Emploi et politiques sociales

Alain Mathieu - Editions du Cri

Punir les plus riches ne réduit pas la pauvreté

Le modèle anti-social français

15 septembre 2008 • Bernard Zimmern

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Alain Mathieu, président de l'association Contribuables Associés, publie aux éditions du Cri
un petit livre d'apparence modeste, mais qui est en fait un brûlot : Le modèle anti-social français ;
avec pour sous-titre « Ceux qui paient, ceux qui touchent ».

Alain Mathieu est bien
connu des abonnés de
Société Civile pour avoir
été non seulement pendant dix
ans vice-président de l'iFRAP
mais aussi l'auteur ou le coauteur
des dossiers de l'iFRAP les plus
mémorables : celui sur la Banque
de France qui, des années plus
tard, déclenchait encore l'ire de
Jean-Claude Trichet mais dont les
propositions ont été toutes mises
en application… avec beaucoup
de retard ; les dossiers sur le CNRS,
le cinéma, le SNUI, etc.

C'est la même précision quasi
chirurgicale qu'Alain met au service
d'une analyse beaucoup plus
large de notre système social pour
en démonter toutes les faiblesses
et les faux-semblants. Cette analyse
est d'autant plus pénétrante
que son auteur connaît à fond la
plupart des astuces fiscales qui
permettent aux riches de payer
moins d'impôts… et dont la divulgation
risque de ne pas lui faire
que des amis. Mais les conséquences
de l'effet Matthieu rappelé en
exergue – « Car à tout homme qui
a, l'on donnera et il aura du surplus ; mais à celui qui n'a pas, on
enlèvera ce qu'il a », Matthieu 25 –
s'étendent à toute une catégorie
de nouveaux riches que nous avions
épinglés dans Les Profiteurs de
l'État (Plon 2001), les privilégiés
de la fonction publique et des services
publics ; les « gentils organisateurs » ont su profiter de leur
position au cœur de l'État pour se
servir eux-mêmes les premiers.

Il faut rappeler qu'une des chimères
françaises est de croire que
parce que quelqu'un est fonctionnaire
(ou même syndicaliste),
les positions qu'il prend sont forcément
désintéressées et dictées
par le sens de l'intérêt général ;
les économistes du « public choice » ont montré depuis près d'un
demi-siècle que c'était complètement
faux et que ces populations
se comportent comme toute collectivité
humaine en cherchant
d'abord leur intérêt propre.

Taxer les riches n'a pas diminué
la pauvreté

Le lecteur intéressé trouvera dans
l'ouvrage d'Alain Mathieu une synthèse
assez complète et précise des
différents avantages que les gentils
organisateurs se sont arrogés. Le
tableau de la société française est
ainsi bouclé sur un constat irréfutable : à vouloir aider les pauvres,
on finit par les appauvrir davantage
en favorisant ceux qui se servent
de la redistribution pour se servir.

Le chapitre 4 n'est pas le moins
intéressant : c'est celui qui aborde
les solutions. En tête, une idée simple : on n'enrichit pas les pauvres
en cherchant à réduire les inégalités,
c'est-à-dire en surtaxant les
riches. L'auteur rappelle très justement
que la commission Attali
a écrit : « L'enrichissement n'est pas
un scandale, seule l'est la pauvreté. »
Changement d'état d'esprit qui
nécessite une volonté politique
plus forte, faire plus appel au bénévolat
et à la générosité privée qu'à
l'État, réduire bien sûr la dépense
publique et pour cela reprendre
une campagne chère à l'iFRAP et
menée avec constance depuis 1999,
celle consistant à donner à notre
Parlement les moyens de pouvoir
enfin contrôler la dépense publique
avec un office type National Audit
Office (NAO) britannique.

Tels sont les principaux axes d'une
conclusion qui assure que le travail
entrepris en 1990 par Contribuables
Associés n'est pas près de se
terminer… ni celui de l'iFRAP.

Commentaires

  • Par Viellard • Posté le 23/09/2008 à 10:43 Ce n'est pas nouveau!
    Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne.

    Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort.

    Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur.

    Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes.

    Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche.

    Vous ne pouvez pas éviter les soucis en dépensant davantage que votre gain.

    Vous ne pouvez pas forger le caractère et le courage en décourageant l’initiative et l’indépendance.

    Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement, en faisant pour eux ce qu’ils pourraient et devraient faire eux-mêmes.

    Abraham LINCOLN

    Président des États-Unis

    En 1864

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