État et collectivités

Palmarès des villes : les résultats 2014-2018

23 janvier 2020 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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Retrouvez les résultats du palmarès des villes de la Fondation iFRAP paru dans le Point ce jeudi 23 janvier 2019. L'équipe de la Fondation a, pendant des mois, décortiqué les comptes des 80 plus grandes communes de France, afin d'y voir clair dans leurs dépenses et leurs investissements et pour déterminer la façon dont la dette et les impôts pèsent sur la population de chacune d'entre elles. 

A l'occasion de la sortie de ses résultats, Agnès Verdier-Molinié, directeur de la Fondation iFRAP, répondait aux questions du Point.

Le Point : Vos classements réservent de bonnes et de mauvaises surprises. Sur quels critères les fondez-vous ?

Agnès Verdier-Molinié : Nous avons pris des indicateurs qui permettent une comparaison financière totale entre les villes. Simple sur le papier, l'idée est difficile à mettre en œuvre. Pourquoi ? D'abord parce qu'il faut additionner les budgets des communes et des intercommunalités, puisque, désormais, leurs compétences sont partagées. Ensuite sont à prendre en compte non seulement les budgets principaux mais aussi une multitude de budgets annexes, qui incluent nombre d'investissements et de déficits parallèles souvent lourds. Il faut donc aller à la pêche à l'information. Nous avons pris comme critères les dépenses de fonctionnement - dont dépenses de personnel -, les investissements, le niveau d'endettement et la pression fiscale, en raisonnant, pour l'investissement, « par habitant » et sur la période du mandat, afin de ne pas pénaliser des maires qui investissent beaucoup au début et moins à la fin, ou l'inverse. Cela met tout le monde à égalité. La dette par habitant est un très bon indicateur de saine gestion. Nous avons considéré aussi les impôts dans leur totalité, pour ne pas nous limiter aux seuls impôts directs locaux, même si on les fait ressortir. Nos chiffres sont ceux de l'année budgétaire 2018. Pour établir la variation, et donc pour suivre l'évolution de la politique menée, on les compare à ceux de 2014, l'année du début du mandat. C'est un marqueur de l'action politique qui permet de souligner l'effort ou la dégradation dans le mode de gestion. À partir de ces chiffres, nous dégageons une note sur 20, pour 2014 et 2018, ce qui délivre une information inédite aux citoyens à l'approche des municipales.

On pourra vous reprocher une approche purement comptable, restreignant donc l'appréciation de l'action municipale…

Quand on paie ses impôts, on s'intéresse aux investissements et à l'endettement de sa commune et de son intercommunalité, on n'est pas dans la comptabilité, mais dans la vie réelle des habitants. Notre palmarès vise à aider nos concitoyens à s'y retrouver et les élus à pouvoir se comparer vraiment.

Pour les dépenses, prenez-vous en considération les villes qui gèrent elles-mêmes l'eau, les déchets, etc., quand beaucoup d'autres sous-traitent ?

Si une ville sous-traite des dépenses, nous l'avons pris en considération. Et si une ville gère en régie, là encore, cela joue dans les dépenses. Il n'y a pas de raison de traiter différemment les villes en la matière. Et ce d'autant plus que la donnée qui compte pour la note est celle des dépenses de fonctionnement et non celle des dépenses de personnel.

Vous faites figurer Paris et, par exemple, Reims dans le même classement. Pourtant, ce sont des villes qui, évidemment, n'ont rien à voir en termes de dimension…

Il est vrai que Reims compte 187 000 habitants et Paris 2,2 millions. Cela dit, nous avons décidé d'intégrer Paris dans notre classement dans un souci d'équité, et nous l'assumons, parce qu'il est rare que la gestion de la capitale soit évaluée par rapport aux autres villes. Ce n'est pas normal. Quelle est la plus grosse surprise ?

Quand on regarde précisément les classements, on constate que les villes très bien gérées ne sont pas forcément les plus médiatisées avec des maires très exposés. Villeurbanne, Boulogne-Billancourt, Colombes et Colmar arrivent en tête des quatre classements grâce à de très belles performances, et ce ne sont pas forcément les villes que l'on citerait a priori. On peut, de plus, mentionner Créteil, qui, malgré sa position moyenne dans la liste des villes de 80 000 à 107 000 habitants, est passée d'une note de 8,7/20 à 10,7/20 - ce qui est un véritable exploit -, ainsi qu'Annecy, Toulouse et Nanterre, qui améliorent nettement leurs scores. Autre bonne surprise : Le Tampon, à La Réunion, qui a de faibles dépenses de fonctionnement et de personnel, des impôts locaux bas et une dette moyenne peu importante. À l'inverse, on ne s'attendait pas à trouver Tours dernière du classement des grandes villes, ni à ce que Rennes, qui perd 2 points, passe de la 2e à la 6e position du classement des très grandes villes.

Pour consulter la suite de l'entretien et les résultats communes par communes, rdv sur le site du Point en cliquant ici et ici.

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