Emploi et politiques sociales

10 000 morts accidentelles par an à l'hôpital ...

13 janvier 2009 • Agnès Verdier-Molinié

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Le chiffre de 10 000 morts accidentelles par an qui a circulé dernièrement sur toutes les ondes est à prendre avec de très grandes pincettes car il n'est issu d'aucune étude statistique fiable.

En revanche, ce débat est l'occasion de rappeler qu'il faudrait apporter plus de transparence sur les résultats des établissements de soins français comme cela existe dans d'autres pays. Le nombre de morts accidentelles par établissement donnerait un très bon indicateur de performance aux patients. Ces informations pourraient être rendues publiques sur un site internet dédié (voir notre proposition de réforme de l'hôpital public).

Au même titre, il serait bon de rendre obligatoires des statistiques sur les infections nosocomiales à l'hôpital, statistiques qui n'existent pas aujourd'hui. Ainsi, l'indice ICALIN « Indicateur composite de lutte contre les infections nosocomiales » qui note les établissements de soins n'a aucune corrélation avec le taux réel d'infections nosocomiales par établissement, il s'appuie sur le nombre de réunions de comités d'hygiène ou autres comités consacrés à organiser la lutte contre les infections.

Commentaires

  • Par AGV • Posté le 15/01/2009 à 10:17 Bien que le risque 0 n'existe pas et que l'erreur soit humaine, il faut bien sûr revoir la copie "sécurité" à l'hôpital. La proposition de "PG" de réduire encore le personnel soignant est dramatique car certains services sont devenus dangereux à force de réduire les effectifs soignants : savez-vous que la plupart des services de réanimation (où la vigilance à l'égard des risques, constants, doit être maximale) tournent maintenant avec 2 équipes infirmières de 12 heures -non pris en compte le temps de transmission entre les 2 équipes- pour réduire des effectifs introuvables (défaut d'adaptation du numerus clausus infirmier aux 35 H)? Que dire de la fatigue et de l'épuisement de ces infirmières dont l'on supprime sans préavis les repos en raison de l'absentéisme croissant (c'est ce qui s'est passé à St Vincent de Paul)? Cette organisation en 2 équipes de 12 heures permet effectivement de responsabiliser les soignants à l'égard des patients dont ils ont la garde (moins de partage des responsabilités), mais les limites sont la fatigue, et les conséquences l'absentéisme qui n'est malheureusement qu'une manière de se protéger du risque de faute professionnelle accru par l'épuisement.

    Epuisement qui touche entre 30 et 50 % des soignants, alors arrêtez de tirer sur ceux qui résistent et se dévouent !

    Moins de contraintes administratives et les patients seront mieux soignés !

    Moins de réunionite (CLIN par exemple, contrastant avec la réduction de plus de 20 % des personnels qui font le ménage ...) et plus de soins : simple question non de moyens mais de réorganisation, pour se recentrer tout simplement sur le coeur de métier.
    AGV
  • Par PG • Posté le 14/01/2009 à 15:23 Pour améliorer la sécurité des personnes hospitalisées, je suggère de repenser complètement l’organisation du travail et de réduire les effectifs du personnel soignant…
    Je n’ai jamais travaillé dans un hôpital, mais j’ai été hospitalisé plusieurs fois et j’ai été voir un certain nombre de malades.
    J’ai constaté que le personnel était généralement très dévoué, mais qu’il n’était pas heureux.
    L’ambiance qui règne dans les hôpitaux m’a rappelé celle des usines dans les années 1950. C’était juste après la guerre, un gros effort était fait pour redresser la France et le Taylorisme était à la mode : la division du travail en mouvements élémentaires…Chacun effectuait une petite tâche sans intéret et sans être responsable de l’ensemble du travail.
    Ce fut un échec complet sur le plan qualité, les clients étaient mécontents et pourtant un grand nombre de contrôleurs vérifiaient les produits avant leur livraison et demandaient des rebuts et des retouches. La conscience professionnelle des ouvriers n’était pas en cause.
    Devant cette situation, une modification de la méthode de travail s’est avérée nécessaire, il y a eu les « cercles qualité » et surtout l’« enrichissement des tâches », chacun est devenu responsable de la réalisation d’un petit ensemble.
    L’ambiance dans les ateliers s’est améliorée, et les incidents clientèle ont diminué.
    Ne pourrait-on pas s’inspirer de cette expérience pour repenser complètement l’organisation du travail dans les hôpitaux ?

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