Emploi et politiques sociales

Chômage et emploi - la vérité sur les chiffres

20 octobre 2009 • Guillaume Varnier

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Le taux de chômage est l'indicateur le plus couramment utilisé pour juger du dynamisme d'une économie. Il est calculé de manière très simple, en rapportant le nombre de personnes en recherche active d'emploi à la population active d'un pays donné. Seulement cet indicateur présente certains inconvénients, et notamment celui d'être très aisément manipulable dans un sens ou dans un autre.

Ainsi, réduire artificiellement la population active (par exemple en abaissant l'âge effectif de départ en retraite) ou envoyer un grand nombre de jeunes en formation a pour effet de réduire le taux de chômage, sans pour autant créer un seul emploi. C'est ce que font un certain nombre de pays développés, et notamment la France, depuis le début des années 1980.

Une manière plus juste de mesurer le dynamisme d'une économie peut donc être de s'intéresser au taux d'emploi, c'est-à-dire au nombre de personnes en âge de travailler occupant effectivement un poste. Mais là encore, il existe un biais car tous les emplois n'ont pas le même poids d'un point de vue économique. En effet, les services publics et les travailleurs associatifs ont leur utilité, mais sont financés par les impôts, prélevés sur la création de richesse. Et celle-ci repose uniquement sur les entreprises et leurs salariés, c'est-à-dire sur le secteur marchand qui produit, vend, et exporte des biens et des services. Dans le but de mener une analyse plus fine, il convient donc de retrancher de l'emploi total le nombre d'agents publics, pour obtenir le nombre d'emplois marchands. Ce nombre, rapporté à la population en âge de travailler, fournit une indication beaucoup plus pertinente sur la santé économique d'un pays, notamment lorsqu'il s'agit de la comparer à celle de ses voisins.


Emploi larchand dans la population en age de travailler

Et ce petit exercice n'est pas très favorable à la France, surtout lorsqu'on la compare à ses voisins allemands et britanniques. En effet, si les taux de chômage français et allemand sont à peu près comparables (respectivement 8,1% et 8,6% en 2007), il n'en va pas de même pour le taux d'emploi : il est de 63% en France contre 70% en Allemagne, soit 7 points d'écart. Enfin, si l'on retranche les fonctionnaires pour obtenir l'emploi marchand en pourcentage de la population en âge de travailler, les chiffres sont encore plus alarmants : La France affiche un écart de 10 points avec l'Allemagne, et de 15 points avec le Royaume-Uni.

A population comparable, cela représente un déficit de plus de 4 millions d'emplois marchands par rapport à l'Allemagne, et de 6 millions par rapport au Royaume-Uni. Un tel écart n'est pas sans conséquences : il impacte négativement les finances publiques, la compétitivité, le moral des Français et surtout celui des jeunes dont le taux d'emploi ne dépasse pas 30%, même en période d'expansion économique. Il faudra sans doute des années, voire des décennies pour combler ce retard, et la liste des réformes à entreprendre s'allonge chaque jour. Pour renouer avec la croissance et la progression du niveau de vie, la France doit impérativement s'attacher à prendre des mesures en faveur de l'entreprise, seule créatrice de richesses, d'emplois, et qui reste pourtant « l'oubliée » de notre système économique.

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