Société civile

Emploi et politiques sociales

Emploi : La France a décroché

N° 108 • 16 décembre 2010 • Bernard Zimmern

Peu d'études se sont penchées sur l'importance des créations d'entreprises dans le processus de création d'emplois. Pourtant, des études américaines récentes montrent que celles-ci jouent un rôle de premier ordre dans la croissance de l'emploi outre-Atlantique, bien plus que l'évolution de l'emploi dans les entreprises pérennes, qu'elles soient des PME ou des grandes entreprises. 

Quand on compare les chiffres de la création d'entreprises France-Allemagne tels que publiés par Eurostat, tout va bien : 259.000 en France contre 272.000 en Allemagne. Mais la plupart de ces entreprises sont créées avec zéro salarié ; leur impact sur l'emploi est faible et même, à terme, très faible, car la plupart ne grossissent pas et ce ne sont pas parmi elles que nous trouverons nos grandes entreprises de demain, ni même nos gazelles, ces entreprises qui se développent rapidement. Les seules qui comptent vraiment sont celles créées avec au moins 1 salarié ou, mieux, plus de 5 ou plus de 10 salariés. Et là, notre retard sur les Allemands -mais aussi sur les Anglais et les Américains- est dramatique : nous sommes à la moitié. Et deux fois moins de salariés par entreprise créée.

Sommaire du dossier :

- Les créations d'entreprises qui ont un effet sur l'emploi sont celles qui naissent avec au moins 1 salarié, les entreprises sans salariés étant très souvent des coquilles juridiques vides.
- Les « 3 A », Allemands, Anglais et Américains, créent deux fois plus d'entreprises avec au moins 1 salarié que les Français.
- Les entreprises des 3 A naissent avec 50% à 130% de salariés de plus que les nôtres en moyenne.
- La France accuse ainsi un retard annuel en création d'emplois sur les 3 A de 200.000 à 400.000 emplois conduisant à un retard cumulé en 20 ans de 5 à 7 millions d'emplois rendant l'équilibre budgétaire impossible.
- Les ETI comme l'auto-entrepreneur sont des fausses pistes même si l'auto-entrepreneur apporte une très intéressante contribution sociétale.

Commentaires

  • Par luccbesson • Posté le 24/02/2011 à 21:12 LES 3 A que vous citez ont un point commun. La décentralisation de leur économie. Nous, non! Nos régions n'ont pratiquement aucun pouvoir sur le plan économique.Tout passe par Paris. d'où des retards, des formalités décourageantes qui pénalisent les investisseurs potentiels. Par ailleurs, il existe aux Etats-Unis un système inconnu chez nous, une sorte de bourse parallèle qui permet a un entrepreneur potentiel de lever des fonds sur son idée sans problèmes particuliers. De grande entreprises américaines sont née de cette façon. Chez nous c'est impossible. La prise de risque chez nos banquiers n'existe pas. Alors qu'elle existe chez les 3A. Il faut absolument que les régions aient plus de pouvoir, et puissent créer des emplois sans être obligée de passer par Paris.Aux Etats-UNis, ce n'est pas le gouvernement fédéral qui crée les emplois, ce sont les états. Certes le gouvernement fédéral aide financièrement l'etat qui crée, mais n'intervient pas dans le procesus de création d'emploi.Chez nous, et sauf pour les très petites entreprises, créer des emplois en créant une nouvelle entreprise releve du parcours du combattant.Et si vous n'êtes pas proche de Paris, vous n'avez aucune chance. BMW, Mercedes, Siemmens, n'ont pas leur siège social à Berlin. Coca cola, American Airline, Ford, Boeing, Microsoft n'ont pas non plus de siège à Washington! Il y a quelques années, une entreprise allemande voulait construire, à coté de Marseille une usine de fabrication d'acide citrique. Marseille était d'accord, Paris a mis son veto. Plus d'usine! Pourquoi? C'est là que le bat blesse. A quoi servent les élections régionales? A rien? Le pouvoir central n'a donc aucune confiance dans nos élus? Ce n'est certainement pas avec des banques frileuses, une administration tatillone, et l'absence de systeme permettant la prise de risque que les jeunes entrepreneurs dynamiques pourrons réussir leur pari. Certes quelques uns s'en sortent, mais 50% de moins qu'en Allemagne ou en Grande Bretagne.