Budget et fiscalité

Les dépenses de l'Etat sont à un niveau insoutenable

... le Président l'a dit !

04 mai 2009 • Philippe François

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"Et, ce lundi, je vais demander, à tous les directeurs des ministères et des agences, leurs propositions pour des coupes dans leurs budgets. Dans les prochaines semaines, j'annoncerai l'élimination de dizaines de programmes gouvernementaux qui se sont révélés inutiles ou inefficaces.
Il n'y aura pas de vaches sacrées et pas de considération pour les intérêts particuliers. A travers le pays tout entier, des foyers sont contraints de faire des choix difficiles et il est temps que le gouvernement fasse de même
".
(version anglaise)

Puisque c'est le Président Obama, admiré par la gauche et la droite françaises, qui vient de s'exprimer sur les dépenses excessives de l'Etat, on peut espérer qu'il y aura unanimité pour les réduire également en France.

Bien réfléchir avant de signer un chèque de 5 millions d'euros

L'idée que dans cette période de crise l'Etat peut, ou même doit, dépenser sans compter pour relancer l'économie et faire baisser le chômage est inquiétante.
S'il s'agit de dépenses très temporaires, c'est peut-être inévitable.

Mais il y a un domaine où il faut être particulièrement vigilant, celui du recrutement des agents publics.
Chaque fois qu'un fonctionnaire est recruté, c'est un chèque de presque 5 millions d'euros qui est signé par l'Etat, la Collectivité Locale ou l'Hôpital.

Pour un agent embauché en 2009 à 20 ans, partant à la retraite à 62 ans et décédant à 87 ans.

En euros 2009
Salaire mensuel moyen sur 42 ans 4.000 €
Charges patronales hors retraite 1.500 €
Coût du support
(bureau, téléphone, déplacements, informatique, paie, équivalent comité d'entreprise …)
1.000 €
Coût sur 42 ans 3.276.000 €
Retraite mensuelle moyenne 5.000 €
Coût sur 25 ans 1.500.000 €
Coût total 4.776.000 €

Ces chiffres ne prennent en compte ni les retraites de réversion ni le recul de l'âge de la retraite à 65 ans ni l'accroissement probable de la durée de vie d'ici 2050, mais inclut une augmentation du pouvoir d'achat de 1,7% par an en moyenne.

La construction du viaduc de Millau n'a été entreprise qu'après des années de réflexion. Son coût de 400 millions € ne correspondait pourtant qu'au coût de 80 fonctionnaires. Et les 3 milliards du fameux porte-avion qui nous manque toujours, à seulement 600 agents. Il y a peu de décisions qui engagent autant l'avenir que le recrutement d'un fonctionnaire, mais curieusement, dans l'Administration, c'est une décision qui semble plus simple que l'achat d'une voiture à 10.000 €.

Le cas le plus caricatural est celui des agents publics produits imperturbablement, année après année au même rythme, par les grandes écoles de fonctionnaires comme l'ENA, l'EHESP (santé), l'ENM (justice) et absorbés automatiquement par les administrations, indépendamment de leurs besoins. La crise exige que soit abandonnée cette façon de procéder.

Commentaires

  • Par jcd • Posté le 03/12/2009 à 23:12 Proposer à ces serviteurs de l'état que pour remplir leur mission à bien ils doivent s'enroler dans les services export des entreprises du PRIVE : pour faire rentrer des devises .

    Ainsi ils pourront prouver leur valeurs .
  • Par vincent • Posté le 29/10/2009 à 21:01 Vous faites une erreur dans votre raisonnement. Vous pourriez dire qu'un fonctionnaire coûte 5 millions d'euros si celui-çi durant toute sa carrière ne dépense pas un seul centime.
    L'argent tourne, va de poche en poche pour revenir dans la vôtre. La vrai question est le taux de rotation. On peut supposer qu'un fonctionnaire soit payé sur les impôts qui tombent dans les caisses de l'Etat tous les trimestres.
    Au pire un fonctionnaire coûte donc 20 000 euros sur toute sa vie...
  • Par Philippe François • Posté le 09/05/2009 à 01:51 Le montant de 5.000 € correspond à la retraite que touchera en 2051 (mais en euros 2009) ce nouveau fonctionnaire embauché en 2009.

    Le mode de calcul utilisé est fourni dans ma réponse à une question reçue le 5 mai 2009 et intitulée "Source des chiffres de l'article".

    Bien sûr, le statut des salariés de la SNCF pose un terrible problème. D'une part la SNCF reçoit 10 milliards d'euros de subvention par an, dont 3 pour payer les retraites de ses salariés. Mais en plus cette situation va conduire la SNCF à la catastrophe dès qu'elle sera exposée à la concurrence. C'est déjà le cas pour le fret SNCF en déficit de 300 à 400 millions d'euros par an avant la crise. De plus 600 M € cette année.

    La France a besoin d'une SNCF compétitive en France et en Europe, et d'autres entreprises complètent et la stimulent, pas d'une SNCF arc boutée sur son monopole qui laissera notre marché grand ouvert aux entreprises étrangères.
  • Par Louis • Posté le 09/05/2009 à 01:51 D'après ce que je viens de lire, la retraite moyenne des fonctionnaires serait de 4.000 euros par mois.

    Ce chiffre me paraît être exagéré.

    En effet, étant un ex-professeur agrégé, avec trois enfants, donc avec un petit supplément de retraite de ce fait (10% en plus), je perçois désormais 3200 euros par mois.

    Il s'en faut donc de 800 euros, ce qui est assez conséquent.

    S'il s'agit d'une 'moyenne', cela signifie qu'il y a des fonctionnaires qui touchent une sacrée retraite!

    Je ne suis pas sûr que ceux-ci se soient trouvés durant une quarantaine d'années dans l'arène, face à une trentaine d'élèves prêts à tout, sauf à apprendre ce que nous étions censés leur apporter!

    D'où viennent ces chiffres?

    Seraient-ils le résultat de calculs 'orientés', destinés à faire du fonctionnaire le bouc émissaire de bien des rancoeurs? Les rémunérations de la plupart des fonctionnaires n'atteignent pas le niveau indiqué par le tableau que j'ai vu ici.

    Moi, par rapport à cela, je stigmatiserais volontiers certaines corporations comme les gens de la SNCF, prompts à empêcher le quart de la population française d'aller travailler, uniquement pour préserver des avantages acquis à une époque où les cheminots étaient indispensables à la reprise de l'économie, juste après la Seconde guerre mondiale.

    Nous sommes loin de ce temps.

    Les grèves à répétition de la SNCF, les revendications de la CGT en général, sont autant de manifestations d'un égoïsme corporatif qui dérive complètement par rapport au discours 'égalitaire' de l'idéologie qui les sous-tend.

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