Livre

Fonction publique et administration

Les fonctionnaires contre l'Etat. Le grand sabotage

26 février 2011 • Agnès Verdier-Molinié

Le lobby le plus puissant de France ? Ni le patronat ni les agriculteurs, mais des hommes censés servir l'intérêt général, coalisés autour de leur seule rente de situation. Cinq millions de fonctionnaires bien organisés qui, année après année, ont conquis de nouveaux avantages, avant de paralyser tous les gouvernements ou presque.

Sous l'éclairage violent de la crise, des tabous sont en train de tomber. Les prochaines échéances électorales seront l'occasion de poser la question de la pertinence des invraisemblables inégalités de statuts entre secteur public et secteur privé. Si l'on veut que la France retrouve une marge de manœuvre dans la crise, ce lobby sûr de lui devra être contenu.

Ouvrage vendu en librairie au prix de 17€, à la FNAC et sur Amazon. Pour trouver la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur le site d'Albin Michel.

Agnès Verdier-Molinié a dédicacé son livre le jeudi 10 mars à la Librairie Delamain à Paris.

Les propositions de réformes

  • La première proposition consiste à doter enfin les fonctionnaires qui ne sont pas dans la justice, la défense, la police… d'un contrat de travail (de droit privé).
  • La seconde proposition est que tout agent public qui veut entrer en politique, dans un cabinet ministériel, ou travailler dans une entreprise publique ou privée, démissionne.
  • La troisième serait de sevrer les syndicats français de leur trop grande addiction à la manne publique. Addiction qui n'est pas saine pour notre système.

A court terme évidemment, comme le propose d'ailleurs la Cour des comptes, il faut geler les salaires de agents publics et trouver un moyen de juguler les embauches de manière plus efficace, notamment dans les collectivités locales.

Mais, pour tout cela, il faudra surmonter bien des tabous... 

L'auteur

Directeur de la Fondation iFRAP, Agnès Verdier-Molinié est aussi auteur, aux éditions Jean-Claude Lattès, de « La Mondialisation va-t-elle… nous tuer ? », 2008, des « Fonctionnaires contre l’État. Le grand sabotage», aux éditions Albin Michel en 2011, « 60 milliards d’économies ! Oui… mais tous les ans », aux éditions Albin Michel en 2013 et "On va dans le mur... il faut agir d'urgence !" toujours aux éditions Albin Michel en mars 2015. Elle a été élue "personnalité think tank de l’année 2010" dans le cadre des Trophées des think tanks organisés par l’Observatoire français des think tanks.   

 

Commentaires

  • Par geraldine • Posté le 13/04/2011 à 12:02 Plutôt électrice de gauche, je suis pourtant en accord avec vos propos qui sont en lien avec la réalité économique de notre pays;
  • Par SAMILLA • Posté le 30/03/2011 à 11:16 Tout est dit dans son dernier livre, un brillant audit de l'Etat sans concession et avec les vrais remèdes qu'il faut à la France ne serait-ce que pour résorber sa dette...qui n'est autre que celle des sur-effectifs du secteur public : 3,5 M€ X un million de "doublons" divisé par deux (pour une demie carrière). Les français devraient avoir cette terrible information : La dette n'est qu'un gigantesque détournement du budget national.
  • Par jiji • Posté le 25/03/2011 à 22:55 je suis fonctionnaire depuis 3ans , j'ai passé le concours d'enseignement en économie.

    En 3 ans j'ai vu des choses que je pensais impossibles . "Zoé Shepard " m'a devancée mais je pourrais écrire une encyclopédie sur les absurdités de la fonction publique. La notion de dévouement et de service de l'Etat est le plus souvent quasi inexistante chez la plupart des serviteurs de l'Etat. Le considération et mérite n'existant quasiment pas pourquoi faire des efforts ??

    Ils n'ont pour la plupart même pas conscience des privilèges dont ils bénéficient et ils paraissent déconnectés du monde économique d'aujourd'hui"hui. Pire même ils ont l'impression d'être mal traités et victimes de nombreux complots.

    je ne peux les supporter, j'aime le travail que j'effectue avec les élèves mais je ne veux plus être assimilé à ces gens là ; j'ai honte quand on me demande quel métier j'exerce.

    je n'ai encore pas de décision sérieuse mais force est de constater qu'elle est entrain de s'imposer à moi : soit je fais le nécessaire pour exercer ce métier dans un autre pays soit je change de métier ! ou alors la fonction change mais ça c'est pas gagné !!!
  • Par lolo • Posté le 22/03/2011 à 10:12 J'ai bien aimé votre livre. Si vos données sont exactes et vérifiables, il faudrait imposer une prise de conscience et une "réflexion" collective sur le sujet. Car en France on étouffe.....et il est urgent d'ouvrir les fenêtres pour laisser le printemps faire le ménage !!!!
  • Par Barbett • Posté le 16/03/2011 à 08:03 acheté hier après midi, terminé dans la soirée

    comme vous traduisez parfaitement, mes sentiments et mes réflections depuis des années............

    un livre qui devrait être distribué dans toute le france , et dans toutes les écoles.

    Cela remonte le morale, de constater que bien des français, ont compris et surtout bien analysé la situation dramatique, dans laquelle nous nous trouvons.

    merci
  • Par papion • Posté le 05/03/2011 à 17:39 Je vais lire ce livre, surement très intéressant, mais, outre la question du statut et des avantages, je suppose que, depuis des années, et surtout face aux tentatives de réformes de l'Etat, l'administration centrale freine des 4 fers, en retardant les décrets d'application, voire en dénaturant leurs objectifs. Une étude a-t-elle été faite sur ce phénomène ? en tous cas, bravo pour votre combat, et . . bon courage.
  • Par B. Joucla • Posté le 03/03/2011 à 10:06 Je suis depuis longtemps 100% d'accord avec vos propositions concernant la fonction publique. Je pensais que notre président actuel se serait attaqué prioritairement à ce sujet lorsqu'il a pris ses fonctions, car c'est le problème N°1 dont souffre la France depuis les années 50. Le pouvait-il vraiment sans déclencher un cataclisme? Comme vous le dites, c'est un sujet tabou aussi bien à droite qu'à gauche. Les français sont très attachés à leur services publics et ont une mauvaise image de l'entreprise privée et du profit. Ils refusent de s'inspirer des modèles sociaux de l'europe du nord et des réussites de certains gouvernements anglo-saxons (Nouvelle Zélande, Canada, etc), réussites totalement ignorées chez nous et qui, le plus souvent, ont été l'oeuvre de gouvernements de gauche. Comme disent les médias, ce n'est pas dans notre culture...La France a le malheur de posséder un parti socialiste très marxisant, du moins dans son discours, en décalage total avec les autres partis socialistes européens et anglosaxons. Sa politique aboutit à l'inverse des buts recherchés, à savoir l'amélioration des conditions de vie des plus pauvres. Elle creuse les inégalités tout en dépensant plus pour embaucher des fonctionnaires. Elle crée de la dette. Le parti socialiste français n'est donc socialiste que de nom. A droite, on est divisé et on a peur de déclencher des paralysies comme en 1997 avec la réforme des retraites. Toutes les réformes engagées ne sont donc que des mesurettes. Dans ces conditions, que faire? Quelles actions concrètes faut-il et peut-on entreprendre pour faire évoluer les consciences, par qui ces actions doivent elles être menées? C'est à cela que l'IFRAP doit réfléchir à présent que le diagnostic est posé.
  • Par Viacolvento • Posté le 03/03/2011 à 08:12 Les objectifs sont connus. Mais on ne voit pas de M. Thatcher à l'horizon !
  • Par Donon JC • Posté le 02/03/2011 à 19:50 Point d'attaque recommandé : "l'Egalité réelle" revendiquée par la gauche. L'emploi à vie garanti des fonctionnaires vis à vis des chomeurs est d'une inégalité effarante. Et quand je pense aux dockers qui tuent nos port depuis des décenies...
  • Par Arnaud • Posté le 01/03/2011 à 19:45 fidèle lecteur de votre newsletter et cadre de santé en hôpital, j'ai parfois l'impression que votre point de vue sur les fonctionnaires est totalement "à charge" -genre Maggie Tatcher - c'est vraiment dommage, car si la fonction publique a bien besoin d'une critique éclairée, je pense qu'il faut commencer par s'occuper du patron- en l'espèce l'Etat, et affiner la critique .

    la situation préoccupante aujourd'hui a en partie au moins pour origine le laisser aller de l'état patron depuis maintenant au moins 2 décennies; pour ne pas parler du jeu de dupes entre syndicats et état; les fonctionnaires, au milieu, en sont plutôt victimes d'un système ou perte de sens et dé-responsabilisation gangrènent l'ensemble des vocations des métiers de la fonction publique; pour le grand bonheur de qui? des idéologues qui croient que tout sera résolu dès que la fonction publique aura disparu.

    A mon avis à tort. Que l'état patron prenne vraiment ses responsabilités en terme d'évaluation , d'encadrement et de gestion de ses personnels.

    au lieu de cela, que se passe-t-il à l'hôpital par exemple?

    La loi HPST-dite Bachelot- donne tous les pouvoirs aux médecins "chefs de pôles" afin qu'ils deviennent des managers dans des services agrandis; en l'espèce, ils recevront 60 heures de cours pour devenir de bons managers. Voilà ou en est la maturité de la réforme à la française: alors qu'il y a un encadrement hospitalier qui aurait pu jouer tout son rôle dans la responsabilisation de la gestion, l'état a préféré déléguer aux médecins -chefs ce rôle, alors qu'ils n'ont jamais été formé à cela puisque telle n'est pas leur vocation (qui est de soigner et non pas de manager)

    ceci n'est qu'un exemple d'un monde (la fonction publique hospitalière) ou on marche sur la tête

    je me tiens à votre disposition pour approfondir ce débat sur l'hôpital si vous le souhaitez

    salutations

    Arnaud Chevallier