Société civile

Retraite

Retraites : L'équité comme préalable à la réforme

N° 101 • 12 mai 2010 • Sandrine Gorreri

La question des retraites et de leur réforme déclenche toujours des débats passionnés car ce sujet nous concerne tous. Mais vous ne verrez pas dans ce dossier : « Les fonctionnaires partent avec 75% de leur dernier salaire et les salariés du privé avec 50% ». Pourquoi ?

Parce que l'injustice des retraites françaises ne se loge pas dans un constat aussi simpliste, même si la question de l'équité public-privé est incontournable.

Mais la réalité est peut-être pire : en 2040, le déficit du régime des fonctionnaires civils d'État représentera 75% du déficit du régime des salariés du privé pourtant dix fois plus nombreux. Primes comprises, les fonctionnaires nés en 1955 recevront 68,5% de leur dernier salaire, contre 66,5% pour les salariés du privé (cadres et non-cadres).
Mais le diable se loge dans les détails. Les fonctionnaires ne cotisent pas sur leurs primes, ils ont une carrière beaucoup plus linéaire que dans le privé. Résultat : pour des salaires moyens quasi-identiques, les fonctionnaires ont en moyenne une retraite de 2.202 euros quand les salariés du privé ont une retraite de 1.713 euros. Cherchez l'erreur.

En évitant de tomber dans le piège de terminologies complexes, la Fondation iFRAP propose de mettre en place des modes de calcul public-privé équitables. Ce qui veut dire prendre en compte les primes des fonctionnaires mais aussi cotiser sur ces primes, aligner les calculs sur les 25 meilleures années, aligner les conditions de réversion. Ce sont des préalables indispensables à un allongement commun de la durée de cotisation, à l'introduction d'une part de capitalisation et à une fusion des caisses de retraite publiques et privées.

Réconcilier les modes de calcul dans un premier temps puis réformer en profondeur dans un second temps, c'est la proposition de la Fondation iFRAP au gouvernement. Car les Français n'accepteront aucune réforme difficile sans avoir d'abord rétabli l'équité entre catégories professionnelles. Mais malheureusement, l'équité ne résoudra pas à elle seule la question cruciale des déficits. Des décisions s'imposent pour que le système actuel ne soit pas un jeu de dupes pour les générations futures.

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 15/10/2011 à 19:53 C'est précisément pour ces cadres de la fonction publique qu'a été créée la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique par capitalisation en 2003 je crois. Mais il ne faut pas oublier que le régime de base de retraite de la fonction publique comporte de très nombreux avantages par rapport au privé valables pour tous ls fonctionnaires. Nous demandons l'alignement du public sur le privé pour faire aussi cesser ces soupçons de privilèges des uns et des autres.
  • Par David • Posté le 15/10/2011 à 19:53 La retraite des fonctionnaires est calculée uniquement sur leur traitement budgétaire, sans tenir compte de leurs primes. La retraite des salariés du secteur privé est calculée sur l'ensemble des salaires effectivement perçus.

    Pour un cadre A d'une des trois publiques (Etat, Hospitalière, Territoriale), les primes (qui ne sont pas prises en compte pour la retraite) représentent entre 35 % et 45 % de la paie mensuelle. Pour cette catégorie de fonctionnaires, la retraite représente une division par deux du dernier salaire perçu en activité. Les cadres du secteur privé ne connaissent pas, pour la plupart, une telle baisse du niveau de vie lors du départ en retraite.

    Beaucoup de cadres du secteur public souhaitent donc très vivement voir leur système de retraite aligné sur le secteur privé et soutiennent votre position.
  • Par Philippe François • Posté le 25/09/2010 à 03:23 Votre message conforte absolument notre position. Si vous relisez nos articles, nous ne critiquons pas les fonctionnaires mais les plaignons de vivre dans des structures anonymes où la gestion des ressources humaines est remplacée par des grilles de salaires et de carrières largement à l'ancienneté, des corps dont on ne peut pas sortir et des barrières à la progression qui dépendent des diplômes obtenus à 20 ans. La sécurité de l'emploi, des privilèges de retraite ne peuvent pas suffire à leur permettre de s'épanouir. Finalement, mon seul reproche fait aux fonctionnaires, c'est qu'ils refusent les réformes de leur statut qui sont indispensables pour les rendre plus heureux et plus efficaces. Nous demandons aussi qu'ils soient moins nombreux, simplement parce que la France n'a pas les moyens de payer une administration beaucoup plus nombreuse qu'à l'étranger.

    Pour les salaires, je pense que vous surestimez beaucoup ceux du privé. Regardez les chiffres de l'INSEE. Chacun a tendance à se comparer aux personnes du privé qui ont brillament réussi. Et c'est exact, dans le privé, les écarts de salaire sont beaucoup plus importants que dans la fonction publique... ce qui est une bonne chose qui tient compte des résultats et conduit chacun à se perfectionner.
    Enfin, pour notre fonds de commerce. Ce ne sont pas du tout les fonctionnaires, mais développer l'emploi en France et la richesse produite. Avoir 10 % de chômeurs en France est insupportable pour l'iFRAP et nous travaillons d'abord aux mesures qui permettent de développer l'économie française. C'est pour cela que nous voulons un Etat moins lourd et des fonctionnaires plus heureux.
  • Par KESKTURACONTES • Posté le 25/09/2010 à 03:23 Vos attaques permanentes contre les fonctionnaires sont choquantes. J'ai des amis dans le privé : banques, assurances et d'autres dans l'administration je trouve que ce sont les premiers qui se "gavent" avantages en tout genre par leur C.E salaires sur + de 14 mois primes très importantes (sur le dos des clients et des assurés :-( ) alors que ceux travaillant dans l'administration à diplôme équivalent gagnent beaucoup moins ont très peu d'avantages et sont de plus en plus soumis à des brimades en interne les cheffaillons étant pléthore (6 catégorie A pour 13 C et B dans un secteur !)et se prenant souvent pour des "roîtelets" ; je vois ceux du privé plus épanouis que ceux travaillant dans l'administration ; vous parlez beaucoup de chiffres mais très peu de la REALITE HUMAINE. C'est votre fonds de commerce en somme, sans eux vous n'existeriez pas.
  • Par Philippe François • Posté le 17/08/2010 à 15:18 Le site GIPinfo retraite semble un bon point de départ : http://www.info-retraite.fr/ Mais du courage, le système de retraite français est très complexe.

    Si vous suivez les textes de la Fondation iFRAP vous savez que nous demandons qu'il soit considérablement simplifié. Derrière cette complexité se cachent beaucoup d'incompréhensions des assurés, de coûts inutiles et encore plus d'injustices bien dissimulées.
  • Par Clémence • Posté le 17/08/2010 à 15:18 Bonjour,
    Je vous écris car je souhaiterais davantage suivre le débat autour de la question de la retraite, et souhaiterais avoir quelques informations : où puis-je trouver des document expliquant brièvement mais clairement le fonctionnement de la retraite, des caisses de retraite (régime de base, complementaire, régimes spéciaux...), présentant les différents acteurs du secteur, leur mode de gestion, et les enjeux que repréente pour eux (réglementation...) la réforme.
    Je vous remercie,
    Cordialement,
    Clémence Moreau
  • Par Philippe François • Posté le 16/08/2010 à 09:46 Votre réponse conforte totalement la position de l'iFRAP qui demande que le régime des fonctionnaires soit aligné sur celui du privé pour éviter ces arguties entre les petits et les grands avantages des uns et des autres. Comme vous avez pu le constater, la Fondation iFRAP ne cite plus ces différences (pour les enfants, les réversions, les 6 derniers mois ...) que comme des explications. Le fond du problème, c'est le taux de cotisation employeur que l'Etat doit verser pour financer les retraites de ses fonctionnaires (62 % contre 15 % dans le privé). Un taux 4 fois plus élevé doit bien servir à financer des avantages. Pour la fonction publique territoriale et les hôpitaux le taux est provisoirement inférieur à 62 %, mais c'est une question de temps. Comme l'avait annoncé un de nos premiers dossiers sur les retraires, la question sera bientôt : payer les fonctionnaires en activité ou les retraites ?
  • Par EDWIGE • Posté le 16/08/2010 à 09:46 Votre article sur les retraites est complètement éronné. Opposer les fonctionnaires au privé sans connaitre la réalité! 1 exemple: rédacteur principal dans la FPT(FPT=1 million 700 000 agents) après 40 ans et 3 trimestres de cotisation c'est: 1510 euros BRUT mensuels avec prise en compte d'un seul enfant(1 an dans le public et 2 dans le privé), le 2ème ne comptant plus depuis la réforme de 2003 (dans le privé pas ce problème)! prélèvement de 1% au titre de la solidarité //au privé effectué sur traitement des fonctionnaires et sur lequel imposé !!!

    Pour les retraites des fonctionnaires dans la territoriale, la CNRACL tient les info. à votre disposition.

    Sachant que + de 60 % des actifs (catég.C) perçoivent moins de 1400 euros alors en retraite ???!!!!

    Si vous vous basez sur la FPE, majoritairement catégorie B, A et A+...ex. Juge,Enseignant, Inspecteur, Médecin, psychologue...sont des catégories A (donc études longues + concours), équivalent aux cadres sup. du privé et qui perçoivent (autour de moi ) plus de 3000 euros de retraite dans le privé...

    Alors de quelle réforme voulez vous parler ! A bientôt pour une autre information sur votre site...on peut rêver n'est ce pas ?
  • Par Philippe François • Posté le 13/08/2010 à 21:47 C'est jsutement parce que les primes n'étaient pas comprises que le taux de remplacement est de 68,5 % et non de 75 % comme c'est mathématiquement le cas pour les fonctionnaires qui ne percevaient pas de primes. Comme vous le savez, ce problème est en partie résolu avec la création d'une caisse deretraite par capitalisation (la RAGFP) qui prend en compte les primes.

    Comme indiqué, nos chiffres sur les retraites sont tirés de rapports officiels du COR ou des voluminuex et remarquables rapports officiels de la DGAFP sur les fonctionnaires. Une augmentation de 38 % en 10 ans de la moyenne des retraites en euros courants est vraisemblable. Les montants des retraites doivent être étudiés soigneusement : il faut toujours préciser si on parle des retraites directes ou de réversion. En général,nous traitons surtout des retraites directes. Sauf quand nous traitons spécifiquement des réversions, qui constituent un des privilèges importants dont bébnéficient les fonctionnaires.
  • Par Biloman • Posté le 13/08/2010 à 21:47 "Primes comprises, les fonctionnaires nés en 1955 recevront 68,5% de leur dernier salaire"

    C'est faux. J'étais fonctionnaire, je touchais des primes de déplacement et ces primes n'ont pas été comptées dans ma retraite, car les primes selon la loi ne sont pas prises en compte dans le calcul de la pension.
    « les fonctionnaires ont en moyenne une retraite de 2.202 euros ». Encore faux.

    En 2000, les fonctionnaires touchaient une retraite moyenne de 1590,35 € (chiffres INSEE). Il faudrait qu'en dix ans les retraites aient augmenté de 40%, ce qui est très largement supérieur à l'augmentation effective des pensions.

    Sans compter que les retraites versées aux 450.000 fonctionnaires hospitaliers et territoriaux étaient également moins élevées en 2000 : 1058 € par mois en moyenne.

    On n'oubliera pas non plus qu'aujourd'hui 38,5% des retraités français (soit plus de 4,3 millions de personnes) profitent du minimum contributif, soit 650,87 €/mois...