Agriculture et énergie

Coup d’arrêt aux éoliennes marines et à la baisse du nucléaire

Énergies : la fin des illusions

13 mars 2018 • Philippe François

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En renonçant à l’objectif de ramener la part du nucléaire de 75 à 50% en 2025, Nicolas Hulot a confirmé l’incohérence de la loi de transition énergétique de 2016, en qualifiant à juste titre cet objectif d'«utopique, irréaliste et mensonger». Avec ses nouvelles critiques, visant cette fois-ci les centrales éoliennes marines décidées par ses prédécesseurs, c’est un second tabou qui est mis en cause.

La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) sera mise en débat le 19 mars par la Commision nationale du débat public (CNDP). Pour que les Français y adhèrent, le réalisme et la transparence doivent s’imposer cette fois-ci sur trois sujets : faisabilité, coûts pour les consommateurs et impacts sur leur vie quotidienne. 

Depuis des décennies, le coût de production d’un mégawatt-heure d’électricité est stable, entre 35 à 70 euros[1] pour les méthodes classiques (charbon, gaz, pétrole, hydraulique, nucléaire). Sur le marché libre, le prix moyen sur un an est d’environ 45 euros.

Photovoltaïque intégré au bâtiment

Au palmarès des erreurs de stratégie, le plan « photovoltaïque sur les toitures des bâtiments » lancé au Grenelle de l'environnement de 2008 constitue le premier fiasco majeur. Avec ses garanties d’achat à 400 euros par MWh, l’engouement des particuliers et des investisseurs pour ce cadeau inespéré fut extraordinaire. A tel point que le gouvernement dut l’arrêter brutalement face à l’explosion du coût pour les autres consommateurs, laissant sans solution de nombreux projets déjà déposés. Des années plus tard, le coût de cette mesure représente encore une part significative de la surtaxe sur l’électricité dite « contribution énergie renouvelable (CSPE) ». Le plan initial n’a créé aucune industrie française des panneaux photovoltaïques et son abandon surprise a beaucoup perturbé les artisans lancés sur cette activité de pose..

Centrales éoliennes marines

En 2012 puis 2014, l’enthousiasme des responsables politiques et de la quasi-totalité des ONG traitant de l'énerrgie ou du climat s’est porté sur l’éolien marin le long des côtes. Sans aucune recherche ni  essai, 6 centrales géantes ont été lancées de 60 éoliennes de 200 mètres de haut chacune, et les gouvernements ont accepté des coûts de 200 à 220 euros par MWh.  Résultat : 1) en 2018, aucune entreprise française n’est plus sur ce marché ; 2) avant de l’abandonner, AREVA et Alstom ont perdu des centaines de millions d’euros ; 3) en 2018, le gouvernement et Nicolas Hulot réalisent que le surcoût de ces centrales pour les consommateurs (40 milliards d’euros sur vingt ans) est inacceptable et font passer un amendement l’autorisant soit à renégocier ces coûts, soit à abandonner ces projets moyennant de très fortes pénalités.

Avertissement

Les coûts annoncés par MWh des différentes méthodes de production doivent être pris avec précaution, en fonction de leur adaptation aux besoins. Une production aléatoire (ex. éolien, solaire) est beaucoup moins utile donc beaucoup moins valorisée qu’une production disponible à la demande (ex. centrales hydrauliques de chute d’eau, au gaz ou nucléaires).  Le coût de production des énergies aléatoires doit être multiplié par un facteur de conversion en fonction de leurs caractéristiques. Typiquement, du point de vue disponibilité, le photovoltaïque qui produit en France surtout en été, est moins efficace qu’au Sahel et moins efficace que l’éolien. Faute de marché libre, ce facteur n’est pas clairement connu : il varie de 1,3 à 2,0 selon les études en tenant compte de l’utilité de la production et des moyens de secours nécessaires. Ce facteur sera beaucoup plus faible le jour où des méthodes efficaces de stockage de l’électricité seront disponibles.

Hydroliennes marines

Le même enthousiasme s’est manifesté ensuite pour les hydroliennes marines ou fluviales, et le lancement de centrales importantes a été annoncé avant la fin des essais. Un objectif de 5 à 6 GW pour 2025/2030 (soit l’équivalent en puissance de 5 à 6 réacteurs nucléaires) a été fixé, malgré des coûts de production encore plus élevés que ceux des éoliennes marines (en France de 325 à 1.509 euros par MWh). Il ne sera pas du tout atteint. En novembre 2017, l’abandon par les industriels DCNS/Naval-EDF des essais de l’hydrolienne pour la centrale de Bréhat-Paimpol semble avoir refroidi l’enthousiasme. Les promoteurs des hydroliennes marines et fluviales disent s’orienter désormais vers des marchés extérieurs, où, pour diverses raisons, les autres modes de production ne seraient pas adaptés.

Éoliennes marines flottantes

Ces éoliennes constituent une alternative aux éoliennes actuelles reposant sur un pylône au fond de la mer. Des essais sont en cours avec des coûts de production plus élevés que ceux des éoliennes marines classiques. Ce n'est pas forcément anormal pour des prototypes, à condition de ne pas lancer de production massive avant la conclusion des expérimentations et des recherches initiales. 

Méthanisation

La méthanisation vantée encore au salon de l’agriculture comme une solution miracle est en réalité prise dans en ensemble de contradictions. Avec la technique actuelle, les méthaniseurs consomment soit du blé, du maïs ou de la betterave à sucre, comme en Allemagne, soit surtout des déchets d’élevage, la paille des céréales et des déchets alimentaires comme en principe en France. Les premiers sont assez efficaces mais leur utilisation de ressources alimentaires pour se chauffer peut choquer ; les seconds sont peu efficaces. Tous sont subventionnés, deux fois en France, d’abord de 45 à 65% au niveau de l’investissement,  puis au niveau de l’achat de leur production. En France le MWh leur est acheté entre 155 et 175 euros par MWh.Tant que des progrès technologiques décisifs ne sont pas réalisés, les méthaniseurn constituent surtout un moyen détourné de subventionner certains agriculteurs en dehors des règles de la PAC. 

Conclusion

En France, les coûts des deux technologies les plus classqiues, éolien terrestre et solaire, ne sont pas encore compétitifs avec les méthodes classiques de production. Elles ne le seront pas d'ici longtemps si on en juge par les réponses aux derniers appels d'offres pour l'éolien terrestre qui proposent des coûts de 65-67 euros par MWh, garantis pour la période 2022-2042, et indexés sur le coût du travail.

Pour toutes les technologies, ce qui semble anormal, c’est que des industriels aussi puissants qu’EDF, Bouygues, Engie, Siemens, aient besoin de garanties de prix élevés et de subventions pour se lancer dans des projets de quelques dizaines de millions ou de quelques millions d’euros. Une prudence inquiétante qui fait douter de leur confiance dans l’avenir de ces technologies.

Seule la recherche fondamentale et appliquée sera en mesure de résoudre le problème de la disponibilité de l’énergie à des coûts acceptables pour tous, en France et dans le monde, sans oublier les problèmes de pollution. Pas le déploiement massif de technologies obsolètes, comme le prouvent les six centrales marines dont la réalisation coûterait des dizaines de milliards d’euros aux consommateurs, et dont l’abandon ou la renégociation coûteraient aussi plusieurs milliards de pénalités.

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Réponse aux commentaires

Tous mes remerciements aux personnes qui ont pris le temps d’apporter des compléments, leur soutien ou leur contradiction à cette note sur la stratégie énergétique de la France.

  • L’iFRAP considère la stratégie Négawatt comme très cohérente, mais inacceptable. C’est la seule en mesure de réduire fortement à la fois les émissions de CO2 et l’utilisation du nucléaire. Mais au prix d’une énergie rare et chère, et d’une baisse drastique du niveau de vie et de la consommation. Un changement de société inacceptable qui ne pourrait être imposé que par un régime très autoritaire du genre : contrôle policier des températures dans les logements et les bureaux, limitation de la taille des logements par personne, quota annuel de circulation en France par personne, quota décennal de voyages internationaux, restrictions sur la possession d’animaux domestiques, fixation de listes de loisirs admis et interdits… Cette stratégie me semble particulièrement choquante vis-à-vis des 50 % de la population qui aspirent, à juste titre, à bénéficier des modes des 50% de français les plus favorisés.
  • La comparaison des coûts des différentes méthodes de production d’électricité est délicate, notamment parce qu’il faut choisir une date : maintenant, ce n’est assez simple, plus tard, c’est compliqué et incertain. Mais ce qui devrait être la règle, c’est que chaque coût d’électricité intermittente ou aléatoire soit accompagné d’un coefficient correcteur tenant compte du surcoût (ou plutôt de sa sous-utilité) dû à son caractère incontrôlable. J’ai cité une fourchette entre 1,3 et 2,0. Aucun coût (ex. 65 euros par MWh pour l’éolien terrestre) ne devrait être publié sans son coefficient. Il suffit d’imaginer la fourniture d’une eau qui ne serait pas stockable : sa disponibilité au moment où elle est nécessaire aurait une valeur très supérieure à celle d’une eau aléatoire, surtout une fois sous la douche.
  • Les données concernant le coût de la production du nucléaire sont très diverses : 45 euros pour les réacteurs actuels pendant encore X années, 60 euros pour les rénovés pendant 10 à 30 ans de plus, 100 Livres pour Hinkley point et sans doute Flamanville, combien pour les futurs EPR ?  Toutes les hypothèses doivent être étudiées avec sérieux.          

 

Réactions

Sujet : ENERGIE - LA FIN DES ILLUSIONS
Commentaire : Bonjour,
A ma connaissance, les meilleurs scénarios sont les scénarios élaborés par l'association NEGAWATT : https://negawatt.org/Scenario-negaWatt-2017-2050

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Sujet : Les énergies renouvelables
Commentaire : Elle se limite théoriquement à l'éolien(terrestre ou maritime) et au photovoltaïque.
ce sont 2 aberrations techniques et financières Exemple tout calcul fait il faudrait 1880 éoliennes de 3 MW pour remplacer les 2 Alternateurs de chacun 900 MW en sachant que la disponibilité des alternateurs et de 75 % contre 25 % pour les éoliennes (pas de vent 24 heures sur 24)
Donc ou met-on ces 1800 éoliennes des 150 mètres de haut.  IMPOSSIBLE*De plus les centrales comportent actuellement 4 Alternateurs de 1500 MW chacun: faites le calcul c'est 6000 éoliennes ABERANT.

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Sujet : Les énergies renouvelables
Commentaire : Bravo pour votre dernier article sur le coup d’arrêt aux éoliennes marines et à la baisse du nucléaire.

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Sujet : Negawatt
Commentaire : Les perspectives de réduction de consommation des 2/3 à l’horizon 2050/60 sont justes à l’opposé de toutes les prévisions. Avec une population mondiale qui augmentera de 30% et une croissance en hypothèse basé de 3% il faudra multiplier la production d’energie par 4 et la de-carboner de 95% a un coût acceptable pour tenir les objectifs de la COP21. Le nucléaire GEN4 devient urgent.

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Sujet : energies renouvelables
Commentaire : J'ai du mal à comprendre l'aveuglement de nos dirigeants :
- toutes ces données son disponibles depuis longtemps
- nos dirigeants et hauts fonctionnaires sont quasiment tous issus de l'ENA école que l'on fait après une 1ere grande école, souvent d'ingénieurs (X, mines..). Leur culture scientifique leur permet de comprendre aisément tous les enjeux et impasses techniques
- à grand renforts de subventions payées par l'argent des autres, c'est à dire nous, on développe des usines chinoises ou coréennes de photovoltaique ou d'éolienne, les sociétés européennes similaires sont toutes en faillite
- on abandonne en même temps les industries ou nous sommes encore en pointe (nucléaire, turbines), on s'interdit toute recherche de nouvelles sources ou procédé de production d'énergie fossile....,
Tout ça par cynisme, calcul électoraliste, bêtise, manque de courage ? La question reste sans réponse.

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Sujet : Des technologies d'avenir, car concurentielles
Commentaire : Comme on peut le constater dans de nombreux pays, le développement des énergies renouvelables est incontournable. Les prix du solaires et de l'éolien concurrencent déjà les énergies fossiles et cela va participer à la réduction de la pollution. En France le problème est particulier car on a tout misé sur le nucléaire, certes très productif. Mais le risque est trop grand pour un développement à grande échelle et la fin de vie reste extrêmement coûteuse.

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Sujet : Il manque plusieurs éléments importants dans cette comparaison
Commentaire : Cet article compare les MWh produits par les "énergies nouvelles" (pas si renouvelables que ça, mais c'est un autre débat...) au coût du marché : 45 €/MWh. Il conclut que ces nouvelles énergies sont loin d'être rentables, leur coût de production allant de 60 à 1000 € environ. Seules des subventions massives, payées par tous les consommateurs sous forme de taxes, leur permet de se développer.
Mais il manque deux points importants, qui sont susceptibles d'accroître encore ce différentiel entre le coût de marché et ces énergies émergentes :
1- elles sont généralement intermittentes (solaire, éolien, hydrolien...). Il faut compenser le caractère aléatoire de leur production par des moyens externes, comme des centrales non intermittentes ou dans l'avenir, des installations de stockage. Ski aujourd'hui les moyens non intermittents comme le nucléaire effectuent "gratuitement" cette compensation, cela ne durera pas (que fera-t-on si EDF refuse de s'adapter pour favoriser des concurrents ?). Et si un jour une technologie de stockage de masse voit le jour, son coût risque d'être encore plus élevé que le coût des installations de production !
2- Il ne s'agit pas seulement de s'adapter aux besoins de consommateurs. Le réseau électrique a besoin que sa fréquence reste rigoureusement à 50 Hz sous peine de s'effondrer, provoquant des délestages ou un blackout généralisé. Ces énergies nouvelles, de par leur technologie, ne possèdent pas de dispositifs (appelés "services systèmes") permettant cet ajustement à 50 Hz à tout moment, toujours à cause de leur production assujettie à la météo.
En résumé, et en accord avec les conclusion de l'auteur, les énergies nouvelles sont encore beaucoup trop immatures et chères pour constituer une alternative crédible aux solutions en place, dont le nucléaire en France.
Prendre le pari qu'elles feront des progrès tels qu'elles pourront devenir compétitives, en supprimant le nucléaire dès aujourd'hui est insensé et pourrait précipiter notre économie dans le chaos.

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Sujet : Énergies : la fin des illusions
Commentaire : Il était temps, on ne pouvait pas dire qu’on ne savait pas.
En 2015, l'ancien ministre Allemand de l'Environnement, Peter Altmaier déclarait : DIE ENERGIEWENDE, la transition énergétique, a déjà coûté 300 Md€ et il estimait que la note pourrait atteindre 680 Md€ en 2022.
En 2012, M. Gabriel Calzada Alvarez l’économiste Espagnol membre du GIEC déclarait : La création de 50.000 emplois « verts » temporaires a coûté 100.000 emplois permanents et 25 Md€.
Il était temps que l’énergie qui est certainement l’un des sujets les plus brulants du 21ème siècle soit traités par autre chose que des postures idéologiques. Sortir du nucléaire est un non sens absolu, c’est la seule énergie disponible court terme qui permettra à la France et au monde de sortir des énergies fossiles.

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Sujet : "Renouvelables" intermittentes : la double peine
Commentaire : Excellent.

Une omission cependant : celle des centrales thermiques à démarrage rapide nécessaires en back-up pour les 77% (éolien) à 86% du temps (solaire) où les énergies intermittentes ne produisent pas => double infrastructure = double peine. Les expériences allemande, danoise, espagnole et sud-australienne indiquent qu'à 30% de "renouvelables" le coût de l'électricité double.

Sans compter la pollution générée par ces centrales. En régime anticyclonique les nanoparticules nous proviennent d'Allemagne, et ce sont les automobilistes parisiens qui sont ostracisés et pénalisés.
Donc non contentes d'être inutiles et ruineuses, les énergies "vertes" sont polluantes.

Tout faux. Comme quasiment tout ce qui provient des élucubrations idéologiques des Grenelle de l'Environnement (gabegie inhumaine du tri ménager sélectif, transition énergétique et décarbonation, illusoire mobilité électrique, bio- et éco-entourloupes fiscales) visant à remplacer des formules non déficitaires ni subventionnées qui fonctionnaient à la satisfaction générale.

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Sujet : Cout de l'intermittence
Commentaire : On se demande comment l'État peut accumuler autant d'erreurs grossières...
En ce qui concerne les électricités photovoltaïque et éolienne, le bilan est encore plus catastrophique que décrit ci dessus. Ces énergies intermittentes sont souvent produites quand la demande est faible, par exemple en été. Elles sont alors exportées sur le marché européen par des enchères journalières. Leur mise à prix est à zéro pour les vendre surement. Elles coutent donc beaucoup et rapportent très peu. Les prix peuvent être même négatifs (7 jours en 2017 pour l'Allemagne) !
Par ailleurs, le cout indirect de l'intermittence n'a jamais été estimé. Ce cout est celui du manque à gagner des centrales thermiques ou nucléaires qui doivent ralentir leur activité en période de surproduction. Ce cout devient énorme si l'on décide en plus de fermer des centrales nucléaires qu'il faudra remplacer par des centrales à gaz fonctionnant par intermittence. Ceci sans compter les émissions supplémentaires de CO2 par ces centrales.
Dans cette situation, l'Allemagne n'hésite pas à faire tourner ses centrales à charbon et lignite pour éviter le surcout du gaz naturel. Selon le Point, "l'Allemagne doit ainsi verser près de 24 milliards d'euros de subventions aux producteurs d'énergies renouvelables chaque année." Et ceci sans que les émissions allemandes de CO2 n'aient diminué depuis 10 ans.

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Sujet : Energie : la fin des illusions
Commentaire : Ces accès de réalisme,ceux rappelés dans l'article, clairement contre nature (au sens immatériel de l’expression), ont vite été accompagnés de nouvelles déclarations de N.Hulot au Figaro réclamant qu’EDF, au travers de la PPE, donne clairement sa feuille de route, comprendre son calendrier de fermeture des réacteurs, pour aller vers le Saint Graal des 50% en énergie (car en puissance installée le nucléaire représente déjà moins que 50%) pour se mettre en conformité avec une LTE dont les fondements, s’agissant de l’électricité, sont totalement idéologiques.

Certains (pro et anti nucléaires d’ailleurs) voient dans la fermeture de Fessenheim « la part du feu », concession à des engagements si affirmés et réitérés par les gouvernements successifs qu’il paraît difficile de ne pas y souscrire, fût-ce a minima ; d’autres au contraire (pro et anti toujours) y voient le premier pas vers une réduction méthodique de la flotte nucléaire, au fur et à mesure que la situation du mix électrique le permettrait, par ajouts massifs de renouvelables éolien et solaire mais aussi, c’est absolument indispensable, par construction de centrales CCGaz pour reconstituer le noyau dur électrique pilotable amputé par les retraits nucléaires.

Est-ce bien ce que nous voulons ? A-t-on tout dit à notre opinion qui va continuer et de plus en plus, à financer, via la CSPE (et désormais d’autres taxes énergétiques), ces constructions dispendieuses et inutiles. Va-t-on accroître lourdement notre consommation de gaz importé et émetteur de GES afin de pouvoir réduire le nucléaire ?

Mais c’est hélas le contraire (vos colonnes font heureusement exception à ce pilonnage), qui est en permanence asséné.

Or l’intermittence sans stockage-destockage (celui-ci, à un coût raisonnable technique et écologique n’étant ni pour demain ni pour après demain) est un non sens technique et économique, la fameuse complémentarité renouvelables-nucléaire ne se faisant, luxueusement, qu’au lourd détriment de ce dernier et de son opérateur historique.
On pointe déjà le déficit et la dette d’EDF qui sont la conséquence directe de la réorganisation des marchés de l’électricité où les moyens classiques sont mis arbitrairement en concurrence avec des productions renouvelables prioritaires et prépayées.

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Sujet : RENOUVELABLES
Commentaire : En France, les coûts des deux technologies les plus classqiues, éolien terrestre et solaire, ne sont pas encore compétitifs avec les méthodes classiques de production. Elles ne le seront pas d'ici longtemps si on en juge par les réponses aux derniers appels d'offres pour l'éolien terrestre qui proposent des coûts de 65-67 euros par MWh

Tout ce qui précède ce commentaire est parfaitement exact , mais ce commentaire final me semble se contredire lui même: en effet, si les derniers appels d'offres se bouclent sur des prix de 65 euros , cela signifie bien que les énergies renouvelables peuvent être aujourd'hui compétitives si on les mets en regard des prix garantis par MW pour les EPR cf, Hinkley Point à 92 livres. DE SURCROIT le cout de démantèlement des renouvelables est bien connu alors que celui du nucléaire reste toujours une grande énigme cf devis pour centre de Bure passé je crois de 10 à 35milliards. ENFIN LA TECHNOLOGIE DU STOCKAGE DES RENOUVELABLES ARRIVE A MATURITÉ EN PARTICULIER AVEC LES VOLANTS D'INERTIE ET ALORS S OUVRE UNE NOUVELLE PAGE

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Sujet : energies
Commentaire : Il manque le vrai coût du KWh nucléaire "moderne": de ce que j'ai lu l'EPR est juste compétitif avec l'éolien terrestre. Alors la montée du coût de l'énergie est inévitable.Reste de l'article excellent.

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Sujet : Energies (suite)
Commentaire : Comment accepter le risque nucléaire s'il n'apporte aucun avantage évident?? Même question pour les éoliennes disgracieuses? Ces" détails" sont importants, et finalement la meilleure énergie est celle que l'on ne consomme pas si les architectes parviennent à faire joli.

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Sujet : Energies : un peu de bon sens
Commentaire : Merci pour cet article qui permet de partager une réalité souvent oubliée par les décideurs politiques.
Il est assez incompréhensible que l’on soit incapable d’évaluer le réel potentiel de notre énergie nucléaire. Outre les agitations à promouvoir à coups de subventions des énergies qui ne sont pas encore en mesure de subvenir à nos besoins, on oublie le potentiel de notre industrie nucléaire que l’on est actuellement en train de saborder pour des raisons purement dogmatiques. Certes la technologie actuelle, n’est certainement pas une solution durable sur du très long terme, mais les réacteurs à eau préssurisée que l’on maîtrise bien aujourd’hui peuvent offrir une transition pour se donner un temps suffisant pour trouver des vraies solutions alternatives (on dispose que quelques centaines d’années de réserve d’uranium). Fermer un investissement productif comme Fessenheim dans un avenir proche est un aberration. D’autant qu’en France, on pourrait grandement améliorer la productivité et la durée de vie du nucléaire en les doublant d’un investissement partagé avec les énergies intermittentes. Pour cela il faudrait construire plusieurs centrales hydrauliques double bassin (pompage d’eau en heures de consommation inférieure à la production et turbinage en heures de pointe) qui constitueraient pour l’intermittent un précieuse capacité de stockage et pour le nucléaire une capacité permettant de réduire les variations de charge des centrales nucléaires qu’elles sont obligées de faire en permanence et qui fatiguent et vieillissent prématurément les installations. Les centrales VVER (même techno de base) des pays de l’Est, qui fonctionnaient en base en permanence, atteignaient des disponibilités proches de 95 %, un fonctionnement avec des transitoires réduits allongeant en toute sûreté la durée de vie des ouvrages. Pour d’autre raisons tout aussi dogmatiques, les écologistes s’opposent aussi aux centrales double bassin. Quel gaspillage , pour la maîtrise de notre production d’énergie, pour l’emploi, pour un domaine industriel où la France figure parmi les premiers au monde !

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Sujet : quid des victimes de l'éolien !
Commentaire : Bravo, excellent article comme on devrait en voir plus souvent si la presse n'était pas massivement en faveur de la pseudo écologie énergétique.
Les territoires ruraux sont les victimes nombreuses et silencieuse des profiteurs de l'éolien.
Sait-on que désormais, plus personne n'est à l'abri d'une éolienne à 500 mètres de sa maison pourvu qu'il ne soit pas en zone urbaine.
Les riverains généralement peu fortunés tentent péniblement, avec des micros associations fauchées, de contrer les bataillons d'avocats financés par les ponctions sur notre facture d'électricité.
Dans beaucoup de campagnes, le seul vrai patrimoine pérenne, ce sont les paysages.
Si seulement les dangereux rêveurs de l'éolien pouvait nous entendre !

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Sujet : RENOUVELABLES
Commentaire : Les couts du nucléaire sont le plus vraisemblablement INCOMPLETS car nous n'avons pas de référence bien établies sur les couts de démantèlement , C' est que disent chaque année d'ailleurs les Commissaires aux comptes d'EDF dans leur réserve à ce titre
En outre, l'amortissement des centres d'enfouissement tels que BURE est -il compris ? et à quel niveau? sachant que les devis de Bure varient su simple au TRIPLE de 12 à 35 milliards !!!!!
On peut d'ailleurs souligner que l'objectif de réduire le nucléaire à 50% était une bonne décision car elle correspond à l'OPTIMUM ECONOMIQUE d'un modèle énergétique qui doit toujours être analysé en fonction de la segmentation de la production en BASE , SEMI-BASE et POINTE
Le nucléaire pour un optimum économique au moindre cout ,ne devrait couvrir que les besoins en BASE donc le taux de 78% actuel est trop élevé
Enfin , je travaille aujourd'hui sur une ferme solaire de 30ha dans la région centre LA PRODUCTION ANNUELLE VENDUE A EDF EST DE 12MW soit 1 500 000 Euros Nous avons donc un cout du KW DE 125 Euros donc compétitif avec le KW EPR d'Hinkley Point en tout cas.Et cela poUr une ferme qui date de 2013 et qui n'intègre donc pas les améliorations de rendement annuel très élevé de ces 4dernières années
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Sujet : Energie electrique.Production photovoltaïque
Commentaire : Sur le tout dernier paragraphe  du commentaire précédent:
Il y a une erreur ,n'est-ce pas : il s'agit de 12 MWh /30 hectares/an.
On vend un travail=énergie exprimée en watt heure,non pas une puissance !
125€/KW ? Je ne comprends pas !

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[1]   Avec des variations plus fortes au moment des crises pétrolières 

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