Retraite

Augmentation du taux de cotisation retraite des fonctionnaires

Ne pas se tromper de problème

09 juin 2010 • Philippe François

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Pour financer leurs retraites, les fonctionnaires cotisent au taux de 7,85%, contre 10,55% dans le privé, soit 34 % de plus pour le privé. Pour un salaire de 2500 € par mois, l'écart est donc de 67 euros. Il semble que ce taux va être relevé. Ce serait logique si ce n'est pas compensé par une augmentation des salaires. Mais attention à ce que cela ne serve pas d'alibi pour masquer des injustices beaucoup plus considérables.

D'abord le taux appliqué aux fonctionnaires ne va probablement pas être aligné sur celui du privé. Personne ne comprend vraiment pourquoi ni dans quelle mesure cela influe, mais les cotisations retraites des fonctionnaires ne couvrent pas la même chose que celles du privé : invalidité, chômage, accidents du travail, pré-retraite, frais de gestion, action sociale, famille sont pris en compte de façon différente. Une centaine de différences de ce type rendent nos régimes de retraite, pourtant obligatoires, tout à fait incompréhensibles. Ce sont ces mystères qui entretiennent la méfiance et des débats stériles entre Français. On le voit dans les courriers des lecteurs et dans les blogs, les discussions entre personnes, même de bonne foi sont enflammées mais stériles parce que les interlocuteurs ne comprennent pas le système de retraites de leurs opposants, et souvent pas non plus le leur. La solution n'est pas de rapprocher le taux de cotisation des salariés du public et du privé, mais de fusionner leurs régimes dans un régime clair et unique.

Dans le domaine des taux de cotisation, l'écart entre ceux des salariés du privé et du public est important, mais l'écart entre les taux de cotisation des employeurs est beaucoup plus important. Dans le privé, le taux de cotisation employeur est de 15%. Pour les fonctionnaires d'Etat, le taux de cotisation employeur est de 62%. Seulement de 28% pour les fonctionnaires des collectivités locales et des hôpitaux mais en croissance rapide vers les 50%. Pour la SNCF, RATP, EDF et GDF ces taux dépassent déjà 50%. C'est cet écart (par exemple entre 15% dans le privé et 62 % pour les fonctionnaires d'Etat) qu'il faut absolument réduire et donc supprimer progressivement les avantages dont bénéficient les régimes spéciaux : calcul sur les 6 derniers mois au lieu des 25 et 42 années, réversion automatique par exemple. Il faut le faire pour des raisons d'équité entre Français et d'équilibre du budget de l'Etat. Mais pour les personnels en activité, c'est aussi urgent, le secteur public étant confronté au dilemme : payer les salaires ou les retraites.

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 23/01/2011 à 21:53 Se servir du prétexte qu'il n'existe pas de caisse de retraite pour les fonctionnaires pour contester qu'ils bénéficient d'avantages considérables est curieux. D'autant plus qu'il existe bien une caisse pour les fonctionnaires des collectivité locales et pour les fonctionnaires hospitaliers qui sont aussi nombreux que ceux d'Etat. Si les syndicats refusent la création d'une caisse de retraite pour les fonctionnaires d'Etat, c'est simplement pour rester dans la confusion et ne pas être confrontés clairement au déficit et aux taux de cotisation 3 fois supérieurs à ceux du privé.
  • Par GSARVAL • Posté le 23/01/2011 à 21:53 Il n'y a pas de caisse de retraite pour les fonctionnaires de l'état. Donc on ne peut pas dire qu'ils cotisent ! c'est une cotisation virtuelle. En augmentant le salaire brut de x euros et en appliquant un taux plus élevé, on arriverait au même salaire net. Pour comparer avec le privé, il faudrait créer une caisse de retraire. N'oubliez pas en outre, que les fonctionnaires versent 1% de leur salaire au titre de la solidarité depuis novembre 1982. Augmenter le prélèvement pour les retraites c'est tout simplement réduire le salaire des fonctionnaires et réaliser des économies au budget de l'état mais pas du tout pour améliorer les finances d'une caisse qui n'existe pas.
  • Par Philippe François • Posté le 19/10/2010 à 00:01 Ce point ne nous avait pas échappé et nous lui avons consacré plusieurs articles qui montrent que ces syatistiques sont très tendancieuses. Vous les trouverez sur le site de l'iFRAP en cherchant "Retraites, Taux de remplacement" et notamment celui-ci :
    http://www.ifrap.org/Les-retraites-des-fonctionnaires-face-aux-retraites...

    De façon générale, les personnes qui prétendent que le système de retraite des fonctionnaires n'est pas avantageux, mais qui se battent aussi depuis 1993 pour qu'il ne soit pas aligné sur le privé, ces personnes prêtent à sourire.

    Pour les primes, je vous rappelle qu'un régime complémentaire a été mis en place en 2003 pour prendre en compte une partie des primes jusqu'à 20%. Et ce régime est pas CAPITALISATION : on croît rêver.
  • Par lionel noury • Posté le 19/10/2010 à 00:01 Dans la comparaison entre retraites du secteur public et celles du secteur privé, il est souvent fait allusion au fait que la retraite des fonctionnaires est servie sur les six derniers mois.

    Si cette assertion est exacte elle trompe par omission. En effet, le calcul de la retraite des fonctionnaires n'est pas calculé sur la totalité de leur rémunération des six derniers mois mais sur la rémunération indiciaire ce qui exclue, contrairement au privé que les primes ne sont pas pris en compte.

    Au total le taux de remplacement moyen des fonctionnaires pensionnés et des retraités du privé semble être de même ordre avec des différences importantes entre fonctionnaires certains étant au dessus et les autres en dessous.

    En effet, si un fonctionnaire touche des primes importantes, il sera d'avantage pénaliser. Ainsi les fonctionnaires d'administration centrale perçoivent des primes supérieures à leurs collègues de province mais à la retraite leur retraite est identique.

    Un nouveau système de prime dénommé prime de fonction et de résultat se met actuellement en

    place et permettra plus de transparence et de cohérence dans ce système.

    Le diable se niche dans les détails, et l'oubli du détail évoqué ci-dessus montre que l'exigence d'exactitude est impératif à mener un vrai débat démocratique, ce que je fais modestement par cette contribution.

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