État et collectivités

Lille - Taxes : toujours plus ! Investissements : toujours moins !

14 novembre 2019 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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En vue des élections municipales de 2020, la Fondation iFRAP mène, en partenariat avec Le Point, un audit de la gestion des 20 premières communes de France. Cette semaine, Lille, une ville qui taxe... toujours plus.

Avec un taux d’attractivité de 70%, Lille est une ville particulièrement active, alors que la moyenne des vingt villes retenues ici est de 54% (le taux d’attractivité désigne le rapport entre le nombre d’emplois salariés et le nombre d’habitants). Depuis 2014, la ville a ainsi gagné 1.888 emplois, alors que 163.659 personnes y travaillent. En revanche, le revenu annuel moyen par habitant a baissé de 2 euros depuis 2014 pour s’établir à 12.155 euros en 2017. Et le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale avec 11,6%, contre 8,9% dans le reste du pays ; 50% des ménages de la ville sont imposables, contre 43% au niveau national, mais seulement 28% des habitants sont propriétaires de leur résidence principale (alors que la moyenne pour les vingt premières villes s’élève à 36%) et le taux de logements vacants y est de 9%. Concernant les dépenses, on en distingue deux types. 

Les dépenses réelles de fonctionnement. Elles sont de 1.888 euros par habitant. Lille a la troisième plus haute dépense de fonctionnement par habitant : 161 euros de plus que la moyenne des vingt premières communes de France. Ces dépenses ont augmenté de 38 euros depuis 2014, alors que la tendance des vingt premières villes est à la baisse de 19 euros depuis 2014. La rémunération du personnel, elle, s’élève à 952 euros, ce qui représente la cinquième dépense la plus haute de l’échantillon.

Les dépenses réelles d’investissement. Elles étaient de 510 euros par habitant en 2017, mais elles ont baissé de 316 euros depuis 2014, alors qu’en moyenne, dans les vingt premières villes, les investissements n’ont diminué que de 111 euros. En outre, 75% des dépenses d’investissement sont des dépenses d’équipement : 39% pour la construction, 33% pour l’entretien des réseaux et de la voirie, et 17% des dépenses réelles d’investissement servent à subventionner des équipements à des tiers.

 

Concernant la dette, la situation s’améliore : depuis 2014, la dette a diminué, passant de 2.747 euros à 2.492 euros par habitant en 2017. Lille est ainsi la troisième ville française à avoir le plus diminué sa dette au cours du dernier mandat, mais elle reste en cinquième position des villes où la dette par habitant est la plus élevée. La capacité de désendettement est de quatre ans. 

Enfin, du côté de la fiscalité, l’ensemble des impôts et taxes s’élève à 1.643 euros par habitant, dont 1.102 euros d’impôts locaux. Ces derniers ont augmenté de 206 euros depuis 2014, c’est la troisième augmentation la plus forte des vingt premières villes. Alors qu’en 2014 les impôts locaux par habitant étaient de 112 euros moins élevés que la moyenne des vingt premières communes, en 2017 ils n’étaient plus que de 20 euros inférieurs.

Pour résumer, Lille est une ville où les investissements baissent et où les impôts locaux augmentent. Concernant les dépenses de fonctionnement et la dette, la ville fait encore partie des villes qui dépensent beaucoup plus que la moyenne. Seule éclaircie : si la baisse du poids de la dette ne parvient pas à ramener la ville dans la moyenne, elle est quand même importante – 255 euros depuis 2014. Une tendance à conserver et à accélérer.

Les notes de la Fondation iFRAP 

Investissement : 7,7/20

Plus les dépenses d’investissement sont importantes, meilleure est la note car ces dernières améliorent l’équipement disponible pour les habitants. A Lille, ces dépenses ont baissé de 316 € par habitant sur le mandat : c’est la troisième baisse la plus importante des 20 premières communes. La ville se retrouve 12e sur 20 en investissement. 

Dette : 8/20

Lille a la 5e dette la plus élevée par habitant parmi les 20 premières communes. Elle est en revanche 3e sur le podium des villes qui parviennent à baisser le plus leur dette par habitant : – 255 € depuis 2014. Bon point à souligner, alors que la ville présente encore une dette de 2.492 € par habitant quand la moyenne des 20 premières villes est de 1.813 € par habitant. 

Note de gestion : 9,2/20

Avec 1.888 € de dépenses de fonctionnement par habitant, la ville dépense 161 € de plus que la moyenne des 20 villes (1.727 €). Lille est dans les trois villes qui dépensent le plus en fonctionnement. Elle se place aussi dans la liste de celles qui dépensent le plus en charges de personnel par habitant. 

Pression fiscale : 9,9/20

En un mandat, la pression fiscale a fortement augmenté, notamment les impôts locaux avec 206 € de plus par habitant, alors que dans les 20 communes les impôts locaux ont augmenté de 113 € par habitant en moyenne. C’est la troisième augmentation la plus importante sur les 20 premières communes. 

Méthodologie Indicateurs calculés en fonction du rattachement à une intercommunalité. En l’absence de comptes consolidés, la consolidation s’opère au prorata de la part de la population de la commune dans la population totale de la métropole pour les postes de recettes et de dépenses.

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