Emploi et politiques sociales

Rémunération des patrons : entre démagogie et raison

23 avril 2009 • Bertrand Nouel

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La démagogie, c'est lorsque l'on montre du doigt le cas de Dexia (d'ailleurs société belge) : son ancien Président Axel Miller a renoncé à son parachute doré de plus de 3 millions d'euros, mais il n'y a pas de raison de critiquer son indemnité de départ d'un an de salaire (825.000 euros) conforme à la règle habituelle en Belgique.

De même pour les « bonus » versés à semble-t-il 765 cadres (moins de 10.000 euros en moyenne) de la même entreprise : il s'agit de la part variable du salaire contractuellement dû. Cette part aléatoire vient remplacer une partie fixe qui sans cela aurait été plus élevée. D'autre part, à quel titre faudrait-il que le fait de procéder à des licenciements interdise de payer la rémunération normale et contractuelle de ceux qui restent ?

L'attitude raisonnable, c'est celle de François Fillon. Interrogé sur France Inter, il a répété que l'Etat n'avait pas vocation à légiférer sur les rémunérations des dirigeants (pourquoi d'ailleurs les dirigeants et pas les autres cadres ou salariés ?), et qu'il n'était pas non plus souhaitable de créer une tranche supérieure d'imposition comme le suggèrent certains parlementaires.

Cela ne serait pas conforme à la pratique européenne et pourrait remettre en cause le bouclier fiscal.

En revanche, et c'est là une indication nouvelle apportée par le Premier Ministre, l'Etat compte intervenir pour limiter les avantages postérieurs à l'emploi et particulièrement les « retraites-chapeaux », c'est-à-dire les retraites qui garantissent un certain montant du dernier salaire. Ces retraites, intégralement payées par l'employeur, coûtent très cher à ce dernier, bien plus que les parachutes dorés, et il est parfaitement normal de chercher à les limiter dans la mesure où elles garantissent des montants déraisonnables payables jusqu'au décès du bénéficiaire.

Rappelons aussi que les parachutes ne sont que des indemnités de départ qui viennent remplacer les indemnités de licenciement versés à tous les salariés et auxquelles les dirigeants mandataires n'auraient autrement pas droit. Tout au contraire les retraites-chapeaux sont des avantages réservés aux dirigeants et dont la justification est rien moins qu'évidente.

C'est la position que l'Ifrap soutient. Bien vu Monsieur le Premier ministre.

Commentaires

  • Par Emmanuel de Marion • Posté le 29/04/2009 à 22:44 J'en parle d'autant mieux qu'après une carrière de salarié, je suis aujourd'hui indépendant. Pourquoi ne s'attaquer en permanence qu'aux salariés du privé et leur bonus et pas aux avantages des fonctionnaires: un DG part avec une retraite chapeau, un général part avec un traitement qui est proche de son traitement d'activité.

    les ministres et députés reprochent à juste titre les stocks ou les bonus donnés aux DG dont les entreprises perdent de l'argent mais les députés augmentent leurs indemnités au même moment, s'octroient une retraite importante après un mandat.

    les fonctionnaires territoriaux vivent comme des princes (cf émission de TV sur ces sujets ou journaux).

    Et eux contrairement aux cadres supérieurs et dirigeants du privé ne créent pas d'emplois mais seulement des taxes

    Alors demandez au gouvernement d'arrêter de prendre comme cible ces dirigeants. Pendant ce temps tel le voleur chinois, les fonctionnaires se servent.

    Cordialement
  • Par Dugas • Posté le 29/04/2009 à 15:57 Pas d'accord. Il y a au contraire d'excellentes raisons de critiquer l'indemnité reçue par M.Miller. Il s'est révélé un mauvais dirigeant et un menteur: N'assurait-il pas dans sa lettre aux actionnaires de mars 2008 que "la crise financière, née aux Etats-Unis, n'a eu que que peu d'effets sur nos résultats.... Qu'elle offre de nouvelles opportunités de développement pour les institutions en bonne santé, c'est à dire pour les banque ayant un bon niveau de liquidité et une base de capital solide (comprenez Dexia pour ne pas le nommer). Nous sommes confiants....".

    Chacun sait que l'action Dexia s'est en 2008 effondrée jusqu'à 1,5 euro et que des petits actionnaires comme moi, trompés par le discours confiant des dirigeants, ont perdu plus de 90% de leur épargne. Il est scandaleux que des dirigeants renvoyés pour leur incompétence touchent quoi que ce soit. Ils ont été assez bien payés pour avoir de quoi vivre de longues années.
  • Par tiawa • Posté le 29/04/2009 à 02:22 Les retraites des dirigeants sont bien sûr exagérées, et profitons-en pour dénoncer les retraites des politiques, retraites complètes pour des périodes de cotisation très courtes et cumulables en fonction des différents mandats

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