Emploi et politiques sociales

Rapport de la Cour des comptes : épingler la Poste ou les auteurs des fuites ?

Une manipulation ?

05 juillet 2010 • Bernard Zimmern

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Le Figaro du 2 juillet, sous le titre « La Cour des comptes épingle la Poste », publie en avant-première le contenu d'un rapport provisoire de la Cour particulièrement critique de la gestion de la Poste : respect du délai de distribution qui stagne à 85% pour le courrier délivré en J+1 en 2009 – mais il était de 69,6% en 2003 ! -, attentes aux guichets encore désorganisées, trop de bureaux de poste – mais en notant que la loi fixe un nombre supérieur à celui déjà réalisé -, des charges trop élevées en raison d'excès de personnel et d'un parc immobilier excédentaire - mais en 6 ans, les effectifs ont été réduits de 14% !, enfin lenteur du développement de la Banque Postale, seraient les principales accusations.

La Cour dans un communiqué de presse du même jour dénonce « la publication non autorisée d'une version provisoire de ses rapports [qui] n'engage en aucun cas la parole de la Cour des comptes. La position de la Cour est définie au terme d'une procédure contradictoire et collégiale, qui n'est pas achevée à ce jour. La Cour ne fera aucun commentaire jusqu'à l'aboutissement de cette procédure ».

Il est d'abord totalement inacceptable qu'un rapport de la Cour puisse être divulgué à la presse alors qu'il n'a pas été validé. Cela mériterait une enquête et des sanctions éventuelles.

Car tout un chacun sait qu'après une attaque en règle reprise par tous les médias, les démentis ou les mises au point sont de peu d'effet : ce sont les critiques dont se souvient l'opinion.

L'on peut en effet se demander si cette publication n'a pas eu pour objet de déconsidérer l'un des rares services publics ayant su en quelques années, en bouleversant son accueil, se mettre au service de ses clients, tout en ayant le courage et la ténacité de réduire ses effectifs de façon significative, même s'il reste encore beaucoup de chemin avant que la Poste soit à niveau avec ses équivalents étrangers. A-t-on vu la Cour s'en prendre aux effectifs de la Banque de France six fois plus élevés que ceux de sa consœur, la Banque d'Angleterre alors qu'elle n'a plus la gestion d'une devise ? Et qui réduit ses effectifs de moins de 1% par an ? Ou même de la SNCF qui fait mieux (8% en 6 ans) que la Banque de France mais moitié moins bien que la Poste et dont la moitié des dépenses doit encore être couverte par de l'argent public ?

Commentaires

  • Par • Posté le 07/07/2010 à 22:30 Bonjour,
    notre affirmation reposait sur une étude comparative de la Banque de France et de la Banque d'Angleterre, à laquelle je vous renvoie. Il s'agit du chapitre I.2 du livre Réformer la Cour des Comptes (Société civile spécial n°85), dont je vous rappelle ci-dessous le chapeau :
    - Dès 2001, l’iFRAP dans un dossier dénonce

    une Banque de France (BDF) hypocondriaque,

    avec 6 fois les effectifs de la Banque d’Angleterre

    pour les missions très similaires;
    - La Cour ne s’empare du sujet qu’en 2006 après l’effondrement

    des recettes de la BDF dont le budget passe au rouge;
    - Les avantages incroyables du personnel de la BDF;
    - Un bon rapport mais un très mauvais suivi où la Cour

    se gargarise alors que les effectifs des personnels

    sont encore 5 fois trop importants.
    Cordialement,
    Pour Bernard Zimmern
  • Par Tourtan • Posté le 07/07/2010 à 22:30 Dans cet article, nous pouvons lire : "A-t-on vu la Cour s’en prendre aux effectifs de la Banque de France six fois plus élevés que ceux de sa consœur, la Banque d’Angleterre alors qu’elle n’a plus la gestion d’une devise ? ". Eh bien l'auteur est bien mal renseigné car la Cour des Comptes émet souvent un rapport critique sur la Banque de France, et que vous affirmiez que la Banque de France ne réduit pas ses effectifs atteste de votre ignorance de la question puisque la restructuration du réseau en 2005 provoqua la fermeture d'une centaine de comptoir, et la suppression de 2000 emplois. Quant à la comparaison avec la Banque d'Angleterre, elle ne fait pas partie de la zone Euro donc aucune comparaison possible. Par ailleurs, la Banque de France gère pour le compte du Trésor Public le secrétariat du surendettement (le Trésor Public ne participe d'ailleurs pas à 100% aux frais lui afférant). Autre fonction de la Banque de France, le service des entreprises, permettant le refinancement et la stabilité du système bancaire, et aussi la médiation du crédit, que beaucoup ignorent être géré par la BDF. Je ne parle même pas de la circulation de la monnaie fiduciaire, inscrit dans les statuts. La Banque de France est reconnue comme intitut de notation dans le traité de Bale II.

    Si le reste de l'article est aussi fiable, je me permets d'émettre quelque réserve sur son intéret !

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