Emploi et politiques sociales

Le journal des entreprises • Pigeons. Saine réaction ?

07 novembre 2012 • l'équipe de la Fondation iFRAP

Le Journal des Entreprises publie un éditorial d'Agnès Verdier-Molinié, directeur de la Fondation iFRAP.


Le gouvernement ne s'est-il vraiment pas rendu compte que l'idée de taxer le capital comme le travail allait à l'encontre de la création d'entreprises, de la création d'emplois et du financement des PME et ETI que ce même gouvernement veut soi-disant favoriser ? La fronde des pigeons n'est qu'un juste retour de bâton. Retour de bâton qui montre aussi que l'on ne peut pas gouverner uniquement par l'idéologie et sans concertation. Tout cela aurait pu être largement évité par un minimum de dialogue. Résultat : de nombreux abattements pour une mesure qui ressemble aujourd'hui fortement à une usine à gaz. Les plus-values de cessions seront bien taxées dorénavant au barème de l'impôt sur le revenu et non plus au taux forfaitaire de 19 %. Cela dit, les titres détenus entre deux et quatre ans bénéficieront d'un abattement de 20 %, 40 % pour au moins six ans, les plus-values seront exonérées si elles sont réinvesties à 50 % dans une ou des entreprises dans les trois ans… Et, resteront imposés au barème ceux qui, en gros, peuvent justifier une fonction dirigeante dans l'entreprise. Bref, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Le problème à la base de tout est que le gouvernement a en tête qu'il faut différencier entrepreneurs (qui travaillent dur) et investisseurs (qui s'enrichissent en « dormant ») alors que cela n'a aucun sens. Les entrepreneurs et les investisseurs sont souvent les mêmes personnes et ont absolument besoin les uns des autres. Cela dit, ce n'est que le début : les entreprises des services à la personne, touchées par des charges non plus calculées au forfait mais au réel se révoltent aussi sous le nom des dindons. En ce mois d'octobre 2012, la France a vécu un tournant : ceux qui prennent des risques et sont les moteurs de la croissance aimeraient bien qu'on leur laisse faire leur travail. Ils aimeraient aussi que, du côté de la baisse des dépenses publiques, un effort plus que symbolique soit fait.