Emploi et politiques sociales

Taux d'inflation 2009, à quoi nous attendre ?

27 octobre 2009 • Philippe François

emploi_politiquessociales.jpg

Les différents indicateurs que sont l'inflation, l'inflation moyenne, l'inflation sous-jacente, l'inflation des prix à la consommation... corrigés ou non des variations saisonnières... sont une jungle souvent exploitée de façon partisane.

Contrairement à 2008 où ces mesures avaient évolué de façon très différente, en 2009 ce sera plus difficile de les manipuler, les données sur l'inflation étant très homogènes.

En 2008, les prix avaient augmenté de 1% entre le 1er janvier et le 31 décembre 2008 (l'inflation n'était que de 1%) tandis que l'inflation moyenne avait été de 2,8%. Cet écart exceptionnel était dû à une forte augmentation des prix en début d'année et une forte baisse en fin d'année. Ce phénomène avait donné lieu à des débats animés, chacun s'abritant derrière le chiffre qui lui était favorable pour défendre ses intérêts.


Glissements annuels de l'indice des prix à la consommation (IPC) et de l'inflation sous-jacente (ISJ) et de l'inflation sous-jacente (ISJ)

note :

- le « Glissement annuel » mesure l'écart des prix entre le mois N de l'année en cours et le même mois N de l'année précédente.
- l' « Inflation moyenne » mesure la moyenne des 12 glissements annuels de l'année.

En septembre 2009, les prix sont inférieurs de -0,4% à ceux de septembre 2008.
Sur les 9 premiers mois de 2009, l'inflation moyenne est pratiquement nulle (-0,03%).

Inflation mensuelle

L'indice d'inflation le plus connu est celui que l'INSEE annonce tous les 15 du mois et qui indique l'évolution des prix entre le mois N de l'année et le mois N-1 de la même année. En ce mois d'octobre 2009, l'INSEE vient d'annoncer l'évolution des prix de septembre 2009 comparé à ceux d'août 2009.

Evolution mensuelle des prix en 2009 (en %)
Jan Fev Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept
-0,4 +0,4 +0,2 +0,2 +0,2 +0,1 -0,4 +0,5 -0,2

En 2009, au mois de septembre, les prix ont baissé de 0,2% par rapport à ceux d'août, en valeur absolue comme en données corrigées des variations saisonnières. Sur les 9 premiers mois de 2009, l'inflation est de +0,4% (les prix en septembre sont supérieurs de 0,4% à ce qu'ils étaient le 1er janvier 2009). "L'inflation moyenne" sur les 9 premiers mois de 2009 étant inférieure à l'inflation sur ces mêmes 9 mois, explique pourquoi cette année, contrairement à l'année dernière, personne ne demande à ce que les minima sociaux, les salaires et les allocations soient réévalués en fonction de l'inflation moyenne.

Une Inflation sous-jacente forte

Pour estimer l'Inflation sous-jacente, l'INSEE élimine de l'indice des prix les produits et services dont les variations sont aléatoires et extérieures, notamment les carburants. Son niveau actuel de 2% par an est élevé pour une période de récession et résulte de la distribution de pouvoir d'achat artificiel créé par le déficit des comptes publics, Etat et Sécurité Sociale. En cas de remontée du prix des carburants et des matières premières, la situation est propice à une forte remontée de l'inflation. Pour le 4ème trimestre de 2009, les experts prévoient une hausse de 0,5 à 1% par mois conduisant à une inflation sur l'année de 2%.

Une sur-estimation de l'inflation

Dans l'étude iFOP-ROBECO effectuée pour la 6ème année en septembre 2009, les Français perçoivent l'inflation sur les 12 derniers mois à 8,5%, alors qu'elle est voisine de zéro. C'est un indicateur supplémentaire, du travail de formation et d'information économiques, qui est à faire dans notre pays.

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 24/03/2010 à 08:18 Il faut regarder à quoi servent ces deux notions pour bien les comprendre:
    - L'inflation sur l'année (0,9%) indique de combien les prix ont monté (par exemple) entre le 1er janvier de 2009 et le 1er janvier 2010.

    Cet indicateur est utilisé notamment pour déterminer quelle doit être l'augmentation des salaires pour que les personnes commencent la nouvelle

    année avec le même pouvoit d'achat qu'au début de l'année précédente. C'est l'indicateur le plus simple et le plus utilisé.

    - L'inflation annuelle moyenne mesure par contre combien les personnes ont perdu d'argent sur l'année passée si leur salaire était resté stable tout au long de l'année. On le calcule en faisant la moyenne de l'augmentation des prix de chaque mois par rapport eu même mois de l'année précédente. C'est plus rarement utilisé.
    Exemple caricatural:
    Imaginons une année où l'inflation est forte pendant chacun des 11 premiers mois par rapport au même mois de l'année précédente,

    Imaginons aussi que les prix baissent par contre en décembre par rapport au décembre de l'année précédente.

    Les Français auront subi l'inflation de cette année-là, pendant 11 mois leur pouvoir d'achat aurait sérieusement souffert, mais au début de l'année suivante ils auraient retrouvé leur niveau de vie.
    C'est ce cas qui s'est produit (dans de moindres proportions) en 2008 et le cas inverse en 2009.

    Deux articles de l'iFRAP sur ce sujet troublant :

  • Par mf • Posté le 24/03/2010 à 08:18 Pouvez-vous répondre à mon interrogation : je cherche a savoir pourquoi il existe un taux d'inflation annuel (qui est de 0,9 pour 2009) et un taux d'inflation annuel moyen (qui est de 0,1 pour 2009) ? Qu'elle est l'utilité des 2 taux ? A quoi servent-ils ?
  • Par Philippe François • Posté le 07/11/2009 à 18:09 Le revenu moyen a bien augmenté considérablement depuis 40 ans, y compris pour les personnes touchant le SMIC. Nous avons publié un article sur ce sujet :
  • Par trofor • Posté le 07/11/2009 à 18:09 Dans votre article vous ne parlez que de la répartition en % de la valeur ajoutée, qui est restée environ stable.

    Mais si on regarde le PIB annuel par habitant, il a environ quadruplé depuis 1960 (source INSEE) à cause (entre autres) des gains de productivité que vous vous contentez de dénigrer par rapport à ceux de nos voisins européens, mais que vous oubliez de considérer en tant que causes brutes d'augmentations de richesses dont on ne sait où elles sont passées...

    Je ne crois pas qu'une famille moyenne actuelle possède 4 voitures et 4 maison au lieu d'une en 1960 (ce serait plutôt la tendance contraire, à mon humble avis, et en regardant autour de moi...).

    Alors?

Fermer

Newsletter

Inscrivez-vous à la lettre d'information hebdomadaire de la Fondation iFRAP.

Recevez chaque semaine notre lettre d'information pour vous tenir au courant de l'activité et des travaux de la Fondation iFRAP.