Emploi et politiques sociales

Effectifs de la fonction publique : près d'un emploi sur quatre !

16 juillet 2008 • Sandrine Gorreri

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La DGAFP vient de rendre son rapport sur la fonction publique en France : en 2006, notre pays compte 5,2 millions de fonctionnaires. Parmi eux, la moitié travaille dans la fonction publique d'Etat mais ce nombre est en recul de 30 000 postes environ, conformément aux annonces du gouvernement. La fonction publique hospitalière est également en légère baisse autour d'un million d'effectifs environ. C'est la fonction publique territoriale qui est toujours en hausse : avec 1,662 million de fonctionnaires, elle progresse de 0,3% en un an.

Officiellement, cette progression s'explique par un transfert des compétences de l'Etat vers les collectivités territoriales. Mais les rapports d'audit, et récemment encore, le rapport rendu dans le cadre de la fameuse RGPP par Alain Lambert, pointe un mouvement bien trop lent à se mettre en route. Autres facteurs : la superposition de strates administratives, l'affichage électoral et la complexité administrative.

Cette situation porte en elle un vrai danger au niveau des finances locales : en vingt ans les effectifs ont augmenté de 50% et la rémunération moyenne par agent a augmenté de 50%. La charge financière des personnels locaux va devenir explosive, ce que l'on ne dit pas assez.
Autre information bien souvent ignorée : si les effectifs de fonctionnaires représentent 20% de l'emploi total environ, c'est sans compter tous les effectifs des organismes de droit public, des organismes privés financés sur prélèvements obligatoires et des entreprises publiques. Au total c'est 6,86 millions d'emplois dans le secteur public, ce qui situe la France à plus de 26% d'emplois publics, un emploi sur quatre !

Commentaires

  • Par Eric MONARD • Posté le 07/04/2009 à 22:25 La précision des chiffres de votre article doit déboucher sur la précision des concepts.

    Le concept intéressant à mesurer dès lors est celui du chômage. Du dénominateur du taux de chômage il faut retirer les 5,2 ou 6,86 M de fonctionnaires et assimilés qui, statutairement ou de fait, sont durablement à l'abri du risque de chômage.

    A l'inverse, au numérateur du taux de chômage il faut rajouter les vrais chômeurs statistiquement camouflés, les innombrables catégories de chômage répertoriées par les Assedic-Anpe, ainsi que les personnes reniées par cette nomenclature officielle et qu'on appelle RMIstes, chômeurs en stage de formation, etc..

    Le chiffre obtenu restituerait une valeur certainement plus proche du désarroi du corps social et permettrait de comprendre pourquoi 60 % des Français redoutent de devenir un jour SDF.
  • Par Louis E • Posté le 22/10/2008 à 18:15 Je crois qu'il faut se demander comment les autres pays ont réussi à maintenir des effectifs "publics" à 15 ou 18% ...quand nous en sommes à 26% !

    Avec l'arrivée de l'ordinateur il y a 25 ans on aurait pu penser voir enfin les effectifs administratifs diminuer (comme cela s'est produit dans le privé)... mais c'est exactement l'inverse qui s'est produit... !

    Il est necessaire de faire des audits à tous les échelons... et arriver à gouverner les grands services comme le sont les entreprises privées...

    Il est nécessaire aussi de revoir le fameux "statut" de la fonction publique complètement aberrant et démobilisant.

    Ceci vaut aussi pour l'éducation nationale, l'hôpital et les entreprises publiques : Sncf, Edf, Banque de F, imprimeurs e.t.c

    Bon courage à nos Politiques !

    E.B
  • Par Sandrine Gorreri • Posté le 21/10/2008 à 17:06 L'augmentation de 50% mesure bien entendu l'évolution du salaire moyen. Il va de soit qu'il ne s'agit pas d'une comparaison pour un poste donné. Cela montre une montée des qualifications et des salaires très forte en 20 ans. Est-ce vraiment justifié ?
  • Par dajude • Posté le 21/10/2008 à 17:06 Juste une question.
    Comment pouvez-vous sortir un chiffre pareil ? Si je compte bien, mon salaire étant de 1300 € nets mensuels (sans 13ème mois ni aucun avantage financier ou en nature d'aucune sorte), mon collègue de 60 ans devait toucher "en moyenne" 650 € en 1988 (après 20 ans de carrière)... Si l'on passe en francs : 975 F...
    Pour un travail de technicien... C'est vrai que les privilèges sont flagrants quand on cite des chiffres n'importe comment!?!?

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