État et collectivités

Alain Juppé et François Fillon, des programmes pour quels impacts économiques en 2022 ?

24 novembre 2016 • Manon Meistermann

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A l'heure de dernier débat de la primaire de la droite et du centre, les programmes de François Fillon et Alain Juppé sont passés au crible. Qui fera reculer le plus le chômage ? Qui atteindra le meilleur taux de croissance ? Il y a quelques semaines, la Fondation iFRAP publiait une évaluation des programmes économiques des candidats de la primaire de la droite réalisée grâce à un modèle économétrique universitaire, Nemesis (voir l'étude complète, en cliquant ici). Nous vous proposons ici une synthèse de cette étude centrée sur les deux finalistes de la primaire : 

Un point sur la méthode :

  • La Fondation iFRAP a évalué les programmes des 4 candidats de la Primaire de la droite et du centre, dont François Fillon et Alain Juppé, qui ont bien voulu détailler et valider leurs chiffrages 2017-2022 en baisses et hausses de dépenses et en baisses et hausses d'impôts. 
  • Concernant le scénario de référence, il s'agit d'une prospective d’évolution de l’économie française, comme si les administrations continuaint à tourner toutes seules sans changement de trajectoire majeure. Ce scénario a été bâti à partir des projections de Bercy pour la période 2017-2019, puis à un peu plus long terme. 

Vue synthétique sur de l'impact des programmes de François Fillon et Alain Juppé en 2022

Le graphique ci-dessus, parfois appelé « carré magique », permet d’apprécier les conséquences des programmes économiques des candidats analysés à l’aune de quatre indicateurs économiques qui reflètent quatre objectifs de la politique économique : la croissance, la compétitivité, l’équilibre des finances publiques, l’emploi. Les quatre indicateurs retenus sont l’amélioration du solde commercial en 2022 (pour la compétitivité), le taux de croissance annuel moyen sur la période, le taux de chômage (sa baisse indiquant une politique efficace en termes d’emploi) et le poids de la dette publique (pour apprécier le retour à l’équilibre des finances publiques). L’ampleur de la surface formée par le quadrilatère permet d’apprécier l’efficacité du programme préconisé à l’aune des quatre indicateurs retenus.

1. L'EMPLOI

Impact des mesures des candidats sur le taux de chômage de 2018 et 2022

Impact des mesures des candidats sur l'emploi marchand de 2018 et 2022

Rappelons que 521 000 emplois marchands non agricoles sont créés entre 2017 et 2022 dans le scénario de référence. Les mesures proposées par les candidats aboutissent à un supplément d’emplois, au-delà de ces 521 000 emplois de +130 000 emplois pour François Fillon en 2022 et de +114 000 emplois pour Alain Juppé en 2022. On remarque par ailleurs que les dynamiques de création d’emplois sont très liées au séquencement des mesures mises en place. Ainsi, le choc fiscal initial de François Fillon permet la création de 300 000 emplois en 2018 (voir graphique ci-dessous) mais la mise en place du programme d’économies de dépenses et le relèvement de la TVA amoindrissent peu à peu ce supplément de création d’emplois marchands qui n’est plus que de +130 000 unités en 2022. Les créations d’emplois sont plus progressives dans le programme d’Alain Juppé puisque le profil des baisses de prélèvements obligatoires retenu est progressif (hypothèse retenue en l’absence de précision de la part de l’équipe du candidat).

2. LA CROISSANCE

On observe une évolution différente entre la part marchande et non marchande du PIB puisque les deux candidats proposent des réductions de la sphère d'intervention publique et cherchent à redynamiser l'initiative privée. 

3. DEPENSES PUBLIQUES & FISCALITE

Sur le plan de la dépense publique, les principaux leviers proposés par François Fillon sont : 

  • La baisse des effectifs de la fonction publique avec la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires grâce aux passages aux 39 heures (payé 35), sur le quinquennat sur l'ensemble des trois fonctions publiques, avec réaffectation "d'une partie des économies réalisées à des revalorisations salariales", et rétablissement du jour de carrence supprimé en 2014 dans l'ensemble des trois versants. Associé à la révision détaillée des politiques publiques (Etat, opérateurs et collectivités territoriales), les économies attendues par le candidat sont de 50 milliards d’euros.
  • Une réforme des retraites et une réforme du système de la protection sociale qui doivent, chacune, générer 20 milliards d'euros d'économies avec le passage à un régime de retraite unifié et la mise en place d'une allocation sociale unique.
  • Un effort sur le régalien de 13 milliards d'euros pour la Défense, la Justice et pour construire 16 000 places de prisons en plus.

Sur le plan de la dépense publique, les principaux leviers proposés par Alain Juppé sont :

  • La passation de contrat de bonne gestion entre les collectivités territoriales et l'Etat, ainsi qu'une revue des périmètres de compétences de chacun et une baisse des dépenses de fonctionnement pour économiser presque 30 milliards d'euros en 5 ans.
  • Une réforme des retraites et une réforme du système de la protection sociale qui doivent, chacune, générer 20 milliards d'euros d'économies avec le passage à un régime de retraite unifié.
  • La baisse des effectifs de la fonction publique (environ 250 000 postes en 5 ans) pour économiser 12 milliards d'euros. Ces économies seraient réalisées essentiellement par non renouvellement d'un départ sur deux à la retraite, ainsi qu'une augmentation du temps de travail, non uniforme, négociée de façon différentiée par métier et par fonction publique. Par ailleurs, le candidat se prononce pour des licenciements pour insuffisance professionnel ou pour refus de poste dans le cadre de réorganisations.
  • Seule proposition d'augmentation de la dépense dans le programme, le candidat propose de monter le budget de la Défense à 2% du PIB d'ici 2022.

Impact des mesures des candidats sur les dépenses publiques de 2018 et 2022

Concernant la fiscalité, Alain Juppé propose une programmation de 28,5 milliards de baisse d'impôts et 81,5 milliards de baisses de dépenses. Sur le plan fiscal, il est prévu une hausse de la TVA pour 6,5 milliards d'euros, une baisse des cotisations familiales pour 10 milliards d'euros, une baisse de l'IS pour l'aligner sur la moyenne de l'Union européenne ainsi qu'une suppression de l'ISF. François Fillon, lui, programme une baisse de fiscalité de 36,8 milliard d'euros dont une baisse de 44 milliards d'euros de la fiscalité des entreprises et une hausse de la TVA généralisée pour 15 milliards d'euros de recettes supplémentaires. Pour la fiscalité du patrimoine, l'ISF est supprimé. La particulité de ce programme est la volonté de créer un "choc fiscal" en portant toutes les baisses d'impots dès 2017. 

Impact des mesures des candidats sur la fiscalité de 2018 et 2022

Programme de baisses/hausses des dépenses publiques et de la fiscalité :

4. COMMERCE EXTERIEURE 

 

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