmes « ont imposé un ajustement permanent du plan » expliquant les retards observés.
En conséquence de quoi « malgré la forte mobilisation des acteurs, le garde des sceaux a reconnu à l’automne 2024 que les objectifs initiaux du plan ne pourraient pas être atteints et a engagé sa réorientation[4] ».
Pourtant tout avait bien commencé : le Plan 15 000 se distinguait par l’accent mis sur la création de nouveaux établissements plutôt que sur la réhabilitation des anciens[5], ce qui devait limiter les effets de « cannibalisation » qu’avaient subis jusqu’à présent les programmes antérieurs.
La mission d’audit flash a ainsi calculé qu’entre 1988 et 2018 les objectifs initiaux ont en moyenne été atteint à hauteur de 57 %, tandis qu’entre 1988 et 2016 en moyenne 33 300 places ont été livrées dont 28 998 nettes (87 %), le différentiel s’expliquant par des réhabilitations. Ainsi comme le fait remarquer la mission, « chaque plan a comporté des opérations reportées sur le ou les plans suivants, comme l’illustre la rénovation de la prison de la Santé effectuée entre 2006 et 2019 sur la durée de quatre plans différents ». Le plan 15 000 devait créer en réalité 15 471 places nettes supplémentaires, 5 411 places seulement ont été pour le moment livrées[6].
Ainsi que le relève les magistrats financiers, « pour être en mesure d’augmenter le parc carcéral de près de 15 500 places supplémentaires, il était nécessaire de livrer 18 300 places nouvelles » soit un ratio de 118 % par rapport à l’objectif affiché[7], ou un ratio de 5,4 places nettes ouvertes pour une fermée. A noter déjà que 13 % de ces nouvelles places attendues correspondaient à huit opérations issues de plan antérieurs (soit 2 081 places) à mettre en rapport avec la cinquantaine d’opérations projetées.
Facteur aggravant pour lutter contre la surpopulation carcérale (mais plutôt favorable à la lutte contre la récidive), le plan prévoyait 2 465 places dans des SAS (structures d’accompagnement à la sortie) dont 1 880 nouvelles places et 585 places réhabilitées, représentant 22 opérations[8]. Il comportait également des places spécifiques de réinsertion par le travail (InSERRE) à hauteur de 380 unités.
Des difficultés méthodologiques d’évaluationLa Cour des comptes relève ainsi que « pour définir la capacité prévisionnelle au 1er janvier 2026, la DAP a pris en compte les projets non encore livrés des programmes précédents », une difficulté pratique puisque l’on a vu plus haut qu’il y avait souvent transferts entre les programmes plus anciens et les plus récents. Il y a eu par ailleurs une évaluation optimiste de la nouvelle politique des peines résultant de la LOPJ du 23 mars 2019. « Sa mise en œuvre devait permettre une réduction des courtes peines d’emprisonnement et un développement des alternatives à l’incarcération qui aurait dû se traduire par une diminution du nombre de détenus estimée à 8 000 ». Mais ces effets attendus ne se sont pas produits. |
Globalement cependant, les besoins des établissements ont été correctement couverts puisqu’à la livraison de 5 411 places a répondu la création de 2 587 emplois, en hausse par rapport aux 2 300 requis entre 2018 et 2022 sur le premier quinquennat. On arrive alors à un ratio fou de quasiment 1 embauche supplémentaire pour 2 places opérationnelles livrées.
Plus inquiétant encore, l’amélioration du taux de livraison ne s’accélère que timidement (+1 point) en 3 ans. En 2022 ce taux était de 34 % : il passe à seulement 35 % en 2025[9]. On est encore très loin des taux effectifs moyen de réalisation des programmes antérieurs (voir supra) de 57 %.
Des problèmes de livraison liés à des lourdeurs réglementaires nombreuses
Il faut attendre 2021 pour que l’alerte soit donnée. La directrice de l’APIJ, Agence publique pour l'immobilier de la justice, le relève d’ailleurs à la toute fin de ses fonctions, « les calendriers commandés ne sont pas tenables dès le début de la commande » et « ne correspondent pas à une réalité opérationnelle ». En réalité, les contraintes procédurales, réglementaires et contentieuses sont telles que selon l’APIJ « le délai moyen de construction d’une prison est d’environ sept ans, hors aléas majeurs ». Ces délais se dédoublent puisqu’il s’agit généralement d’un double projet :
Celui de la maîtrise foncière et des autorisations environnementales dont la durée est estimée entre 3 et 4 ans ;
Celui de la construction opérationnelle (programme conception/construction), qui dure pour la seconde phase (puisque l’autre option commence déjà pendant la 1ère phase de sécurisation du foncier avec les études de faisabilités) environ 3 ans (38 mois).
Or que constate la Cour ? Que la méthode de sécurisation des emprises foncières est fragile, reposant sur la livraison de cahiers des charges dans des délais contraints sur des terrains identifiés « à grande maille » ce qui a conduit à « fausser la concertation préalable avec le public, créant des oppositions aux projets ». Les recherches foncières ont été par ailleurs ralenties par des procédures contentieuses, et par des « facteurs liés aux obligations réglementaires en matière d’environnement et d’urbanisme ». Ainsi s’agissant de centre pénitentiaire de Nîmes-Sud, il a fallu arbitrer « entre la préservation d’un lieu d’hivernage et de reproduction d’une espèce protégée et la préservation du potentiel d’aménagement d’une zone d’activités économiques prévu par la communauté d’agglomération ».
L’inertie est telle que malgré l’accumulation de certaines mesures d’accélération inscrites dans la loi de programmation pour la justice 2018-2022, à savoir l’allègement de l’évaluation environnementale, le recours à la procédure d’expropriation d’extrême urgence, le recours à la procédure intégrée pour la mise en comptabilité des documents d’urbanisme, l’autorisation de la cession gratuite ou avec décote des terrains des collectivités territoriales, ces dispositifs n’ont pas suffi à raccourcir efficacement les délais et à ne pas avoir à réajuster rapidement les programmes.
S’inspirer des dispositifs dérogatoires mis en place pour Notre-Dame et les J.O. ?Dans son audit, la Cour laconiquement évoque pour aller plus loin l’existence de « plusieurs leviers juridiques » permettant d’alléger les formalités administratives préalables, d’accélérer les consultations obligatoires et de clarifier les responsabilités des acteurs, supposant « une modification du cadre législatif et réglementaire justifiée par la nécessité de faire face à l’urgence que créer la surpopulation carcérale ». A cet effet la Cour propose de s’inspirer des dispositifs conçus pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris et pour l’organisation des Jeux Olympiques de Paris. Mais ne donne aucun élément technique concret. Nous proposons ici d’identifier quelques pistes :
Dans cette perspective, le service juridique du garde des Sceaux pourrait proposer :
Des points d’attention demeureraient :
Par ailleurs, ces dérogations devraient être encadrées par la Cour des comptes et le contrôle du Parlement :
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Un cadre budgétaire extrêmement contraint par un dérapage des coûts
Le projet 15 000 était originellement budgétisé à 3,9 Md€ par le ministère de la Justice le 23 mars 2019. Il a été réévalué en 2025 à près de 5,7 Md€ soit +1,8 Md€ correspondant à une envolée des coûts de 46 %, ce qui « pose la question de la soutenabilité du plan dans un contexte budgétaire contraint ».
La Cour constate qu’en « dépit de l’ampleur et du poids budgétaire de ce nouveau programme pénitentiaire, il n’a pas bénéficié lors de sa mise en place d’une gouvernance adaptée, ni d’un suivi ministériel renforcé ». Il faut en effet attendre fin 2024 pour qu’une équipe de projet soit installée sous la responsabilité d’un ancien directeur de l’administration pénitentiaire et inspecteur général de la justice nommé délégué du ministre, et qu’une task force spécifique a été mise en place début 2025 pour piloter le plan d’urgence « quartiers de semi-liberté ».
Du côté de l’augmentation des coûts, plusieurs facteurs doivent être invoqués :
Tout d’abord l’étirement en longueur des projets en cours : sur 1,84 Md€ de crédits de paiements dépensés en juin 2025 (32,3 % de l’enveloppe recalibrée), 1,26 Md€ correspondent à 22 opérations déjà livrées (68,5 %) sur les 50 prévus et 31,5 % (0,58 Md€) à des opérations en cours, dont les livraisons s’échelonneront jusqu’en 2031.
Ensuite les coûts de production : le coût moyen à la place nette ressort ainsi à 270 000 euros (1,266 Md€ pour 3 814 places nettes). Mais ce coût reflète notamment l’augmentation de l’indice du bâtiment et des prestations d’ingénierie (BT01 et ING) qui ont augmentés respectivement de +21,3 % et de +17,1 % entre 2018 et 2025. De plus, le Covid a participé au ralentissement des chantiers entre 2020 et 2021. L’APIJ estime ces surcoûts liés à la crise des matériaux et à l’augmentation des prix à 95,3 M€. Ces augmentations de prix aboutissant en retour à une modification des programmes, ce qui engendre d’autres coûts additionnels.
Au total les opérations restant à réaliser au titre du Plan 15 000 s’élèvent à 3,820 Md€ pour la construction de 11 317 places nettes, soit :
Le nouveau terme des opérations est désormais estimé à horizon 2031/2032 à périmètre de réalisation inchangé. La trajectoire est par ailleurs irréaliste étant donné le volume rigide de la ligne d’investissement immobilier du ministère notamment à cause des PPP souscrits pour la construction de 14 établissements entre 2015 et 2018 et dont les paiements s’étaleront encore jusqu’en 2038, auxquelles s’ajoutent des dépenses liées à la rénovation des 8 établissements les plus dégradés pour un montant de 1,2 Md€ (soit 21 % du coût du programme 15 000). Ainsi « Compte tenu des retards liés à la conduite de certaines opérations du Plan 15 000 et faute de trajectoire immobilière arbitrée, la direction du budget a refusé en 2024 et 2025 son visa pour deux de ses opérations ».
C’est dans ce cadre qu’en urgence le Garde des Sceaux a choisi de réorienter une partie du Plan 15 000 au moyen d’un plan d’urgence.
Face à l’urgence, les projets se multiplient mais leur viabilité se réduit
Plusieurs initiatives ont été prises simultanément par le ministère. Un plan d’urgence QSL (quartiers de semi-liberté) de 1 500 places d’ici 2027 pour faire face à la surpopulation carcérale, sur les seules emprises pénitentiaires déjà disponibles. Il sera séquencé entre 600 places brutes en 2026 et 900 places brutes en 2027 (17 sites identifiés). Ne s’adressant qu’à des populations peu dangereuses et proches de la sortie, il est jugé moins coûteux car nécessitant moins de moyens de sécurisation. Il repose sur une simplification des chantiers et sa vitesse d’exécution avec :
des partenariats d’innovation, mais Bercy juge que « cette formule risque de se prêter difficilement à des changements programmatiques » ;
le choix de modulaires qui représente un gain en termes de qualité de fabrication, mais la mise en place peut se révéler assez longue car intervenant tardivement sur les chantiers, et suppose une disponibilité simultanée de l’ensemble des éléments. Il existe par ailleurs un risque quant au public cible (parfois très désocialisé), la nécessité de recruter des CPIP (conseillers de probation en milieu fermé), et le coût n’est pas forcément moins onéreux au moins pour les débuts de série, l’amortissement s’effectuant au fil de l’eau. Le coût du plan d’urgence QSL est estimé à 300 M€ entre 2025 et 2027. Il viendrait en sus du coût de la programmation initiale du Plan 15 000.
D’autres mesures alternatives sont également activées :
L’usage de préfabriqués, moins onéreux, mais parfois mal adaptés aux conditions pénitentiaires.
La mobilisation du patrimoine de l’Etat et notamment militaire, « mais il représente souvent un état de vétusté qui impliquerait des travaux de démolition puis de reconstruction » afin de remettre aux normes les parties conservées.
La simplification des référentiels programmatiques en amont des appels d’offres, conduisant à abaisser les critères de sécurité. Cela permettrait d’atteindre 2 000 places brutes d’ici 2030.
Un plan d’urgence pour transformer certains projets envisagés en établissements « courtes peines » de 200 à 250 places avec un objectif de délivrance de 1 450 places brutes d’ici 2029.
Enfin, la location de places de prison dans des établissements pénitentiaires étrangers. Mais cette solution repose sur le recueil du consentement de la personne transférée, elle suppose une compatibilité en matière de droit pénal entre le système juridique français et celui étranger sélectionné (notamment en raison de la règle de faveur[10]). S’y ajoute le coût éventuel des extractions judiciaires.
Globalement on peut considérer que la Cour n’a pas totalement audité ces solutions alternatives qui sont en cours d’instruction par la Chancellerie. Ces solutions sont pour le moment recherchées dans l’urgence, ce qui ne permet pas d’identifier l’ensemble des leviers en pleine sérénité. Nous soutenons cependant l’utilisation de préfabriqués, la mobilisation du patrimoine militaire mais avec la participation de la foncière du ministère des Armées – au besoin en créant une structure conjointe avec l’APIJ – ainsi que la mise en place de locations de capacités carcérales dans les pays limitrophes et pour des détenus volontaires et/ou frontaliers. Le problème est que ces solutions auraient dû être dégagées voilà déjà quelques années, et ne sont peut-être plus opérables/optimisables dans l’urgence – appréciation qui semble être celle de la Cour.
Conclusion : la France n’a plus réellement la libre disposition de sa politique pénale
Face à l’engorgement carcéral, à la lenteur des procédures de constructions qui ne bénéficient pas des mêmes dispositions exorbitantes du droit commun que celles dont à ont pu jouir la reconstruction de Notre-Dame de Paris et des installations liées au J.O. de Paris, la France se retrouve à réagir dans l’urgence pour achever son programme pénitentiaire 15 000 places, dans un contexte financier difficile puisqu’il reste 3,2 Md€ d'investissements à réaliser alors même que d’autres programmes immobiliers déjà lancés et plus rigides brident ses capacités d’investissement. Dans ces conditions, le ministère de la Justice n’a malheureusement qu’une seule alternative qu’elle devra peut-être d’ailleurs conjuguer :
Adopter une loi d’urgence pour l’immobilier pénitentiaire permettant de reprendre des dispositions exceptionnelles déployées pour les deux chantiers précités (N-D de Paris et les J.O.) moyennant des aménagements spécifiques ;
Plus scandaleux mais contraint par la nécessité et l'urgence: « Recourir à des dispositifs alternatifs à l’incarcération déjà en place et dont le développement constitue une priorité » : le recours aux TIG (travaux d’intérêt général), la détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE), « même si l’évaluation de ces deux peines (…) montre qu’elles s’affirment difficilement comme des sanctions effectives et de véritables outils de réinsertion »… Elles ne seraient alors sélectionnées que pour leur coût réduit, et deviendraient désormais de plus en plus fréquentes voir de droit commun faute de mieux.
Développer un partenariat administration pénitentiaire/armée en mutualisant les compétences de leurs deux foncières spécialisées, afin de combler le "gap" en matière de mise en conformité des terrains cédés ou confiés;
Enfin développer une diplomatie carcérale afin de permettre le désengorgement des prisons françaises, avec nos voisins immédiats pour les candidats volontaires, mais aussi auprès des pays étrangers pour les ressortissants européens ou extra-européens détenus dans nos prisons en désignant par exemple des pays de confiance et des structures tierces. Une extension et des accords spécifiques aux bi-nationaux pourraient également être conçus en ce sens.
Autant d’enjeux qui s’imposeront et contraindront un peu plus les futurs candidats à la Présidentielle de 2027, ne serait-ce qu’au niveau de leurs programmes.
[1]Statistique mensuelle des personnes écrouées et détenues en France, situation au 1er décembre 2017, Ministère de la justice, p.4.
[2]Statistique mensuelle des personnes écrouées et détenues en France, situation au 1er novembre 2023, Ministère de la justice, p.6.
[3] Voir Mesure de l’incarcération, indicateurs clés au 1er septembre 2025.
[4] https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-12/20251217-Plan-15000-places-de-prison.pdf
[5] Pour mémoire, le ministère de la Justice doit assurer l’entretien de 186 établissements dont la majorité a été construit entre 1875 et 1920, en à peine 45 ans.
[6] Représentant la production de 7.384 places brutes, soit un niveau de réhabilitation (cannibalisation) de 26,7%.
[7] Soit inversement un taux de cannibalisation pour rénovation ou compensation de fermetures annoncées de 15%.
[8] 6 SAS supplémentaires ont été ajoutés aux 16 SAS prévus dans le cadre de la LPJ.
[9] Sur la base d’une livraison théorique de 7.000 places nettes en 2022, puis de 8.000 autres d’ici 2027. Il faut donc rapporter pour 2022 à ce premier dénominateur, un numérateur de places livrées de 2.441 places nettes, puis en septembre 2025, rapporter les 5.411 places nettes livrées au volume total de 15.471 places nettes à livrer.
[10] En effet, selon ce principe, l’Etat cible doit disposer d’une législation qui ne soit pas moins-disante en matière de sanction pénale que la législation française, sinon celle-ci ne pourra pas s’appliquer dans toute sa rigueur.