État et collectivités

2013 : plan UE-FMI pour le sauvetage de la France

Un peu de prospective…

04 mai 2010 • Agnès Verdier-Molinié

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Etant donné la situation des finances publiques françaises (la dette française dépasse 77% du PIB et le déficit 8%), nous nous sommes penchés sur le probable plan d'austérité qu'aurait à mener la France en 2013, sous l'impulsion de l'UE et du FMI, si la réduction des dépenses publiques n'était pas au rendez-vous.

- Âge de la retraite : 65 ans

-Durée hebdomadaire de travail : 40 heures
- Gel du salaire des fonctionnaires

- Gel des embauches dans les administrations publiques

- Gel du niveau des retraites
- Retour au niveau des aides sociales de 2000

C'est ce programme qui pourrait faire la une de la presse internationale dans 3 ans, si la France continue à réformer à doses homéopathiques et à engager sans cesse de nouvelles dépenses comme si notre situation économique était confortable. Un plan de sauvetage Union européenne-FMI sur le modèle grec serait alors à envisager.

La catastrophe grecque, les alertes en Espagne et au Portugal constituent des avertissements sans frais.
La prochaine fois, notre pays sera en première ligne, comme au temps des humiliantes dévaluations à répétition de 1981, 1982 et 1983, et de tant d'autres auparavant [1].

La France en serait réduite à solliciter l'aide de ses partenaires et à accepter leur tutelle.
Sur le plan intérieur, ce serait la rigueur donc la récession, l'augmentation du chômage et la baisse du pouvoir d'achat.
Sur le plan extérieur, adieu la prétention à servir de modèle, d'arbitre dans les conflits et à traiter d'égal à égal avec les grandes puissances.
Heureusement, il est encore temps de se ressaisir, de réduire nos dépenses et notre sphère publiques et de relancer la création d'entreprises.

Rappel des mesures du plan d'austérité grec :

- gel du salaire des fonctionnaires

- suppression des 13e et 14e mois de salaire des fonctionnaires

- suppression des mois supplémentaires des pensions de retraite pour les retraités du public comme du privé

- hausse de la TVA qui s'élève déjà à 21%

Commentaires

  • Par ernewein • Posté le 07/05/2010 à 11:52 Beaucoup de gens éclairés, en particulier ceux de l'association Contribuables Associés, disent et expliquent depuis 20 ans que la dépense publique française est exorbitante. Elle n'a comme signification que de favoriser un peu plus les plus favorisés. Tous les échafaudages de répartition ne profitent jamais à leurs destinataires présumés, seulement à ceux qui se chargent de la gestion du système. Il y a longtemps qu'il est temps de mettre à bas ce système et de rendre sa liberté à chacun. Tous les Français seront gagnants, surtout si parallèlement on diminue le nombre de politiciens de métier. Si on ne fait pas ce ménage volontairement, le comble du comique est qu'il nous sera imposé par le FMI avec le socialiste DSK à sa tête!
  • Par Enzopen • Posté le 06/05/2010 à 10:37 A moins que nous ne soyons forcés de le mettre en oeuvre avant 2013!!! N'est-ce pas ce que laisse entrevoir l'intervention de François Fillon ce mercredi 5 mai au soir???
  • Par Philippe François • Posté le 05/05/2010 à 13:14 Il me semble qu'il manque un Acte 0, à votre démonstration. Avant que les banques ne créent les subprimes, ce sont bien les Etats (et notamment américain) qui ont inondé le marché de capitaux à bas coûts et exigé des banques qu'elles prêtent à tout va à des personnes incapables de rembourser. Si les banques ont été imprudentes, c'est en y étant encouragées par l'Etat à le faire. Le rôle joué par Fanny Mae et Freddy Mac est assez clair dans cette affaire:
    http://www.ifrap.org/Corruption-et-politiciens-dans-la-crise-des-subprim...
  • Par Jacques Morisot • Posté le 05/05/2010 à 13:14 Je suis heureux que l’IFRAP se livre à un peu de prospective. Permettez-moi de me livrer au même exercice.
    Il me semble qu’il est important de retracer le fil des évènements :
    Acte 1 – 2008, les « subprimes »

    Les états plient face aux banquiers et s’endettent pour sauver les banques à un cours de bourse élevé. Ce sauvetage massif est à l’origine de la dégradation accélérée des comptes publics encore amplifiée, par la suite, par la crise économique qui n’a finalement pas été évitée.

    Les banques, elles, se sont remises spectaculairement. Merci au contribuable.

    Existait-il une autre solution ? Oui, l’état pouvait racheter les banques au prix qu’il souhaitait. Il était maître du jeu mais il a décidé de renflouer les actionnaires. C’était stupide. Je ne vois pas d’autre mot. Et nous payons un prix politique extrêmement élevé de cette bourde : celui d’un capitalisme dévoyé qui conserve ses gains et nationalise ses pertes. Si l’état était intervenu différemment la crise aurait-elle eu lieu ? Oui. Elle aurait eu une ampleur similaire et les pertes auraient été concentrées essentiellement sur les mauvais gestionnaires (les actionnaires des banques). Le système bancaire ne serait pas mort. Il n’est d’ailleurs pas mort en 29. Il a été restructuré mais il n’est pas mort. Il n’est pas mort en Argentine lors de la dernière crise endurée par ce pays, il n’est pas mort en Indonésie lors du choc des années 90 et il n’est pas mort non plus en Malaisie pendant le choc obligataires de la même décennie. J’insiste sur le début de cette crise parce qu’il est essentiel. C’est pendant ces journées que les keynésiens, agitant le spectre de 1929 et leur analyse de la grande dépression, effraient les états et imposent très largement leur vue. Les monétaristes ne sont même pas entendus et durablement décrédibilisés.
    Donc en Octobre 2008, il est désormais admis que la planche à billets peut fonctionner à plein régime. Les états n’ont pas d’argent mais la banque centrale peut, « exceptionnellement », dit-elle, prendre certain titres en pension, contre de l’argent frais, sans que la valeur de la monnaie soit affectée parce que, tour de magie, « la reprise est au coin de la rue ». J’utilise à dessein la même phrase que celle qu’utilisa Hoover en 29 (qui bien que monétariste commit erreur sur erreur).
    L’engrenage est enclenché.
    Acte 2, 2008 – Janvier 2010. Le répit et la victoire des keynésiens.

    Le monde respire. Difficilement, mais il respire. On guette et on entrevoit les signaux de la reprise. De vagues statistiques encourageantes nous sont présentées par tous les « docteurs Coué » du monde. La Chine se remet insolemment de ce qui ne fut pour elle qu’une piqure de guêpe. Les états recouvrent leur capacité à s’endetter sur les marchés. Un seul souci cependant : comme le reprise est envisagée mais pas réelle et les dettes des états plombées par leur interventionnisme, leurs besoins de financement se trouvent décuplés mécaniquement. Techniquement : de faibles recettes fiscales – dépendantes de la croissance - sont disponibles pour financer une dette accrue qui génère une masse d’intérêts considérables lesquels augmentent selon un rythme exponentiel puisque les besoins des états ne sont jamais couverts et accroissent la dette ; laquelle génère des intérêts mathématiquement plus élevés qui vont eux même augmenter la dette selon un processus de cercle vicieux. Pendant ces deux ans, le phénomène de l’endettement incontrôlable se met progressivement en place sans que personne ne s’en offusque vraiment. Après tout, nous y sommes habitués depuis des décennies. Les keynésiens tiennent le haut du pavé et la France promet un grand emprunt miraculeux pour relancer l’économie.
    Acte 3 – Février – Mai 2010. La tragédie grecque. La tragédie européenne. Le bilan de la mondialisation.

    Le débat se fait jour en ce qui concerne la dette des états. Tout de même, une telle explosion des déficits et des dettes n’est pas raisonnable. Des coups de semonce ont déjà été tirés : Dubaï sauvé par Abu Dhabi et l’Islande ruinée mais personne ne remet en cause le dogme keynésien : les états peuvent s’endetter sans chagrin. Ils sont insubmersibles et la valeur de la monnaie tient inévitablement face au dollar ainsi que son pouvoir d’achat. C’est le dogme. Cependant, le principe de la nécessité d’un remboursement demeure, même pour les keynésiens, sans que cette évidente contradiction ne leur pose problème. La capacité à rembourser demeure assujettie à la capacité d’un état à lever des impôts lesquels dépendent de la capacité du secteur privé à produire de la richesse et à la vendre. Mais que produit la Grèce ? Que produit l’Europe ? Ou plutôt que produisait l’Europe et que produit-elle aujourd’hui ? Voilà la question. Mais elle produit beaucoup moins que hier. La raison profonde de cette crise, et la première, est la migration de colossales capacités de production de richesses de l’occident vers l’orient sans que cette perte ait été compensée. Cette perte de notre capacité à produire a été démultipliée en Europe dont beaucoup de pays avaient déjà une faible propension à créer de la valeur (Grèce, Portugal, Espagne). D’autre part, un autre pays majeur européen, la France, fait tout ce qu’il est possible de faire pour annihiler son économie par (principalement) d’étouffants prélèvements obligatoires et un code du travail rigide : couple maléfique qui a engendré une massive délocalisation de ses industries d’une part, et a limité grandement les investissements d’autre part avec comme conséquence l’éradication du tissu des PME et PMI innovantes. Evidemment beaucoup nieront ces faits. Ils mentent ou ils sont aveugles. Enfin, l’Angleterre se trouve, après avoir éradiqué sous Thatcher sa diversité économique au profit du secteur tertiaire, dans une situation d’un paysan en situation de monoculture et soumis aux aléas des marchés de la seule céréale qu’il produit : l’industrie bancaire. Nous pourrions passer en revue les 20 autres pays d’Europe mais est-ce utile alors que nous pouvons déjà conclure ? Qu’est-ce que l’économie européenne ? L’Allemagne et le Benelux additionnés de quelque vestiges ici et là. Point.
    Reprenons le fil des évènements, la tragédie suit son cours.
    Les agences de notation décrédibilisées lors de la chute des « subprime » mettent enfin les pieds dans le plat : non les états aux économies faibles ne sont plus en mesure de rembourser leur dette. Ils dégradent les titres souverains. L’étouffoir se met en place. Déjà surendettés, la hausse des taux de refinancement que génère la hausse des notes met la Grèce à genoux. Elle est exclue du marché. Sous dépendance. Le FMI et ses indécrottables keynésiens s’affolent et signent un chèque : 115 milliards en 3 ans. Excusez du peu. La banque centrale, discrètement, prend des titres grecs en pension. Le monde s’affole et on parle enfin d’austérité, de saine gestion, mais les libéraux, les vrais, n’ont toujours pas la parole. Leur tort ? Avoir raison. Annoncer immédiatement les mauvaises nouvelles : déclarer qu’aucun système ne peut éviter une crise majeure si ses fondements sont profonds et structurels. Il faut purger, récurer les écuries d’Augias, sacrifier l’état au bénéfice de la création de richesse.
    Acte 4 et fin de la pièce - quatre actes suffiront - la ruine de l’Europe.
    Voilà ce qu’il va se passer. L’Euro va mourir et une crise économique majeure va advenir. La Grèce sous tutelle n’a pas les moyens de faire face à ses échéances et son crédit consommé, elle tapera à la porte d’un FMI lui-même exsangue. Les manifestations des grecs, en cours, vont paralyser son économie et affaiblir plus encore sa position. Sa dette sera donc restructurée. Dans la foulée l’Espagne et le Portugal qui ne produisent que peu de richesses vont sauter et la France dans la foulée. Techniquement cela signifie que les emprunts d’états vont être décotés et les banques qui les détiennent aculées à la banqueroute. La banque centrale devra intervenir massivement pour monétiser ces titres en les prenant en pension et l’augmentation de la masse monétaire concomitante va faire plonger l’Euro. La Banque centrale ne pourra pas utiliser l’arme de la hausse des taux d’intérêts pour sauver la monnaie – ou seulement temporairement - qui finirait pas tuer l’économie. L’Euro mort, les allemands, furieux d’une baisse à venir de leur pourvoir d’achat, alors qu’ils sont les seuls vertueux de la zone (contrairement aux billevesées déversées en cascades à leur encontre), exigeront le retour du Mark ou une zone Euro restreinte. La France, la Grèce, l’Italie, l’Espagne plongeront dans une récession profonde et contagieuse, type 1929. Nous ferons face à l’inflation et beaucoup d’entre nous serons ruinés.
    Voilà le scénario le plus raisonnable selon moi. Evidemment je peux me tromper. Personne n’est devin. Si, c’est le cas, je ferai mon mea culpa avec plaisir.

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