Emploi et politiques sociales

Elections européennes : les vertus du modèle britannique

04 juin 2009 • Bernard Zimmern

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Profitant de la crise, de son impact sur la finance britannique qui joue un rôle mondial important et des difficultés d'un gouvernement travailliste en fin de course, un certain nombre de contempteurs du système capitaliste se répandent en annonçant le désastre du modèle britannique, son naufrage, sa fin irrémédiable.

Ces critiques vont un peu vite en besogne car le modèle britannique est encore loin de s'être déclaré vaincu dans la compétition avec le modèle français.

L'Etat a parmi ses rôles les plus importants ceux d'assurer à ses citoyens une chance raisonnable de trouver un travail et de ne pas les faire dépendre de subsides qui leur enlèvent leur liberté. Sur ce plan, la Grande-Bretagne a fait et continue de faire beaucoup mieux que nous. Depuis des années, nous subissons un chômage permanent qui est rarement descendu en dessous de 8% de la population active alors que les Anglais avant la crise étaient tombés à moins de 5%. Actuellement, il est anticipé que le second trimestre se terminera outre-manche à 7,4% mais que nous en serons à 9,6%. Certains nous diront que les chiffres du chômage anglais sont truqués, que les Anglais font disparaître leurs chômeurs en les classant dans les handicapés ; mais outre que ceci est loin d'être prouvé, nous ne sommes pas en reste dans la mesure où, si l'on prend toutes les catégories en recherche d'emploi, notre taux de chômage s'accroît de 50% par rapport aux chiffres officiels et se situerait plutôt autour de 13% de la population active.

Un deuxième devoir de l'Etat est de réduire les inégalités et, là aussi, les Anglais font beaucoup mieux que nous, à commencer par la suppression de la misère qui s'étale dans les rues ; nous aurions en effet plus de 100.000 SDF là où les britanniques en ont au plus quelques centaines. Si l'on compare la répartition des revenus après prélèvements fiscaux et redistribution, elles sont à peu près identiques entre les deux pays. Ce qui rend très étonnant que les prélèvements obligatoires anglais ne dépassent pas 35% du PIB alors qu'ils sont 10 points plus élevés en France. 10 points dont nous avons pu montrer en comparant avec les USA qu'ils étaient absorbés non par un transfert des riches aux pauvres mais par un transfert de l'ensemble de la population, y compris les pauvres vers la fonction publique et tous ceux qui vivent de l'Etat.

Un troisième devoir de l'Etat est de ne pas laisser la dette publique s'emballer. Et, fin 2009, il est prévu que la Grande-Bretagne en sera à 62% du PIB contre 75% pour la France.

Ce que l'idéologie des contempteurs du système britannique ne leur laisse pas voir, c'est que ces résultats ont une raison profonde : le succès des entreprises anglaises, ce que ces mêmes contempteurs appellent la dictature de l'argent. Pour pouvoir donner du travail à tous et même aux étrangers (n'oublions pas que la Grande-Bretagne a laissé travailler chez elle tous les migrants de l'Europe de l'Est alors qu'ils sont pour la plupart interdits de travail en France), il a fallu développer des entreprises. Et les études de l'IRDEME montrent clairement que les entreprises anglaises se développent deux fois plus vite que les françaises tant en effectifs qu'en capitaux. Et que les « riches » anglais sont encouragés à mettre leur argent dans des créations d'entreprises, pas à l'investir dans des tableaux de maîtres ou des collections ou dans des valises pour partir à l'étranger comme les y incite l'ISF.

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