État et collectivités

Capacité de transport amphibie de la marine nationale : à renforcer

20 février 2017 • Un expert des questions de Défense

amphibie_1.png

La projection en OPEX des unités militaires et leur soutien logistique depuis le territoire national (essentiellement métropolitain) s'appuient sur des vecteurs aériens et maritimes militaires et civils (externalisés) qui sont assurés avec les moyens :

1. déployés dans l'urgence1 : avions de transport stratégique (ATS) de l'armée de l'air (Airbus A310, A400M) suivis par des avions affrétés dans le secteur civil (ex : accord cadre d’affrètement OTAN SALIS2, marché à bons de commande passé avec ICS3)

2. renforcés avec des délais et des capacités plus importants avec des moyens :

  • de la marine nationale : bâtiments de projection et de commandement (BPC) qui peuvent transporter une force aéroterrestre (un état-major opérationnel, environ 500 passagers, 150 véhicules, une vingtaine d’hélicoptères lourds et légers, un groupe chirurgo-médical...) ;

  • du secteur privé : navires rouliers (Roll on / Roll off : RO-RO4) civils appartenant à des sociétés d'armateurs affrétés par le ministère de la Défense (MINDEF) pouvant transporter sur une distance de 7.000 km environ 5.000 personnels et des matériels lourds opérationnels.

Une fois débarqués dans des ports de transit, les unités et leurs matériels rejoignent les théâtres d'opérations avec des moyens civils (contractualisés) et militaires par voies terrestre (routière, voire ferrée) et aérienne (avions de transport tactique – ATT : C130 Hercules, C160 Transall, Casa CN235/200).

Les moyens maritimes du secteur privé

L’affrètement des RO-RO qui servent aussi au ravitaillement des forces de présence à l'étranger (Afrique et Emirats-Unis) et de souveraineté dans les DOM-COM est effectué auprès de compagnies privées d'armateurs comme la Compagnie maritime nantaise (CMN) et la Compagnie néerlandaise Ernst Russ qui ont effectué des prestations de transport comme pour les OPEX :

  • Serval  début 2013 : RO-RO « Eider » de la CMN et « Louise Ross » de la Compagnie néerlandaise Ernst Russ,

  • Barkhane en août 2014 : RO-RO « Calao » de la CMN.

Cependant, dans le cadre du prochain Livre blanc de la Défense nationale (LBDN) qui devrait définir les nouveaux enjeux stratégiques (diplomatiques et militaires) de la France dans le monde5, il s'agira de savoir si le contrat public passé avec la CMN qui prévoit la mise à disposition de 2 RO-RO affectés à l'approvisionnement des forces prépositionnées en outre-mer et des OPEX sera suffisant. En effet, dans le cadre de l'actuel LBDN, le ministère de la Défense a déclaré en octobre 2012 sans suite le projet de contrat de partenariat privé (CPP) initié dés 2006 avec la société CMA-CGM (seule à avoir répondu à l'appel d'offres) qui prévoyait la mise à disposition des forces armées de 2 RO-RO à temps plein et la possibilité d'en mobiliser à tout instant 3 autres en cas de nécessité et d'urgence6.

Les moyens de la marine nationale

Aprés avoir utilisé de 1945 à 1960 des bâtiments amphibies (LST7) d'origine américaine et britannique (notamment lors de la guerre d'Indochine et des opérations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (Suez en 1956)), la France qui n'est pas allée au-delà des expérimentations dans les années 1930 de tels navires, a commencé à réaliser à la fin des années 1950 dans une logique d'indépendance de Défense nationale une flotte amphibie de 5 bâtiments de débarquement de chars (BDC) qui ont participé entre 1959 et les années 1980 certes à de nombreuses OPEX (ex : Bizerte en 1960, rapatriement de personnes d'Algérie en 1962, Tchad 1968-1984 à partir du Cameroun, Liban 1978-1984...), mais surtout au soutien des expérimentations nucléaires dans le Pacifique8, à des missions l'action de l’État en mer et humanitaires (ex : cyclones Nano et Orama à Tahiti en 1983), des exercices interarmées avec les pays alliés et voisins des DOM-COM et africains.

Capacités opérationnelles des BDC

BDC

Déplacement à pleine charge (en tonnes)

Capacité de transport

Equipage

Distance franchissable en miles nautique

Date de mise en service actif

Date de retrait du service actif

Durée de vie en nombre d'années

Soit en personnels pour de courtes distances

Soit en matériels en tonnes

Officier

Officier marinier

Quartiers maîtres et matelots

Total

Argens

4225

800

1800

5

24

45

74

18500 à 10 nœuds

1959

1985

26

Bidassoa

4225

800

1800

5

24

45

74

18500 à 10 nœuds

1961

1987

26

Blavet

4225

800

1800

5

24

45

74

18500 à 10 nœuds

1961

1986

25

Dives

4225

800

1800

5

24

45

74

18500 à 10 nœuds

1961

1986

25

Trieux

4225

800

1800

5

24

45

74

18500 à 10 nœuds

1960

1988

28

Total

 

4000

9000

25

120

225

370

       

 

Compte tenu de l'engagement opérationnel outre-mer de plus en plus important de la France depuis les années 1980, la marine nationale a mis en œuvre entre la fin des années 1960 et 2000 4 transports de chalands de débarquement (TCD) avec des capacités de transport plus importantes que les BDC et qui ont été déployés en soutien du CEP9, dans le cadre d'OPEX (ex : 1ère guerre du Golfe en 1990-1991, Balkans (ex-Yougoslavie et Albanie : 1993-1999), Guinée Bissau (1999), Côte d'Ivoire (2002-2005), Liban (2006)), d'exercices interarmées avec d'autres marines nationales (ex : Golfe 2000, Trident en 2001, Anvil en 2008...), de missions de sauvetage en mer (ex : SECNAV en 2000), d'assistance dans le Golfe de Guinée (Corymbe10), humanitaires (Haïti en 2010) et de l’État en mer.

Capacités opérationnelles des TCD

TCD

Déplacement à pleine charge (en tonnes)

Capacité de transport

Equipage

Distance franchissable en miles nautiques

Date de mise en service actif

Date de retrait du service actif

Durée de vie en nombre d'années

Soit en personnels

Soit en matériels en tonnes

Hopital (nombre de lits)

Hélicoptéres lourds

Officier

Officier marinier

Quartiers maîtres et matelots

Total

Ouragan

6000

370

1500

19

De 2 à 4

12

78

115

205

Entre 9.000 et 15.000 selon la vitesse (15 à 12 nœuds)

1965

2007

42

Orage

6000

370

1500

19

De 2 à 4

12

78

115

205

Entre 9.000 et 15.000 selon la vitesse (15 à 12 nœuds)

1968

2007

39

Foudre

15000

470

2000

55

4

18

101

99

218

15000 à 15 nœuds

1988

2009

21

Siroco

17000

470

2000

55

4

19

105

100

224

15000 à 15 nœuds

1998

2015

17

Total

 

1680

7000

148

8

61

362

429

852

       

 

En outre, la marine nationale disposait dans le cadre de la guerre froide d'une capacité de projection amphibie prépositionnée dans les DOM-COM et assurée par les 5 BATRAL.

Capacités opérationnelles des BATRAL

BATRAL

Déplacement à pleine charge (en tonnes)

Capacité de transport

Equipage

Distance franchissable en miles nautique

Date de mise en service actif

Date de retrait du service actif

Durée de vie en nombre d'années

Soit en personnels

Soit en matériels en tonnes

Officier

Officier marinier

Quartiers maîtres et matelots

Total

Champlain

1330

140

770

4

25

23

52

4500 à 13 nœuds

1974

2004

30

Francis Garnier

1330

140

770

4

25

23

52

4500 à 13 nœuds

1974

2011

37

Dumont d'Urville

1330

140

770

4

25

23

52

4500 à 13 nœuds

1983

basé aux Antilles depuis 2010

 

Jacques Cartier

1330

140

770

4

25

23

52

4500 à 13 nœuds

1983

2013

30

La Grandiére

1330

140

770

4

25

23

52

4500 à 13 nœuds

1987

2016

29

Total

 

700

3850

20

125

115

260

       

 

Ces navires ont été engagés au soutien des expérimentations conduites par le CEP, dans des OPEX (ex : Nouvelle-Calédonie en 1984-1988, Somalie en 1992-1993, Timor oriental en 1999, Afghanistan en 2002, Haïti en 2004), des missions humanitaires (ex : Samoa occidentales et orientales en 1990 et 2009, Mozambique en 1990, Polynésie en 1997, Madagascar en 2000, Îles Tonga en 2002, Vanuatu en 2004 et 2006, Wallis et Futuna en 2006...), des exercices opérationnels avec les pays voisins (ex : Australie, Nouvelle Zélande), des missions de l’État en mer (ex : sauvetage de marins en détresse, souveraineté nationale (ex : Les Éparses dans l'Océan indien, surveillance des pêches...))

Cependant, la mise en œuvre des lois de programmation militaire (LPM : 2009-2014 et 2014-2019) s'est traduite par la diminution des capacités amphibies de la marine nationale avec les décisions suivantes :

  • vente des 2 TCD (« Foudre » et « Sirocco ») au Chili (2011) et au Brésil (2015) alors que leurs durées de service actif étaient relativement courtes (21 ans et 17 ans) ;

  • non remplacement du navire-école porte-hélicoptères « Jeanne d'Arc » (1964-2010) dont les missions ont été reprises en partie par les BPC et qui avait des potentialités amphibies non négligeables :

Capacités opérationnelles du porte-hélicoptères « Jeanne d'Arc »

Porte hélicoptére Jeanne d'Arc Déplacement à pleine charge (en tonnes) Capacité de transport Equipage Distance franchissable en miles nautiques Date de mise en service actif Date de retrait du service actif Durée de vie en nombre d'années
Soit en personnels Soit en matériels en tonnes Hopital (nombre de lits) Hélicoptéres lourds et légers Officier Officier marinier Quartiers maîtres et matelots Total
données 13270 150 3000 16 10 35 300 150 485 7500 à 15 noeuds 1964 2010 46

 

  • remplacement dès 2016 des BATRAL par 4 bâtiments multi-missions (B2M)11 devant effectuer des missions de Défense nationale militaires et relevant d'autres départements ministériels : surveillance et contrôle des espaces océaniques outre-mer, police des pêches, lutte contre les trafics, l'immigration clandestine, les pollutions, soutien logistique des territoires ultramarins et aide humanitaire aux pays riverains suite à des catastrophes naturelles.

Capacités opérationnelles des B2M

B2M Déplacement à pleine charge (en tonnes) Capacité de transport Equipage Distance franchissable en miles nautique Date de mise en service actif DOM/COM de base
Soit en personnels Soit en matériels en tonnes Officier Officier marinier Quartiers maîtres et matelots Total
D'Entrecasteaux 2300 17 220 3 15 7 25 5000 à 12 nœuds 2016 Nouvelle-Calédonie
Bougainville 2300 17 220 3 15 7 25 5000 à 12 nœuds 2016 Polynésie
Champlain 2300 17 220 3 15 7 25 5000 à 12 nœuds prévu en 2017 Réunion
Dumont d'Urville 2300 17 220 3 15 7 25 5000 à 12 nœuds prévu en 2018 Antilles-Guyane
Total   68 880 12 60 28 100      

 

Il est à noter que les capacités amphibies des B2M sont inférieures, non seulement à celles des BATRAL, mais aussi à celles des 4 bâtiments d'intervention et de souveraineté (BIS) qui n'ont pas été retenus à ce titre dans le cadre de la LPM 2014 – 2019.

Capacités opérationnelles des BIS

BIS Déplacement à pleine charge (en tonnes) capacité de transport Equipage Distance franchissable en miles nautique DOM/COM de base
Personnels Matériels en tonnes Hopital (nombre de lits) Hélicoptéres lourds
1er 2000 250 400 10 1 30 12000 à 12 nœuds Nouvelle-Calédonie
2nd 2000 250 400 10 1 30 12000 à 12 nœuds Polynésie
3éme 2000 250 400 10 1 30 12000 à 12 nœuds Réunion
4éme 2000 250 400 10 1 30 12000 à 12 nœuds Antilles-Guyane
Total   1000 1600 40 4 120    

 

C'est ainsi que la flotte amphibie de la marine nationale s'appuie actuellement sur 3 bâtiments de projection et de commandement (BPC).

Capacités opérationnelles des BPC

BPC Déplacement à pleine charge (en tonnes) Capacité de transport Equipage Distance franchissable en miles nautiques Date de mise en service actif
Soit en personnels Soit en matériels en tonnes Hopital (nombre de lits) Hélicoptéres lourds et d'attaque Officier Officier marinier Quartiers maîtres et matelots Total
Mistral 22.000 500 6000 70 16 18 102 40 160 11.000 à 15 nœuds 2006
Tonnerre 22.000 500 6000 70 16 18 102 40 160 11.000 à 15 nœuds 2007
Dixmude 22.000 500 6000 70 16 18 102 40 160 11.000 à 15 nœuds 2012
Total   1500 18000 210 48 54 306 120 480    

 

Ces BPC qui ont été certifiés aux nomes OTAN12 ont été engagés dans plusieurs opérations :

  • OPEX : Liban (2006 – Baliste), en Libye (2011 – Harmattan), Côte d'Ivoire (2011 – Licorne), Mali (2013 – Serval), Centrafrique (2013 – Sangaris), Guinée (2014 – Tamarin), Golfe de Guinée (depuis 2008 en alternance avec d'autres bâtiments de la marine – Corymbe), Corne orientale de l'Afrique (depuis 2008 en alternance avec d'autres bâtiments de la marine nationale – Atalanta) ;

  • exercices interarmées et avec des pays alliés de l'OTAN et africains ;

  • missions de lutte contre la piraterie maritime et le narcotrafic et de l’État en mer ;

  • opérations de soutien aux stages des éléves-officiers de la marine nationale qui, auparavant, étaient assurés par le porte-hélicoptères « Jeanne d'Arc ».

Conclusion

Les éléments cités supra mettent en évidence que :

  • la contractualisation de navires RO-RO avec le secteur privé ne peut pas suppléer le déploiement de forces aéroterrestres effectué dans des délais plus courts grâce aux BPC ;

  • la diminution des capacités amphibies de la marine nationale avec la vente des TCD « Foudre » au Brésil en 2011 et « Sirocco » au Brésil en 2015 alors que ces navires avaient une durée de service relativement courte (entre 17 et 21 années), et que le nombre des missions des 3 BPC est très important ;

  • l'absence de capacités amphibies de la marine nationale prépositionnées en outre-mer avec le désarmement des BATRAL et non compensées par la mise en service des B2M.

La mise en œuvre dans une logique d' « entrée en premier »13 de navires amphibies tels les BPC permet de projeter un volume de forces significatif en dépit de l'absence ou la défectuosité d'installations portuaires et aéroportuaires générées notamment par des catastrophes naturelles et des actions de combat dans les zones d'engagement avec des opérations :

  • d'enveloppement vertical (assaut héliporté : transport et attaque) ;

  • de sea-basing (débarquement sur des plages non aménagées) à partir d'une batellerie modernisée avec l’arrivée des Engins de Débarquement Amphibie Rapide (EDAR) remplaçant les Chalands de Transbordement Maritime (CTM) âgés, aux performances nettement moindres et embarqués dans les TCD.

La mise en œuvre pour la France qui a un espace maritime très important, d'une force amphibie significative de BPC est un outil diplomatique lui permettant de conduire :

  • des interventions dans la profondeur tactique en complément de celle stratégique du porte-avions avec les hélicoptères de grande capacité létale et de projection (Tigre et NH90) comme lors de l'OPEX Harmattan en Libye en 2011 ;

  • des opérations d'évacuation des ressortissants (RESEVAC) français et étrangers comme lors de l'OPEX Baliste au Liban en 2006 et de soutien aux missions humanitaires en cas de catastrophes naturelles comme lors de l'OPEX en Haïti en 2010.

L'augmentation des capacités amphibies de la marine nationale est aussi un atout pour la France lui permettant de prétendre à être le pays leader au sein de l'  « Initiative Amphibie Européenne » visant à renforcer les moyens navals de ce type des nations suivantes : Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, France, Italie, Pays-Bas et Espagne, et améliorer leur coopération au sein de l'OTAN et de l'UE avec des pratiques opérationnelles et tactiques communes (interopérabilité).

La décision de porter le budget de la Défense à hauteur de 2% du PIB préconisée par la Fondation iFRAP et partagée par une majorité de candidats aux élections présidentielles doit permettre d'investir notamment dans des moyens de projection maritime militaires favorisant des engagements des forces armées dans les meilleurs délais dans les zones d'intérêts de la France dans un cadre national et multinational (UE et OTAN). Dans ce cadre, il apparaît nécessaire de doter la marine nationale d'un 4ème BPC14 comme cela avait été prévu dans la précédente LPM. Le coût d'acquisition peut être évalué à environ 400 millions d'euros auxquels doivent s'ajouter les soldes de l’équipage évaluées chaque année à 4,8 millions d'euros et les dépenses de fonctionnement et de MCO.

Mais cette réalisation ne devrait pas se faire au détriment de la flotte aéronavale (nécessité de réaliser un 2ème porte-avions15) de combat (notamment les frégates de 1er rang16) et de logistique17 qui, pour les 2 derniers domaines, reste inférieure en qualité et en quantité à celle du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord.


1Notamment appartenant aux forces spéciales du COS et aéroportées interarmées.

2SALIS (Strategic Airlift Interim Solution) géré depuis 2006 par l'agence OTAN de soutien (NSPA) qui permet aux pays membres d'affréter en commun des Antonov An-124-100 russes et ukrainiens compte tenu de l'arrivée tardive de l'avion Airbus A400M.

3Marché passé avec International Chartering System en 2011 qui garantit la disponibilité d'avions notamment d'origine russe et ukrainienne (Antonov 124-100, Ilyouchine Il 76) et américains Boeing 747.

4Expression anglo-saxonne signifiant : route pour entrer / route pour sortir à la différence des LO-LO (lift on – lift off) qui a recours au chargement vertical avec des grues.

5La France a le 2d espace maritime au monde avec ses DOM-COM, les TAAF et l’îlot Clipperton.

6Confer la question écrite n° 03424 du sénateur, M. Philippe Paul du 06/12/2012 et la réponse du ministère de la Défense du 28/02/2013.

7Landing ship tank : navire de débarquement de véhicules lourds sur des lieux non préparés : Adour, Cheliff, Golo, Laita, Liamone, Odet, Orne, Paillotte, Rance, Vire, Vulcain.

8Conduites par le centre d'expérimentation du Pacifique (CEP).

9NB : la DIRCEN (direction du centre d'expérimentation nucléaire) a mis en œuvre le bâtiment de transport et de soutien (4.870 tonnes à pleine charge - BTS - « Bougainville ») entre 1986 et 1998 (avec des capacités amphibies significatives : distance franchissable de 6.000 miles avec une vitesse de 14 nœuds, un plateau technique médical, un radier, une plate-forme pouvant accueillir 2 hélicoptères lourds) qui a été reversé à la marine jusqu'à son désarmement en 2009 (durée de service actif relativement courte : 23 années) comme bâtiment collecteur de renseignements puis de soutien logistique le long des côtes de l'Afrique.

10Succédant aux campagnes maritimes (« Sagasse » et « Okoumé » engagées dans les années 1980), ce dispositif naval mis en place de façon permanente depuis 1996 vise à assurer dans un cadre diplomatique bilatéral une présence navale française permanente au large des côtes africaines du Sénégal à l'Angola, appuyer différentes OPEX projetées sur les pays riverains du Golfe de Guinée, développer des partenariats de défense et de sécurité (notamment en ce qui concerne la lutte contre la piraterie maritime, le narcotrafic, la sauvegarde des intérêts économiques français), de prépositionner des dispositifs RESEVAC (évacuation de ressortissants nationaux, binationaux et étrangers), de soutenir les dispositifs prépositionnés en Afrique (Sénégal, Côte d'Ivoire, Gabon...) et RECAMP.

11Ce sont des bateaux de soutien et de ravitaillement et non de débarquement.

12Permettant l'interopérabilité nécessaire à opérer au sein d'une Combined Joint Task Force avec des pays de l'OTAN.

13Opération interarmées destinée à faciliter le déploiement d’une force dans un théâtre d’opérations en milieu non permissif qui suppose la capacité à projeter des forces militaires avec assez de liberté d’action pour garantir la bonne exécution de la mission, mais également à assurer dans de bonnes conditions la mise en place d’une force supérieure, dotée des capacités lui permettant d’agir dans des domaines complémentaires pour mener l’action opérative – confer la réflexion doctrinale interarmées RDIA-2014/002 N° 85/DEF/CICDE/NP du 1er avril 2014 .

14A noter que les 3 BPC ont été réalisés par la société STX France qui avec DCNS en assure le MCO.

15Confer l'article de la Fondation iFRAP du 6 octobre 2016.

16Alors que le programme initial (avec l'Italie) des FREMM (frégates européennes multi-missions) prévoyait 17 frégates, les 2 dernières LPM ont réduit respectivement le nombre à 11 et 8 ; la marine nationale a actuellement en service 3 navires : « Aquitaine » en 2012, « Provence » en 2015, « Languedoc » en 2016 et devrait en recevoir 5 autres (dont 2 avec une capacité de défense anti-aérienne) entre 2017 et 2002. Les FREMM non réalisées seront remplacées par 5 frégates de taille intermédiaire (FTI) certes moins coûteuses mais qui n'ont pas toutes les capacités des FREMM comme le dispositif de lancement de missiles de croisière navals (MdCN).

17Actuellement constituée de 3 bâtiments de commandement et de ravitaillement (BCR) d'une durée de service actif d'environ 30 années qui nécessite de concrétiser un programme de renouvellement.

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