Société civile

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Pôle emploi, l'urgence d'une rénovation

N° 126 • 31 juillet 2012 • la Fondation iFRAP

À l'heure où le chômage est devenu une préoccupation nationale, il est impératif de dresser un état des lieux de notre service public de l'emploi.

Depuis 2008, il est assuré essentiellement par Pôle emploi. Face à un afflux massif de demandeurs d'emploi en raison de la crise, le service public a fait appel à des opérateurs privés. La sous-traitance de prestations à des opérateurs privés de placement (OPP) a été fortement développée.

Ce mode de gestion est chose courante dans de nombreux pays. Ainsi, le Royaume-Uni comme l'Australie font massivement appel à des opérateurs privés. Accompagnement individualisé et spécialisation des agents sont les principes qui fondent le succès de ces modèles, mais que Pôle emploi n'a pas encore vraiment intégrés, Pôle emploi où l'on compte en moyenne 160 chômeurs par agent.

À l'heure où le nouveau directeur de Pôle emploi, Jean Bassères, présente son plan 2015, la Fondation iFRAP pose la question : comment réformer ce système qui ne satisfait ni les agents, ni les demandeurs d'emploi, ni les entreprises ? C'est l'objet de notre étude.

  • Avec des effectifs totaux pourtant plus nombreux dans le service public de l'emploi français qu'au Royaume-Uni, 62 000 contre 53 000 équivalents temps plein, Pôle emploi accompagne moins bien les demandeurs d'emploi.
  • La logique du métier unique pour tous les agents, qui a prévalu avec la fusion, s'est soldée par un échec.
  • D'après nos estimations, le coût de placement dans un emploi durable par Pôle emploi est environ 1 000 euros plus cher que par un OPP.
  • Les modèles britannique et australien pourraient inspirer une réforme, aujourd'hui devenue indispensable, de Pôle emploi. Eux privilégient la spécialisation, l'externalisation des missions et la mutualisation des données et des outils.


 

Commentaires

  • Par cordrey • Posté le 08/09/2012 à 10:44 Juste un témoignage à propos de 2 personnes que je connais bien :

    - la première s'accorde avec son patron pour signer une rupture de contrat négocié après un congé de maternité : donc prime de départ + 2 ans de chômage avec presque un salaire. Elle arrive ainsi à une situation plus intéressante en se mettant au chômage qu'en conservant son emploi, car ainsi elle ne paie de nourrice et n'a pas de frais de déplacement ; pour la recherche d'emploi obligatoire pour bénéficier des indemnités, il suffit de dire que l'on ne retrouve pas le même poste, c'est très facile.
    - la seconde : après un cdd, congé maternité suivi de 18 mois de chômage bien rémunéré : jamais de recherche d'emploi - le pointage suffit - elle arrive au bout des 18 mois et je pense que d'ici 2 mois elle aura retrouvé du travail donc "je profite du système avec la bénédiction de l'Etat".
    S'il y avait plus de contrôle et une diminution de l'allocation chômage lorsqu'il dépasse le smic et pour certaines catégories, après 6 ou 8 mois, je pense que les statistiques s'en porteraient mieux.

    CAR QUI PAIE ?