Retraite

Réforme des retraites 2010

L'équité comme préalable à la réforme

06 mai 2010 • Sandrine Gorreri

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Le Président de la République a placé l'année 2010 sous le signe de la réforme des retraites. Ce rendez-vous prévu dès 2003 s'ouvre dans un contexte de dégradation accélérée des comptes des régimes privés et publics. A l'heure de ce débat d'une importance capitale pour les Français, actifs et retraités, il est bon de rappeler quelques vérités.

Le point de départ de cette réforme, ce sont les déficits abyssaux qui, avant même la crise, se montaient à des dizaines de milliards d'euros par an. Le dernier rapport du Conseil d'Orientation des Retraites intègre les conséquences de la crise de 2008-2009 et confirme l'aggravation des problèmes et l'urgence de mettre en place une solution de fond.

Régimes spéciaux, des systèmes injustes et irresponsables :

En 2040, le déficit du seul régime des fonctionnaires civils d'État représentera 75 % du déficit du régime des salariés du privé pourtant dix fois plus nombreux. En cause, les avantages dont bénéficient les régimes spéciaux du public (fonction publique d'Etat, SNCF, RATP, EDF/GDF), sources d'inégalités avec les régimes des salariés du privé. Le poids financier de ces « acquis » se mesure par les écarts de cotisation considérables avec le privé et qui sont financés par l'Etat et les consommateurs.

Régime général du privé, un système trop complexe :

De leur côté aussi, les perspectives financières des 3 régimes obligatoires (CNAV, ARRCO, AGIRC) sont négatives. Nous connaissons les causes : déséquilibre démographique lié à l'arrivée à l'âge de la retraite des générations du baby-boom, de l'allongement de la durée de vie et de l'abaissement à 60 ans de l'âge de la retraite. Mais à cela s'ajoute l'extraordinaire complexité du système qui le rend difficilement réformable et dont l'empilement des structures est de plus coûteux pour les entreprises qui versent les cotisations comme pour les caisses de retraite.

En 2010, on attend des responsables la décision de mettre en place un régime de retraite équitable, clair, équilibré à long terme et donc capable de s'adapter aux évolutions de la démographie et de l'économie. Cette refondation de nos systèmes de retraite ne pourra pas se faire de façon instantanée. Ce travail prendra plusieurs années, mais pour être crédible, les premières étapes de réalisations concrètes devront être visibles dès 2011.

Notre recommandation : simplification et unification du système des retraites en France

- Première étape : fusionner CNAV/ARRCO/AGIRC et l'IRCANTEC. Ce mouvement d'unification des régimes est déjà largement entamé. Rien que pour les frais de gestion, nous estimons qu'une telle mesure représenterait 1 milliard d'euros d'économies. Une organisation plus simple est non seulement moins coûteuse à gérer mais encore plus compréhensible pour les intéressés, actifs et retraités.

- Nous recommandons par la suite d'unifier les systèmes dans le cadre d'un régime universel par points que les Français connaissent bien, en introduisant comme en Suède un mécanisme d'auto-équilibrage et une part additionnelle obligatoire par capitalisation. Ce système existe déjà pour les fonctionnaires français (RAFP sans compter la Préfon facultative).
- Dans l'immédiat, nous recommandons de poursuivre l'augmentation du nombre de trimestres de cotisation au-delà de 41 ans et de reporter l'âge de la retraite, sous certaines conditions dans la même proportion. S'agissant de la pénibilité du travail, nous proposons de ne retenir comme seul critère l'espérance de vie, et enfin de revenir sur les 6 derniers mois de référence pour la fonction publique.

En savoir plus sur les retraites :

La Fondation iFRAP auditionnée au Sénat

Et chez nos voisins ?...

Dans un dossier du Figaro Magazine de mai 2010, Agnès Verdier-Molinié, Sandrine Gorreri et Philippe François comparent les solutions étrangères apportées aux réformes des retraites.


Commentaires

  • Par AMYGDALES60 • Posté le 28/05/2010 à 09:25 Vos propositions vont dans le bon sens......sauf que l'uniformisation devrait prendre en compte les régimes spéciaux.

    L'équation à résoudre est pourtant connue qu'il s'agisse du privé et dans une moindre mesure du public :

    de moins en moins de cotisants qui cotisent de plus en plus tard face à des allocataires de plus en plus nombreux et qui vivent de plus en plus longtemps.

    Face à ce dilemne on voit bien que ce ne sont pas seulement les paramêtres âge de départ,nombre de trimestres cotisés,valeur des points,montant des cotisations qui peuvent permettre l'équilibre des comptes de manière durable mais une remise en perspective du principe d'égalité devant la retraite pour tous les retraités servis par le système.

    Que l'on soit avocat,chirurgien,pilote de ligne,chauffeur de bus,militaire,enseignant ou ingénieur,infirmière ,manoeuvre,technicienne de surface etc....une fois à la retraite, sauf à dispenser des diplomes pour accéder à ce statut, tout le monde revient sur un pied d'égalité et devrait en conséquence toucher stricto censu la même retraite (au bémol près des décotes lièes au temps de cotisation passé).

    Ce serait une mesure juste pour laisser la liberté (non encadrée) aux uns et aux autres de se prendre en charge pour améliorer durant son temps d'activité le niveau de recettes complémentaires futures pour le moment venu de la retraite.

    Ce serait enfin une mesure juste car un travailleur est un travailleur et mérite d'être reconnu à égalité une fois la porte du travail fermée définitivement pour cause de mise à loa retraite.

    Ce serait une mesure juste parce que nous devons reconnaître la personne âgée avec fraternité quelque soit son origine sociale.

    Ce serait enfin une grande utopie politique pour celles et ceux qui auraient le courage de faire de la devise française non pas un slogan qui sonne creux mais une devise qui porte haut les couleurs de la France
  • Par Blanc Cassis • Posté le 19/05/2010 à 07:07 A t-on réfléchi à un système mixte ?

    Le système de retraite par répartition garantirait une retraite minimale de 75 % du SMIC et maximale de 2 ou 3 fois le SMIC pour une durée de cotisation de 40 ans aujourd'hui à 4X ans en 20XY ?

    Le salarié qui souhaiterait une durée de cotisation plus courte et/ou un montant de retraite supérieure aux bornes indiquées choisirait sa caisse de retraite complémentaire avec les cotisations correspondantes.

    Il est entendu que salariés du privé, du public et d'entreprises comme la SNCF seraint traités de la même façon.

    Il pourrait être aussi tenu compte de l'espérance de vie de chaque individu suivant sa profession : un enseignant devrait, par exemple, plus cotiser qu'un ouvrier du bâtiment.

    Est-ce trop complexe, stupide ?
  • Par Philippe François • Posté le 14/05/2010 à 16:16 Comme l'iFRAP l'a répété de nombreuses fois, si les bénéficaires des régimes spéciaux s'estiment moins bien traités que ceux du régime général, il existe une solution simple : qu'ils militent pour la suppression des régimes spéciaux et leur rattachement au régime général. Mais je les vois au contraire refuser obtinément ce changement. Il faut croire qu'ils y trouvent un avantage considérable, et ils ont raison, les régimes spéciaux sont beaucoup plus avantageux que la somme CNAV + ARRCO + AGIRC. Je vous suggère de regarder les taux de cotisation employeurs que nous avons publiés.
  • Par Sylvie • Posté le 14/05/2010 à 16:16 Arrêtez de parler d'avantages pour les retraités de l'EDF par rapport aux retraités du régime général !

    Pension de réversion 50 % au lieu de 54 dans le privé

    Pension de réversion perdue en cas de remariage CONSERVEE DANS LE PRIVE

    Notre contrat de travail prévoyait l'indexation de la retraite sur le Salaire National de Base servant au calcul des rémunérations des actifs : DEPUIS 2 ANS NOUS SOMMES VICTIMES D'UNE RUPTURE DE NOTRE CONTRAT DE TRAVAIL IMPOSEE PAR LA DIRECTION et nous n'avons qu'à subir ! Je me demande au bout de 5 ans à ce régime ce qu'il va nous rester pour vivre, nous les veuves, qui vivont seules .....

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