Retraite

Retraites par points : largement répandu… sauf dans le public

18 décembre 2019 • Sandrine GorreriPhilippe François

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Un récent article du quotidien Le Monde rappelait les critiques nombreuses que l'on retrouve dans les cortèges contre le système de retraite par points. En résumé, le système par points est accusé de garantir à coup sûr un recul de l’âge de départ en retraite, et une baisse du niveau des pensions, d'introduire en douce un système par capitalisation, de ne pas être solidaire…

Les retraites par points : un système largement répandu… sauf dans le public

Ces quelques exemples pourraient faire croire que le système par points est quelque chose de complètement inconnu en France. C'est pourtant tout le contraire : ainsi les retraites complémentaires des salariés du privé fonctionnent en points (Arrco-Agirc), les fonctionnaires contractuels et les élus locaux sont également en points pour leur retraite complémentaire (Ircantec), les professions artisanales et commerciales et professions libérales non réglementées affiliées à la SSI (ex-RSI) pour leur régime complémentaire, le CNBF (avocats) pour son régime complémentaire, les non-salariés agricoles (MSA complémentaire)... La CNAVPL (professions libérales) est le seul régime de base qui fonctionne par points.

Note d’information sur les deux principaux régimes de retraite par points existant en France

Caractéristiques

ARRCO-AGIRC

et IRCANTEC  

Des régimes significatifs

20,9 millions d’actifs
14,5 millions de retraités

Par répartition

Oui

Création paritaire par les syndicats

Oui

Gestion paritaire par les syndicats

Oui

Gestion équilibrée

Oui

Part dans la retraite individuelle totale

De 25 à 75%

Montant et part dans le budget total retraites

81 Mds €   - 27 %

Mécanismes de solidarité

Oui

Prise en compte de la carrière entière

Oui

Âge pivot

Oui

La technique des points est donc largement répandue en France puisqu'elle concerne 24 millions de cotisants et 17 millions de retraités1 mais elle a effectivement pour caractéristique d'être pas ou peu développée dans les principaux régimes spéciaux publics. C'est d'ailleurs majoritairement des représentants des entreprises publiques et de la fonction publique que l'on entend dans les manifestations dire tout le mal qu'ils pensent des systèmes par points.

Et pour cause, les retraites des salariés du public (fonctionnaires et entreprises publiques) sont des régimes intégrés (ils correspondent à la fois à un régime de base et à un régime complémentaire) qui fonctionnent à prestations définies : l'employeur prend un engagement sur le niveau de leur future pension soit 75% du salaire des 6 derniers mois. Même si la garantie de prestation est très relative comme l’ont montré la désindexation des retraites ou l’allongement de la durée de cotisation. 

Certes la CNAV vend elle aussi "la promesse" d'une retraite établie à 50% du salaire des 25 meilleures années mais on sait que cette promesse s'est beaucoup émoussée avec le temps : passage des 10 dernières aux 25 meilleures années, et encore 50% du plafond de la Sécu, dont les droits ne sont plus revalorisés comme les salaires mais comme l'inflation, etc. Et cette promesse est elle-même soumise à une deuxième condition : avoir validé une durée d'assurance pour s'assurer le taux plein. Exit donc la promesse des 50%, on en est loin !

Les retraites par points, c’est le travail infini ?

Les retraites par points ne sont pas non plus des retraites en comptes notionnels suédois. Ces derniers fonctionnent comme un compte virtuel de cotisations, compte qui est transformé au moment de la retraite selon un coefficient de conversion qui dépend de l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient l’assuré. Dans les comptes notionnels, l’allongement de l’espérance de vie se répercute sur chaque génération concernée et ajuste l'âge de la retraite automatiquement. Cette condition permet d’équilibrer le système à la différence des régimes par points, où il est prévu un pilotage par des instances de gouvernance qui se réunissent régulièrement pour faire le point sur l'équilibre du régime et fixer les paramètres à moyen terme. 

Effectivement les régimes en points fonctionnent avec un âge pivot qui équilibre ressources et pensions à servir. Autour de cet âge pivot des abattements ou majorations peuvent être appliqués (voir notamment la mise en applicaton de l'accord de 2015 pour les retraites Arrco-Agirc avec un malus de 10% sur 3 ans pour un départ avant 63 ans). Mais le même concept a été introduit dans les régimes en annuités avec l'âge du taux plein, ce n'est donc pas une injustice propre aux régimes par points.

Les points seraient aussi une meilleure façon d'aborder un sujet qui devient majeur aujourd'hui : la transition emploi-retraite. Les cotisants pourraient procéder à une liquidation partielle de leurs points par exemple avant l’âge pivot. Ou encore, continuer à acquérir des droits à la retraite, dans le cadre du cumul emploi retraite, mais en changeant la valeur d’achat du point pour les retraités, plutôt que de les faire cotiser pour rien comme c’est le cas aujourd’hui2.

Les 75% dans la fonction publique comme les 50% dans le privé visaient à avantager les carrières linéaires proches de celles de la fonction publique mais ces carrières ne sont plus la norme aujourd'hui. Le système par points est plus adapté à la mobilité professionnelle plus fréquente aujourd'hui, car les points sont "portatifs". Une innovation intéressante dans la mesure où un tiers des retraités sont des polypensionnés. L'Insee vient aussi de rappeler qu'en France, fin 2016, 23% des non-salariés ont aussi une activité salariée ou en ont exercé une au cours de l’année3. La pluriactivité est donc particulièrement répandue.

Les points permettent également des dispositifs de solidarité en distribuant par exemple des points gratuits pour les périodes de chômage, maternité, maladie. Ils permettent également de gérer les droits issus de la réversion en partageant les points par exemple au pro rata de la vie commune, ou bien encore en octroyant une fraction des points au moment du décès. On retrouve les points aussi dans le compte pénibilité (le C2P) qui sont attribués en fonction de l'exposition aux risques.

C’est une façon de faire baisser les retraites !

Leur principale critique ? La valeur des points n'est pas gravée dans le marbre même si le Premier ministre s'est engagé à garantir la valeur des points acquis par une règle d'or. Cette critique est justifiée, mais peu réaliste. En cas de crise économique ou démographique sérieuse, les retraites devront naturellement participer à l’effort national et accepter une baisse des pensions. C’est exactement ce que tous les gouvernements ont fait depuis 30 ans, de façons différentes mais impactant tous les régimes, en annuités comme en points : changement de mode d’indexation ou même désindexation… Qui peut penser qu’en cas crise, les retraités pourraient se désolidariser de leurs concitoyens ?   

La critique concernant la mainmise de l’État sur leur gestion n’est pas plus réaliste. Elle est inévitable en dernier ressort : au moment du passage à 60 ans, les retraites complémentaires ont été contraintes de s’incliner devant la loi, même si certains partenaires sociaux étaient persuadés qu’il s’agissait d’un énorme contre-sens, vu les perspectives démographiques (rapport Rocard).    

Aujourd’hui encore, les dispositifs de type carrières longues ou les rachats de trimestres, conçus et tarifés par le seul régime de base, fragilisent l’équilibre dans les régimes complémentaires.

En ce qui concerne le niveau des retraites, le point critique est le maintien à 14% du PIB des ressources consacrées aux retraites. La façon dont elles seront ensuite réparties peut avantager ou désavantager certains à la marge, mais n’a aucune raison d’entrainer une baisse généralisée des retraites. Au contraire, les milliards d’économies de gestion qu’entrainera à terme le passage de 42 à 1 régimes devraient permettre de réduire les pertes dans les différentes tuyauteries. 

Conclusion

Une très grande majorité de Français (90%) ont une partie de leur retraite dans un système par points qu’ils comprennent bien, et qui ne leur a jamais posé de problème. Le débat ne doit donc pas porter sur son principe, mais se concentrer sur les façons de faire converger les régimes du public qui, pour l’instant encore, n’évoluent pas selon ce modèle.

Cet attachement tient bien entendu au mode de calcul dans les régimes du public. Les débats sur le régime universel de retraite auront d'ailleurs permis de clore une controverse ancienne et passionnée : les retraites des régimes spéciaux sont plus favorables que celle du régime général. Depuis 1990, de multiples rapports (dont ceux du COR) s’étaient pourtant évertués à démontrer le contraire en se basant notamment sur les taux de remplacement primes comprises. Mais au delà c'est un rapprochement plus profond pour les régimes du public, une normalisation avec le privé et la fin de ce qui faisait les spécificités du statut (voir l'interview ci dessous). 

Interview de Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union fédérale des syndicats de l’État (UFSE-CGT) - Acteurs Publics, le 11 décembre 2019

"Avec les dispositions de la loi de réforme de la fonction publique (contractualisation à outrance, fin des compétences des commissions administratives paritaires…), la réforme des retraites qui se profile concrétise la fin d’une certaine conception de la fonction publique de carrière telle qu’elle existe depuis 1946. Ce qui est en train d’être remis en cause, c’est le socle du statut général de la fonction publique et le bénéfice pour un fonctionnaire d’acquérir une progression de carrière garantie et d’avoir une retraite basée sur ses meilleurs éléments salariaux. Le tout en contrepartie, souvent, d’un décrochage en début de carrière par rapport à des qualifications égales dans le secteur privé. Si la fin de la règle du calcul sur les six derniers mois était actée, le gouvernement mettrait ainsi à mal la fonction publique de carrière telle qu’elle a été conçue et dont nous croyons qu’elle apporte encore du progrès en France."

https://www.acteurspublics.fr/articles/jean-marc-canon-cgt-la-reforme-de...

[1] Il s'agit de retraités qui peuvent être affiliés dans différents régimes étant le nombre important de polypensionnés en France.

[2] Lire l'article "Le potentiel d'innovation des points pour créer le système de retraites de demain", https://www.ifrap.org/retraite/le-potentiel-dinnovation-des-points-pour-...

[3] Un non-salarié sur quatre travaille aussi en tant que salarié, https://www.insee.fr/fr/statistiques/4261369?

Commentaires

  • Par J. P. VENCE • Posté le 12/01/2020 à 19:42 Poser le principe selon lequel 1 € cotisé doit ouvrir les mêmes droits dans le privé et le public ne peut qu'emporter l'adhésion de tous mais pose le problème du paiement des cotisations des fonctionnaires ; aussi avant d'adopter un système unique encore fallait-il que l'état commence par mettre en place une structure permettant le rapprochement avec ce qui existe dans le privé et se préoccupe de son financement. Aujourd'hui les retenues sur salaires effectuées sur les rémunérations des fonctionnaires demeurent semble t-il dans les caisses de l'état qui ne verse pas de cotisations en tant qu'employeur et par ailleurs paie les pensions des retraités. Ces dernières constituant en fait une dette qui ne saurait être transférée. Dés lors que dans le futur les pensions de retraites des fonctionnaires seraient transférées dans le régime dit général il conviendra que l'état au travers des cotisations employé / employeur supporte l'intégralité de la charge qu'elles représentent. En sus il est évident que les montants: - des pensions des fonctionnaire retraités ne saurait être transférés. - correspondant aux droits acquis par les agents en fonction lors de la mise en place du dispositif nouveau resterait à la charge du budget de l'état. Enfin mieux vaut ne pas évoquer la conduite des opérations par les différents intervenants.....
  • Par ACO • Posté le 30/12/2019 à 14:35 Nous avons commencé notre retraite des salariés à la libération; le Général était sous la coupe des communistes qui étaient importants en nombre et très pressants , elle fut donc "par répartition" le général se laissa convaincre, pensant que ça aiderai les nouveaux retraités. La guerre de 14/19 fit plus de morts que de naissances; de même pour 39/46. l'argent, n'était à personne (pas de bénéficiaires ou très peu); il en fut ainsi jusqu'en (19+65=84) pas ou peu de retraités, les entreprises ne peuvent plus embaucher, le président de 80 (Giscard) leur conseille de descendre à 64 ou 63, les personnels craignent une mauvaise chose; Giscard conseille, vu les sommes disponibles de donner brut pour net. Ce fut terrible la queue chez les entreprises; jusqu'à l'arrivée de tonton qui voit là une sûreté de réélection. Il baisse de façon drastique et à jamais l'âge à 60 ans. Ce fut merveilleux, mais il restait encore beaucoup d'argent inutilisé (essayez de calculer la masse du gâteau !) vous serez surpris; Cet argent dormant a servi au remboursement des américains, au FRANCE, peut-etre même au Bel avion en tous cas chaque président s'est fait un musée de Pompidou à Nicolas; le premier à souffrir de cette grosse blague fut le pauvre socialiste qui n'a rien pu faire. Au vu de cette catastrophe j'avais demandé à la société où j'étais cadre la permission de constituer une partie de nos retraites au dessus du niveau sécu pour espérer avoir quelque chose de solide. La banque avec la quelle je l'ai étudié pendant un an a conclu que les sommes recueillies seraient trop élevées pour pouvoir les placer car, en France rien n'est à vendre, tout étant nationalisé. Seuls ont réussi à le faire ce sont les fonctionnaires avec l'afer qui marche très bien. Aujourd'hui, l'état fauché, mais plus gauchiste, vend les bijoux ce qui pourrait relancer la capitalisation; Si vous m'approuvez, il n'y a que vous pour le lancer !!!! Bonne année
  • Par Theo31 • Posté le 26/12/2019 à 20:27 Deux contre vérités à combattre - personne ne cotise dans la répartition. On ouvre seulement des droits. - la retraite des fonx est financée intégralement par les impôts. Les contribuablew paient la capitalisation des fonx qu'on leur refuse.
  • Par Pas grand chose • Posté le 25/12/2019 à 08:45 Il me semble qu'il n'a jamais été question d'un euro cotisé = 1 euro de retraite, il est question d'1 euro gagné = 1 euro cotisé, ça change tout, !! Il aurait été plus simple pour le gouvernement de supprimer les régimes spéciaux , et 3 à 4 ans plus tard, changer le système. En fait, je me demande si, comme lors de la dernière réforme, il n'est pas question d'augmenter certains privilégiés, toujours les mêmes, puisque, lors de la dernière réforme, les ouvriers ""nantis"" ont gagné de nombreux avantages, augmentations, placements super rentables, et ont littéralement doublé la dette chaque année, avec pour seule condition, de devoir changer d'ici une dizaine d'années. Nous sommes dix ans après, et bien sûr, beaucoup ont oublié (volontairement ou non), les accords d'il y a 10 ans Merci et joyeux noël
  • Par Pierre-Ernest • Posté le 24/12/2019 à 14:47 La principale inquiétude des salariés en ce qui concerne la retraite par points se trouve chez les personnes qui ne travaillent que 15, 20, 30 ou 35 heures par semaine. En effet, le décompte de points se fait normalement par heure effectivement travaillée. Voyons d'ailleurs qui s'inquiète : les conducteurs de train : 34 h par semaine (en comptant les retours comme voyageur). Les conducteurs de RER : 4 heures par jour (en comptant les retours effectués dans le RER comme voyageur...Les enseignants : de 24 h par semaine dans le primaire à 15 heures par semaine pour les professeurs agrégés. Le travail dit "invisible" (corrections) n'est évidemment pas pris en compte dans les points. Les médias sont muets sur le sujet.
  • Par CLIVE HOLE • Posté le 23/12/2019 à 12:26 Ce qui me frappe c'est que personne s'interroge sur les 14% de PIB consacré à la retraite, ce qui explique notre taux énorme de dépenses publiques. Il me semble aussi que l'on devrait parler non pas en pourcentage du PIB, mais en pourcentage du total de nos dépenses publiques. Ainsi selon Bercy, les retraites représentaient 26,8% de nos dépenses publiques, et soit dit en passant la santé représentait 19%, dont tout deux représentent presque la moitié de nos dépenses publiques!
  • Par Théophile • Posté le 22/12/2019 à 11:06 Les deux seules clés importantes pour la retraite publique par répartition sont le choix de la part du PIB à répartir entre les retraités (aujourd'hui 14%) et la part des retraités dans la population (on atteindra bientôt 25%). Si on n'augmente pas la retraite moyenne nette plus vite que le PIB/habitant (environ 1% par an) et si on arrive à contenir le pourcentage de retraités par des mesures d'âge permanentes, alors le financement n'est pas un problème. On stabilise un niveau de prélèvements obligatoires à ce niveau et on n'est pas tenu de conserver des cotisations qui pénalisent l'économie : un premier étage qui serait le revenu universel (pour 1/3 du montant des retraites) pourrait basculer vers l'IRPP (voir réforme du RUA) et le reste conservé en net et correspondant à du vrai contributif aujourd'hui pourrait être couvert par la TVA (ce qui veut dire que globalement les cotisations basculeraient vers l'impôt direct). Le fait de répartir avec des points ou non est secondaire, de même que le fait de calculer la retraite de la même façon pour tout le monde (on peut aussi considérer que la retraite est un élément du contrat pour une profession donnée). D'ailleurs ni la droite ni le MEDEF n'étaient demandeurs d'un système universel. Le fait est par contre que la compensation que l'état accordera forcément aux perdants (comme on change le critère de répartition d'une même somme d'argent il y a des gagnants et des perdants dont les cadres) coûtera bien plus cher que les économies de gestion sur les caisses (d'autant que les caisses continueront d'exister pendant longtemps). Quant à la réforme du financement (refonte de l'âge légal recalculé par profession pour stabiliser le pourcentage de retraités, bascule vers l'impôt) restera devant nous…
  • Par gdb103 • Posté le 21/12/2019 à 17:53 La devise de la France: LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ Appliquons la ! - LIBERTÉ= 85% des scolarisés jusqu'à la fin de leurs études secondaires ont leur bac (Quelle sélection ! (j'ai passé le mien il y a plus de 60 ans....) l'élite française est vraiment bien représentée ! ) donc en âge et en maturité de choisir sa carrière avec ses conséquences = C'est la LIBERTÉ de choisir sa carrière professionnelle dans le public ou le privé (du moins dans le cadre des places disponibles) ; les mêmes métiers existant généralement dans les deux filières; chacune des filières ayant ses avantages et ses inconvénients: salaire, retenues sur salaire plus ou moins élevées, promotions, conditions de travail, sécurité d'emploi...etc..... Conduire un camion ou un autocar est aussi fatigant que conduire un autobus, que ce soit dans une grande ville de province ou à Paris ÉGALITÉ= Dans les trois périodes d'une vie: enfance - active - retraite - la seconde ayant été choisie par la liberté; la troisième est subie par la mise à la retraite obligatoire= donc intervient la notion d'ÉGALITÉ = Comme le disent les syndicats= A travail égal, salaire égal, j'ajouterai à fin de carrière égale, retraite égale;Même même montant de retraite pour les deux filières FRATERNITÉ = Il est prévu dans le projet que les très hauts salaires cotisent "à fonds perdus" pour défrayer certains cas de force majeure qui suppriment les versements à la retraite tel que grossesse, maladie, chômage (mais conditions à revoir...). Cette FRATERNITÉ est normale, mais ne doit pas être à sens unique= Qu'elle joue en faveur des professeurs qu auraient une retraite inférieure avec le système à points comme les syndicats le demandent ; mais qu'elle joue aussi quand à carrière égale un "public" touche une retraite supérieure à un "privé"
  • Par Fortmi • Posté le 21/12/2019 à 15:29 Je parie qu'on va se retrouver avec une valeur de point pour le privé et des points spéciaux pour RATP, SNCF, EDF, fonction publique, etc... Le plus stupéfiant, c'est que les marchands de justice sociale, en général de gauche, défendent ces régimes spéciaux et sont surpris de leur déroutes électorales!
  • Par Henricot • Posté le 20/12/2019 à 16:59 Régimes spéciaux à supprimer = très bien, valeur du point à la sortie = inquiétant oui, mais personne ne pose la question de la valeur d'acquisition du point par rapport à la cotisation sociale, cela me paraît tout aussi important ? Il semble éloigné le temps des promesses où 1 € cotisé = 1€ de retraite !
  • Par Aglophile • Posté le 20/12/2019 à 14:36 Pourquoi le privé dont la vie professionnelle est sujet à aléas imprévisibles, se voit calculer sa retraite sur les 20 meilleures années. Le fonctionnaire dont l'emploi est garantit à vie avec effectivement une progression de salaire par ancienneté avec bonification en fin de carrière, a une retraite calculée sur les dernières années d'activité. Serait-on un français différent
  • Par Jean-Claude BARESCUT • Posté le 20/12/2019 à 14:30 La retraite par répartition à points tenant compte à la fois des droits engrangés et de l'espérance de vie à la retraite est une bonne solution et sans doute la seule si l'on souhaite rester dans un cadre par répartition entre égaux à des différents stades de vie. Si vraiment le gouvernement avait voulu se limiter à cela il aurait pu résoudre le problème bien plus simplement : laisser les systèmes spéciaux s'éteindre progressivement (c'est réglé pour la SNCF), ne pas toucher à l'AGIRC-ARCCO qui est assez proche de l'objectif souhaité et enfin commencer la réforme par les fonctionnaires en les rattachant à la CNAV et à une retraite complémentaire à créer sur le modèle AGIRC. La transition pour les fonctionnaires pourrait se faire bien plus facilement s'ils étaient rattachés à un tel régime. C'est un peu long à développer mais j'e dis un peu plus sur https://jcbwordpresscom.wordpress.com/2019/10/18/la-question-des-retraites/
  • Par JCB • Posté le 20/12/2019 à 14:18 L'état n'assure plus son role (Ministère de l’intérieur) et AUCUN média ne le souligne : Le maintien de l’ordre public dans une société est la loi suprême. Les journalistes auraient ils peur de perdre leur avantage fiscal sur l’impôt sur le revenu ???
  • Par Jidé • Posté le 20/12/2019 à 13:17 Vous écrivez "50% du salaire des 25 meilleures années". C'est exact mais attention,un cadre qui gagne 4000 euros par mois,ne doit pas s'imaginer que cette somme sera prise en compte dans le calcul de sa retraite, elle le sera à concurrence du plafond de la Sécu. ! Cette précision est rarement évoquée dans les médias.
  • Par Guy MERMET • Posté le 20/12/2019 à 10:48 je remarque que vous parler comme si c'était juste que la fonction publique touche à la retraite 75% de son dernier salaire et que le privé 50%. Vous ne parlez pas que la fonction publique a un travail à vie. Vous ne mentionnez pas que dans la fonction publique l'état paye moins de cotisation que les patrons dans le privé, encore une injustice. D'autre part dans un autre article nos impôts renflouent chaque année le régime spéciaux de la SNCF et RATP. à hauteur de 13 Millard d'euro. Pourquoi n'avez-vous pas proposer de stopper sur 4 ans le payement de ses montant et de les redistribuer aux personnes qui en ont le plus besoins. La SNCF et la RATP devrait s'adapter aux nouvelles règles et réduire ses prestations. Nous aurions corrigé une injustice et rendu une réforme plébiscitée par le peuple.
  • Par JCB • Posté le 20/12/2019 à 10:28 La France pourrait faire un système mixte avec les fonds de pension, mais c'est à croire que les gouvernements ont toujours voulu "se garder" des sujets de controverses pour se donner un role avec des syndicats en parfaite collusion avec eux (ne reçoivent ils pas des subventions de l'état !!). Il serait temps que les gouvernements élus par une majorité (même si elles sont parfois très faibles) arrêtent de gérer leur 5 années uniquement par rapport aux minorités qui dégradent 'économie par leurs actions de grèves directes ou perlées.
  • Par Bernard • Posté le 20/12/2019 à 07:19 Les Français ont peur, d'où leur soutien aux mouvements actuels, qui, pourtant ne sont nourris que par les régimes spéciaux. Ils veulent que la dépense publique, c'est à dire la dette, c'est à dire les générations futures, paient leurs privilèges. Comme la noblesse d'ancien régime a précipité sa chute en exigeant que ses pensions soient versées, même par un trésor royal vide. Les journalistes les premiers devraient surveiller leur langage. Quand ils disent "le gouvernement a DEBLOQUÉ cent millions", ils mentent. Il n'y a pas d'argent bloqué. La vérité serait "Le gouvernement a mis cent millions de plus à la charge de nos enfants". Dans un pays où l'on GAGNE de l'argent quand, chez les autres, one MAKES money, le droit de propriété, le droit de jouir paisiblement de ses avoirs, ce droit est malheureusement en train de se transformer en droit du plus fort. Dans l'inconscient collectif, l'argent n'appartient plus à ceux qui l'ont produit, mais à ceux qui sont assez forts pour le leur prendre. La grève des régimes spéciaux, c'est une tentative de hold up sur l'argent de nos enfants.
  • Par Gufo • Posté le 19/12/2019 à 20:21 Bonjour, Le projet de retraite par points est contesté sans doute moins sur son principe que par la défiance à l'égard d'E Macron. C'est ce qui fausse le débat. Depuis 2 ans et demi, son attitude, ses réflexions envers les Français, son équipe, l'endettement, un certain laxisme judiciaire ... font qu'une majorité de Français n'a pas confiance en lui et dans tout ce qu'il peut proposer.
  • Par predesh • Posté le 19/12/2019 à 18:43 à vouloir ne pas monter les français les uns contre les autres le gouvernement qui aurait dû tabler sur la suppression des régimes spéciaux pour gagner l'assentiment du plus grand nombre a laissé les syndicats faire de la désinformation et il est étonnant et désolant de voir la moitié de la France soutenir ce mouvement avec des jusqu'au boutistes à qui on est en train de lâcher des avantages par rapport au privé et qui ne veulent eux rien lâcher du tout . Les tondus ce sera encore nous!
  • Par bmaroy • Posté le 19/12/2019 à 18:21 La désinformation est bien organisée et le français bien crédules.
  • Par bmaroy • Posté le 19/12/2019 à 18:12 La désinformation est bien organisée et le français bien crédules.
  • Par bernardo • Posté le 19/12/2019 à 17:53 étonnant pour des progressistes ils déambules avec des bannières rouges avec l'effigies des grands de la Russie soviétique , quel progrès le communisme , ils ont montrés leur efficacité partout ou ils sont passés , ruines et désolation bravo le programme du général tapioca
  • Par François Delaunay • Posté le 19/12/2019 à 17:26 La carrière de la fonction publique au sens où tout est garanti tout au long de sa vie est hérésie et fait la mal de la fonction publique. Ce n'est un secret pour personne qu'il existe de nombreux abus qui restent impunis dans la cohorte de ces privilèges acquis par la couardise des politiques, mais surtout par le clientélisme de la haute fonction publique. On ne voudrait pas tirer sur l'ambulance tout de même! Le problème, c'est que tout cela n'est pas financé directement puisque c'est toute la nation qui finance ces largesses avec les déficits que l'on connaît. Il n'y a que dans la fonction publique pour croire à la permanence de ces attributs. Le monde change et il va continuer à changer quoi qu'il arrive. S'ils s'imaginent que c'est encore un fois en ponctionnant les salaires du privés qui sont déjà largement soumis! Il suffit de comparer les taux de charges salariales et patronales incluses évidemment, car ces charges patronales vont au soutien des aides sociales. Avec entre 44% et 48% de taxes obligatoires, oui j'ai bien dit c'est la moitié du salaire qui s'envole avant impôt, TVA, CSG, RDS, j'en passe et d'autres. Les personnes qui travaillent au service public devraient méditer et comparer ces taux de charges avec les leurs, je leur laisse le temps de respirer pour bien prendre conscience du grand écart que nous vivons. Le problème ce n'est d'être pour ou contre untel, c'est de savoir comment on finance l'ensemble collectivement. Et aujourd'hui, ce n'est pas financé. Je sais les plus à gauche diront qu'il suffit de prendre encore un peu plus aux riches. Pensées de très court terme, qui n'ont jamais démontré que l'argent récupéré était mieux dépensé, mieux réparti et résolu la fragilité humaine. L'échec de nombreuses politiques passées le prouve tous les jours. Souhaitons nous rester dans l'idéalisme d'un monde qui n'existe pas ou voulons-nous créer quelque chose de mieux? Pour cela, il faut commencer à renoncer aux abus et la France est une caricature d'abus en tout genre.Bien à vous.

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