Fonction publique et administration

SAFER - Quand la préemption permet une concurrence déloyale

L'escalade d'une entreprise d'utilité publique vers des interêts privés

22 septembre 2009 • Philippe François

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Comme les prestigieuses agences immobilières présentent dans cette rubrique parue dans Le Figaro Magazine, l'annonce de la SAFER Languedoc Roussillon met en vente une demeure exceptionnelle.

Visiblement, puisqu'il faut recourir à ce marketing, aucun agriculteur ne réclame cette propriété dont on se demande pourquoi la SAFER l'a achetée ou préemptée.


Annonce de la SAFER publiée dans Le Figaro

On croyait que les SAFER acquéraient de gré à gré ou de force des propriétés agricoles quand elles savaient qu'au moins un acquéreur "méritant" (agrigulteurs, exploitations touristiques ou artisanales) avait besoin de ces terres.

Sans cette demande des acteurs de terrain, les privilèges dont bénéficient les SAFER (droit de préemption, droit de choisir le destinataire final, droit de fixer un prix, privilège fiscal) sont encore plus injustifiés.

Les sites Internet des SAFER, et notamment celui du Languedoc Roussillon ou celui intitulé "Grands Domaines" semblaient bien montrer que les SAFER ont des stocks de propriétés dont on se demande pourquoi elles les ont sorties du marché libre. Mais devoir recourir aux prestigieuses annonces du Figaro week-end pour vendre une des propriétés des SAFER confirme que les SAFER ont changé de catégorie.

De prétendu service public, elles sont en concurrence frontale avec les agences immobilières, et concurrence faussée grâce aux règles dont bénéficient les SAFER.

Pour les SAFER, il est certain que jouer aux marchands de biens avec des grandes propriétés est plus rentable que d'essayer de consolider de petites exploitations ou d'installer un jeune agriculteur. Mais est-ce leur rôle ?

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Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 26/10/2009 à 17:11 En effet, les textes de la Préfecture disent, ici dans le Loiret mais c'est partout pareil:
    "Les avis et les travaux de la CDOA seront conduits en cohérence avec les orientations et les avis du comité technique de la SAFER et en recherchant la meilleure information réciproque sur les dossiers traités".
    La phrase est alambiquée pour dire que ces 2 organismes se marchent sur les pieds.
    A notre avis c'est la SAFER et la CDOA qu'il faut supprimer. Imagine-t-on que des commissions décident qui reprendra la boulangerie ou le restaurant de votre quartier ?
  • Par AG • Posté le 26/10/2009 à 17:11 Nous n'avons plus besoin de la Safer. Etant donné que la D.D.A.F a une commission de stucture, ce sont les mêmes personnes qui siègent aux deux endroits. Notre Président dit qu'il faut faire des économies, donc il faut la supprimer.
  • Par RG • Posté le 24/09/2009 à 13:02 Pas moins de trois encarts publicitaires ,dans la rubriques agences immobilières des pages jaunes... pour la campagne 2008 2009. Plus rien dans le nouvel annuaire 2009

    Se serait-on fait taper sur les doigts ?!
  • Par CHRISTIANE • Posté le 24/09/2009 à 12:30 ENFIN !

    Depuis le temps que je dis que les SAFER n'ont qu'un rôle de parasitage et qu'au lieu de protéger les agriculteurs elles ne font que faire grimper les prix et empêcher l'extension des terres agricoles... Pour qu'ensuite il faille subventionner les cultivateurs parce que leurs exploitations ne sont pas rentables.

    Je suis ravie que l'IFRAP écrive sur ce sujet, vous êtes hélas bien les seuls.

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