Agriculture et énergie

Fessenheim : le scandale de la fermeture

03 juillet 2020 • Philippe François

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Contrairement au pétrole et au gaz importés dont les cours ont varié de 25 à 140 en 5 ans, la fée électricité était jusqu’à présent produite en France, en quantité suffisante, en émettant très peu de CO2 (hydraulique, nucléaire), et à des coûts faibles et stables sur une longue durée. Depuis trois ans, son prix a fortement augmenté (en 2019,+3,9% pour les particuliers, +6,8% pour les entreprises) et le gouvernement vient de tirer le signal d’alarme « Électricité : une très grande vigilance pour éviter les coupures d’électricité en 2021, 2022 et 2023 ». Comment en est-on arrivé à ce risque de pénurie ?  

  • Le signal d’alerte répercuté par les medias : « Électricité : le gouvernement sur une ligne de crête » ;
  • La tentative du gouvernement de se rassurer : « En situation de normales saisonnières, où il n’y a pas d’excès de froid, la sécurité d’approvisionnement est assurée sans utiliser quelque autre levier que ce soit ; le parc suffira » ;
  • Et de nous rassurer : « La France fera face à une situation “inédite” en matière de production d’électricité au cours de l’hiver 2020-2021 mais ne subira pas de coupure involontaire et massive ».

Des affirmations inquiétantes, puisque tout ira bien s’il ne fait pas trop froid cet hiver, et les coupures ne seront que volontaires et pas massives. Deux décisions des gouvernements ont conduit à cette situation : parier sur une baisse de la consommation d’électricité et organiser une baisse de la production d’électricité. Un chemin qui aurait été faisable, si les deux évolutions avaient été parallèles.  

A titre de rappel, la production d’électricité à été assurée en 2019 par divers types de centrales, la production de celles en bleues étant largement modulables en fonction de la demande, la production de celles en vert étant dite fatale, ce qui n’est pas consommé immédiatement est perdu, parfois même vendu à perte :

Charbon

0,2 %

Fioul

0,2 %

Bio masse

1,6 %

Solaire

2,5 %

Gaz

7,0 %

Eolien

7,5 %

Hydraulique

11,0 %

Nucléaire

70,0 %

Source RTE panorama des énergies  renouvelables et Connaissances des énergies

Sous-estimation de la consommation d’électricité

Depuis 15 ans, la consommation d’électricité est restée stable. En 2019, elle est toujours de 473 TWh contrairement à l’objectif de baisse fixé par le gouvernement. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 2020) persiste avec des  objectifs 440 TWh en 2023 et 426 TWh en 2028. 

Source RTE bilan énergétique 2019

D’après l’engagement pris par la France à la COP21, la consommation d’électricité aurait dû baisser de 1% par an de 2012 à 2020. Cette baisse n’a été que de 0,15% par an. Malgré la faiblesse du taux de croissance du PIB prévue sur la pétriode (1,3%), les progrès techniques (ex. ampoules) et les politiques actives d’économies d’électricité (ex. isolation) compensent difficilement le développement de nouvelles applications (ex. data centers, trottinettes, vélos, motos et voitures électriques) et la satisfaction de besoins légitimes des ménages (ex. logements plus nombreux et plus grands)[1]. En 2020, la Programmation pluriannuelle de l’énergie assure que la consommation d’électricité baissera désormais de 1,8 % par an d’ici 2023, une baisse extrêmement rapide, jamais constatée hors crise économique. Sans doute consciente de l’irréalisme de cette prévision, une commission du Sénat propose de rationner l’usage d’Internet, et la Convention citoyenne d‘imposer 19° dans tous les logements, bureaux et commerces et de limiter l’usage de la climatisation. Des mesures toutes aussi peu crédibles.   

Un écart de 1 à 2 % entre les prévisions de consommation et la réalité conduit a des écarts considérables sur une période de 20 ans. Mesurée en nombre de centrales électriques de puissance moyenne (900 Mw) une erreur de 20% signifie qu’il manquera en 2040 l’équivalent de 14 réacteurs nucléaires, ou centrales à charbon ou à gaz équivalentes. La construction de ces équipements prenant des années, toute sous-estimation des besoins en électricité aura des conséquences catastrophiques. La France passerait d’une situation de pays exportateur d’électricité à une dépendance sur les pays voisins. Ces pays (Allemagne, Belgique, Suisse) ayant aussi fermé des centrales nucléaires et à charbon, soit fourniront de l’électricité à des prix très élevés soit ne seront pas en mesure d’en exporter. Consciente de ce problème, l’Allemagne a mis en production en juin 2020, pour son marché intérieur, une toute nouvelle centrale à charbon de 1.100 Mw, malgré les protestations des écologistes.

Variabilité des nouveaux moyens de production

Au-delà de l’équilibre entre les besoins des consommateurs et la quantité d’électricité produite, mesurée par mois, c’est l’équilibre instantané entre ces quantités qu’il faut assurer. Un équilibre rendu plus compliqué par la volatilité des productions éoliennes et solaires. Et  de plus en plus difficile avec l’augmentation de la part de ces énergies, et la baisse des productions pilotables à la demande (gaz, charbon, nucléaire). Comme le montre le diagramme ci-dessous, ces variations peuvent être fortes pour l’éolien, même en agglomérant de très nombreux pays :

Le tableau ci-dessous montre la rapidité d’évolution de la production solaire par quarts d’heure pour le photovoltaïque en Allemagne, semaine 2 de 2020, en cas d’éclaircies et passages nuageux, entrainant des sautes considérables de production à compenser par des mises en route/arrêt de moyens contrôlables.

Heure

Puissance
Gw effective

Variation
en Gw/h

11:15

5,803

1,472

11:30

8,007

8,816

11:45

8,419

1,648

12:00

6,596

-7,292

12:15

6,656

0,240

12:30

8,855

8,796

12:45

8,870

0,060

13:00

8,829

-0,164

13:15

8,597

-0,928

13:30

8,222

-1,500

13:45

5,679

-10,172

14:00

5,245

-1,736

En France les productions d’une journée d’hiver et une d’été illustrent les changements de contribution des différents producteurs, le nucléaire demeurant indispensable dans tous les cas.

France : vendredi 14 février 2020

France : vendredi 26 juin 2020

Source RTE : https://www.services-rte.com/fr/visualisez-les-donnees-publiees-par-rte/production-realisee-agregee-par-filiere.html

Arrêt des centrales à charbon

La fermeture des quatre dernières centrales à charbon françaises était annoncée pour 2022. Mais face aux menaces de pénurie, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon a annoncé que « La centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) continuera à fonctionner jusqu'en 2024 voire 2026. ». Avec sa capacité de 1.200 Mw, Cordemais est capable de produire, à la demande, la même quantité d’électricité qu’un des plus puissants réacteurs nucléaires actuellement en service en France. La nécessité de maintenir en fonction cette centrale à charbon montre à quel point la France s’est enfermée dans une situation risquée, au moins au cours des 4 à 6 prochaines années.   

Arrêt de Fessenheim 1 & 2

Le plan initial de Ségolène Royal était d’arrêter les deux réacteurs de Fessenheim une fois l’EPR de Flamanville en production. La décision de Nicolas Hulot d’arrêter Fessenheim quoiqu’il en coûte a été prise de façon spectaculaire, sans en étudier les conséquences. Outre les effets sociaux et économiques, elles portent directement sur la quantité d’électricité disponible, mais aussi sur son transport.

Chacun des deux réacteurs de Fessenheim pouvait produire 900 Mwh. Une production très rapidement modulable en fonction des besoins des consommateurs. Au total, il faudra maintenir en production la centrale à charbon de Cordemais encore 4 à 6 ans (au moins) parce  que Fessenheim a été fermée.   

Pour évacuer la production considérable de l’EPR (1.600 Mw), des lignes très haute tension ont été construites, et le réseau électrique national a été modifié pour assurer son équilibre. Il n’avait pas été planifié pour des flux d’électricité sans Fessenheim ni l’EPR de Flamanville. C’est ce que veut dire la déclaration de François Brottes, directeur de Réseau de transport de l’électricité.  

  • « Plan de l’exécutif pour un hiver sans coupure d’électricité » ;
  •  « Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et François Brottes, président du directoire de RTE (Réseau de transport d'électricité), feront un point sur la situation et présenteront les mesures pour assurer l'équilibre du système électrique pendant l’hiver 2020-2021. »

Risques de consommation et de production

Les conséquences des périodes de froid intense l’hiver, et de haute pression en hiver et en été (anticyclone avec absence de vent) sont connues, mais les risques qu’elles entrainent sur la production et la consommation sont sévères. En France, la part des énergies renouvelables impactées par ces phénomènes climatiques (solaire, éolien) est de 10%, un niveau déjà significatif qui peut entrainer des risques pendant les périodes de très forte consommation et de très faible production. Concrètement, le système électrique doit être dimensionné de façon à résister aux pointes de consommation sans compter sur ces 10 % de production renouvelable moyenne. Les centrales hydrauliques, nucléaires, biomasse, gaz, et charbon doivent à elles seules assurer la production nécessaire aux heures de pointe, les capacités des centrales hydrauliques étant variables selon les années et les saisons. En général, ces conditions climatiques extrêmes sont identiques dans les pays voisins, limitant les possibilités d’importation.

Sur les grands chantiers, d’autres risques sont réels, et les années de retard de mise en production de l’EPR de Flamanville et des centrales d’éoliennes marines ont perturbé les plans du système électrique aux niveaux de la quantité de production et de l’équilibre du réseau. Le risque Covid-19 est plus atypique mais ses conséquences sont les mêmes. En perturbant les travaux d’entretien et de rénovation des centrales électriques, la crise a décalé les remises en route de plusieurs centrales, repoussées de l’automne 2020 au printemps 2021. Au lieu de se produire en été comme prévu, la baisse de capacité de production tombe pendant les pics de consommation de novembre à février. EDF a annoncé que sa production serait ne forte baisse sur au moins trois ans :

Production « normale »

375 à 390 Twh

Production prévue 2020

300 Twh

Production prévue 2021 et 2022

330 à 360 Twh

 

Ces différents risques confirment que pour un système aussi vital que l’électrique, il faut conserver des marges de manœuvre importantes face aux risques connus et inconnus.

Le « modèle » allemand

De par son relief, l’Allemagne dispose de moins d’électricité hydraulique que la France. Mais ayant développé plus de production éolienne et solaire, elle constitue un cas d’école pour évaluer l’impact d’un pourcentage plus élevé de production intermittente d’électricité. Son parc de centrales à charbon et à lignite joue un rôle de production important, modulable et à bas coût, similaire à  celui du parc nucléaire français. 

La priorité est donnée aux renouvelables au prétexte que leur coût de production marginal est nul, même si leur coût global est élevé. Une situation qui rend intenable la rentabilité des sources de production de fond pourtant indispensables. Dans le schéma ci-dessous, on voit à quel point la production de l’éolien et du solaire peut être faible sur les 4 premiers jours, nécessitant soit un surdimensionnement des moyens de production de fond soit des risques de pénurie ou de black-out. 

Conclusion

La précipitation de la France à vouloir réduire ses émissions de CO₂ alors qu’elle est déjà parmi les pays industriels les moins émetteurs, est à la fois ruineuse et contre-productive. Ruineuse par les milliards d'euros par an prélevés sur les consommateurs d’électricité, versés en soutien aux filières solaires et éoliennes dont les coûts actuels de prodution vont de trois fois (éolien terrestre) à quatre fois (éolien marin en début de construction), à dix fois (photovoltaïque historique), supérieurs aux prix du marché du MWh, et pour des productions intermittentes..Et la fermeture prématurée des deux réacteurs de Fessenheim coûtera au moins 400 millions d’euros aux contribuables, en compensation des pertes de production. Mais au-delà de ces seules factures, la politique suivie est contre-productive, faisant courir une série de risques auxquels la France s’est volontairement exposée :   

  • Le risque de désindustrialisation du territoire de Fessenheim ;

Avant la Covid-19, des dizaines d’autres sites avaient des besoins urgents de ré-industrialisation, après ce sont des centaines.

  • Le risque de pénurie d’électricité et de black-out ;

Notamment de 2021 à 2024 ou 2026 d’après les déclarations du gouvernement.

  • Le risque d’augmentation supplémentaire du prix de l’électricité en cas de pénurie ;

En plus du surcoût des énergies éoliennes et solaires, celui lié à la pénurie.

  • Le risque de devoir importer d’Allemagne de l’électricité produite par des centrales à charbon ou lignite, émettrices de CO₂ 

Après l’exigence de prévoyance qui est apparue dans le domaine de la santé, l’exigence de  minimisation des risques est impérative aussi dans le secteur domaine de l’électricité. Que va-t-il se passer si la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 2020) devait être appliquée, avec la fermeture non plus de 2 mais de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035 ? Après la pénurie de masques, la pénurie de kWh ?


Note : les diagrammes « Puissance totale injectée dans le réseau européen », « Electricity production in Germany » et le tableau  « En cas d’éclaircies et de passages nuageux » sont extraits du rapport de François Poizat pour Sauvons le climat :  https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/etudes/Etude_P...


[1] Plans réalisés avant la crise du Covid-19 qui pourrait à très court terme valider les données de la PPE, mais pas à moyen et long termes.

Commentaires

  • Par Jean-Pierre Bardinet • Posté le 18/07/2020 à 11:39 Derrière les propositions générales de cette convention se cachent de nombreuses mesures idéologiques, liberticides et autoritaires : contraindre, obliger, interdire, limiter, taxer tous azimuts, sans aucune analyse sur les conséquences sociales, économiques et financières. Il ne faut pas s’en étonner, car le comité de gouvernance est composé pour l’essentiel d’écologistes marxistes décroissantistes et il a commencé par conditionner les 150 personnes sélectionnées. Cette convention était censée travailler sur le climat et l’énergie, mais elle n’a pas traité ces deux points. Ce qui se comprend car, sournoisement, Mme Borne a signé le décret sur la PPE, sans se préoccuper des travaux des 150.
    • Par p.francois • Posté le 18/07/2020 à 13:39 Pour s'informer, je suggère de regarder cette vidéo et d'autres du "garant" de la convention. Moi je croyais que "garant' cela voulait dire une personnalité indépendante, non partisane sur le débat en cause. https://www.youtube.com/watch?v=fv5b0bD-9iU
  • Par Roland Weck • Posté le 09/07/2020 à 07:03 Monsieur HULOT ( je ne parle pas des " Extrêmes-Verts " ) est individuellement sympathique sur un plateau de télévision, mais par ses décisions ( avec la complicité active de ses alliés objectifs, comme Laurence Taubiana - ancienne du cabinet de Jospin- ) aux conséquences collectives suicidaires si n'est pas respectée la double contrainte de l'électricité : prix fixé à 46 €/MWh, et surtout équilibrer aux heures de pointe offre/demande pour éviter l'effondrement du système de transport. Les ingénieurs ne sont plus écoutés depuis beaucoup d'années.
  • Par p.francois • Posté le 06/07/2020 à 14:14 De nombreuses personnes nous interrogent sur le véritable coût des nouvelles énergies renouvelables. L’ADEME (ministère de l’énergie et de l’écologie) a publié un très complet rapport sur ce sujet. https://www.connaissancedesenergies.org/sites/default/files/pdf-pt-vue/couts-energies-renouvelables-et-recuperation-donnees-2019-010895.pdf L’ADEME est très favorable aux énergies renouvelables, mais leurs données peuvent servir de base de travail utile avec des chiffres sur la France et sur plusieurs pays étrangers, et des données passées et présentes (nouvelles installations), et des projections jusqu'en 2050. Ce rapport confirme que, sans même appliquer de coefficients de pénalité pour intermittence, les coûts de production de toutes ces centrales (solaire, éolienne..) actuellement en service sont très supérieurs au prix du marché de 40 €/MWh environ, et le seront pendant les 10 à 25 ans des contrats qui restent à courir. A titre d’exemple, les centrales éoliennes marines dont la construction ne fait que commencer produiront à 140-160 euros/MWh jusqu'en 2045 au moins. Les coûts vont heureusement continuer à baisser, mais les projections à 30 ans doivent être prises avec prudences. Les éoliennes terrestres par exemple comportent des coûts fixes et classiques importants : études préalables, terrain, béton, acier, générateur, raccordement, attitude des populations. Philippe François Fondation iFRAP
  • Par Pedro86 • Posté le 05/07/2020 à 15:58 Il faut réindustrialiser la région de Fessenheim. C'est très possible il faut créer des usines fabriquant des dynamos à pédales pour les vendre aux écolos et leur supprimer l'accès au réseau électrique national. Pédaler est très bon pour la santé. Les gouvernants n'abordent jamais le sujet de la consommation gas-oil et essence destinée à diminuer. Aussi le produit des taxes sur les carburants diminuera aussi, alors il faudra s'attendre à de nouvelles taxes sur l'électricité. Le génie fiscal des dirigeants français est sans limites!
    • Par p.francois • Posté le 05/07/2020 à 17:01 Bonne suggestion ! Quand de vrais problèmes se posent comme la fermeture de l'usine Smart avec 1600 salariés, il est quand même extraordinaire de s'en créer volontairement en fermant Fessenheim? De même au moment où Airbus est dans la tourmente; est-il très avisé d'interdire à toutes les compagnies de desservir certaines lignes intérieures ?
  • Par Michel HULLIN • Posté le 03/07/2020 à 20:55 Pour moi HULOT qui a fait entériner l'arrêt de fessenheim est à l'écologie ce que l'islamisme est à la religion musulmane.Il s'agit d'une décision prise au nom d'une idéologie qui ne repose sur rien de raisonné et scientifique. Car le nucléaire est actuellement la source d'énergie la plus sure, la moins chère et la moins polluante. Beaucoup de soit disant spécialistes cherchent à faire peur surtout depuis la catastrophe de Fukushima dont l'origine n'est pas le nucléaire mais la tsunami qui a emporté la centrale. Il y a eu une erreur de conception car cette centrale aurait dû être construite seulement 10 mètres plus haut et il n'y aurait pas eu de catastrophe. Personne n'a relevé cette erreur car il fallait faire peur et satisfaire les anti nucléaire.
  • Par Jean-Pierre LAC • Posté le 03/07/2020 à 18:46 En outre,suite à la mauvaise décision de ne pas poursuivre ASTRID,nous sommes mal,très mal. La France,leader dans le nucléaire,va se trouver à l'avenir en 6ème position derrière la Chine,l'Inde,le Japon,la Russie et les Etats Unis qui,eux,non seulement continuent les recherches sur les centrales nucléaires du futur,mais les construisent et voire les exploitent déjà. Pauvre de nous!
  • Par Jean Pierre LUCAS • Posté le 03/07/2020 à 14:04 bonjour Pauvre de moi !! Si vous saviez tous les inepties pseudo écolo pour ne pas dire marxisme vert, que j ai pu entendre dans ma carrière de technicien principal dans la recherche nucléaire, depuis Tchernobyl?? Si nous avions confié les manettes du nucléaire a ces barnafleurs nous aurions eu 3 iou 4 incidents majeurs ..du dmais de quo
  • Par Bernard PONTET • Posté le 03/07/2020 à 11:24 Pour une fois ça aurait eu du sens qu'Hidalgo éteigne sa Tour Eiffel! Je partage à 100% votre analyse. Comment se fait-il que ces écologistes qui surfent sur des peurs qu'ils créent et qui entretiennent des mensonges etc. se voient dérouler le tapis rouge partout, personne n'ose les contredire, ils sont interviewés avec bienveillance sur tous les plateaux, bref ils font partie de ce politiquement correct dont l'Occident va crever. Le truc des médias pour biaiser l'opinion sans en avoir l'air, c'est de qualifier certains de "personnalités controversées", comme s'il était objectif que certains soient "consensuels" et d'autres "controversés".Mais cela décrété par qui? Ceux qui ne sont pas "controversés" font-ils l'unanimité? Pourquoi Le Pen est-elle "controversée" et pas Macron alors que leurs sondages sont identiques (sans que je veuille faire passer une opinion à ce sujet, c'est juste pour prendre l'exemple le plus frappant) Pour moi, Hulot, Jadot et toute la bande sont on ne peut plus "controversés"! Leurs mensonges sur le diesel préparent des catastrophes économiques et industrielles. Dans notre société il suffit de faire peur pour obtenir crédits, brevet de moralité et finalement suffrages et pouvoir. Les écologistes l'ont bien compris!
  • Par Pierre Foussier • Posté le 03/07/2020 à 10:50 Tout ça pour garder le pouvoir grâce aux pseudo écologistes ! Quel pays !
    • Par p.francois • Posté le 03/07/2020 à 11:53 Pensez-vous que Madame Merkel aurait pu avoir la même idée quand elle a décidé en une nuit d'abandonner le nucléaire ?
  • Par Xav1967 • Posté le 03/07/2020 à 10:18 Tous les problèmes que vous avez soulevés dans votre article sont faciles à comprendre et sont l'évidence même. Pourquoi n'y a-t-il pas plus d'articles sur ce sujet extrêmement grave qui à l'évidence, va nous tomber dessus avant longtemps: les journalistes sont donc si bêtes pour n'en rien comprendre, ou à la botte des écolos ? Autre point que vous n'avez pas soulevé : la marche forcenée vers la voiture électrique. Si toutes les voitures étaient électriques, il y aurait un appel d'électricité entre 18 et 22 heures qui ferait exploser le réseau. Il doit être facile de calculer le supplément d'électricité nécessaire : quelle est l'énergir consommée par toutes les voitures thermiques aujourd'hui en 24 heures, en prendre 25 % (rendement moteur thermique = 30% mais rendement du moteur électrique pas 100% mais entre 85 à 90%). Cette énergie (en kWh) sera celle appelée en supplément de l'actuelle entre 18 et 22 h si toutes les voitures étaient électriques - bonjour les dégâts. Autre point non exploré : les éoliennes fonctionnent grâce au vent qui est ni plus ni moins que l'énergie naturelle créée par les différences de températures en 2 points différents de la terre. Cette différence d'énergie entre ces 2 points met en mouvement une masse d'air (dont la masse est environ de 1,29 kg/m3). Si le front du déplacement de la masse d'air est de 50 km et la distance entre les points de 300 km, il est facile de calculer l'énergie mise en jeu dans ce déplacement, en estimant au passage la vitesse résiduelle de la masse d'air. Mais là n'est pas le problème : si, sur le trajet de déplacement de la masse d'air on installe beaucoup d'éoliennes, elles vont "absorber" l'énergie de cette masse et de ce fait freiner la vitesse ou même stopper la masse d'air - et les nuages qui vont avec. La conséquence est écologique : masse d'air qui se déplace moins vite ou moins loin égale changements climatiques --> où est la protection des effets naturels des écologiques dans tout cela ? Pour être plus précis, un calcul facile peut être effectué : calculer l'énergie "éolien" que l'on consommera si on fournit 50% en éolien de l'énergie totale consommée en France. Cette valeur est à multiplier par 2 à 3 (le rendement "mécanique + électrique" est de l'ordre de 70% mais la conversion "air - entrainement de l'hélice" des éoliennes est de l'ordre de 30%) - d'où le facteur multiplicateur. Cela veut donc dire que "l'énergie du vent" consommée par l'éolienne est 3 fois plus grande que l'énergie qu'elle fournit au réseau électrique - et encore dans les périodes où l'éolienne fonctionne, c'est à 28% en moyenne). Donc si nous voulons remplacer 50% de l'énergie consommée en France "en éolien" il faut multiplier par 3 cette énergie, d'où le nombre d'éoliennes nécessaires. Ce qui sera énorme, et il faudrait en plus considérer que les éoliennes ne fonctionnent que 28% du temps, d'où un coefficient pénalisant supplémentaire. En conséquence la quantité d'énergie détournée de sa fonction "déplacement des nuages" (nuages se déplaçant plus lentement ou pas du tout) et la conséquence sur le climat (moins de pluie puisque moins de nuages). Si vous le désirez et si ces aspects soulevés ici vous intéressent, vous pouvez me contacter à mon email. Bonne journée. S. Callait
  • Par phi • Posté le 03/07/2020 à 08:44 ecologie egale sottise ideologique et rigidité? nous allons payer tres cher leur incapacité à refléchir aux,consequences désastreuses .
  • Par Pellen • Posté le 03/07/2020 à 08:18 Comme après la forfaiture de Superphénix, en 1997, le concert donné par les tartufes, les faux-culs et les collabos indifférents, passifs ou apostats bat son plein. Parmi les artistes y rivalisant de déplorations, de lamentations et d’incantations publiques, le contingent des gens de presse, assimilés et communicants réguliers d’intérêts divers agréés est impressionnant. Pendant qu’il en était encore temps, que toutes ces bonnes âmes ne se sont-elles pas faites un devoir de donner l’écho qui s’imposait aux tentatives de prévention du désastre et, surtout, à celles de la mobilisation d’acteurs pour le moins complaisants dont cette prévention est pourtant la vocation, voire le métier ! Parmi ces tentatives désespérées, soigneusement maintenus inaudibles par la trahison des clercs et par le consensus millénariste des temps modernes, qui, en 2014-2015, a-t-on entendu s’indigner de l’inique irrecevabilité opposée par le ministère Royal (MEDDE) à plusieurs recours en Conseil d’État contre la nomination du premier fossoyeur de Fessenheim ? Aujourd’hui même, qui fait la publicité du recours contre la PPE, devant la justice européenne, introduit par l’AEPN (Association des Écologistes pour le Nucléaire), la FED (Fédération de l’Environnement Durable) et autre VDC (Vent De Colère) ? Qui entend-on alarmer comme il se doit le peuple français contre la dramatique punition socioéconomique que promet de lui infliger le plan de sabotage d’une industrie française de premier plan, ourdi par une phalange écolo rose rouge tirant les ficelles du pouvoir depuis 24 ans ? Sans le moindre état d’âme, l’actuel locataire de l’Élysée dont l’inconscience, l’incompétence ou le calcul électoral font froid dans le dos promet de consommer ce plan ruineux suivant deux axes : le sabordage d’une quinzaine de réacteurs, sous 10 ans ; l’adoption institutionnelle à la Poutine des « propositions » de ladite phalange déguisée en Convention Climat. Une fois encore, les Français pourraient bien avoir le juin 40 qu’ils ont largement mérités. André Pellen
  • Par Rouletabille • Posté le 03/07/2020 à 07:49 L'objectif de ceux qui se disent écologistes est une prise de pouvoir par la contrainte et la suppression de la plupart des libertés individuelles. La protection de l'environnement n'est qu'un prétexte, la fermeture du nucléaire en est une des preuves les plus évidentes. Dans la pire hypothèse d'une catastrophe nucléaire à Fessenheim, le nombre de victimes resterait plusieurs ordres de grandeur inférieur aux victimes de la pollution créée par a surdiésélisation délibérée du parc automobile français engendrée par les bonus écologiques insensés accordés au diesel pendant quinze ans. Mais on a besoin que la voiture pollue pour pouvoir restreindre la liberté de circuler. Les maires écologistes ne se vantent pas de baisser de la pollution, que d'augmenter le nombre des vélos ! Pourtant "une jeunesse saine et sportive" était un slogan politique d'une période peu reluisante de notre histoire. Réduire la production d'électricité en France est criminel -je pèse mes mots- parce que l'on sait que l'électricité est l'énergie la moins dangereuse pour la planète. Mais on doit réduire notre production d'électricité, non polluante, pour pouvoir culpabiliser les populations en leur disant que l'énergie (en général), ça pollue et pour faire régresser la civilisation. Savez-vous qu'un même logement sera classé "E" pour la performance thermique s'il est chauffé à l'électricité et "B" s'il l'est au gaz. "E" s'il ne provoque pas d'effet de serre et "B" s'il en provoque ? On ne sait pas ce que protège ainsi le ministère de l'environnement, mais ce n'est certainement pas la planète. Asservir et tuer est le programme des planétolâtres. Tuer, au vrai sens du terme : ils favorisent le carburant au bioéthanol E5-E10. Ils transforment des terres agricoles en champs de pétrole : quand 800 millions d'être humains ne mangent pas à leur faim, au lieu de nourrir l'humanité, nos terres font de l'essence. Chaque fois que vous consommez cent litres de carburant "E10", vous consommez dix litres d'éthanol et il aura fallu cinquante kilos de céréales pour le produire, cinquante kilos qui ne sont plus sur le marché mondial des denrées alimentaires. Cent litres d'essence E10, c'est un enfant qui meurt dans le Sahel. L'arrêt du nucléaire n'est qu'une étape dans la régression programmée de la civilisation. Avant l'ère industrielle, l'espérance de vie à la naissance était la moitié de l'actuelle... Cette ère industrielle a coûté cher à notre environnement et il faut faire la toilette de la planète. Mais la faire en culpabilisant les populations, en les asservissant et en les tuant, ce n'est pas acceptable.
  • Par Titania • Posté le 02/07/2020 à 21:33 Citant votre article… "…l’Allemagne a mis en production en juin 2020, … une toute nouvelle centrale à charbon de 1.100 Mw, malgré les protestations des écologistes" Et ce sont des écologistes français qui, par idéologie, ont insisté sur la fermeture de Fessenheim malgré le fait qu'il en résulte que "La centrale à charbon de Cordemais continuera à fonctionner jusqu'en 2024 voire 2026." Il est temps que les écologistes se rendent compte que la nucléaire est écologique. On commence à comprendre que dans la nouvelle ère, il va falloir réparer plutôt que de remplacer; qu'il ne faudra pas jeter juste pour se doter du dernier modèle sorti. On demande aux producteurs de maintenir la disponibilité des pièces détachées plus longtemps. Tout ceci est musique aux oreilles des écologistes. Alors, qu'ils suivent la logique ! La fermeture d'un central en état de fonctionnement est un gaspillage des ressources de la planète.
  • Par polytelecaphornier • Posté le 02/07/2020 à 21:09 Il n'est de pire chose que de vouloir contraindre le réel à se conformer à nos idées: il poursuit son cap,selon les courants de l'espace, indifférent à nos rêves...
  • Par pierre jean west • Posté le 02/07/2020 à 21:05 Pour qui et pour quoi cet article est il bon? vous faites l'apologie du nucléaire alors que nous ne sommes toujours pas capable de neutraliser des déchets qui polluerons plusieurs milliers d*années, ou jusqu'à ce que vos générations futures trouvent une solution. Dans le prix de l'électricité le coût du stockage des déchets, du démentelement des centrales n'est pas pris en compte. Si demain chaque maison individuelle construite avait l'obligation d'être autonome en èlectricité via le solaire et d'avoir une citerne qui récupère l'eau de pluie pour alimenter les wc et arroser le jardins nous aurions déjà moins de problèmes futurs. Mais nous vivons dans une société de consomation et il faut vendre le courant au foyers pour faire des bénéfices, Combien va coûter Flamanville ètes vous sûr que cette centrale, dont le prix de construction augmente de facon nucléaire, fonctionnera un jour et pourra être amortie, Si on investissait la même somme pour financer x% du solaire ans chaque maison construite, fini le problème des déchets radioactifs et surtout puisque chaque maison stocke alors environ 3 jours d'énergie, plus de pics de consommation puisque ces gens là ne dépendent plus du réseau, En cas de catastrophe climatique ou le réseau est détruit il y aura toujours des maisons qui fonctionnent puisque autonomes. De Gaulle était fan du nucléaire mais bien seul si l'òn constate combiens de pays sont près aujourd'hui à acheter une centrale et combiens ont cherchés à maitriser cette technique.
  • Par breizh • Posté le 02/07/2020 à 20:52 @ Léonore, Fessenheim est une des plus sûres (modernisée très régulièrement) : elle peut ainsi durer 20 voire 40 ans de plus. L'usure des cuves des réacteurs est la seule limitation et elle est contrôlée régulièrement, l'autorité de sûreté nucléaire surveillant cela de très près et étant particulièrement contraignante. Désormais, la centrale est toujours présente (pour des décennies), mais ne produit plus : un vrai gâchis beaucoup plus cher que 400 M€, comme nos politiciens incultes savent en produire, mais sans en payer le prix. les "renouvelables" ne le sont que de nom, comme toute escroquerie, mais qui profite aux copains des écolos. les turbines à gaz ont un coût de possession qui n'est pas compensé par leur faible taux d'exploitation et elles consomment des énergies fossiles. Bref, soit des black-out dont les conséquences peuvent être catastrophiques, soit/et des coûts de l'électricité qui s'envolent. Sans compter la promotion des véhicules électriques et des pompes à chaleur. Notre niveau de vie va baisser, car directement corrélé à de l'énergie abondante et bon marché.
  • Par sweet32 • Posté le 02/07/2020 à 20:19 Je lis ce jour, 2 juillet 2020 l'article intitulé "Fessenheim: le scandale de la fermeture". L'article est daté du 7 juillet 2020. A partir de cette constatation, je mets en doute tous les chiffres de cet article.
    • Par p.francois • Posté le 02/07/2020 à 21:40 Merci pour votre vigilance.
  • Par Collin • Posté le 02/07/2020 à 19:56 La France consomme 80 millions de tonnes d'hydrocarbures par an; Le robinet va se fermer doucement ,c'est une certitude . Notre niveau de vie est correllé à la consommation d'énergie .. Si on ne fait rien,c'est la plongée dans la misère générale . Seul l'hydrogène peut nous sauver. Avec H2 on sait tout faire mème du kérosène pour les avions . Il faut en fabriquer massivement avec de l'électricité en cassant la molécule d'eau . On sait faire . Seule solution le nucléaire; Les écologistes sont contre par dogmatisme . Ce seront les fossoyeurs de notre civilisation .
  • Par PrinzDan1 • Posté le 02/07/2020 à 19:45 Bravo pour la démonstration.Totalement d'accord avec vous mais j'ai déjà publié des articles et commentaires sur Facebook (Daniel Prins) sur la politique ERRATIQUE concernant l'énergie et démontré des absurdités dont le besoin de plus de 700 000 éoliennes pour remplacer les 58 réacteurs nuclèaires, etc.. etc.. Mais j'ai l'avantage de formations et d'expériences très polyvalentes (ingenierie+droit++) également de l'animation très active et concrète d'une commission nationale d'environnement mais il y a longtemps avant les dérives et divagations. Un admirateur.
  • Par Olivier • Posté le 02/07/2020 à 19:00 Je suis d'accord avec votre article du 2 Juillet 2020, cet arrêt est consternant. Pour longtemps encore, en France seule l'énergie nucléaire est compatible avec les règles pour les émissions de CO2 et les discours sur l'écologie. Les énergies "nouvelles" dites renouvelables sont une blague horriblement couteuse et peu compatible avec le réseauEDF.
  • Par leonore • Posté le 30/06/2020 à 13:20 Comme d’habitude votre l’analyse est bien faite et fourni Fessenheim est un symbole et donc il fallait la fermer Pour ce qui de sa fermeture (technique) il fallait la fermer car le coût d'exploitation et de rénovation après 40 ans d'exploitation était important sans aucune certitude en matière de fiabilité et de sécurité. Tout ce que vous écrivez sur le problème d’équilibre de la prod et vrais Mais il existe un moyen plus simple d’éviter les ruptures ce sont les turbines à gaz compactes et très réactive évidement il y a une contrainte d’appro et de mis en œuvre On ne peut pas tout avoir mais avec de l’info et de la rationalité en « oubliant les pression politique on peut nettement améliorer le système Mais faut pas rêver
    • Par p.francois • Posté le 30/06/2020 à 14:36 Les réacteurs de type Fessenheim ont été construits d'après les plans et licence Westinghouse. Aux Etats-Unis ces réacteurs ont reçu l'autorisation de l'organisme de sécurité de fonctionner 60 ans. Pendant la construction et depuis 40 ans, EDF avait encore renforcé les règles de sécurité. L'organisme de contrôle français, très sourcilleux heureusement, n'a pas demandé l'arrêt de Fessenheim.

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