Retraite

Quel résultat pour les négociations Arrco-Agirc ?

03 avril 2015 • Sandrine Gorreri

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Alors que les négociations continuent entre partenaires sociaux pour parvenir d’ici le mois de juin à un accord pour redresser la situation des retraites complémentaires, cette note fait le point sur les différents enjeux qui entourent cette discussion. Les régimes Arrco-Agirc ont toujours fait preuve de responsabilité en refusant de financer les retraites par le recours à l’endettement. Cependant, leurs négociations sont de plus en plus contraintes : compétitivité des entreprises, poids des dépenses sociales… Dans cet environnement particulier, les partenaires sociaux prendront-ils des solutions de rupture ou se contenteront-ils de reporter encore un peu l’échéance ?

Des négociations suivies de près

Il y a eu tout d’abord le Comité de suivi des retraites, structure chargée de veiller à la soutenabilité de notre système de retraites, issue de la loi de janvier 2014 et présidée par Mme Moreau.  Dans son premier rapport en juillet dernier, le comité avait exprimé sa préoccupation à l’égard de l’avenir des retraites complémentaires.

Le comité prend acte de la volonté des partenaires sociaux de mener prochainement une négociation permettant de garantir la pérennité des régimes complémentaires des salariés du secteur privé.

Il y a eu ensuite les projections du COR en fin d’année soulignant à rendements constants la part des retraites complémentaires dans les projections de besoins de financements des régimes de retraite.

À cette date [2018], le besoin de financement pour l’ensemble du système de retraite, y compris Fonds de solidarité vieillesse (FSV), s’élèverait à 11,1 milliards d’euros courants, soit 0,5% du PIB, dont un peu plus de la moitié pour les seuls régimes complémentaires AGIRC et ARRCO (hors produits financiers liés aux réserves).

Il y a eu enfin le rapport de la Cour des comptes de décembre 2014, à notre connaissance le premier du genre, sur l’avenir des retraites complémentaires qui, reprenant des hypothèses macroéconomiques moins optimistes que celles du COR, ont pronostiqué l’épuisement des réserves.

Le fort ralentissement de la croissance économique a infléchi significativement les perspectives financières des régimes complémentaires (…) L’AGIRC et l’ARRCO enregistrent ainsi depuis cinq ans des déficits croissants qui pèsent aussi sur le solde des administrations publiques. Dans ce contexte, la Cour estime très probable le risque d’épuisement des réserves financières globales des régimes d’ici 2023, et même d’ici le début de 2018 pour l’AGIRC.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’attention est au maximum sur ce que les partenaires sociaux vont décider d’ici juin pour sauver les retraites complémentaires.

Des retraites qui n’ont jamais été financées par de la dette

Pourtant, comme l’ont rappelé toutes les réponses des « administrations et organismes concernés » qu’il est d’usage de joindre au rapport de la Cour des comptes, si les déficits s’accumulent depuis 2008 en raison de la crise, les retraites complémentaires n’ont jamais eu recours à l’endettement pour payer les pensions.

Par des accords, dont, certes, le rythme s’accélère, elles ont su dès 1994, en baissant les rendements et en portant les taux d’appel de 100 à 125%, accumuler des réserves, qui en 2008, ont atteint le montant cumulé de 60 milliards d’euros (y compris produits financiers) soit un montant équivalent aux charges annuelles des régimes de cette époque.

On voit donc ici tout le décalage avec le régime général ou les régimes spéciaux dont les déficits accumulés sont financés par de la dette. Et l’on ne peut que regretter le manque de courage des pouvoirs publics comme le montre cette phrase issue de l’étude d’impact du projet de loi portant réforme des retraites de 2014 : « on aurait pu envisager  une augmentation plus rapide de la durée d’assurance requise, plafonnée à 44 annuités, comme l’envisageait le rapport remis par Yannick Moreau au Premier ministre. Cette solution aurait toutefois conduit à dépasser les besoins de financement requis par le papy-boom – compte tenu des nouvelles recettes et de l’équilibre général de la réforme ».

Il n’empêche, même avec leur sens des responsabilités, la situation de l’emploi s’étant fortement contractée à partir de 2008-2009, et le nombre de départs en retraite augmentant, les déficits ont commencé à s’accumuler. En 2013, le déficit a atteint 4,4 milliards d’euros. Les partenaires sociaux s’accordent alors sur une désindexation des retraites pour 2014 et 2015 (inflation -1 point) et une hausse des taux de cotisation (0.125 pt) pour 2014 et 2015.

Ces mesures, ajoutées à la réforme des retraites que prépare le gouvernement, doivent leur permettre de reprendre un peu d’air, en attendant un hypothétique retour de la croissance. Le verdict publié hier c’est que pour 2014, les déficits se sont encore dégradés pour atteindre 5,6 milliards d’euros. Deux ans seulement après l’accord de 2013, les partenaires sociaux doivent se remettre autour de la table pour trouver de nouvelles solutions.

Une situation regardée attentivement par le gouvernement 

En réponse au rapport de la Cour, les ministres de l’économie, du budget et des affaires sociales ont fait cette déclaration commune : « Les perspectives financières de ces régimes apparaissent dégradées à un horizon relativement proche. Il s'agit là d'une préoccupation forte du Gouvernement dès lors que de telles perspectives pourraient être de nature à fragiliser la situation des retraités et la confiance des cotisants dans le système des retraites, et dès lors que les soldes de ces régimes contribuent aux comptes des administrations de sécurité sociale au sens de la comptabilité nationale. »

En effet, les retraites complémentaires ont un statut particulier dans le champ des dépenses sociales. Ce sont des retraites obligatoires incluses dans le périmètre des dépenses publiques (ASSO), ce sont donc des retraites publiques (malgré l’appellation trompeuse de complémentaires). Leur statut juridique est tout à fait unique : ce sont des personnes morales de droit privé à but non lucratif remplissant une mission d’intérêt général, administrées paritairement. Ce statut hybride est issu des directives européennes les obligeant à clarifier leur position vis-à-vis notamment des institutions de prévoyance. Elles ont ainsi pu échapper à l’obligation de constituer des réserves techniques. Mais elles ne sont pas non plus incluses dans le champ du PLFSS et donc soumis au vote du Parlement pour leur gestion. Une indépendance à laquelle elles veillent jalousement même si la Cour des comptes insiste lourdement sur la nécessité que leur gestion soit sous tutelle publique et pas des seuls partenaires sociaux.

Un contexte très compliqué

Les négociations s’annoncent très délicates pour plusieurs raisons :

Tout d’abord parce que les premières mesures prises au début du mandat de François Hollande (extension du dispositif carrières longues – présenté comme un retour à la retraite à 60 ans) ont plutôt plombé les comptes des retraites complémentaires.

Par ailleurs, dans l’accord qui a eu lieu en 2013 les régimes complémentaires comptaient sur la réforme du régime général pour redresser par ricochet leurs comptes. Or, la réforme Ayrault-Touraine ne touche à la durée de cotisation qu’à partir de 2020. D’ici là les seules mesures sont des augmentations de cotisations au bénéfice du régime général.

Enfin, cette réforme porte une nouveauté avec le compte pénibilité qui aura forcément un impact sur les retraites complémentaires si comme c’est le cas actuellement les âges de départ régime de base-régime complémentaire restent connectés.

Par ailleurs, la réforme garantissant l’avenir des retraites de 2014 a introduit des indicateurs de soutenabilité des régimes de retraites avec des impératifs : ainsi les mesures ne doivent pas conduire à porter le taux de cotisation global (référence pour un non-cadre) à plus de 28% du salaire brut. Or comme l’indique la Cour des comptes nous y sommes pratiquement déjà (hausse de 2012, de 2013 et 2014). Les marges de manœuvre de ce côté-là sont donc épuisées.

De toute façon, les partenaires sociaux, au premier rang desquels le MEDEF, qui a âprement négocié avec le gouvernement la mise en place du CICE, peuvent difficilement accepter une nouvelle augmentation des taux de cotisations qui viendrait alourdir le coût du travail (notamment vis-à-vis de ses adhérents) alors que le débat sur le coût du travail est désormais largement admis.

Une situation perturbée  par le fonctionnement à double étage de la retraite du privé

Les marges de manœuvre respectives du régime général et des retraites complémentaires ne facilitent pas les choses :

Ainsi en matière de taux de cotisation le régime général et les retraites complémentaires sont en quelque sorte en concurrence sur la même assiette de cotisations (voir schéma) sachant que les cotisations pour le régime général sont :

Part salariale :

  • 6,80% sur le salaire limité au plafond de la Sécurité sociale.
  • 0,25% sur la totalité du salaire.

Part patronale :

  • 8,45% sur le salaire limité au plafond de la Sécurité sociale.
  • 1,75% sur la totalité du salaire.

Comme le montre très bien le dernier rapport de la Cour des comptes, les cotisations ARRCO prélevées sous le plafond de la sécurité sociale représentent 64% de la masse totale des cotisations des régimes AGIRC et ARRCO, et même 94% de la masse des cotisations des affiliés ARRCO non cadres. Dans une certaine mesure, les augmentations de taux de cotisation du régime général (dans le cadre de la réforme des carrières longues votées en 2012 et de la réforme des retraites de 2014) ont ainsi préempté les marges de manœuvre dont auraient pu disposer les partenaires sociaux pour relever les cotisations à l’AGIRC et l’ARRCO. Idem pour le forfait social en 2008 qui soumet les éléments de rémunération non soumis à cotisations sociales à un prélèvement qui atteint tout de même 20%. Comme le souligne justement la Cour des comptes :  « La mise en place du forfait social aurait pu constituer, dans son principe, un précédent et une justification pour les partenaires sociaux en vue d’élargir l’assiette des cotisations AGIRC et ARRCO. Cependant, le taux atteint par le forfait social, même s’il reste très inférieur au taux des prélèvements sociaux patronaux applicables sur l’assiette des cotisations de sécurité sociale, a fortement réduit la latitude d’action des partenaires sociaux. »

Par ailleurs, la fixation annuelle du niveau du plafond de la sécurité sociale, qui délimite la tranche de salaire soumise principalement aux cotisations du régime de base de celle soumise principalement aux cotisations AGIRC et ARRCO, constitue aussi un enjeu majeur. Plus le plafond est élevé, plus les salariés cotisent au régime de base au détriment des régimes complémentaires. Or, l’évolution annuelle du plafond est fixée par voie réglementaire en tenant compte de l’évolution du salaire moyen par tête du secteur privé, salaire moyen qui a progressé plus vite que le salaire médian, sous l’effet notamment de la progression du SMIC.

Certes, dans la mesure où cette perte de recette se traduit par de moindres droits à pensions pour les assurés, son impact sur l’équilibre financier des régimes est réduit. Mais ce qu’explique la Cour des comptes, c’est que pour des rémunérations proches du plafond de la sécurité sociale, le régime de base offre des rendements nettement supérieurs à ceux offerts par l’AGIRC et l’ARRCO. « Dès lors, à distribution de salaires donnée, plus le plafond de la sécurité sociale est élevé, plus il pèse sur l’équilibre financier du système global de retraites. »

Idem entre l’Arrco et l’Agirc, plus le plafond augmente plus les cotisations versées à l’Arrco sont importantes et celles à l’Agirc sont réduites[1].  À ce titre un transfert de compensation est prévu de l’Arrco vers l’Agirc qui atteint tout de même 1 milliard d’euros.

Des mesures forcément douloureuses

Le chemin est donc étroit pour les partenaires sociaux qui devront accepter de mettre sur la table des solutions forcément douloureuses pour sauver les retraites complémentaires.

  • Baisse nominale des pensions

S’agissant de la baisse des pensions, la loi de 2014 a là aussi fixé un plancher en dessous duquel les pensions ne doivent pas descendre, le taux de remplacement (rapport entre la première pension servie et le dernier salaire, là encore pour un non-cadre) ne doit pas être inférieur à 66% selon les indicateurs prévus par la loi de 2014. Nous n’y sommes pas, justement parce que les accords Arrco-Agirc comportent une clause plancher qui prévoit que les mesures de désindexation prises pour ralentir la progression des retraites ne doivent pas conduire à une baisse nominale. De toute façon ces mesures qui devaient s’appliquer pour 2014 et 2015 rapporteront finalement assez peu en raison de la faible inflation. Il est donc possible que cette option soit à l’ordre du jour des négociations.

  • Report de l’âge de pivot

Reste le report de l’âge des retraites. C’est la solution qui a été proposée par le Medef : instaurer un abattement dégressif entre 62 et 67 ans afin d'inciter les actifs à travailler. En instaurant une minoration de 20% sur la pension complémentaire à 62 ans, le Medef a estimé l'économie générée à 2,1 milliards d'euros en 2020. Avec un abattement de 40% à 62 ans, le gain atteindrait 4,3 milliards d'euros en 2020. Mais cela poserait le problème, inédit jusqu’à présent, du décrochage de l’âge pivot de retraite de celui en vigueur dans le régime général.

Certes d’autres mesures pourraient être prises pour « temporiser » :

  • Économies de gestion :

Les coûts de gestion sont 2,7% de la masse des cotisations soit 1,8 milliard d’euros. Ce niveau est sensiblement élevé, comparé à la CNAV. Certes les retraites complémentaires assurent le recouvrement des cotisations ce que ne fait pas la CNAV (recouvrement assuré par les Urssaf). Néanmoins, la Cour des comptes indique dans son rapport qu’à périmètre comparable d’interventions les coûts sont encore supérieurs de 20%. D’où la demande faite par Manuel Valls au Haut comité pour le financement de la protection sociale, d’étudier l’impact d’une collecte des cotisations de retraites complémentaires par les Urssaf à l’image de ce qui a été fait pour l’Unedic. Mais une partie des économies réside aussi dans la maîtrise des charges de personnel des différents groupes de protection sociale chargés de gérer les complémentaires : les charges de personnel comptent pour 55% des coûts de gestion, et la Cour des comptes a relevé des écarts de rémunération entre le niveau moyen à l’Arrco-Agirc et à la CNAMTS de 25% à ancienneté égale soit 200 millions d'euros de coûts !

  • Alignement des règles de réversion sur celles en vigueur dans le régime général :

Le Medef a proposé un système original pour la réversion : proposer une option pour le retraité qui décide que son conjoint percevra à son décès une pension de réversion, il subira alors une décote sur sa propre retraite Arrco et Agirc. Cette minoration pourrait s'élever à 2, 4 ou 5,5% (selon les scénarios envisagés). En revanche, s'il décide de percevoir de son vivant 100% de sa pension complémentaire, son conjoint touchera seulement un tiers ou la moitié de celle-ci. La mesure pourrait générer 100 à 300 millions d'euros d'économies par an en 2020. Mais toucher à la réversion ne rapporte qu’à long terme puisqu’il faut en effet attendre le décès du retraité pour qu'elles puissent générer des économies.

  • Fusion Agirc-Arrco :

Outre la simplification évidente que ce mécanisme apporterait au système des retraites, il correspond aussi à une évolution naturelle de la structure professionnelle, car la frontière est aujourd’hui très poreuse entre cadres et non cadres.

Ces mesures ne sont pas négligeables mais elles ne sont en tout cas pas suffisantes pour résoudre le problème.

Un précédent hasardeux

Si donc, les régimes de retraite s’orientent vers des solutions radicales (augmentation de l’âge pivot, baisse des rendements ou des pensions), il faut impérativement rappeler que la condition préalable à une telle décision est l’alignement de tous les régimes spéciaux sur de telles mesures. Car alors l’écart entre public et privé créerait une vraie rupture dans notre pays.


[1] Sachant que la distribution des salaires des cadres est loin d’être aussi élevée qu’on l’imagine : les cadres jusqu’à  8 PSS pour l’AGIRC sont très peu nombreux (environ 6.000). Au contraire 36% des assujettis à l’AGIRC sont à la garantie minimale de points.

Commentaires

  • Par Jean ROBERT • Posté le 20/09/2015 à 14:53 Bonjour,
    Ci joint, pour info, une lettre postée sur le site du gouvernement en juin et restée sans réponse.je l'ai remise en ligne en août : toujours sans obtenir de réponse.
    Monsieur le premier ministre,
    Je vous ai déjà écrit au sujet des retraites du secteur privé. Face à une situation sans issue réelle, je me permets de vous écrire une nouvelle fois. Il devient urgent de faire connaître vos intentions devant l’impuissance des partenaires sociaux. Une solution acceptable et pérenne va devoir être imposée.

    Les partenaires sociaux "gestionnaires" de l’ AGIRC-ARRCO connaissent depuis des années la fin inéluctable de ces régimes. Ceci va entraîner la disparition des retraites complémentaires du secteur privé.

    Je comprends mal comment un gouvernement en qui j’ai confiance, puisse regarder cette catastrophe arriver sans intervenir. Je sais, ceci ne regarde pas l’exécutif, mais, devant la carence des partenaires sociaux et la passivité de vos nombreux prédécesseurs, vous serez dans l’obligation d’imposer une solution.

    La menace est très sérieuse, d’autant que le secteur public n’est pas concerné. Cette situation ne manquera pas de créer des tensions, que, j’en suis certain,vous ne souhaitez pas avoir à arbitrer.

    Il semble que personne n’a de solution à présenter. Depuis des décennies,nous n’avons jamais tenté de construire un système juste, simple et concernant tous les Français.

    Pour le faire il faut du temps. Les disparités sont telles que les plus favorisés devront accepter des baisses considérables de leurs avantages. C’est pourquoi il faut les étaler dans le temps. Je vous demande une VRAIE réponse. Elle doit concerner tout le monde depuis la Haute fonction publique jusqu’au manœuvre du secteur privé.
    Dans l’état actuel des choses , les jeunes ne sont même pas assurés d’avoir la retraite de base. Elle risque fort, dans quelques année d’être inférieure au SMIG net.
    Une prise de position publique,claire concernant public, privé, régimes spéciaux ainsi que les élus est nécessaire, même si elle doit occasionner des troubles. Plus le temps passe plus nous risquons la violence de la rue.
    Les quelques 16 millions de Français directement concernés seraient sans doute déçus si vous faisiez comme vos prédécesseurs, à savoir laisser le suivant se débrouiller...
    Recevez, Monsieur le premier ministre, mes respectueuses salutations
    Jean ROBERT

    réexpédié le 25/08/2015
    j'ai tenté de la publier dans "le cercle des échos" site dans lequel j'écris de temps en temps.J'ai écrit un article dans lequel j'ai introduit cette lettre ainsi que l'éditorial de la revue "les cahiers de la retraite complémentaire" du 1ier trimestre 2014 ( n° 15 ) signé des 2 directeurs de l'AGIRC-ARRCO qui écrivent cette phrase reprise en exergue en gros caractères rouges en marge de l’article:

    "Les partenaires sociaux se sont imposé une obligation de résultat puisqu’ils ont décidé de conclure un accord au plus tard en juin 2015". Cette revue est en PDF sur internet.
    Cette contribution m'a été refusée .Je comprends ce refus car mon texte mettant en cause M. Vals, les 2 directeurs des retraites complémentaires, les partenaires sociaux, n'était pas rigoureusement respectueux de la charte du site.C'est la première fois que je suis censuré!!
    Voila un sujet sur lequel il me semble important de mettre la pression sur les pouvoirs publics. Il est temps de penser à l'unification de TOUS les régimes. Je n'ai aucune confiances en nos partenaires sociaux pour mettre sur la route un système valable et juste pour le privé, les spéciaux, fonctionnaires,personnel politique...
    Salutations
  • Par Anonyme • Posté le 09/04/2015 à 15:07 Mme Gorreri,
    Votre papier est excellent, mais nous avons un point de désaccord : celui de la comparaison des coûts de gestion entre l’Arrco-Agirc et la Cnav.
    Si, comme vous l’indiquez justement, il faut ajouter le coût du recouvrement (que la Cnav n’effectue pas), ceci n’est pas suffisant.
    1. Pour la comparaison avec le recouvrement ACOSS, il faut ajouter le coût de gestion d’un recouvrement basé sur les rémunérations individuelles. L’ACOSS sait faire du recouvrement de masse avec des masses salariales déclarées par l’entreprise par familles (ou catégories) d’emplois (chaque famille est définie est fonction des règles d’assiettes et de taux qui lui sont spécifiques : il est ainsi facile d’y rattacher un montant de cotisations). Avec le déploiement de la Déclaration Sociale Nominative (DSN), l’ACOSS va pouvoir apprendre à faire du recouvrement individualisé par ligne salaire … mais il faudra pour cela attendre plusieurs années (ie le déploiement de son futur système d’information). A l’inverse, l’Agirc-Arrco exploite depuis toujours la DADS (la DSN demain) pour établir le compte individuel du salarié et attribuer ses droits et le bénéfice de son nouveau système d’information va lui permettre de réduire ses coûts.
    2. Pour la comparaison avec la gestion de la CNAV, il faut ajouter le coût d’une gestion par points (un peu plus sophistiqué quand même qu’une gestion par trimestre et dont je m’autorise à penser qu’il contribue à un meilleur pilotage des régimes si l’on en croît l’évolution de la dette). La presse se fait l’écho des négociations engagées entre les partenaires sociaux pour combler le déficit technique, en oubliant de dire que ni l’Arrco ni l’Agirc n’ont actuellement de dettes (contrairement au régime général).
    J’espère que l’IFRAP va œuvrer pour convaincre le Premier Ministre que confier le recouvrement des régimes Arrco-Agirc aux Urssaf est tout sauf une bonne idée.
    Avec la Déclaration Sociale Nominative, j’ai proposé (en 2001 …) un dispositif qui doit rapidement réduire la charge administrative des entreprises (pas celle des opérateurs de protection sociale - OPS).
    Il ne faudrait pas qu’on mette les employeurs français dans la même situation dramatique que les artisans-commerçants en proposant de basculer sur l’ACOSS un système que celle-ci est incapable de gérer en l’état actuel des choses.
    Je compte sur l’IFRAP pour affirmer ce point de vue.
    Pour autant, je vous donne acte que mes propositions de 2001 comprenaient deux points qui restent encore à mettre à œuvre : inverser le sens de la preuve et renoncer à l’annualité du plafond SS.
    Inversion du sens de la preuve : actuellement le calcul des cotisations sur une feuille de paie est tellement compliqué que même un technicien Urssaf en est incapable ; je considère que ce n’est pas à l’entreprise de porter le poids et la responsabilité de ces calculs mais à chaque OPS destinataire des cotisations ; la responsabilité du chef d’entreprise concerne la partie haute du bulletin de paie (le salaire brut, le nombre d’heures travaillées, la CCN de rattachement) ; la partie basse (les cotisations donc) est de la responsabilité de chaque OPS : c’est sa réglementation qui fait foi ; donc c’est à l’OPS de dire chaque mois combien doivent l’entreprise et le salarié ; sur la base de flux informatisés et de ce que les techniciens appellent des API, l’entreprise peut fournir à l’OPS les éléments hauts et l’OPS peut répondre à l’entreprise en 24 heures sur les éléments bas … en adressant une facture à l’entreprise (ce qui va permettre à cette dernière de traiter les cotisations sociales comme des factures fournisseurs et d’automatiser son processus de traitement) ;
    Annualité du plafond SS : aujourd’hui, les logiciels de paie (ou les chefs d’entreprise qui le font à la main sur Excel) sont obligés de calculer les cotisations TA/TB/TC en repartant depuis le 1er janvier ; dit autrement, pour un agent de maîtrise ou le cadre qui est en dessous du plafond pendant un mois, mais qui reçoit une prime le mois suivant, il faut d’abord combler le manque de TA sur le mois 1 avant de calculer les cotisations TB sur le mois 2 ; ce faisant, nous sommes obligés d’attendre la DADS en début d’année suivante pour établir le compte réel de l’entreprise (et le salarié est obligé d’attendre septembre de l’année suivante pour avoir connaissance des points qui lui sont attribués) ; lorsque j’ai proposé la DSN en 2001, je mettais en avant l’archaïsme de ce système qui remonte à 1947 à une époque où la CNAV calculait les retraites en annuités. Depuis 2001, je préconise de s’en tenir au seul plafond mensuel ; ainsi, le solde de l’entreprise peut être établi à la fin de chaque mois sans avoir à y revenir au cours des 12 mois suivants ; de même, les droits du salarié peuvent être attribués chaque mois (comme il l’a dans un système par capitalisation : je paie, j’obtiens immédiatement mes droits). Si la CNAV peut être réservée sur ma proposition (le fait de ne pas combler une TA sur le mois 1 ne sera plus compensé le mois suivant s’il y a un élément complémentaire de rémunération), il me semble que nous pouvons régler par des transferts financiers cette question entre les régimes plutôt que de continuer à compliquer la vie des entreprises.
    Renaud Vatinet
    Président de Vatinet Conseil
    Expert de simplification administrative et des systèmes d’information de la protection sociale
    Ancien directeur de programmes interministériels de simplification administrative (Service Public de l’Emploi, Centres de Formalités d’Entreprises)
    Ancien directeur de CESIA chargé des opérations de simplification (Transfert de Données Fiscales et Comptables, GIP MDS Net-Entreprises)
    Ancien associé de Deloitte / Ineum / Kurt Salmon
  • Par Anonyme • Posté le 09/04/2015 à 00:18 174 trimestres de travail et une retraite personnelle toutes caisses confondues 788 €
    supprimer : le minimum vieillesse à ceux qui n' ont jamais travaillé serait une solution
    plus juste
  • Par Anonyme • Posté le 06/04/2015 à 20:28 Il y a déjà actuellement en France une profonde inégalité entre d'une part les retraités privilégiés des régimes spéciaux et de la fonction publique et d'autre part les retraités du Privé (et surtout les cadres), qui financent le secteur publique !

    S'il n'y a pas remise en cause profonde des régimes spéciaux (EDF GDF SNCF et tous les autres) et des régimes retraite de la fonction publique, alors c'est une déclaration de guerre entre les miséreux salariés retraités du Privé et les super privilégiés des Régimes Spéciaux et de la fonction publique.

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