Agriculture et énergie

Prix de l’électricité : pourquoi ça ne va pas

25 avril 2019 • Bertrand Nouel

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Le régulateur de l’énergie (CRE) a fait une proposition d’augmentation du tarif réglementé de l’électricité de 5,9% au mois d’août prochain, provoquant un grand nombre de réactions indignées. Le sujet est extrêmement compliqué du fait de l’imbrication de beaucoup d’intérêts  divergents. Le nœud gordien est très difficile à trancher pour le Gouvernement, qui devrait cependant se prononcer le 7 mai au plus tard. Diverses solutions sont envisageables pour éviter cette augmentation politiquement explosive, d’autant plus qu’elle constituerait une négation des objectifs de la mise en concurrence de l’opérateur historique.

La pièce de théâtre que nous allons tenter de résumer se joue à dix acteurs :

  • EDF, bien sûr
  • Les fournisseurs alternatifs, concurrents d’EDF, réunis au sein de l’ANODE, concurrents d’EDF, et ses clients au prix régulé de l’ARENH[1]
  • Les syndicats d’EDF, attentifs à conserver leurs avantages
  • La Commission de régulation de l’énergie (CRE), dans le rôle de pianiste interprète contraint du Code de l’énergie, auteur de la proposition d’augmentation du tarif réglementé au consommateur (TRVE) de 5,9%
  • L’Autorité de la concurrence, observateur vigilant des effets de la concurrence
  • Le Conseil d’Etat, censeur des décisions du gouvernement contraires au Code de l’énergie
  • La Cour des comptes, critique acérée des coûts exorbitants de fonctionnement d’EDF et particulièrement des avantages sociaux consentis au personnel
  • Les défenseurs des consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV), auteurs d’une lettre ouverte au Président de la République du 11 avril 2019 s’opposant à l’augmentation prévue et menaçant d’un recours auprès du Conseil d’Etat
  • Bercy, parce que les taxes représentent 37% du TRVE, et qu’il est question de puiser dans les taxes en contrepartie de l’augmentation du TRVE
  • Enfin, le Gouvernement, arbitre de la solution… et jusqu’à présent, mais pas plus tard que le 7 mai prochain, silencieux.

Synopsis

En prologue, ce sont les décisions du Conseil d’Etat de 2013, puis de 2014 annulant les arrêtés du Gouvernement (Ségolène Royal) modérant (en 2014) les hausses prévues du TRVE en les divisant par deux, de 5% à 2,5%, au motif que cette modération n’assurait pas suffisamment la couverture des coût d’EDF.

Le problème risque de se reproduire à l’occasion de la délibération du 7 février 2019, dans laquelle la CRE propose une augmentation de 5,9% du TRVE pour le 1er août à venir. Le contexte politique est en effet particulièrement brûlant, et cette proposition entraîne plusieurs réactions vives, que l’on trouve résumées dans la lettre ouverte des défenseurs des consommateurs mentionnée ci-dessus, citant en particulier l’Autorité de la concurrence. S’y ajoutent plusieurs rapports de la Cour des comptes donnant l’occasion de contester la légitimité des coûts d’EDF, entrant pour une bonne part dans les composants du TRVE. Nous en sommes là en ce moment.

Explications

Position de La CRE

Pour parvenir à une augmentation de 5,9%, la CRE applique les dispositions du Code de l’énergie (articles 337-1 et s.), qui définissent la méthode de calcul du TRVE comme un « empilement » de coûts. L’article 337-6 dispose en effet : « Les tarifs réglementés de vente d'électricité sont établis par addition du prix d'accès régulé à l'électricité nucléaire historique, du coût du complément d'approvisionnement au prix de marché, de la garantie de capacité, des coûts d'acheminement de l'électricité et des coûts de commercialisation ainsi que d'une rémunération normale de l'activité de fourniture. »

 La méthode de l’ « empilement ».

La CRE explicite ainsi son calcul pour parvenir à une augmentation de 7,7% HT, soit 5,9 TTC, du TRVE (dans le cas des tarifs bleus résidentiels) : ne sont pas modifiés les coûts d’acheminement (TURPE, 49,6 €/ MWh), ni ceux de commercialisation (11,5 €/MWh), ni la marge (sauf qu’elle passe de 3,8 à 3,78 €/MWh). La garantie de capacité passe de 1,4 à 3,2 €/MWh, et surtout le prix d’accès à l’électricité nucléaire historique passe de 42, 9 à 49,4 € /MWh.

Cette dernière augmentation s’explique par le fait du rationnement des fournisseurs alternatifs, qu’EDF doit fournir au prix de l’ARENH à hauteur totale de 100 TWh. En 2018, les prix de marché ont fortement augmenté au point de largement dépasser le tarif réglementé français, et les fournisseurs alternatifs se sont rués sur l’ARENH au point de demander un record de 133 TWh. La CRE a donc rationné ces derniers proportionnellement à leur demande, au niveau de 75% de cette demande. Elle en conclut que «  la hausse pour le consommateur due à l’augmentation des prix de marché – hors effet du rationnement de l’ARENH – est de 3,6 €/MWh HT soit 3,3% », à laquelle il faut ajouter 1,8 € pour l’augmentation des prix de garantie de capacité.

Arguments des opposants à l’augmentation

L’Autorité de la concurrence observe que la concurrence aboutit au résultat paradoxal d’une augmentation des prix dont le consommateur est la seule victime, ce qui n’est évidemment pas acceptable car cela contredit l’objectif même de la concurrence : « L’Autorité considère que 40 % de la hausse de prix proposée (3,3 €/MWh sur 8,3 €/MWh) ne correspondent pas à une augmentation des coûts de fourniture d’EDF mais au rationnement de l’accès d’EDF à l’électricité d’origine nucléaire. »  Cela conduirait à une pénalisation de « dizaines de millions de ménages », ainsi qu’ « à une sur-rémunération d’EDF contraire à la décision de la CRE de limiter cette marge réglementée à 3 %. Ainsi, la marge réelle d’EDF passerait de 3,8 €/MWh à 7,1 €/MWh pour les tarifs bleus vendus aux ménages, soit une hausse de 87 %, et de 3,2 €/MWh à 6,5 €/MWh pour les tarifs bleus vendus aux petits professionnels, soit une hausse de 100 % ». Enfin, la méthode proposée traduirait un changement de nature des TRV de l’électricité en France qui consisterait à les transformer en un « prix plafond » du marché de détail, c’est-à-dire un prix représentatif des coûts des fournisseurs les moins efficaces du marché. Cette conception semblerait contraire à la volonté exprimée du Parlement de proposer des tarifs réglementés qui permettent de restituer aux consommateurs le bénéfice de la compétitivité du parc nucléaire historique.

 

L’avis de l’Autorité de la concurrence.

Dans son avis très motivé du 25 mars dernier, l’Autorité souligne son désaccord avec la CRE sur le fait de tenir compte du « rationnement de l’ARENH », car « le nouveau coût lié au plafonnement de l’ARENH est un coût qui est uniquement supporté par les fournisseurs alternatifs. Il est, à cet égard, paradoxal de vouloir l’auditer pour vérifier que l’empilement ainsi modifié couvre les coûts de revient d’EDF. » D’une façon générale, l’Autorité reproche à la CRE de tenir compte de coûts qui n’ont pas à rentrer dans le calcul du TRV, spécifique de l’offre d’EDF.

L’Autorité conclut ainsi :

« 123. Comme l’a indiqué l’Autorité dans son avis n° 19-A-019, les difficultés entraînées par l’atteinte du plafond de l’ARENH sont le symptôme des limites du dispositif existant de régulation du marché de l’électricité français, actuellement soumis à des injonctions contradictoires.

124. Le dispositif actuel porte à la fois sur le marché amont de l’approvisionnement et sur le marché aval de la vente aux particuliers. La contestabilité des TRV, au sens du droit de la concurrence, est assurée par la méthode de l’empilement des coûts de l’activité de fourniture d’EDF, alors que leur contestation effective sur le marché de détail par un fournisseur alternatif est rendue possible par l’approvisionnement en électricité nucléaire grâce au dispositif de l’ARENH, dans la limite du volume qui lui est attribué.

125. Augmenter les TRV pour tenir compte de l’atteinte du plafond de l’ARENH revient donc à demander au premier outil de régulation de pallier les limites du second. Cela revient aussi, en quelque sorte, à contourner la contrainte quantitative que le Parlement a imposée au dispositif de l’ARENH, avec comme conséquence de faire supporter la charge financière liée au dépassement du plafond aux consommateurs, plutôt qu’aux fournisseurs. »

Cette conclusion, qui fait appel aux règles de contestabilité de la concurrence, souligne les contradictions auxquelles les différentes régulations ne doivent pas donner lieu. La méthode d’empilement du TRV ne doit pas servir à remédier à une situation – le rationnement de l’ARENH – qui lui est juridiquement étrangère.

L’Autorité de la concurrence recommande donc au Gouvernement de « procéder à un réexamen de la légalité et de l’opportunité de la méthode proposée »,  et de demander à la CRE de faire, avant le 7 mai 2019, une nouvelle proposition tarifaire. Cette nouvelle délibération devrait notamment permettre (1) de mieux apprécier les surcoûts de complément d’approvisionnement supportés par les différents opérateurs du fait du rationnement de l’ARENH … »

Quant à la CLCV et à l’UFC-Que choisir, auteurs de la lettre ouverte, ils reprennent les arguments développés par l’Autorité de la concurrence, en se posant la question centrale de savoir si la concurrence permet de « faire bénéficier au mieux des effets positifs que tire la France de son choix historique d’avoir recours au nucléaire pour produire de l’électricité », autrement dit si la concurrence est bénéfique. La lettre ouverte accuse d’autre part la CRE de se poser « trop peu de questions sur le niveau intrinsèque des coûts d’EDF (politique salariale, avantage énergie, régime spécial de retraite…) alors même que la Cour des comptes dresse plusieurs constats importants et répétés en la matière ». Ce faisant, voilà que se trouve réouverte la boîte de Pandore du statut d’EDF et aussi des taxes payables par le consommateur.

La boîte de Pandore du statut du personnel d’EDF et des taxes

Les observations de la Cour des comptes.

Le dernier rapport de la Cour des comptes (février 2019) critique EDF au vitriol dans la mesure où elle « continue d'offrir des rémunérations élevées et une série d'avantages, sans équivalent, dont bénéficient salariés et anciens salariés, largement déconnectées des performances de l'entreprise ». Il s’agit des rémunérations elles-mêmes (5.000 euros en moyenne), des compléments salariaux (plus 30% en cinq ans, d’un « tarif agent exorbitant », des retraites payées par une ponction de 2% sur les factures des consommateurs (à travers la CTA), d’une politique familiale super-généreuse (un mois de salaire pour une union, un mois et demi à la première naissance… La Cour souligne la nécessité urgente d’une révision du système de rémunération, qui pèse bien entendu sur les coûts pris en compte dans le TRVE.

Ce n’est pas la première fois, et de loin, que la Cour des comptes s’émeut ainsi. Mais ses critiques prennent d’autant plus de poids que cette fois la situation financière d’EDF est critique, et que les avantages en question sont « déconnectés des performances de l’entreprise », comme le dit la Cour.

A quoi servent les taxes ?

Autre boîte de Pandore d’actualité, la question des taxes. Quatre taxes pèsent sur le prix de l’électricité, qui atteignent 37% du prix total. Il s’agit de la CSPE (contribution au service public de l’électricité, maintenant intégrée dans la TICFE, elle-même rebaptisée CSPE et perçue au profit des Douanes… !), de la TCCFE et TDCFE (taxes communale (et départementale) de consommation finale d’électricité, CTA (contribution tarifaire d’acheminement), et TVA, qui présente la particularité (absurde) d’être assise sur le prix hors taxe mais aussi sur la CSPE et la TCCFE.

La CSPE est la plus importante taxe (15,3% du prix total), en augmentation de 650% depuis 2002. Elle finance en particulier les surcoûts engendrés par l’obligation d’achat des produits d’énergie renouvelable pesant sur EDF et sur les entreprises locales de distribution, les politiques de soutien au développement de sources de production vertes : électricité d’origine renouvelable et cogénération, ainsi que les coûts relatifs au chèque énergie pour les foyers à revenus modestes.

Les deux premières dépenses posent problème. La Cour des comptes a noté que cette politique de soutien aux énergies renouvelables coûte extrêmement cher : les seuls contrats signés pour l’électricité de source photovoltaïque auront pesé 38,4 milliards d’euros pour 0,7% de la production électrique, et les contrats pour l’éolien auront coûté en vingt ans 40,7 milliards pour 2% de cette production. Au total, 121 milliards auront été dépensés pour les seuls contrats signés avant 2017 au bénéfice des producteurs de ces deux sources. Beaucoup plus que les sommes qu’EDF doit consacrer aux travaux nécessaires pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires qui produisent 75% de l’électricité.

La pertinence de ces calculs pour le sujet qui nous occupe vient de ce que l’Etat met à la charge d’EDF des sommes considérables pour le soutien aux énergies renouvelables électriques[2] alors que très peu en comparaison est consacré aux énergies thermiques : sur 5,2 milliards de soutiens aux énergies renouvelables en 2016, la Cour des comptes a calculé que 4,4 milliards allaient aux énergies électriques alors que seulement 0,8 milliard va aux énergies thermiques. Or l’énergie nucléaire n’est pas polluante ni source de gaz à effets de serre, à l’inverse de l’énergie thermique, qui est à base de produits pétroliers. En conséquence, EDF se trouve pénalisée par des coûts injustifiés venant augmenter le prix de l’électricité.

Conclusion

La conclusion est difficile à tirer pour l’Etat, compte tenu de ce que son action est tiraillée entre des intérêts contraires.

Le constat de base est celui des injonctions contradictoires imposées à EDF, à qui il est demandé de produire le moins cher possible, tout en la contraignant à subventionner ses propres concurrents, et cela à deux titres. EDF doit en effet vendre l’électricité qu’elle produit à ses concurrents directs pour la distribution que sont les fournisseurs alternatifs ; d’autre part elle est aussi contrainte de financer la politique de soutien aux énergies renouvelables éoliennes et photovoltaïques qui sont aussi ses concurrents et produisent beaucoup plus cher – même si elle en est remboursée approximativement et avec retard. Tout cela dans un contexte politique et populaire très défavorable à l’énergie nucléaire. C’est la mal aimée qui doit jouer le rôle de la vache à lait, rôle qu'il lui est demandé d’assumer grâce au développement d’une technologie  indispensable mais remise profondément en question.

Plusieurs conclusions s’imposent :

Le système de régulation français est inadapté lorsque le prix du marché s’élève au-dessus du prix de l’ARENH. Ce fait est resté masqué aussi longtemps que la situation était inverse, parce qu’il n’y avait pas « rationnement de l’ARENDH ». Le fait que la demande d’ARENDH soit devenue excédentaire ne justifie pas cependant d’augmenter le TRV, qui ne concerne qu’EDF.

Dès lors, soit on remet en question la limite de 100 TWH de l’ARENH, ce qui peut se justifier compte tenu de ce que cette limite semble avoir été déterminée de façon arbitraire à l’origine, en 2011, et que le développement de la concurrence des alternatifs modifie les conditions de la répartition entre alternatifs et EDF ; une étude est à faire, en vérifiant notamment, comme le demande l’Autorité de la concurrence, dans quelle mesure les prévisions de commandes des alternatifs en ARENDH n’auraient pas été gonflées par précaution ;

Soit les fournisseurs alternatifs réalisent les investissements qu’ils étaient censés réaliser pour produire eux-mêmes, ou se fournissent au prix de marché pour le supplément, et déterminent leur prix en conséquence. Il n’y a rien ici qui soit contraire aux règles de la concurrence.

Deuxième sujet, celui d’EDF, à deux titres. D’abord celui des avantages indus relevés par la Cour des comptes (auxquels on peut ajouter une insuffisance criante de temps de travail…), d’autant plus nécessaire qu’EDF rencontre une période très délicate financièrement.

D’autre part, le problème des obligations imposées à EDF par l’Etat, en particulier en ce qui concerne le soutien aux énergies renouvelables électriques, que nous avons traité plus haut. On entend évoquer actuellement la possibilité que l’Etat accorde l’augmentation demandée par la CRE, et diminue parallèlement les taxes afin d’éviter de peser sur les prix au consommateur. Certes, EDF est remboursée des sommes qu’elle dépense en raison de ce soutien, mais cela ne fera que transférer la charge du client-usager sur le contribuable. C’est la nécessité du soutien lui-même qu’il faut revoir, et de son opportunité, surtout quant à l’éolien.


[1] EDF, opérateur historique, vend au consommateur la plupart de son électricité au tarif réglementé (TRVE), qui est d’ailleurs en voie de probable disparition. EDF doit réserver 25% de sa production (100TWh) aux fournisseurs alternatifs au prix de l’ARENH (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) dont le principe est que les fournisseurs alternatifs puissent se fournir au même prix qu’EDF. Le prix de l’ARENH est le premier composant du TRVE. Les fournisseurs alternatifs pratiquent un prix libre de marché et se fournissent auprès d’EDF (dans la limite globale de 100 TWh), ou sur le marché suivant leur intérêt.

[2] Les obligations de soutien aux énergies renouvelables d’EDF donnent lieu à remboursement par l’Etat. Jusqu’en 2015, c’était la CSPE qui y pourvoyait, mais devant l’insuffisance de cette taxe, a été instituée le « compte d’affectation spécial transition énergétique », qui permet à la fois le remboursement annuel du soutien (5,4 milliards en 2018) et celui du déficit de compensation des années antérieures (encore 2,7 milliards en 2018). Mais bien entendu ce sont toujours les usagers et les contribuables qui payent.

Commentaires

  • Par Jacques • Posté le 04/05/2019 à 12:13 Merci pour cet article qui démontre la complexité d'un théâtre à dix acteurs, bien incapable de déterminer un juste prix pour la fourniture d'électricité , bien essentiel. Manifestement si la concurrence a permis de faire baisser les prix dans certains secteurs , par exemple la fourniture de gaz ou de carburants, cela ne marche pas en Europe pour l'électricité.Les achats à prix garantis des renouvelables prévus par le projet PPE pour un coût annuel de 7 Mds€ n'y sont pas soumis et ont été responsable de désordre dans les prix de marché avec. parfois des prix négatifs.En conséquence les nouvelles centrales au gaz projetées en Belgique et en Allemagne afin de sécuriser des réseaux voulant sortir du nucléaire, demandent et obtiendront des subventions pour garantie de capacité. Ne sont donc vraiment soumis à la dure loi du marché que les "historiques", l'hydraulique et le nucléaire. La concurrence n'a pas fait apparaître de nouveaux producteurs plus compétitifs;L'accès à l'ARENH;, c'est comme si l'on avait obligé la SNCF à vendre au prix coûtant minimum un quart de ses sièges km TGV aux chemins de fer étrangers et à des agences de voyages afin que ceux ci puissent la concurrencer! Tout celà coûte cher et les intervenants astucieux sur le marché de l'électricité tiennent à leurs profits faciles. Un pays ne peut pas développer une industrie prospère en favorisant le négoce par rapport à l'activité plus austère de production de richesse. Où est la justice sociale quand ceux qui "ont", par exemple des toits ou des terrains, s'enrichissent facilement en installant des panneaux solaires et des éoliennes grassement subventionnés, alors que les ménages populaires vivant en logements sociaux subissent les majorations des prix de l'électricité? Tout le système est à revoir et à simplifier, mais il y a tellement d'intérêts en jeux que je doute que le gouvernement fasse le ménage. Jacques Peter
  • Par student • Posté le 30/04/2019 à 09:03 L'Autorité de la Concurrence constate que la pseudo concurrence introduite par la France (par la cession obligé par EDF de 25 % de son électricité à ses concurrents) ne fait pas baisser les prix. Quelle naïveté ! car il ne s'agit évidemment pas ici de vraie concurrence, les "fournisseurs alternatifs" ne pouvant pas faire d'effort pour réduire les coûts de production d'un produit (le kWh) qu'ils ne fabriquent pas !! Ni au passage le souci de gérer un parc nucléaire. Leur seul boulot c'est mettre sur le marché un kWh à prix cassé sans s'être donné la peine de le fabriquer ! Et cette autorité oublie le passé : avant la "méthode d'empilement des coûts" inventée par la très populaire (ou populiste ?) Ségolène pour faire baisser conjoncturellement le TRVE, était la méthode consistant à répercuter sur les consommateurs les coûts de production d'EDF, sans bénéfice ni perte. Cette méthode qui a été proscrite par Ségolène, obligeant alors EDF à vendre à perte, l'Autorité de la Concurrence voudrait que l'on s'en resserve, au moment où EDF recommence à faire du bénéfice en raison de l'augmentation du prix de gros au niveau Européen ! Cette Autorité comme que Choisir ne sont que des prédateurs au service de leur fond de commerce (pouvoir dire aux consommateurs qu'ils veillent à faire baisser les prix), au mépris de la loi qui fixe ces prix : heureusement que la CRE est moins malhonnête ! En fin, les prix ont historiquement augmenté non pas à cause des coûts de production, mais en raison de la taxe CSPE qui finance les subventions au solaire et à l'éolien, laquelle a majoré le TRVE de 17 % en dix ans !! Et l'Autorité n'a rien dit à ce moment. La prochaine étape est pour bientôt avec l’augmentation significative de la taxe TURPE qui finance les lignes de transport ; car le gouvernement, à l'insu du plein gré des consommateurs, vient d'accorder la gratuité du raccordement au réseau aux industriels de l'éolien en mer (dont EDF et Engie), dont les coûts sont colossaux (ce sont des câbles sous-marins). Et cela va peser sur le TURPE donc sur le TRVE qui l'intègre (le TRVE est un prix TTC). Et l'Autorité de la Concurrence est restée silencieuse lors de cette exonération pour l'éolien en mer : n'était-ce pas pourtant une distorsion de concurrence vis à vis des autres filières de production d'électricité, qui doivent financer leur raccordement ? On vit en plein délire, avec des institutions (Autorité de Concurrence et même Que Choisir...) qui se comportent en lobbies, sans penser à l'intérêt à long terme du pays. Car à empêcher EDF de récolter le juste prix de ses efforts, on prend le risque que cette société nationale fasse faillite, laissant alors le champ libre aux prédateurs privés, avec des prix qui comme ceux des péages, ne seront plus à la main de l'Etat. Le marché, quoi...
  • Par Jidé • Posté le 29/04/2019 à 13:54 Au sujet des nombreuses taxes appliquées sur le TRVE ,si elles représente environ 37% de la facture il serait plus marquant de dire que le total des taxes appliquées sur le total HT de l'abonnement et de la consommation se monte à 59.1 % ! Démonstration : sur ma facture 2018/2019, total HT abonnement et consommation = 739.32 euros, total de la facture = 1176.38 euros soit 1176.38 / 739.32 =1.591 soit bien un total de 59.1 % de taxes!! c'est tout l'intérêt du CRE et d'autres de faire le calcul dans "le bon sens" pour minimiser l'impact sue les consommateurs!!!
  • Par Correcteur • Posté le 28/04/2019 à 11:36 Depuis janvier 2016, la CSPE ne finance plus le coût du soutien aux énergies renouvelables et à la cogénération, ni les dispositions en faveur des personnes en situation de précarité (chèque énergie...), ni la péréquation des tarifs dans les zones non interconnectées au réseau métropolitain continental. La CSPE est désormais une taxe intérieure (TICFE) dont le produit alimente le budget de l'Etat et n'est pas affecté.
  • Par Ronchon • Posté le 28/04/2019 à 10:19 Pourquoi l'Etat, actionnaire ultra majoritaire d'EDF a laissé augmenter indument les avantages exorbitants accordés aux salariés et retraités d'EDF au détriment des consommateurs (et contribuables!) C'est un scandale permanent depuis plus de 70 ans.
  • Par student • Posté le 27/04/2019 à 17:45 D'abord, la situation est liée au fait qu'EDF (et non "la France !") a fait dans le années 70 le choix judicieux de développer une filière industrielle basée sur l'énergie nucléaire. Le financement des centrales n'a pas coûté un centime au contribuable car l'Etat actionnaire a laissé EDF emprunter seul sur le marché financier. Ce choix permet aujourd'hui de produire une électricité à un prix imbattable : les fans d'éolien ou solaire n'ont qu'à demander l'arrêt des subventions que perçoivent indument (dans un monde en concurrence) ces technologies - et on pourra discuter. Historiquement le TRV a été basé sur le prix de revient du kWh produit par EDF ; il a notamment baissé de 15 % dans les années 90, et personne ne s'en est plaint. Puis quand les nécessités de maintenance les ont fait un peu remonter, tout en restant notamment inférieurs à la moyenne européenne, Ségolène a biaisé la formule de calcul pour qu'elle s'appuie sur un prix de marché décroissant en raison des pétroles de schiste, obligeant EDF à vendre à perte. Maintenant que le marché remonte, les GJ (ignorant de tout ce qui précède), Que Choisir, l'Autorité de la Concurrence (qui ne manque pas d'air)... voudraient qu'on n'applique plus la formule du Code de l’Énergie que la CRE est chargée de mettre en œuvre. EDF n'est pas une vache à lait, c'est une SA et plus un Établissement Public, et plusieurs dispositifs la pénalisent alors que c'est grâce à elle que les français bénéficient d'un prix bas de l'électricité qui favorise leur pouvoir d'achat. L'ARENH est une vaste supercherie qui permet à des parasites comme Leclerc ou Total, qui ne savent pas ce qu'est un kWh et encore moins une centrale, de gagner de l'argent avec le fruit du travail du personnel EDF. Et évidemment les jaloux de la planète (cour des Comptes en tête) voudraient rogner leur rémunération. En fait, la seule situation saine serait de laisser jouer le marché : plus de subventions au solaire et à l'éolien, plus de distribution de kWh à prix cassé (l'ARENH) à des entreprises qui n'ont aucune compétence en matière d'électricité, et plus de TRV. Nous verrions alors à quel niveau se stabiliseraient les prix du kWh et qui resterait sur le marché : et tant pis si Bruxelles et l'Autorité Française de la Concurrence hurlent. Le libéralisme c'est d'abord la suppression des contraintes injustifiées, non ?
  • Par Alain Collet • Posté le 27/04/2019 à 14:04 Ce n'est pas le statut des agents EDF qui fait la hausse car ce statut date de 1946 et les tarifs ont toujours été très bas. Où alors il faut dire que les actionnaires d'Engie sont aussi la cause des hausses ? Ou que les avantages des agents Renault ou Peugeot sur l'achat des véhicules sont la cause des voitures FR chères ? Cet argument est d'autant plus fallacieux qu'EDF sous-traite son entretien à plus de 60% à du personnel sous statut privé. Non la hausse du coût de l'électricité réside d'abord dans le développement des ENR et du cadeau imposé à EDF de fournir son électricité nucléaire sous son prix de revient pour venir au secours de l'éolien et du photovoltaïque. Une concurrence qui fait grimper les prix est révélatrice d'une grosse magouille. En 46 l'électricité a été nationalisé car le capital privé était incapable de gérer ce secteur essentiel pour le bien commun avec des investissements de long terme. Le secteur financier privé ne vise que des rentes à court terme sur des investissements publics: barrages, Autoroutes, aéroports, Alsthom qui a un monopole d'entretien dans les centrales nucléaire. Gabegie du patrimoine national.
  • Par Causeur • Posté le 27/04/2019 à 11:39 Le taux de taxes de 37% correspond au taux des taxes sur le prix TTC. or, habituellement, comme la TVA, les taxes sont calculées sur le prix hors taxes. Le taux des taxes sur le prix du kWh est donc de 66%. Ça n'est pas la même chose ! Je ne comprend pas que tous les journalistes fassent la même erreur. Pourtant, ils ne sortent pas de l'ENA !
  • Par Filpol • Posté le 26/04/2019 à 17:32 On marche sur la tête! Après la TVA sur la CSG non déductible, celle sur la taxe des carburants, on paie encore de la TVA sur des taxes de l’électricité. Quand est-ce qu’on rendra illégal de payer des taxes sur des taxes! C’est Insupportable !!!
  • Par reiller • Posté le 26/04/2019 à 17:28 Grand merci pour cet article qu'il conviendrait de diffuser largement. D'abord pourquoi cette situation? Le but n'a jamais été de faire baisser le prix du Kwh, mais de satisfaire à une demande européenne en faisant semblant de mettre fin au monopole EDF sans trop brusquer la CGT pour qui la concurrence est une horreur. Il en résulte la règle complexe de fixation du prix ARENH ,règle qui se retourne contre ses auteurs puisqu'elle incite le prix de revient du Kwh nucléaire à s'aligner sur celui des énergies renouvelable (objectif dépassé avec EPR!). Pour satisfaire à la demande syndicale les concurrents potentiels d'EDF ont été obligés d'appliquer le même convention collective qu'EDF, de ce fait tous leurs projets de construction d'usines ont été mis en sommeil profond, la seule possibilité est d'exploiter des centrales hors de France. Vous avez donc tout à fait raison de compter les syndicats dans les 10 acteurs majeurs de cette farce. Les avantages des agents EDF sont considérables,(et devraient être intégrés dans les prélèvements obligatoires), mais ,comme à la SNCF , il y a des privilégiés et des très privilégiés sous forme de service actif plus ou moins compréhensible suivant les métiers (entre un exploitant de centrale et un agent travaillant sous tension sur un pylône ,il y a une différence!). Un mot enfin sur la performance industrielle D'EDF. Elle est médiocre comme l'indique le coefficient de disponibilité des centrales exploitées par cet opérateur. Cette indisponibilité ne tient pas aux astreintes de sureté comme on le dit toujours, ni au grand carénage. Elle est chronique et dure depuis le début ,malgré x plans destinés à rejoindre les moyennes internationales.
  • Par frei • Posté le 26/04/2019 à 17:02 Je félicite l'auteur d'avoir tenté de débrouiller le maquis du calcul des tarifs de l'électricité .Le maquis c'est la zone difficile d'accès où le simple passant est certain de se faire détrousser sans même voir d'où vient le coup .Parmi les causes évoquées je retiens pour ma part le niveau hallucinant des subventions cachées et à long terme en faveur des énergies "renouvelables " , en particulier l'éolien .Comme toujours , lorsque l'on crée ce genre de rentes de situations , se développent des projets inutiles pour recevoir la manne et , pour cela tous les moyens sont bons , dont naturellement la corruption .Après le rejet massif par les Français de l'augmentation dite écologique des taxes sur le gazole je suis étonné que les Pouvoirs Publics agitent ce nouveau chiffon rouge "écologiquement correct" devant la population .Il me semble que tout plaide pour un moratoire sur le développement de l'éolien le temps qu'une méthode acceptable de fixation du prix de l'électricité soit mise en place .
  • Par bernard maroy • Posté le 26/04/2019 à 16:38 Tout serait plus clair avec une vraie concurrence. Il est anormal que les clients paient pour les employés d'EDF, même s'ils achètent à la concurrence. Les producteurs produisent et vendent en fonction de leur intérêt. Les sous traitants achètent au prix de marché et vendent à leur prix. S'il faut soutenir une filière, c'est le rôle de l'Etat et qu'il le fasse clairement. Les taxes qu'il empoche (ou devrait empocher en ce qui concernera CTA) devraient le lui permettre. Le client achète au mieux disant en fonction des prix (kWh et abonnement) et du service. Et que le meilleur gagne !
  • Par Viacolvento • Posté le 26/04/2019 à 16:14 Ils mettent en danger la vie même d'EDF et vous n'en parlez pas !
  • Par zelectron • Posté le 26/04/2019 à 15:31 . . . des vieilles centrales Voici la nouvelle ponction sur les usagers usés de tant d'avanies de la part de ce fournisseur obligatoire (y compris de par ses réplicants" leurres si l'en est pour faire l'illusion d'une concurrence [malsaine puisque déshabillant Pierre pour habiller Paul]

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