Tribune

Public-privé : laissons le vrai choix de l'école aux parents

Les résultats Pisa dégringolent enquête après enquête et plus de 80 % des élèves de France sont obligés d'aller dans le public, faute de places dans le privé sous contrat. Pourquoi une telle pénurie alors que les files d'attente s'allongent ? Parce qu'en France une règle non écrite fixe la répartition du financement de l'enseignement scolaire entre secteurs public et privé à 80 % pour le premier et 20 % au second. Alors que le public se dégrade d'année en année et que nombre de ministres et de hauts fonctionnaires scolarisent leurs enfants dans le privé sous contrat, il n'est jamais question, rue de Grenelle, de faire sauter cette règle idiote.

Cet tribune a été publiée dans le journal Les Echos le 10 septembre 2026.

Le privé sous contrat affiche en 6e de bien meilleurs résultats en lecture selon les propres chiffres du ministère de l'Education nationale (2022) : hors REP et REP +, dans le public en 6e, seulement 55 % des élèves arrivent à lire correctement un texte de 200 mots contre 66 % dans le privé sous contrat. Un chercheur de l'INED s'est intéressé à la progression des élèves du début à la fin du collège. A milieu social comparable, les élèves scolarisés dans un établissement privé sous contrat progressent plus que ceux du public.

Le choix des parents

Le privé sous contrat est meilleur pour leurs enfants et les parents le savent. 65 % des parents d'élèves interrogés considèrent que le privé offre un meilleur enseignement que le public (sondage Odoxa pour la Fondation IFRAP). S'ils disposaient des moyens nécessaires et d'une place disponible, 56 % des parents du public inscriraient un enfant dans le privé. Si tous les parents qui le souhaitent pouvaient scolariser leurs enfants dans le privé sous contrat, il n'y aurait non pas 17 % des élèves scolarisés, mais 50 %.

Ces 50 % d'élèves dans le privé sous contrat sont déjà atteints dans certains départements de France comme la Vendée ou le Morbihan où les parents ont la chance d'avoir une vraie liberté de choix entre public et privé. Mais ce n'est pas le cas, par exemple, de la Seine-Saint-Denis ou de la Seine-et-Marne où l'offre privée de classes est de seulement 8 %. Ou, pire encore, dans la Creuse où l'offre privée sous contrat est de 2 % !

L'ironie de cette histoire du 80-20 est que ce n'est pas du tout pour faire des économies que l'Etat étouffe le nombre de classes du privé. Car un élève du public coûte 50 % plus cher aux caisses publiques. Si on multipliait par trois le nombre d'élèves du privé sous contrat, on pourrait économiser 10 milliards d'euros par an, notamment en gelant les embauches de professeurs dans le public sur le prochain quinquennat. Cela serait facilité par le choc démographique à venir avec la baisse de 1,7 million d'élèves d'ici 2035.

Résultats Pisa

L'enquête Pisa le montre bien, un climat scolaire délétère s'est installé dans nos écoles. La moitié des élèves disent que le bruit et l'agitation perturbent les cours. La France se retrouve 73e sur 91 en la matière ! Une honte. Là aussi, les parents d'élèves ne s'y trompent pas : 80 % d'entre eux considèrent dans le sondage Odoxa que le privé sous contrat est meilleur pour faire respecter la discipline.

Alors que nombre de propositions arrivent de manière pernicieuse en ce moment pour fermer en priorité des classes du privé face à la baisse du nombre d'élèves ou pour réduire les financements publics de l'enseignement privé sous contrat, il est temps de se réveiller sur le sujet : l'avenir de nos enfants n'est plus dans les établissements publics de ce pays et il faut faire sauter cette règle stupide qui impose la pénurie de classes dans le privé alors que les parents supplient pour avoir des places. Ce n'est que comme cela qu'on redonnera de la liberté aux parents, un avenir à nos enfants et qu'on incitera l'école publique, par la concurrence, à devenir meilleure. Chiche pour 2027 ?