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Les évolutions du classement français au test PISA depuis 25 ans

En 25 ans, la France a dégringolé de la 12ème à la 29 ème place du classement PISA et perdu 42 points. Mais ce recul n’est pas inéluctable. Selon nos informations, les élèves du privé ont obtenu un score de 30 points plus élevé en moyenne sur les trois matières évaluées. Des résultats qui, s’ils étaient généralisés, pourraient permettre à la France de se hisser à la 15ème place du classement, à des niveaux comparables à ceux de la Suisse et de la Pologne, et même d’intégrer le top 5 européen. Il est temps de lever le voile sur le fait que l’enseignement privé sous contrat permet aux élèves, quel que soit leur milieu social, de mieux progresser. 


 

La méthodologie 

L’étude est menée tous les 3 ans auprès de jeunes de 15 ans scolarisés indifféremment dans un établissement public ou privé, sous contrat ou hors contrat, en collège ou en lycée agricole, général, technologique ou professionnel. 

L’ensemble de l’évaluation dure en tout 3h30. Elle se décompose en quatre parties avec une épreuve de compréhension écrite, de mathématiques, de culture scientifique et de compétences numériques ou d’anglais de 2 heures. Les élèves sont ensuite soumis à deux questionnaires de 45 minutes portant sur leur milieu socio-culturel et sur leurs techniques d’informations et de communication. 

Le PISA 2025 a vu 302 établissements tirés au sort et 6501 élèves défendre les couleurs de la France.

Les résultats 

 LectureMathématiqueSciences
 ClassementScore moyenClassementScoreClassementScore
200015/4150511/4151713/41500
200317/4049616/4051113/40511
200623/5648823/5749625/57495
200922/7449622/7449727/74498
201221/6550525/6549526/65499
201520/7049926/7049326/70495
201823/8249325/8249525/82493
202229/8147426/8147426/81487
202629/9145630/9145827/91483

L’étude des résultats depuis 2000 en sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit laisse apparaître une érosion progressive du niveau des élèves français dans les 3 disciplines évaluées par le test. 

2000

  • Lecture : 15e sur 41 (36%) - Score de 505 avec le plus élevé à 546 et le plus faible à 327 ;

  • Mathématiques : 11e sur 41 (26,8%) - score de 517 avec le plus élevé à 560 et le plus faible à 292 ;

  • Sciences : 13e sur 41 (31,7%) - Score de 500 avec le plus élevé à 552 et le plus faible à 333.

2003

  • Lecture : 17e sur 40 (42,5%) - Score de 496 avec le plus élevé à 543 et le plus faible à 375 ;

  • Mathématiques : 16e sur 40 (40%) - Score de 511 avec le plus élevé à 552 et le plus faible à 356 ;

  • Sciences : 13e sur 40 (32,5%) - Score de 511 avec le plus élevé à 548 et le plus faible à 385.

2006

  • Lecture : 23e sur 56  (41%) - Score de 488 avec le plus élevé à 556 et le plus faible à 295 ;

  • Mathématiques : 23e sur 57 (40,3%)- Score de 496 avec le plus élevé à 549 et le plus faible à 311 ;

  • Sciences : 25e sur 57 (40,3%) - Score de 495 avec le plus élevé à 563 et le plus faible à 322.

2009

  • Lecture : 22e sur 74 (29,7%) - Score de 496 avec le plus élevé à 556 et le plus faible à 314 ;

  • Mathématiques : 22e sur 74 (29,7%) -Score de 497 avec le plus élevé à 600 et le plus faible à 331 ;

  • Sciences : 27e sur 74 (36,5%) - Score de 498 avec le plus élevé à 575 et le plus faible à 325.

2012

  • Lecture : 21e sur 65 (32,3%) - Score de 505 avec le plus élevé à 570 et le plus faible à 384 ;

  • Mathématiques : 25e sur 65 (38,5%)- Score de 495 avec le plus élevé à 613 et le plus faible à 368 ;

  • Sciences : 26e sur 65 (40%) - Score de 499 avec le plus élevé à 580 et le plus faible à 373.

2015

  • Lecture : 20e sur 70 (28,6%) - Score de 499 avec le plus élevé à 535 et le plus faible à 347 ;

  • Mathématiques : 26e sur 70 (37,1%)- Score de 493 avec le plus élevé à 564 et le plus faible à 328 ;

  • Sciences : 26e sur 70 (37,1%) - Score de 495 avec le plus élevé à 556 et le plus faible à 332.

2018

  • Lecture : 23e sur 82 (28,0%) - Score de 493 avec le plus élevé à 555 et le plus faible à 340 ;

  • Mathématiques : 25e sur 82(30,48%)-Score de 495 avec le plus élevé à 569 et le plus faible à 325 ;

  • Sciences : 25e sur 82 (30,48%) - Score de 493 avec le plus élevé à 590 et le plus faible à 336 ;

2022

  • Lecture : 29e sur 81 ( 35,8%) – Score de 474 avec le plus élevé 543 et le plus faible à 329 

  • Mathématiques : 26e sur 81 ( 32,1%) – Score de 474 avec le plus élevé à 575 et le plus faible à 336 

  • Sciences : 26e sur 81 – Score ( 32,1%) – Score de 487 avec le plus élevé à 561 et le plus faible à 347

2025

  • Lecture : 29e sur 91 ( 31,8%) – Score de 456 avec le plus élevé à 535 et le plus faible à 301

  • Mathématiques : 30e sur 91 ( 32,9%) – Score de 458 avec le plus élevé à 612 et le plus faible à 312 

  • Sciences : 27e sur 91 ( 28%) – Score de 483 avec le plus élevé à 597 et le plus faible à 317

Les graphiques suivants offrent un aperçu de la chute progressive des résultats français depuis 25 ans dans les trois disciplines de l’examen : 

Une tendance généralisée à l’échelle de l’OCDE 

Il convient de noter que le recul des acquis des élèves français s’inscrit dans une dynamique générale de repli au sein de l’OCDE. 

Les élèves français ont par exemple obtenu un score de 483 cette année en culture scientifique, soit une baisse de 12 points depuis 2015, mais seuls 3 pays ont vu leurs scores dans cette discipline augmenter sur la même période. La part d’élèves en difficulté en Sciences s’est accrue de 22 à 26 % en 10 ans tandis que la moyenne de l’OCDE suivait la même tendance en passant de 20 à 24 %. 

Une tendance similaire peut être observée du côté de la compréhension de l’écrit / lecture et des mathématiques. Si la performance des élèves français a reculé de 18 points depuis 2022 et de 37 points depuis 2018, une logique comparable est observable dans les autres pays de l’OCDE où 82 états sur 91 ont accusé une baisse sur la même période. Quant aux mathématiques, la part d’élèves français en difficulté a cru de 7 points entre 2022 et 2025, pour atteindre 36 %, alors que la moyenne de l'OCDE s’élève à 35 %.   

Le parallèle avec 2000

Le nombre de participants du PISA a plus que doublé en 25 ans, passant de 41 pays en 2000 (et même 31 car 10 participants inclus dans le classement en 2000 ne l’ont passé qu’en 2002) pour s’établir à 91 pays actuellement. 

La France s’était alors classée 12ème en 2000, avec un score moyen très honorable de 507,3 points qui lui permettait par exemple de distancer l’Allemagne de 21 points en lecture, 27 points en mathématiques et 13 points en Sciences. 

L’étude du classement par moyennes de 2025 permet d’observer les difficultés françaises sous un autre angle. Les 11 pays qui dépassaient la France en 2000 devancent toujours la France en 2025, et l’écart s’est même accru avec la plupart d’entre eux. Parmi ces 11 pays, seule la Finlande a connu un recul statistique plus conséquent que les 42 points français perdus dans ce laps de temps. 

 L’Allemagne, nettement battue il y a 25 ans, est désormais devant la France avec 6 points de moyenne en plus. 

Ainsi, si l’inscription de 50 nouvelles nations au PISA est l’une des explications du recul français de la 12ème à la 29ème place, elle cache la réalité d’une chute française encore plus conséquente. 

Le rôle des écrans et du numérique

Tant l’OCDE que les rapports de l’Education nationale expliquent en partie ce recul, généralisé et préoccupant, par les conséquences négatives des écrans et de l’IA sur l'apprentissage. 

L’utilisation récréative des écrans a doublé en 10 ans et s’établit désormais à 3,4 heures par jour en moyenne dans l’OCDE, pour 3 heures en France. L’utilisation des écrans n’est pas un facteur nocif en soit, et les élèves polonais et estoniens y passent jusqu’à 5h par jour sans que cela n’affecte leurs performances, puisque l'Estonie demeure le premier pays européen du classement. Cependant, le programme souligne lui-même que plus les écrans sont utilisés à des fins récréatives, plus les capacités de concentration et, in fine, les résultats des élèves, en pâtissent. 

Ce constat est d’autant plus problématique que cette utilisation excessive des écrans se couple désormais à un recours important à l’intelligence artificielle. il est en effet un facteur non négligeable de désintérêt et de difficulté pour la lecture. Le PISA 2025 a permis de déterminer qu’un écart de 20 points, soit une année scolaire complète, existe désormais entre le groupe des élèves qui utilisent quotidiennement une IA générative et ceux qui s’en abstiennent. Selon Andreas Schleicher, directeur du pôle Education et Compétences de l’OCDE, «  L’usage excessif de l’IA peut avoir des effets dommageables sur la capacité à traiter l’ambiguïté et la complexité ». 

La double utilisation souvent excessive de l’IA et des écrans semble se généraliser pour tous les élèves, et y compris ceux dits «  favorisés » dont les performances sont, là aussi, en fort recul. Les données du PISA 2025 indiquent que le pourcentage d’élèves très performants en mathématiques a chuté de 11% en 2015 à 5 % en 2025, et de 13 à 5 % en compréhension de l’écrit. Les performances des élèves favorisés en mathématiques se sont également contractées de 38 points en 10 ans. Comme l’indique Eric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE, «  l’une des hypothèses qui méritent d’être mises sur la table est la pénétration plus importante de l’IA dans les milieux favorisés ». 

L'écart public/privé

Le classement PISA pose la question non répondue de la différence de niveau entre les établissements privés et les établissements publics. La Fondation IFRAP a obtenu deux statistiques qui donne un aperçu de cette réalité  : 

  • Les élèves des établissements privés (sous contrat et hors contrat) ont représenté 20,6 % de l’échantillon français total ayant participé au PISA ;

  • En France, les élèves du privé ont obtenu un score de 30 points plus élevé en moyenne que les élèves du public, sur les trois matières évaluées. 

Si cela ne nous permet pas de reconstituer exactement les scores obtenus par les élèves du privé, puisqu'il s'agit d'une moyenne, on peut dire à partir des résulats de la France qu'ils ont obtenu des scores autour de 480 en lecture, 482 en mathématiques et 507 en Sciences. Ces résultats s'ils étaient généralisés pourraient permettre à la France de se hisser à la 15ème place du classement ! à des niveaux comparables à ceux de la Suisse (490 de moyenne) et de la Pologne ( 487). Ils intégreraient même le top 5 européen, devancés seulement par l’Estonie, le Royaume-Uni, l’Irlande et la Suisse. 

Il convient de noter que l’OCDE ne publie qu’un classement distinct dans chacune des 3 disciplines évaluées et non un classement général. Celui-ci peut être obtenu en calculant la moyenne des scores obtenus dans chacune des trois disciplines mais ne possède qu’une valeur indicative.