Emploi et politiques sociales

Crise économique (3/3) : une mise en perspective

11 juin 2009 • Bernard Zimmern

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Tous les augures s'interrogent sur la solidité de la reprise boursière constatée depuis mars 2009. S'agit-il d'une reprise « technique » imputable au fait que les valeurs boursières étaient tombées à des niveaux qui n'ont pas été vus depuis des années et qui pourrait bien être suivie d'une nouvelle chute, en somme une reprise en W et pas en U ?

En faveur de cette hypothèse, de nombreux conjoncturistes font valoir que la dette accumulée par les organismes financiers, comme celle des particuliers, représente plusieurs fois le PIB des Etats-Unis. Ils notent qu'en particulier l'excès d'endettement des ménages accumulé depuis la dernière crise serait de l'ordre d'une année de PIB supplémentaire soit près de 15 mille milliards de dollars, un montant apparemment écrasant.

Un chiffre que vient de publier le Département du Commerce place ce déficit en perspective : l'épargne des ménages américains en avril a atteint 620 milliards de dollars, un niveau capable d'éponger l'excès de dette en 20 mois ; et avril, bien qu'ayant été le mois où le pourcentage du revenu disponible des ménages a atteint son niveau le plus élevé depuis 1995, n'a représenté qu'un taux d'épargne de 5,7% du revenu ; considérable pour les Américains dont l'accroissement du patrimoine se fait par l'accroissement de valeur des actifs, et pas par épargne directe, mais encore bien loin des 15% observés dans des pays comme la France. On peut donc penser qu'avec une politique monétaire et financière qui évite le retour à l'endettement sauvage des dernières années, la puissance de l'économie américaine est capable d'absorber l'excès de dette dans une durée qui s'exprime en mois, pas en années.

Cette approche est confortée par un regard sur l'emploi.

Certes, l'emploi total américain aurait chuté d'environ 5,7 millions depuis son plafond de 2007. Mais il faut se rappeler qu'en régime normal, l'économie américaine secrète environ 300.000 emplois tous les mois ; c'est ce qui a permis à l'économie américaine d'absorber un accroissement de la population d'une centaine de millions, passant de 200 millions en 1968 à 300 millions en 2008. Ce serait donc aussi en une vingtaine de mois que l'économie américaine devrait pouvoir diminuer son chômage si elle repart au régime moyen antérieur.
Bien entendu, ce sera plus long car une économie ne repart pas comme une Ferrari et il n'est d'ailleurs pas souhaitable que la crise se dénoue trop vite sous peine de voir se perpétuer les vieilles habitudes. Mais le spectre d'une économie qui se languirait des années pour retrouver son niveau antérieur nous paraît aussi largement infondé.

Commentaires

  • Par Nicolas • Posté le 18/07/2009 à 22:45 Below are a couple of interesting graphs and some wise words from the brilliant David Rosenberg. He was right about the economy as the Merrill Lynch Chief Economist. So, Bank of America fired him. Foreigners are balking at buying our debt.
    http://theburningplatform.com/groups/quinns-daily-dose-of-reality/discus...
  • Par Nocolas • Posté le 18/07/2009 à 10:22 Il est tout à fait étonnant que votre exposé sur l'épargne des ménages américains fasse l'impasse sur la chute de la valeur des biens immobiliers qui représente l'actif principal de ces ménages. Dans ces conditions je me demande bien d'où peut provenir l'excédent d'épargne des Américains, surtout dans le contexte actuel de chômage galopant, plus près de 20%, en incluant le chômage partiel, que des 10% annoncés officiellement. Par ailleurs la thèse selon laquelle le déficit public américain pourrait être brusquement effacé en l'espace de vingt mois demanderait quelques explications. A ma connaissance le gouvernement américain n'a pas annoncé de programmes de réduction des dépenses, si ce n'est la suppression des réformes tenant à élargir la couverture maladie des Américains. Fait absolument étonnant: la soi-disant relance par l'invetsissemnt dans la rénovation des infrastructures et le développement des énérgies nouvelles, se fait toujours attendre, le gouvernement fédéral préférant investir dans la sauvegarde du système financier actuel plutôt que de relancer l'emploi par des investissements publics.

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