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Les 54 milliards d’euros du Premier ministre au scanner

L'ajustement budgétaire annoncé par le Premier ministre pour 2027 comprend par définition une partie économies et une partie hausse d’impôts. A la Fondation IFRAP, nous arrivons à documenter seulement 26 milliards d’euros de baisses de dépenses dans ce qui est annoncé, entre le gel du point d’indice, la désindexation des pensions et le gel en valeur des dépenses de l’Etat hors défense, hors charge de la dette et hors financement de l’UE. Cela veut dire mécaniquement que l’effort sera fait aussi en augmentant les prélèvements obligatoires.

Le gouvernement, qui promet "zéro hausse d'impôt", vient pourtant d’envoyer au Haut conseil des finances publiques un document qui acte que les prélèvements obligatoires passeront à 44,2 % en 2027, en hausse par rapport à 2026 où ce taux était affiché dans le budget initiale à 43,9 %. On avait donc 1340,7 milliards de prélèvements obligatoires en 2026, et on en aurait 1387,6 en 2027, soit 47 milliards de hausse. Et pour les dépenses ? On passerait de 1744 milliards à 1786,3 soit 43 milliards de plus en dépenses. 

Le 17 septembre 2026, le Premier ministre a dévoilé les grandes orientations du projet de loi de finances pour 2027 : un effort de redressement « d’environ 54 milliards d’euros », pour une cible de déficit de 4,8 % du PIB hors défense, et de 5,0 % une fois réintégrée la marche de la loi de programmation militaire. Trois jours plus tôt, Bercy actait un nouveau dérapage du déficit 2026, révisé de 5,0 % à 5,4 % du PIB.

Ces chiffres reposent néanmoins sur trois conventions qui ne sont explicitées nulle part et qui, prises ensemble, font varier le chiffrage d’un même budget de 8 à 54 milliards d’euros : cet effort est d'abord mesuré par rapport à un tendanciel plutôt qu’en niveau, les dépenses militaires sont exclues du périmètre, et des mesures déjà décidées en 2026 ont été intégrées. La Fondation IFRAP a reconstitué l’ensemble de la séquence et la confronte au rapport de la mission Jaravel-Ragot-Tavernier-Valla[1], remis le 15 juillet 2026, qui constitue à ce jour la seule trajectoire tendancielle publique et documentée[2].

Les données transmises le 19 septembre au Haut Conseil des finances publiques confirment par ailleurs que le taux de prélèvements obligatoires augmentera de 0,3 point de PIB en 2027, malgré l’engagement de « stabilité fiscale », et que la dette publique atteindra 121,7 % du PIB l’an prochain[3]. Sur le champ social, enfin, la cible de 13 milliards d’euros de déficit annoncée le 20 septembre est mesurée depuis une base de 19,4 milliards, que la commission des comptes de la Sécurité sociale a invalidée dès le mois de mai. S’y ajoute, depuis le 21 septembre, un objectif national de dépenses d’assurance maladie « proche de 2 % » pour 2027[4]. Cet Ondam, le plus contraint jamais soumis au Parlement, n’apporte pourtant que 4,2 milliards d’euros d’économies au regard du tendanciel : il finance au mieux un tiers de la cible de 13 milliards.

Le déficit 2026 révisé à 5,4 % du PIB

La loi de finances pour 2026 visait un déficit public de 5,0 % du PIB. Bercy annonce désormais 5,4 %, soit 12,2 milliards d’euros de déficit supplémentaire[5]. C’est alors le point de départ de toute la trajectoire 2027 qui se déplace.

Selon Bercy, ce dérapage se décompose en une révision de la croissance qui se transmet au déficit « à raison d’environ 0,3 point de PIB, c’est-à-dire moins de recettes », et en une hausse des taux et de l’inflation qui renchérit la charge de la dette pour « un tout petit peu plus de 0,1 point de PIB, 4,5 milliards d’euros ». Les dépenses imprévues occasionnées par la crise énergétique et par la sécheresse auraient, elles, été intégralement compensées par les mesures de freinage prises au fil de l’année[6].

Cette ventilation appelle deux réserves. D'abord, une révision de croissance de l’ordre de 0,4 point de volume produit mécaniquement 0,15 à 0,2 point de déficit, pas 0,3. Ensuite, les recettes fiscales, TVA comprise, ont été plutôt correctes de janvier à juillet, et les annulations de crédits ont été rares. Ainsi, une partie du dérapage viendrait plutôt de dépenses non compensées, et non de moindres recettes[7].

L’enjeu n’est pas cosmétique, car les deux natures de dérapage ne se reportent pas de la même façon. Un dérapage de recettes se transmet intégralement en base sur 2027 et sur toutes les années suivantes. Un dérapage de dépenses exceptionnelles, par construction, ne s’y reporte pas et produit même un effet favorable automatique l’année suivante. La mission avait anticipé la difficulté : elle prévoyait explicitement que tout écart à la cible de 5,0 % soit ajouté au déficit tendanciel[8], tout en supposant que les mesures de régulation prises en cours d’année 2026 porteraient leurs effets « en base au bénéfice de toute la trajectoire »[9].

À la date de publication de cette note, la ventilation officielle du dérapage 2026 entre recettes, dépenses et charge de la dette n’est pas publiée. C’est la première zone d’ombre de la séquence, et elle conditionne tout le reste.

L'évolution spontanée de la dépense 2027 à 6,5 % : une affirmation non encore documentée

L’intégralité du chiffrage de 54 milliards d’euros repose sur une seule affirmation : « sans mesures correctives, le déficit 2027 tutoierait les 6,5 % du PIB »[10]. Ce chiffre n’est accompagné d’aucune publication méthodologique.

Deux mois plus tôt, quatre économistes mandatés par Bercy avaient pourtant publié une trajectoire tendancielle complète : 5,88 % du PIB en 2027, à partir d’un déficit 2026 de 5,0 %. Rebasée sur un point de départ à 5,4 %, la dérive retenue par la mission, soit 0,88 point de PIB, conduirait à un tendanciel de 6,3 %, et non de 6,5 %[11]. L’écart, 0,2 point de PIB, représente environ 6 milliards d’euros.

Où se loge-t-il ? Certainement pas dans les postes que le Premier ministre chiffre lui-même publiquement, comme le montre la comparaison ligne à ligne.

La dérive spontanée 2026-2027 : gouvernement et mission comparés

Md€

Gouvernement

Mission (juillet)

Écart

Effet de base (dénominateur)

+4,6

Postes de dépense chiffrés publiquement

 

 

 

Charge de la dette

+10,0

+11

−1

Dépenses de sécurité sociale

+22,0

+23

−1

Fonctionnement des collectivités territoriales

+7,0

+6

+1

Loi de programmation militaire

+6,4

+6

+0,4

Sous-total documenté

+45,4

+46

−0,6

Autres dépenses (État hors dette et défense, PSR-UE, opérateurs, investissement local, France 2030)

~+29

~+11

+18

Total dépenses

+74,1

~+57

+17

Moindre progression des recettes

+34,9

~+35

~0

Dérive totale du solde public

+39,2

+27,6

+11,6

Sources : interview du Premier ministre au Figaro du 17 septembre 2026 ; rapport de la mission sur la transparence des finances publiques, juillet 2026 ; calculs Fondation IFRAP. La ventilation du tendanciel gouvernemental entre dépenses et recettes est une reconstitution.

Sur les quatre blocs de dépenses que le Premier ministre chiffre publiquement et qui représentent 45,4 milliards d’euros au total, la mission trouve 46 milliards. L’accord est quasi parfait. L’écart de 0,2 point ne vient donc pas de la charge de la dette, ni des dépenses sociales, ni du fonctionnement local, ni de la défense : il se loge dans le résidu non documenté, c’est-à-dire les crédits ministériels hors périmètre gelé, les opérateurs, le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne, l’extinction de France 2030, et dans l’hypothèse d’élasticité des prélèvements obligatoires.

Sur ce dernier point, la progression des recettes implicite dans le tendanciel gouvernemental correspond à une élasticité apparente au PIB de l’ordre de 0,8, quand la mission retient 0,9 en 2027 puis 1,0 à partir de 2028, sa valeur historique de long terme[12]. L’écart est réel mais modeste : l’essentiel de la divergence porte en définitive sur des dépenses non documentées, et non sur la prévision de recettes. C’est précisément ce qui rend la publication du tendanciel indispensable.

La neutralisation poste par poste : deux tiers de dépenses, un tiers de recettes

Les mesures annoncées permettent de reconstituer l’essentiel de l’effort affiché, à environ 3,5 milliards d’euros près.

Neutralisation de la dérive : les mesures annoncées

Md€

Écart au tendanciel

Écart à 2026

Mesures en dépenses

 

 

Gel en valeur du budget de l’État hors dette et hors défense

~11

~0

dont gel du point d’indice de la fonction publique

2,0

 

dont ministère du Travail (dispositifs Covid, ciblage du CPF)

2,5

 

dont opérateurs, agences et cabinets ministériels

n.c.

 

Fonctionnement des collectivités plafonné à l’inflation

~2,8

 

Sphère sociale

~12

~+10

dont pensions : division par deux de la progression des dépenses

< 6,0

 

dont fiscalisation complète des indemnités journalières AT-MP

~0,3

 

dont arrêts maladie

2,0

 

dont gel des APL, recentrage des ARS, alignement des droits

n.c.

 

dont réforme des ruptures conventionnelles

0,1

 

Sous-total dépenses documenté

~26

 

Mesures en recettes

 

 

Surtaxe d’impôt sur les sociétés maintenue à 5 Md€

+5,0

−2,5

Niches sociales : allègements patronaux, gel du barème

+5,0

+5,0

Plafonnement à 3 000 € de l’abattement de 10 % des retraités

+1,4

+1,4

Fiscalisation des indemnités d’arrêt de travail

+0,7

+0,7

Autres niches fiscales (garde d’enfant, frais de scolarité…)

+1,9

+1,9

Taxation des organismes complémentaires

+0,5

+0,5

Lutte contre la fraude (IA, dispositif de régularisation)

+1,0

+1,0

Sous-total recettes

+15,5

+8,0

Mesures 2026 produisant leur effet en 2027

~9

 

Total identifié

~50,5

 

Résidu non documenté

~3,5

 

Sources : interview du Premier ministre au Figaro du 17 septembre 2026, conférence de presse budgétaire et Les Echos du 19 septembre 2026 ; estimations et calculs Fondation IFRAP. « n.c. » : mesure annoncée mais non chiffrée à ce stade.

La répartition ressort à environ 65 % de dépenses, 29 % de recettes et 6 % de résidu non documenté. La revendication selon laquelle « l’État fait le plus d’effort » est donc exacte en intensité, puisqu'un gel en valeur sur un périmètre resserré est un effort rare, mais inexacte en masse : la sphère sociale porte de l’ordre de 12 milliards d’euros, et les prélèvements obligatoires 15,5 milliards. Le champ social, qui concentre à lui seul le plus gros bloc d’économies, fait l’objet de la section suivante.

Le périmètre exempté du gel est désormais chiffré : Défense, Écologie, Éducation, Intérieur, Recherche et Justice concentrent 9,8 milliards d’euros de hausses garanties, dont 3,4 milliards hors défense[13]. Ce sont autant de moyens que le reste du budget de l’État doit absorber en supplément du gel, ce qui explique la sévérité de l’effort demandé aux ministères non protégés, avec 2,5 milliards d’euros pour le seul ministère du Travail.

Le gel du point d’indice de la fonction publique, valorisé à 2 milliards d’euros, figurait déjà dans le tendanciel de la mission, qui soulignait au passage qu’il s’agissait d’« une hypothèse forte sur une période de quatre ans »[14]. Ce qui est intégré au tendanciel ne peut pas être compté comme effort par rapport à lui.

Le taux de prélèvements obligatoires va augmenter en 2027 pour atteindre 44,2 %

Le Premier ministre a répété le 17 septembre : « Stabilité fiscale, nous n’augmenterons pas les impôts ». Les chiffres transmis deux jours plus tard au Haut Conseil des finances publiques disent autre chose. Le taux de prélèvements obligatoires passera de 43,9 % du PIB en 2026 à 44,2 % en 2027, une hausse de 0,3 point que Bercy reconnaît lui-même comme « techniquement en légère hausse »[15].

Trajectoire des prélèvements obligatoires, 2025-2027

 

2025

2026

2027

2027/2026

Prélèvements obligatoires (Md€)

1 305,1

1 340,7

1 387,6

+46,9

en % du PIB

43,6

43,9

44,2

+0,3 pt

évolution en valeur

+2,7 %

+3,5 %

 

effet de la hausse du taux (Md€)

+9,2

+9,4

 

Repères : 2017 = 45,3 % ; 2019 = 44,0 % ; 2022 = 45,0 % du PIB

Sources : exécution 2025 ; données transmises par Bercy au Haut Conseil des finances publiques, 19 septembre 2026 ; calculs Fondation IFRAP. Prélèvements obligatoires hors crédits d’impôt.

L’ordre de grandeur est le suivant : les prélèvements obligatoires progressent de 46,9 milliards d’euros en niveau entre 2026 et 2027, dont environ 9,4 milliards imputables à la seule hausse du taux. Et ce, alors même que l’extinction de la surtaxe sur les bénéfices (7,5 milliards d’euros de rendement en 2026) aurait dû les faire mécaniquement baisser. Le taux de prélèvements obligatoires aura ainsi augmenté trois années consécutives, en 2025, 2026 et 2027, et dépassera le niveau pré-Covid de 2019.

Le cas de la surtaxe d’impôt sur les sociétés est le plus révélateur du mécanisme. Le tendanciel de la mission suppose son extinction pure et simple, et en fait l’un des quatre facteurs de la dégradation du solde en 2027[16]. Son maintien à 5 milliards d’euros, présenté comme une réduction — « je m’engage à réduire la surtaxe d’impôt sur les sociétés » — constitue mécaniquement +5 milliards d’euros d’effort par rapport au tendanciel. Une même décision est donc simultanément une baisse d’impôt dans le discours et une hausse de recettes dans le chiffrage.

Le reste de la hausse provient de la réduction de niches. Le plafonnement à 3 000 euros de l’abattement de 10 % dont bénéficient les retraités apporterait environ 1,4 milliard d’euros, la fiscalisation des indemnités d’arrêt de travail 600 à 700 millions, auxquels s’ajoutent le gel du barème des allègements généraux de cotisations patronales et les mesures anti-fraude[17]. En comptabilité nationale, chacune de ces mesures est une hausse de prélèvements obligatoires, quelle que soit la façon dont elle est présentée. L’argument de Bercy — absence de hausse de la TVA, absence de gel du barème de l’impôt sur le revenu, baisse de la surtaxe — porte sur les grands leviers fiscaux, non sur le niveau global des prélèvements.

La séquence reconstituée 2025-2027

La reconstitution ci-dessous part de l’exécution 2025 et s’appuie, pour 2026 et 2027, sur les ratios de dépense publique et de déficit communiqués par Bercy[18].

Séquence des dépenses, recettes, solde et dette publics, 2025-2027

 

2025

2026

2027 tend.

2027 cible

PIB (Md€)

2 991,1

3 053,9

3 139,4

3 139,4

Croissance en volume

0,9 %

0,5 %

1,0 %

1,0 %

Déflateur

1,0 %

1,6 %

1,8 %

1,8 %

Croissance en valeur

1,9 %

2,1 %

2,8 %

2,8 %

Dépense publique (Md€)

1 714,1

1 743,8

1 817,9

1 786,3

en % du PIB

57,3

57,1

57,9

56,9

évolution en valeur

+1,7 %

+4,3 %

+2,4 %

évolution en volume

+0,1 %

+2,4 %

+0,6 %

Recettes publiques (Md€)

1 562,5

1 578,9

1 613,8

1 629,3

en % du PIB

52,2

51,7

51,4

51,9

évolution en valeur

+1,1 %

+2,2 %

+3,2 %

élasticité apparente au PIB

0,50

0,79

1,14

dont prélèvements obligatoires (% PIB)

43,6

43,9

~43,7

44,2

Déficit public (Md€)

−151,6

−164,9

−204,1

−157,0

en % du PIB

−5,1

−5,4

−6,5

−5,0

Dette publique (% du PIB)

115,6

119,3

121,7

Sources : exécution 2025 ; données Bercy transmises au Haut Conseil des finances publiques ; hypothèses macroéconomiques gouvernementales ; calculs Fondation IFRAP. La colonne « 2027 tendanciel » est une reconstitution : seul le solde de 6,5 % a été publié.

Trois enseignements se dégagent. Le premier concerne 2026 : la dépense publique progresse de 1,7 % en valeur pour un déflateur de 1,6 %, soit une quasi-stabilité en volume — la maîtrise de la dépense n’est donc pas, en soi, le point faible de l’exercice en cours. Le deuxième concerne les recettes : leur progression de 1,1 % pour une croissance nominale de 2,1 % traduit une élasticité apparente de 0,50, très inférieure à l’unité, alors même que le taux de prélèvements obligatoires, lui, augmente. Le décalage vient des recettes hors prélèvements obligatoires, dividendes publics en tête. Le troisième concerne 2027 : atteindre 5,0 % suppose une progression de la dépense de 2,4 % en valeur, soit 0,6 % en volume.

Évolution 2027 de la dépense publique selon le périmètre retenu

Évolution 2027 de la dépense publique

En valeur

En volume

Dépense publique totale

+2,44 %

+0,63 %

Hors charge de la dette

+1,89 %

+0,09 %

Hors charge de la dette et hors défense

+1,56 %

−0,23 %

Source : calculs Fondation IFRAP à partir des ratios Bercy et des hypothèses macroéconomiques gouvernementales.

La formule employée par le Premier ministre — « si on exclut la hausse de la charge de la dette et celle du budget des Armées, le budget de l’État sera gelé en valeur l’an prochain » — se vérifie donc sur ce périmètre resserré, où la dépense recule de 0,2 % en volume. Mais sur l’ensemble de la dépense publique, toutes administrations confondues, le volume progresse encore de 0,6 %, et le ratio de dépense ne baisse que de 0,2 point de PIB. Un budget qui fait reculer la dépense sur un périmètre et la laisse progresser sur l’ensemble n’est pas un budget d’austérité ; c’est un budget de freinage partiel.

    Sources :
  • [1] Mission sur la transparence des finances publiques, Situation tendancielle des finances publiques à horizon 2030, X. Jaravel, X. Ragot, J.-L. Tavernier, N. Valla, avec le concours de F. Bouvet, rapport remis le 15 juillet 2026, Inspection générale des finances. Également accessible en version PDF intégrale.
  • [2] Fondation iFRAP, « Comité d’experts sur les finances publiques : 126 milliards d’économies ne suffiront pas », 24 juillet 2026. La présente note prolonge cette analyse en la confrontant aux annonces gouvernementales du 17 septembre 2026 et aux données transmises au Haut Conseil des finances publiques le 19 septembre.
  • [3] Les Echos, « Budget 2027 : les impôts vont bien augmenter et la dette va s’envoler », S. Loignon et S. Dumoulin, 19 septembre 2026, lesechos.fr. Le projet de loi de finances doit être déposé au Parlement le 1er octobre 2026.
  • [4] Les Echos, « Budget 2027 : le gouvernement vise une hausse des dépenses d’assurance-maladie proche de 2 % », S. Poullennec, 21 septembre 2026, lesechos.fr ; Le Parisien, « Budget de la Sécu 2027 : vers un coup de frein sur les dépenses de santé », 19 septembre 2026, leparisien.fr, qui avance un taux de 2,1 %. Le même article des Echos chiffre à plus d’un milliard d’euros — 1,5 Md€ selon les mutuelles — les transferts de dépenses aux organismes complémentaires décidés par décret, et rappelle le relèvement du plafond annuel des franchises et participations forfaitaires de 100 à 140 € au 1er octobre 2026.
  • [5] ,4 point de PIB appliqué à un PIB 2026 de 3 053,9 Md€, soit 12,2 Md€. Le solde public passe de −151,6 Md€ en 2025 (−5,1 %) à −164,9 Md€ en 2026 (−5,4 %).
  • [6] Déclarations de Bercy rapportées par Les Echos, « Budget 2027 : ce que cachent les 54 milliards d’euros d’efforts mis en avant par Sébastien Lecornu », S. Dumoulin et S. Loignon, 18 septembre 2026.
  • [7] « On peut s’interroger sur la tenue des dépenses, car il y a eu très peu d’annulations de crédits », François Ecalle, fondateur de Fipeco. « 0,3 point de déficit en plus cette année en raison de la révision de la croissance, ça me paraît beaucoup, je pense qu’il y a des dépenses non compensées », Anthony Morlet-Lavidalie, Rexecode. Citations rapportées par Les Echos, 18 septembre 2026.
  • [8] Note de bas de page n° 1 du rapport : « Si le solde de 5,0 % de déficit public en 2026 n’était pas atteint, l’écart à cette cible devrait être ajouté au déficit tendanciel calculé. »
  • [9] « La mission retient comme hypothèse que les mesures qui seront le cas échéant prises porteront leurs effets non seulement sur l’année en cours mais aussi “en base” au bénéfice de toute la trajectoire » (rapport précité, § 2.1).
  • [10] Interview de Sébastien Lecornu au Figaro, 17 septembre 2026, et message publié le même jour sur le réseau social X : « Sans mesures correctives, le déficit 2027 tutoierait les 6,5 % du PIB. »
  • [11] ,4 % + 0,88 point = 6,28 %, arrondi à 6,3 %. La dérive de 0,88 point correspond au passage de 5,0 % à 5,88 % dans la trajectoire « à politique inchangée » de la mission (tableau 3 du rapport).
  • [12] La mission retient « une élasticité des prélèvements obligatoires à la croissance légèrement inférieure à l’unité en 2027 » puis « une élasticité unitaire, qui correspond à sa valeur historique », à partir de 2028 (rapport précité, § 2.1).
  • [13] Hausses annoncées pour 2027 : Défense +6,4 Md€, Écologie +1,1 Md€, Éducation +0,8 Md€, Intérieur +0,6 Md€, Recherche +0,5 Md€, Justice +0,4 Md€.
  • [14] Rapport précité, encadré 1 : la mission « retient un gel du point d’indice de la fonction publique, qui pourrait être une hypothèse forte sur une période de quatre ans ».
  • [15] Le taux de prélèvements obligatoires s’entend ici hors crédits d’impôt. En exécution 2025, il s’établissait à 43,6 % du PIB, soit 1 305,1 Md€.
  • [16] La mission fait « l’hypothèse que la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises n’est pas reconduite à partir de 2027 », et en fait l’un des quatre facteurs de la dégradation du solde en 2027 (rapport précité, § 2.1 et 2.3).
  • [17] Rendements indiqués par Les Echos, 19 septembre 2026 : environ 1,4 Md€ pour le plafonnement à 3 000 € de l’abattement de 10 % des retraités, 600 à 700 M€ pour la fiscalisation des indemnités d’arrêt de travail. S’y ajoute le gel du barème des allègements généraux de cotisations patronales, décidé avant l’été.
  • [18] Les montants de dépense publique et de recettes publiques 2026 et 2027 sont reconstitués à partir des ratios communiqués par Bercy au Haut Conseil des finances publiques : dépense publique de 57,1 % du PIB en 2026 et 56,9 % en 2027, déficit de 5,4 % puis 5,0 %. La ventilation du tendanciel 2027 entre recettes et dépenses est en revanche une reconstitution de la Fondation IFRAP, le gouvernement n’ayant publié que le solde tendanciel agrégé de 6,5 %.