Emploi et politiques sociales

Le modèle économique anglais nous réserve des surprises

Réfutation de Patrick Artus dans Challenges

02 avril 2009 • Bernard Zimmern

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Nous avons été très surpris de découvrir dans Challenges du 5 mars, sous la plume de Patrick Artus, que le secteur de la finance anglaise représentait « 22% des emplois contre 2,5% dans le reste de la zone euro ».

Avec un tel écart, il devenait clair que, comme l'indiquait le titre de l'article, « le modèle anglais [ne pouvait qu'] explose[r] ».

Le problème est que le chiffre réel n'est pas 22% mais 6,5%, les 22% couvrant non seulement les emplois dans le secteur financier mais dans tous les services aux entreprises. Il est étonnant qu'un économiste aussi connu ait pu commettre une telle erreur. A-t-il voulu trop prouver ?

Une fraction importante des économistes français est en effet exaspérée de constater qu'en 30 ans, les Anglais, avec une population totale voisine de la nôtre, ont créé 5 à 7 millions d'emplois marchands de plus que nous, que de ce fait le taux d'emploi de la population active avoisine 73% contre 63% en France, que les deux tiers des jeunes de moins de 25 ans ont un emploi contre un tiers seulement en France, que les Anglais en un mot ont vaincu le chômage, ce que nous essayons de faire sans succès depuis 1974.

Leur prospérité n'est pas due à ce que l'Angleterre serait « un gigantesque fonds de private equity » mais un pays où la création d'entreprises à forte croissance est encouragée là où, en France, nous nous heurtons aux réglementations paralysantes et au manque de moyens.

Tout n'est pas à copier en Angleterre, mais elle a encore beaucoup à nous apprendre en matière de création d'entreprises et d'emplois, le talon d'Achille de la société française.

Lire l'article de Challenge : « Malade de la finance, le modèle anglais explose »

Commentaires

  • Par François Aureau • Posté le 03/04/2009 à 16:28 Tout ce qui est dit dans ce parfait article est tellement évident, tellement connu, archi-connu, qu'on se demande de quelles cécités et surdités sont atteints nos concitoyens et gouvernants pour qu'on ne s'inspire pas de ce modèle pour attaquer - enfin- sérieusement le problème du chômage, dont on nous dit sans cesse, à juste titre, que c'est le pire mal du pays.Je crois en fin de compte que la France aime son chômage, et que chacun y trouve son bonheur.
  • Par GABEGIE • Posté le 03/04/2009 à 15:44 Et oui, il faut faire attention aux comparaisons internationales.

    En tout cas, en GB, le permis de conduire est mieux organisé que chez nous ! Et la créativité est plus encouragée qu'ailleurs ( Taxis réservé aux femmes ) où règne la bureaucratie/fiscalité cumulative en cascade ... suivez mon regard !
    Nous avons beaucoup à apprendre des scandinaves et des anglo-saxons sur bien des chapitres.

    Malgré tout, nous avons (par miracle !) de brillantes réussites.

    Europ Assistance par exemple !
  • Par Bernard Zimmern • Posté le 03/04/2009 à 09:57 Merci de votre intervention. Il est vrai que l'un des arguments des anti-britanniques est de dire que les emplois anglais sont à temps partiel, sous-entendu, ce sont des petits boulots. Mais s'il est vrai que les Anglais ont plus de temps partiels que nous, les temps partiels SUBIS, non choisis par les intéressés, sont de 30% en France, 8% en UK (source Eurostat). En d'autres termes, les Anglais ont compris qu'il valait mieux avoir deux boulots qu'un. (l'auto-entrepreneur devait accélérer ce mouvement en France). Un moyen de vérifier qu'il ne s'agit pas de manipulation statistiques: le nombre d'heures travaillées: 48 milliards en Grande-Bretagne contre 39 en France.
  • Par Philippe Pagès • Posté le 03/04/2009 à 09:57 S'il est vrai que les britanniques ont vaincu le chômage et posé les bases d'un système propice à la création d'emplois et donc de richesses, force est de constater que la plupart des "économistes" français cherchent systématiquement à déceler les éventuelles failles du système en en stigmatisant systématiquement les imperfections ! Que dire face à une allégation aussi péremptoire que celle de M. Artus dans son article dans Challenges : "En 2020, 70% des retraités britanniques seront au-dessous du seuil de pauvreté !", ou encore comment contrer l'argument qui cherche à démontrer que les emplois créés en Angleterre sont pour la grande majorité des emplois précaires dans le secteur des services ? Comment distinguer le vrai du faux si ce n’est en cherchant des informations contradictoires et étayées d’argumentations vérifiables car chiffrées et analysées avec zèle et objectivité ! Merci pour votre travail, on en demande encore !

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