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Baisse des impôts de production : la droite en réclame plus, la gauche s'abstient

La baisse des impôts de production, pour 10 milliards d'euros en 2021, constitue une composante importante du plan de relance annoncé par le gouvernement en septembre 2020. Mais l'effort annoncé reste très en dessous des 20 à 30 milliards d'euros de baisses supplémentaires qui seraient nécessaires pour ramener la France au niveau de la moyenne européenne. Le gouvernement, via le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, a déjà indiqué en janvier dernier qu'il fallait "continuer de baisser les impôts de production" et de "s'interroger sur la C3S". Propositions que l'on retrouvera peut-être dans le programme d'Emmanuel Macron ? 

Pour les candidats déclarés, on retrouve un clivage gauche-droite très clair sur la question de ces impôts qui ont la particularité d'être assis sur la masse salariale, le chiffre d'affaires, la valeur ajoutée et le foncier des entreprises, que ces dernières soient bénéficiaires ou non. Des impôts dont la collecte est deux fois supérieure à celle de l'impôt sur les sociétés. Ainsi, la C3S, la CVAE, la CFE et la TPFB rapportent aux finances publiques, et au premier chef aux collectivités locales, autour de 75 milliards d'euros chaque année. 

La diminution des impôts de production, un marqueur de droite

A droite, la majorité des candidats se positionnent pour une baisse des impôts de production. Marine Le Pen opte pour une suppression de la CFE (5,6 milliards d'euros) et de la C3S (4,1 milliards) mais uniquement pour les PME et TPE avec l'optique de relocaliser. Si l'on considère que toutes les TPE et PME étaient concernées, cela représenterait une baisse de recettes fiscales pour l'Etat de 2,2 milliards pour la CFE et 377 millions d'euros pour la C3S. 

Eric Zemmour propose une diminution entre 22 et 30 milliards et ce "dès les premières semaines [du] mandat" mais sans indiquer quelles taxes il souhaite supprimer.  

Valérie Pécresse, quant à elle, se positionne en faveur de la poursuite de la baisse des impôts de production de 10 milliards d'euros et souhaite commencer par la suppression de la C3S, "une taxe absurde sur le chiffre d'affaires qui se répercute en chaîne et en cascade sur toutes les entreprises" (4,1 milliards) et du forfait social (5 milliards d'euros). Mais pour l'instant, la candidate LR ne souhaite pas alléger les taxes qui financent les collectivités locales. 

A gauche, le sujet est à peine évoqué

Seul Yannick Jadot s'oppose à la baisse des 10 milliards des impôts de production. Dans son programme, il prévoit d'annuler cet allègement fiscal mais aussi de rediriger cette recette vers un fonds de soutien aux mutations et à l'innovation industrielle, piloté avec les conseils régionaux. 

Ni Jean-Luc Mélenchon, ni Fabien Roussel, ni Anne Hidalgo ne se sont positionnés, pour l'instant, sur ce sujet.