Emploi et politiques sociales

Urgences à l'hôpital : 27 coups de téléphone pour rien !

30 décembre 2008 • Philippe François

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Depuis le monde entier, à tout moment, n'importe qui peut savoir s'il y a une chambre libre à Kuala Lumpur. Pourquoi est-il impossible de connaître les disponibilités de lits et de spécialistes dans les établissements de l'AP/HP de Paris ?

Dans toutes les organisations, il existe une procédure d'appel pour contourner les circuits normaux de décision dans les cas graves. A l'AP/HP, où est la procédure mise en place pour alerter un responsable capable d'imposer une priorité en cas d'urgence ?

Les Urgences hospitalières sont en crise permanente malgré les augmentations de moyens et d'effectifs mis en place depuis 10 ans.

Un mort a été attribué à une absence de méthode cette semaine. Les Urgences sont la cause de beaucoup d'autres drames, et de combien de coûts.

Comme nous l'avions indiqué en 2005, les Urgences sont à l'image de l'hôpital, mais en pire : parfois ou souvent du dévouement, presque toujours de la désorganisation.

Les solutions sont connues : définition de méthodes, respect strict des procédures, contrôle et évaluation quantitative et qualitative, sanctions positives ou négatives.

La Ministre de la Santé l'a répété : "Ce n'est pas de moyens dont manquent les hôpitaux, mais d'organisation".

-Société Civile, Septembre 2004 :

Hôpital : une obligation morale d'efficacité

Et pour le médecin urgentiste que nous avons tous vu à la télévision en août 2003 passer 5 minutes à diagnostiquer son malade et une heure au téléphone à chercher un lit d'accueil dans les hôpitaux de l'Assistance Publique de Paris (qui font pourtant partie du même groupe), on doit faire quelque chose. Les méthodes et les outils existent.

-Société Civile, Juillet 2005

URGENCES : concentré des maux de l'hôpital

Les urgences : Des médecins qui téléphonent tous azimuts à la recherche d'un placement adapté pour leurs patients. Trop de personnels sont occupés à faire un travail pour lequel ils ne sont ni formés, ni adaptés. Soignants et soignés prennent des risques.

-Société Civile, Décembre 2008

Libérer les Urgences hospitalières

Alors pourquoi bloquer les dossiers de demandes d'ouverture de services d'urgences privés à Paris ou dans le Sud quand la tâche est un tel fardeau insurmontable pour l'hôpital public ?

Commentaires

  • Par BD • Posté le 18/02/2009 à 23:28 Votre article est très pertinent, j'y ajouterai une remarque: les urgences sont saturées de malades qui ne sont pas des urgences, mais qui y viennent parce qu'il n'y a pas besoin de prendre rendez-vous, voire parce qu'on ne paie pas. Et les médecins sont obligés de tous les voir, ce qui ralentit considérablement la prise en charge des vraies urgences. Pourquoi ne pas leur permettre, comme en Suisse, de refuser de voir ces pseudo-urgences en les renvoyant vers un médecin traitant?...
  • Par georges • Posté le 02/01/2009 à 13:59 Le monde entier envie-t-il encore notre système de santé ?
  • Par Doc38 • Posté le 30/12/2008 à 18:46 Pour avoir travaillé de nombreuses années à l'hôpital public, je puis vous affirmer que le dévouement légendaire de ses agents est justement de plus en plus un mythe.

    Bien-sûr il existe comme partout une majorité de gens dévoués et consciencieux, mais de plus en plus l'on y cotoie des gens démotivés, ne souhaitant faire le strict minimum. Combien de fois dans les services ai-je été témoin de fausses déclarations des infirmières qui tentaient de dissimuler aux services d'urgence les capacités d'accueil réelles de leurs unités. Combien de fois ai-je vu des infirmières laisser le téléphone décroché pour éviter d'être dérangées dans leur travail. Combien souvent j'ai pu être le témoin de médecins de garde ou d'astreinte injoignables au bip. Et on se donne bonne conscience en se disant que c'est la faute au manque de personnel (en réalité la désorganisation dramatique due au passage aux 35 h). Et cela sans oublier une gestion archaïque des dossiers médicaux (papier encore bien souvent au XXI è siècle), et des informations internes (annuaires internes périmés depuis plusieurs années, n° qui ne débouchent sur rien, etc...)

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