Emploi et politiques sociales

Délocalisation des centres d'appel

Charges sociales : le problème est général

23 juillet 2010 • Philippe François

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Après le problème des importations massives en France de fraises espagnoles, de lait et de mirabelles allemandes et de porcs hollandais, c'est la délocalisation des centres d'appel à l'étranger qui irrite le gouvernement. Des cas particuliers (importations, délocalisations, …) mais un problème de fond : celui des charges sociales.

L'objectif de Laurent Wauquiez est certainement bien intentionné, mais les 4 mesures proposées constituent évidemment une forme de protectionnisme contre lequel le gouvernement milite à chaque réunion internationale. Sur le plan juridique, elles sont contraires aux règles de l'Organisation Mondiale du Commerce. Sur le plan moral, elles sont difficilement admissibles puisqu'elles visent les pays du Maghreb qui ont besoin de ces emplois pour se développer et avec lesquels on prétend construire l'ensemble Union pour la Méditérannée.

Entre les centres d'appel les plus simples et les centres de renseignements techniques ou de vente les plus élaborés, il existe toute une gamme de services. Les moins complexes ont été les premiers à être délocalisés, mais certaines entreprises se sont spécialisées dans les appels complexes et ont choisi de conserver leurs centres en France. La répartition doit continuer à se faire en fonction des avantages et des inconvénients des deux méthodes.

Sur la question des centres d'appel, le gouvernement a eu une réaction ponctuelle à un sujet précis. Exactement comme face au problème des mirabelles allemandes. De combien de centaines d'autres cas particuliers faudra-t-il s'émouvoir avant que nos responsables et les Français admettent 1) que le niveau des charges sociales en France est excessif et 2) que la France doit se concentrer sur les produits et services à forte valeur ajoutée ?

Proposition du Secrétaire d'Etat à l'emploi

- Taxation des appels gérés en offshore

- Mise en place d'un code de bonne conduite des entreprises publiques pour les contraindre à faire appel à des prestataires de centres d'appels en France

- Dispositif d'incitation à la relocalisation des centres en France

- Mise en place d'une liste des mauvais élèves faisant appel à des prestataires offshore.

Commentaires

  • Par ernewein • Posté le 03/09/2010 à 15:30 Comment concilier l'ouverture européenne, l'union pour la méditerranée et l'étatisme forcené de notre gouvernement classé comme ultralibéral.

    L'important en France est de taxer, l'imagination des ministres et autres énarques ne sait jamais être libérale.
  • Par Tintin • Posté le 03/09/2010 à 02:53 Le libre échange est il toujours profitable ?
    Les délocalisations permettent :
    - la baisse des prix, donc l'accroissement de la productivité globale du pays.
    - de limiter l'immigration (s'il y avait plus de call center au Maghreb les Maghrébins seraient moins nombreux à émigrer en France, s'il n'y avait pas d'usine Etats-Uniennes au Mexique, les Mexicains seraient plus nombreux à émigrer aux USA... idem pour les Chinois...)
    Mais d'un autre côté :
    - Nous sommes entièrement dépendants pour des secteurs stratégiques de pays tiers.
    - Les pays à vastes réserve de mains d'oeuvre (Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine), seront bientôt en capacité de concevoir et produire tout mieux que nous pour forcement moins cher.

    N'y a t il pas alors un risque pour que nous n'aillons plus rien à terme à vendre à ces pays, auquel cas nous ne pourrions plus rien leurs acheter ?
    Le libre échange est il profitable, même pour les produits ou services que nous sommes notoirement incapable d'exporter ?
    Demain nous importerons des automobiles, mais nous serons toujours en incapacité, même avec une drastique baisse du coût du travail, de produire des voitures aux tarifs Chinois ou Indien, donc de leurs vendre nos voitures !

    Est il alors même profitable d'importer des produits que nous ne pourrons jamais produire pour ceux qui les exportent chez nous ?
    Le risque n'est il pas que nous échangions des marchandises contre non plus des marchandises, mais du pouvoir ?

    Si on achète de textile à la Chine contre des euros, que vont faire les Chinois de ces euros ? Ils ne vont pas les utiliser pour acheter des produits Européens, car nous n'aurons bientôt rien à leur vendre qu'ils ne possèdent déjà à meilleur prix, donc, ils vont utiliser ces euros pour racheter nos entreprises !

    Vu que l'on achète le textile à très bon prix, à meilleur prix que si nous le produisions chez nous, il y a un rapport de force qui joue en notre faveur, car ils doivent nous vendre beaucoup de textile pour pouvoir alors racheter une seule de nos entreprises, mais malgré tout...

    Donc, le libre échange est il théoriquement toujours profitable à toutes les parties ?

    Je ne trouve nulle part exposé une réflexion sur toute la complexité que recouvre le libre échange, le dogme est partout, soit pro, soit anti OMC, soit protectionniste, soit libéral, mais jamais pragmatique sur le sujet...
  • Par Philippe François • Posté le 02/09/2010 à 00:04 Il me semble que tous les exemples passés (France et Europe dans les années 50 vis-à-vis des Etats-Unis, Espagne et Portugal plus tard vis-à-vis des pays de l'Europe des 6, Corée et Taiwan vis-à-vis du Japon ... ) ont tous été des pays à bas coût de main-d'oeuvre où les pays "dominants" exportaient leurs travaux les moins sophistiqués. Et tous ont fini par rattraper le club des pays très développés. Je ne vois pas pourquoi le processus ne serait pas le même pour les pays d'Afrique ou d'Asie qui ont une stabilité politique et des règles de droit économiques claires. Bien sûr cela provoque des tensions, comme toute évolution, et surtout quand les nouveaux "tigres économiques" ont des milliards d'habitants et que des pays comme la France mènent depuis des décennies des politiques contre-productives.
  • Par Jean Claude Bocchini • Posté le 02/09/2010 à 00:04 Vous dites dans cet article que ces pays ont besoin de ces emplois pour se développer.

    Je pourrai vous repondre en remarquant que "l'on deshabille Pierre pour habiller Paul"...

    Mais cela va plus loin.

    Pratiquement tous nos emplois a forte main d'oeuvre non qualifiee ont ete exportes dans ces pays. Maghreb,Turquie,SEA et Chine.

    Pendant la meme epoque nous avons recu plusieurs millions de nationaux de ces pays ou issus de ces immigres.

    Qui a de rares exeptions n'ont pas ou peu de qualification

    Remarquez bien que je ne fais pas le proces del'immigration.

    Nous sommes donc dans le paradoxe d'exporter les emplois non qualifies et "d'importer"la main d'oeuvre non qualifiee.

    Comment voulez vous qu'il n'y ait pas de tensions sur l'emploi en France?

    Est ce que cela explique pourquoi,alors que le probleme du chomage perdure depuis plus de trente ans,aucun gouvernement n'a pu resoudre ce probleme sur le fond?

    Ce n'est pas tout. Il n'est pas necessaire d'etre un distingue economiste pour croire que l'economie des PVD souffre d'un manque de marché interieur et qu'ils ne pourront progresser qu'en faisant progresser leur population la plus pauvre.

    Croyez vous que les marches exportateurs profitent a cette tranche majoritaire des populations de ces pays?

    Je ne vous pense pas naif a ce point.

    Au sud est asiatique les salaires vont suivant les pays de 30 a 200 usd/mois, Pour des horaires allant jusqu'a 60 heures par semaines.

    Le Maghreb est un peu mieux mais les pouvoirs d'achat respectifs gomment cet avantage.

    Les délocalisations profitent uniquement a une oligarchie locale ou même étrangère et a des importateurs européens qui ne sont en aucun cas des industriels mais uniquement des financiers.

    Pour info. Actuellement retraite, j'ai dirigé des entreprises industrielles dans des pays africains et du Sud est asiatique.

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