État et collectivités

Mélenchon : l’Alliance bolivarienne, un repaire de… paradis fiscaux !

18 avril 2017 • Bertrand Nouel

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Faut-il en rire, faut-il en pleurer ? Hélas, nous en pleurons, car il s’agit d’une proposition émanant d’un candidat à la magistrature suprême de la France. Dans son livre « L’avenir en commun », Jean-Luc Mélenchon propose au chapitre 62 d’adhérer à l’ALBA, l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique. Au chapitre 37, il annonce vouloir mener « une lutte sans merci contre les déserteurs fiscaux ». Et sur les onze pays qui composent l’ALBA, entre trois, et cinq selon les listes, sont des paradis fiscaux… 

La proposition 37

Les trois points de cette proposition, intitulée « Terrasser l’évasion et la fraude fiscale », sont les suivants :

« Interdire aux banques françaises toute activité dans les paradis fiscaux en retirant les licences bancaires des établissements récalcitrants.

« Agir contre l’évasion fiscale au niveau international, notamment en organisant le blocus des paradis fiscaux.

«  Renforcer les moyens humains et techniques de l’administration fiscale et des douanes dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale ».

La proposition 62

On trouve à la fin de ce chapitre, intitulé « Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes », la proposition suivante : « Instaurer une politique de codéveloppement avec l’Amérique latine et les Caraïbes en adhérent à l’ALBA. »

L’ALBA a été créée en 2004 sous l’égide du Vénézuela de Chavez et du Cuba de Fidel Castro, deux personnages à qui Mélenchon voue une admiration sans borne.

Le but de l’Alliance est de « promouvoir des échanges économiques justes, dynamiques, harmonieux et équitables entre les membres de l’Alba, inspirés des principes de solidarité, complémentarité, coopération et respect de la souveraineté des peuples. » Elle dispose d’une banque au capital d’un milliard de dollars, banque qui gère une monnaie virtuelle, le Sucre.

L’ALBA  regroupe onze Etats membres de l’Amérique latine et des Caraïbes : le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, la Dominique, l’Équateur, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès et Grenade. Elle compte aussi un membre « invité spécial » depuis 2012, le Suriname, ainsi que trois membres observateurs : Haïti, l’Iran et la Syrie. On note qu’aucun Etat d’un autre continent, particulièrement européen, ne figure parmi les adhérents à l’ALBA.

Eh bien, sur ces onze Etats, on compte, selon la liste établie par l’Europe en 2015, trois paradis fiscaux dûment estampillés : Antigua et Barbuda, Saint Vincent et les Grenadines, et Saint Christophe et Niévès. D’autres listes de paradis fiscaux comprennent aussi la Dominique et Sainte-Lucie, soit au total cinq membres sur onze.

Sans commentaire.

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