Quand les banques tuent l'entrepreneuriat dans l'oeuf

22 janvier 2009 • René Hans

Vincent et Caroline ont 23 ans. Ensemble, ils se lancent dans l'aventure de la création d'entreprise en ouvrant un magasin de fleurs à Sélestat et ont créé trois emplois.

L'investissement de 150 000 € a été financé par la banque XXX. La TVA de 29 400 € a été réglée aux fournisseurs, mais n'est toujours pas remboursée par le Trésor. La banque a accordé un découvert autorisé de 10 000 € mais refuse de financer le crédit de TVA, non encore remboursée à ce jour. Vincent et Caroline sont en attente d'une subvention de la Région Alsace de 15 000 € qui n'est pas encore décaissée. Malgré ces rentrées certaines, la banque refuse d'honorer les chèques aux fournisseurs.

Vincent et Caroline m'ont demandé de publier leur mésaventure. Ce n'est qu'une illustration de plus de la misère des petits patrons que les banquiers laissent mourir avant qu'ils n'aient eu le temps de naître.

Commentaires

  • Par Stollmeyer Jean-Yves • Posté le 30/01/2009 à 11:18 Bonjour,
    Faisons un peu de philosophie et abordons la crise du crédit sous sa dimension sémantique....

    N'oublions pas que le mot "crédit" vient du mot latin "CREDO", qui veux dire "je crois"...
    Hors le vrai problème actuellement, est une crise de confiance dans le système...

    le "discrédit" sous toutes ses formes...
    - Le patron de la PME qui "ne croit plus" en son banquier qui lui a vendu placements, FCPI,

    FCP et autres virtualité financières pour une perte en capital proche de 50%, voire plus...
    - Le banquier qui ne croit plus à l'entrepreneuriat, au potentiel de la PME, qui rappelons-le

    est le seul véritable moyen de s'enrichir honorablement par la conjonction du capital et du travail...
    Et le véritable problème est cette double connexion placée sous le signe du doute, de l'incertitude,

    de la peur...
    Donc, messieurs les patrons et banquiers...

    Osons avoir des "couilles",

    Osons "croire" à un avenir meilleur...

    Et la confiance reviendra entre patrons et banquiers...
    CREDO !!!
    Jean-Yves stollmeyer

    Président de Capital Initiative
  • Par courge • Posté le 30/01/2009 à 09:22 Dans ce cas précis, je remarque que cette entreprise attend le remboursement de la TVA ,l'Etat et la subvention de la Région...
    Si l'Etat et la Région réglaient leurs dettes envers cette netreprise... pas besoin des banques avec le coût des intérêts bancaires en plus ?
    Ne serait-ce pas l'Etat et la Région qui feraient preuve de laxisme envers tous ceux qui les font vivre ?...
    Bonne réception.
  • Par G.P. • Posté le 27/01/2009 à 14:29 Bonjour,

    Vous avez raison de souligner l'importance de la trésorerie et de la difficulté de mise en place comme de la difficulté des relations avec les banques.

    Il existe pourtant une solution très simple dans un pays aussi surfiscalisé que la France. Le report en trésorerie du versement des charges sociales & fiscales de manière à permettre aux entreprises de reconstituer un matelas de trésorerie de sorte que le PB se résout de lui même:

    Pour une certaine tranche de TPE-PME et à concurrence d'un montant maximal, autoriser le report jusqu'à 6 mois des versements de cotisations sociales et même fiscales (TVA,IS,TP) (les cotisations dues étant déclarées chaque mois). Ensuite, à partir du 7eme mois, l'entreprise verse les cotisations du 1er mois plus 10% de celles du 7eme mois, puis le 8eme mois elle verse celles du 2eme mois, plus X% (à définir) de celles du 8eme mois. Tout ceci selon un plan d'apurement régularisation étalé sur 18 a 36 mois.

    Ainsi, l'Etat, au lieu de tenter de reverser 26 milliards aux TPE-PME avec toutes les difficultés induites, délais erreurs et manipulations frauduleuses, l'Etat compenserait en trésorerie l'URSSAF etc. du dit report de versement.

    Si les TPE-PME sont tellement "dépendantes" des banques, c'est simplement la conséquence de la surfiscalité appliquée aux TPE-PME, en regard de la valeur ajoutée produite;

    En effet,une grande entreprise pour chaque emploi existant doit disposer d'un investissement moyen de 300.000€. Une usine de 100 salariés (nécessairement automatisée) représentera un "ticket" de 30 Millions €. Cet investissement déclenchant à la fois un gain en valeur ajoutée (les machines ne payent pas de charges sociales) accompagné d'un gain défiscalisant lié aux amortissements déductibles permettant de baisser la fiscalité IS (supposant que l'amortissement fiscal est plus élevé que l'amortissement "industriel & technique").

    Par comparaison, la PME consommera en investissement jusqu'à 30.000€ par emploi créé, soit un coût en capital 10 fois moindre que pour la grande entreprise. Simultanément, le prélèvement social en TPE-PME sera 10 fois plus élevé en regard de la valeur ajoutée produite que pour la grande entreprise (en grande entreprise chaque salarié produit 10 fois plus de valeur ajoutée que dans une TPE-PME, ceci pour des salaires équivalents).

    Si le gouvernement veut relancer l'embauche et l'activité induite partout où les entrepreneurs pressentent des possibilités de croissance, il est impératif de créer un vrai choc fiscal, provisoire et plafonné au juste niveau (à ce jour, les plafonds ont toujours été définis trop bas).
  • Par Gisèle • Posté le 27/01/2009 à 11:02 Pour une TPE /PME, franchir les portes de son banquier ou d’une administration n’est pas chose aisée. Souvent nous nous trouvons confrontés à des personnes qui abusent de leur pouvoir ou qui trouvent souvent des prétextes pour retarder le remboursement de la TVA mais en ce qui concerne les pénalités et les majorations en cas de retard pour le paiement, les délais sont courts.
    Aujourd’hui pour faire face à nos difficultés et trouver des solutions, des personnes à notre écoute, rien ne vaut un bon réseau de Chefs d’Entreprises avec plusieurs professions reconnues et communes à toutes les entreprises (comptable, banquier, avocat etc.), ou des actions comme Capital Initiative dont le but est de soutenir des Entrepreneurs dans leur projet ou encore des syndicats qui défendent le droit des entreprises pour nommer le CNDE.
    Je souhaite bon courage à Vincent et Caroline.