Société civile

Retraite

Retraites : les 15 clés de la réforme

N° 135 • 30 mai 2013 • l'équipe de la Fondation iFRAP

Les retraites sont les premières des dépenses sociales : elles représentaient 278 milliards d'euros en 2010, soit un quart des dépenses publiques et la moitié des dépenses sociales. Avec 14% du PIB, la France est le pays d'Europe qui consacre le plus pour ses prestations vieillesse après l'Italie (17%), devant l'Allemagne (11,8%). Les prévisions du COR (Conseil d'orientation des retraites) ont confirmé un déficit probable de l'ensemble des régimes de 22 milliards d'euros en 2020.

Le gouvernement n'avait d'autre choix que de s'attaquer à une nouvelle réforme des retraites, moins de 3 ans après la dernière et s'est engagé à un retour progressif à l'équilibre en réponse aux demandes préssantes de Bruxelles. François Hollande a déclaré que son objectif était de parvenir à une réforme qui tienne compte de l'allongement de la durée de vie et qui serait menée au nom « de la justice et de l'équité, notamment entre régimes ». Peut-on demander des efforts supplémentaires aux salariés et retraités du privé sans réformer les pensions publiques ?

Celles-ci progressent à un rythme difficilement supportable pour les finances publiques : de 18 milliards d'euros en 1990 pour les seules pensions des fonctionnaires de l'État, elles sont passées à 42 milliards en 2012. Elle seront de 48 milliards en 2015. À ce rythme, l'État devra choisir entre payer les salaires ou les pensions. La solution passe par la mise en œuvre d'un système de retraites unique pour tous les salariés, publics et privés, et les non-salariés. Ce système fonctionnerait à l'image des retraites complémentaires, par points, et répondrait aux objectifs d'équilibre, de lisibilité et d'équité. Cette réforme devra forcément s'accompagner d'un partage des efforts entre actifs et retraités, y compris d'un recul de l'âge de la retraite, à l'image de ce qui se pratique partout en Europe, et de l'introduction d'une part de capitalisation obligatoire.

- Les déficits prévus par le COR sont sous-estimés, notamment en l'absence des déficits publics

- Les régimes publics sont les plus coûteux ; ce sont aussi ceux qui ont repoussé les réformes indispensables

- Un exemple de différence de rendement : les enseignants. Pour le public, 4 à 7% de cotisations de moins pour des retraites supérieures

- Mettre fin à la complexité des systèmes de retraites en fusionnant les caisses et les 35 régimes pour 6 milliards d'économies