Moi présidente, je sortirais la France de l’impasse budgétaire et économique
C’est une France à bout de souffle qui se pressera aux urnes en avril et mai 2027. Une France éprouvée par les crises successives, fragilisée par l’instabilité politique, les déficits publics, la remontée du chômage et des défaillances d’entreprises à des niveaux inédits depuis trente ans. Une France où ceux qui travaillent, entreprennent et prennent des risques ont de plus en plus le sentiment de porter le poids d’un système devenu trop lourd, trop complexe et trop coûteux.
La vérité doit être dite aux Français : nous ne pourrons pas continuer longtemps à vivre avec des finances publiques durablement déficitaires, une dette qui progresse plus vite que notre richesse nationale et une croissance insuffisante pour financer notre modèle social. Sans changement profond, le risque est celui du déclassement économique et social et de l’effondrement financier.
A la demande de l’Opinion, la directrice de la Fondation IFRAP se glisse dans les habits du locataire de l’Elysée et esquisse les premières mesures qu’elle mettrait en œuvre. Cet tribune a été publiée dans le journal l'Opinion le 11 août 2026. |
Moi présidente de la République, je ne ferais pas semblant de réformer. Je ne promettrais ni des économies fictives ni des baisses d'impôts financées à crédit. Mon premier engagement serait de rétablir les comptes publics, de faire diminuer la dette en valeur et de recréer les conditions de la croissance et de l'emploi.
Moi présidente de la République, je gouvernerais dans la transparence. Je rendrais les données publiques plus accessibles, je renforcerais les moyens de contrôle du Parlement sur l'exécutif et je permettrais à la représentation nationale de disposer de capacités d'évaluation économique indépendantes de l'administration. Les Français ont le droit de savoir ce qui fonctionne, ce qui échoue et ce que coûte réellement chaque politique publique.
Moi présidente de la République, je ferais entrer davantage la société civile dans l'Etat. Je nommerais un Premier ministre ayant exercé des responsabilités dans l'entreprise. Je constituerais un gouvernement resserré de quinze ministres au maximum et j'exigerais davantage de diversité de parcours au sein des cabinets ministériels. L'Etat ne peut plus être administré quasi exclusivement par ceux qui en sont issus.
Moi présidente de la République, je redonnerais la parole aux citoyens sur les réformes décisives. Les grandes transformations engageant l'avenir du pays pourraient être soumises au référendum. Et parce qu'aucune réforme durable ne peut être menée sans stabilité politique, je rechercherais une majorité fondée sur un contrat de coalition clair, public et chiffré.
Moi présidente de la République, je remettrais le travail et l'entreprise au coeur du projet national. Je baisserais le coût du travail, les charges pesant sur les employeurs et les taxes de production. Je lancerais un vaste chantier de simplification afin de réduire les normes qui paralysent nos entreprises et ralentissent l'investissement. La fiscalité doit encourager la création de richesses plutôt que décourager l'initiative. Mon objectif serait simple : faire revenir la France parmi les pays les plus prospères d'Europe en matière de richesse par habitant.
Moi présidente de la République, je réformerais notre modèle social pour éviter son effondrement. Je referais de la famille et de la natalité une grande cause nationale. Je soutiendrais les parents qui travaillent et assument l'éducation de leurs enfants. Je rapprocherais progressivement les règles du secteur public et du secteur privé, qu'il s'agisse des retraites avec dose de capitalisation ou des conditions d'emploi. Je ferais également évoluer le paritarisme afin que ceux qui gèrent les comptes sociaux soient pleinement responsables de leur équilibre financier.
Moi présidente de la République, je restaurerais l'autorité de l'Etat. Je construirais 15 000 places de prison supplémentaires et assurerais l'exécution effective des courtes peines afin que la sanction retrouve son caractère certain et dissuasif. L'ordre républicain n'est pas une option, il est la condition même de la liberté.
Moi présidente de la République, je simplifierais profondément notre organisation territoriale. Je réduirais les doublons administratifs (fusion départements/régions, communes/intercommunalités), décentraliserais les politiques qui gagnent à être gérées au plus près du terrain (culture, éducation, santé), je recentraliserais les aides sociales afin d'en améliorer l'efficacité et l'équité et je subordonnerais toute immigration, y compris familiale, à des ressources stables issues du travail, sans exception.
Moi présidente de la République, je défendrais la souveraineté. Souveraineté énergétique, agricole, industrielle et minière : la France doit produire davantage dans nos territoires avec des emplois à la clé, dépendre moins des importations mais aussi moins des investisseurs étrangers sur sa dette tout en renforçant vraiment sa base de défense et sa dissuasion.
Enfin, je ferais tout pour réconcilier les Français. Réconcilier le public et le privé, les jeunes et les anciens, les territoires et les métropoles. Je ferais tout aussi pour faire revenir nos talents entrepreneuriaux, ingénieurs, médecins partis à l'étranger.
Parce qu'au fond, le véritable enjeu n'est pas seulement de réduire les déficits ou de réformer l'Etat. Le véritable enjeu est de refaire de la France un pays qui récompense l'effort, encourage l'initiative et croit à nouveau en lui-même pour recréer une dynamique positive de confiance dans l'avenir de notre pays.