Budget et fiscalité

La charge de la dette publique française ne baissera plus (en 2021)

28 octobre 2020 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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2.000 milliards en 2014... 3.000 milliards en 2022. Alors que la dette n'en finit pas de croître en valeur avec près de 2.798 milliards d'euros attendus en 2021, le coût annuel de la dette publique française a beaucoup baissé ces dernières années. Plus de 40 milliards en 2014, moins de 30 milliards en 2020.

La charge de la dette semble avoir tout de même atteint un point bas en 2020, à 29,7 milliards d'euros en comptabilité nationale et remonterait à 30,4 milliards en 2021, soit plus 700 millions d'euros.

La fin de la période de baisse de la charge de la dette publique française...

Cette timide hausse entre 2020 et 2021 s'expliquerait par un léger renchérissement de la charge de la dette de +500 millions d'euros pour l'État (de 25,9 milliards à 26,4 milliards d'euros) et de +200 millions s'agissant des autres secteurs publics : collectivités locales et sécurité sociale.

Ce paradoxe provient non seulement de la politique des taux bas, voire négatifs, de la Banque Centrale Européenne, mais aussi de l'effet induit par les primes nettes des décotes (sur souches anciennes ou nouvelles), compensé par l'augmentation de la charge sur les titres indexés et la reprise du cycle d'investissement local.
Entre 2020 et 2021, la charge de la dette de l'État augmenterait de 25,9 milliards à 26,4 milliards d'euros

La charge de la dette portée par les autres niveaux d'administrations publiques représenterait en comptabilité nationale 4 milliards d'euros. Les Organismes divers d'administration centrale (ODAC) porteraient alors une charge résiduelle (0,1 point de PIB) constante (après la sortie de la dette SNCF réseau pour -0,4 milliard en 2020), tandis que les administrations de sécurité sociale et les collectivités locales augmenteraient chacune de 100 millions d'euros environ (soit 2,5 milliards pour les administrations de sécurité sociale et 1,3 milliard pour les administrations locales). La première résulterait de l'augmentation de l'endettement de l'Acoss mais aussi du coût pour l'Unédic de l'indemnisation chômage (augmentation du taux de chômage et cofinancement du chômage partiel), tandis que pour les administrations locales, il s'agirait de la reprise du cycle d'investissement local.

Malgré des taux à 10 ans toujours en territoire négatif...

En ce moment, la France peut emprunter à 10 ans au taux négatif autour de -0,30%. En moyenne sur 2020 c'est -0,11%. On le voit bien, le poids de la charge de la dette publique est de plus en plus décorrélé du niveau d'endettement.

Le Trésor a estimé qu'une augmentation de 100 points de base (1% d'intérêt) sur l'ensemble des maturités de la dette aboutirait à renchérir son coût en comptabilité nationale de 2,5 milliards d'euros la première année, de 6 milliards la suivante et de 9,1 milliards la troisième.

Devons-nous rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, entre 2009 et 2017, la France empruntait en moyenne à 1,63% à 10 ans... ?
Nous arrivons à la fin d'un cycle, la charge de la dette ne baissera plus, malgré une petite marge de budgétisation. 2021 sera donc l'année de l'amorce de la hausse. Un signal faible à prendre au sérieux.

Commentaires

  • Par M. Venot • Posté le 29/10/2020 à 16:04 Une dette qui n'est pas utilisée pour des investissements mais par une mauvaise gestion du domaine public, un budget calculé à l'envers du bon sens populaire qui voudrait que les dépenses soient limitées au srict nécessaires afin de réduire les impôts à un niveau comparable à celui de nos voisins et compétiteurs commerciaux et non pas l'inverse. Une dette malsaine, même si elle ne coûte pas cher (pourvu que ça dure). Marcel venot

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