Société civile

Emploi et politiques sociales

Assistance publique-Hôpitaux de Paris : Ajouter la performance à l'Assistance

N° 111 • 28 mars 2011 • Agnès Verdier-Molinié

Hôtel-Dieu, Saint-Louis, Pitié-Salpêtrière, tous les habitants d'Île-de-France et de nombreux provinciaux connaissent ces hôpitaux. Vu le centralisme français, la qualité de leurs soins conditionne largement le niveau de l'ensemble de la médecine française. Les médecins, les malades, les hôpitaux privés, les cliniques privées, l'industrie française du médicament et des matériels médicaux ont besoin d'une AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) performante, bien gérée et qui équilibre enfin ses comptes. Si cela n'était pas possible, il faudrait alors se poser la question de supprimer cette entité ingérable et irréformable.

Un budget de 6,5 milliards d'euros pour la plus grande entité hospitalière d'Europe avec plus de 90.000 personnels répartis en 37 hôpitaux à Paris et en Île-de-France, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) en impose par ces chiffres. Mais derrière la masse se cache une organisation en péril qui affiche un déficit annuel de 95 millions d'euros et perd des parts de marché. En effet, l'AP délivre aujourd'hui seulement 26,5% des soins hospitaliers en Ile-de-France. Malgré sa renommée pour des soins de haute technicité comme les greffes et sa place dans la recherche médicale, l'AP-HP est bien connue aussi pour ses grèves et manifestations à répétition. Elle semble d'ailleurs en crise permanente. L'instabilité de son haut management – son directeur général est remplacé tous les 3,5 ans en moyenne – et les conflits permanents entre sa direction et son conseil d'administration paraissent incompatibles avec la gestion d'un organisme de cette taille et de cette complexité. Encore moins quand des réformes de fond sont indispensables et urgentes. Il semblerait que l'AP-HP se soit engluée dans la bureaucratie et la mauvaise gestion. Elle compte 115% de personnels de direction de plus que la moyenne des hôpitaux publics, par exemple, et un absentéisme inconnu ailleurs dans la fonction publique qui est en moyenne, selon la Cour des comptes, de 27 jours par an et par agent. Pourtant, la réussite de l'AP-HP concerne directement les habitants d'Île-de-France, mais aussi tous les Français pour lesquels l'AP-HP est souvent un recours.

Sommaire du dossier :

- Un domaine en évolution technique et organisationnelle très rapide
- Une structure hospitalière de taille unique dans le monde
- Minoritaire sur le marché des soins de l'Île-de-France
- Plus coûteuse que ses concurrents privés
- Plus coûteuse que ses homologues publics de province
- Un organisme sous influence des responsables politiques
- Les cinq rigidités de l'AP-HP
- Les cinq réformes indispensables