Budget et fiscalité

2020, année record : 120% de dette, 65% de dépenses publiques, 46,3% de prélèvements obligatoires

12 novembre 2020 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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Le 2ème confinement décidé par le Président de la République à compter du 29 octobre a déclenché une quatrième loi de Finances rectificative pour 2020 (un record !) afin de dégrader encore le PIB dans les prévisions budgétaires et de voter des mesures d’urgence pour aider les pauvres entreprises de nouveau sous le coup de fermetures administratives (commerces non essentiels, restaurants, bars, salles de spectacles, cinémas…) Le résultat sur les finances publiques ne s’est pas fait attendre. Les chiffres sont glaçants : -11% de croissance, une inflation désormais nulle, une dette publique qui remonte en flèche en passant de 117,5% pour 2020 en septembre à 119,8% du PIB. Un déficit public à -11,3%.

Le mesures du plan d’urgence passent d’un coût budgétaire pour 2020 de 64,5 milliards d’euros à 85,5 milliards d’euro. Les aides versées (fonds de solidarité) augmentent de près de 10,9 milliards d’euros. La prolongation des dispositifs d’indemnisation du chômage partiel a un coût additionnel de 3,2 milliards d’euro partagé aux 2/3 par l’Etat, portant le total de la prise en charge de l’activité partielle à 34 milliards d’euros.

Dans ces conditions les dépenses publiques augmentent encore en 2020 à 1.434 milliards. Elles atteindront près de 64,3% du PIB (hors crédits d’impôts) et 65,1% (y compris crédits d’impôts). Les recettes, elles, devraient bien se maintenir et ne dévisseraient que de 2,1 milliards par rapport à la prévision de septembre 2020, (avec des pertes comprises entre -358 et -583 millions d’euros, pour des prélèvements obligatoires à 45,2% du PIB (hors crédits d’impôts) et à 46,3% du PIB (y compris).

Le déficit budgétaire à financer pour 2020 sera de 222,9 milliards d’euros. Chiffre auquel il faut ajouter le refinancement de la dette arrivée à échéance de 136 milliards d’euros. A noter : une baisse significative de financements complémentaires à court terme (passage de 82,9 milliards anticipé cet été à seulement 53,3 milliards d’euros). Cela s’explique par une augmentation des « autres ressources de trésorerie » de l’ordre de +11,8 milliards dont principalement l’effet des primes d’émission nettes des décotes grâce à l’émission de dettes sur souches anciennes avec des taux d’intérêt plus élevés qu’aujourd’hui…

Le Haut Conseil des finances publiques a souligné encore une fois le caractère fantaisiste du niveau du solde structurel et l’absence d’une trajectoire crédible et actualisée de retour à l’équilibre de nos finances publiques et du désendettement. Tant que la Banque de France rachète la dette française sans limite au marché secondaire, l’Etat récupère en dividendes peu ou prou ce qu’il lui verse en charges d’intérêt. Un cycle d’addiction à la dépense publique qui devrait de plus en plus compliquer toute normalisation des politiques monétaires et budgétaires.

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