Privilèges : contrôleurs aériens d'Orly en grève

13 février 2008 • Bernard Zimmern

La même histoire se répète inlassablement. A cause d'un conflit très corporatiste, non seulement des dizaines de milliers de voyageurs sont pris en otage, mais les dangers créés par la trop grande proximité des deux tours de contrôle à gros trafic ne sont pas résolus.

En effet quelques dizaines de contrôleurs ne veulent pas déménager leurs pavillons du sud de Paris vers le nord de Paris malgré les considérables indemnités promises.

La raison est simple : la CGT, majoritaire à Orly, perdrait sa première place si les tours de contrôle d'Orly et Roissy fusionnaient. Ceci est d'autant plus inadmissible que ces fonctionnaires jouissent d'avantages et privilèges incroyables. Ils ont tous été promus ingénieurs, ce qui leur donne des traitements parmi les plus élevés de la fonction publique (7.000 euros par mois en moyenne). Au nom du stress qu'engendrerait la fonction, leur temps de travail réel est très en deçà des 35 heures.

On rappelle qu'en 1964, le gouvernement leur avait interdit le droit de grève, comme c'est le cas dans la plupart des autres pays européens. Sous les socialistes, en 1984, le gouvernement avait supprimé cette interdiction mais en l'assortissant d'un « service minimum ». Cette obligation n'a, dans les faits, jamais empêché que le ciel ne soit paralysé en cas de conflit social.

Cette grève bloque non seulement l'espace français mais également une grande partie de l'espace européen. L'Europe peut-elle dans ces conditions espérer réduire le nombre de centres de contrôle dont la multiplicité serait la cause d'une aggravation des coûts des compagnies aériennes d'environ 10 % et de la pollution ? On peut en douter.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire notre article sur les conditions salariales de la DGAC.